La glyptothèque de Munich (en allemand Glyptothek, du grec ancien / , « objet gravé » et / , « coffre ») est un des musées de Munich, en Bavière. Située sur la place Royale, elle forme avec le musée abritant les collections d'antiquités de l'État (Staatliche Antikensammlungen), auxquelles elle fait face, un complexe architectural et muséal. Elle est consacrée à l'art gréco-latin de la statuaire et de la sculpture antique.

Inaugurée en 1830, elle est le plus ancien musée public de Munich . , et l'un des plus importants du monde exclusivement consacré à la sculpture grecque, romaine et étrusque antiques. Voire le seulDans notre traduction de l'anglais : . . Elle présente particulièrement des œuvres originales grecques et latines anciennes célèbres dans le monde entier. , ainsi que des copies romaines de sculptures grecques disparues, et des reconstitutions modernes de statues anciennes fragmentaires. La Glyptothèque fait partie du secteur du Kunstareal qui est un quartier, mais aussi l'ensemble muséal, culturel et universitaire central de Munich.

Histoire Fondation, conception et construction thumb|left|Le prince royal de Bavière, futur Louis I, en 1807, au moment où se forge le projet de la Glyptothèque et de la Königsplatz. La glyptothèque a été voulue par le roi (1786 - 1868), alors prince héritier (règne de 1825 à 1848), pour accueillir ses collections de sculptures grecques et romaines, qui étaient déjà remarquables et qu'il n'a cessé d'améliorer Dans notre traduction de l'anglais : . Voir aussi un aperçu assez détaillé des collections d'état sur le même site : . L'agencement de la Königsplatz a été conçu par les architectes Karl von Fischer et Leo von Klenze en 1815 : Fischer a conçu la place sur le modèle de l'acropole d'Athènes, et plus tard Klenze l'a aménagé plutôt dans le style (proche néanmoins) d'un forum romain, la Glyptothèque étant placée du côté nord.

Avec le bâtiment abritant les collections d'Antiquités de l'État bavarois qui lui fait face et le Propylée tout proche, l'ensemble architectural de la Königsplatz a été pensé par le roi et élevé par von Klenze comme un monument à la gloire de la Grèce antique. Louis I avait imaginé une « Athènes allemande » dans laquelle la civilisation et la culture gréco-latine antique serait commémorée et célébrée ; il a fait construire cet ambitieux projet face aux portes de Munich.

Le bâtiment de la Glyptothèque lui-même, dessiné par von Klenze dans un style néo-classique comme un temple antique, a été édifié de 1816 à 1830. Des fresques colorées et des stucs réalisés par des artistes de renom tels que Peter von Cornelius, Clemens von Zimmermann et Wilhelm von Kaulbach ornaient alors les murs du musée.

Dans les quelques années entre 1806 et l'ouverture du musée en 1830, Louis I a complété sa belle collection de sculptures grecques et romaines. La réussite de ce projet . Grâce à ses agents en effet, dont surtout Wagner (lui-même sculpteur, peintre et collectionneur), Louis I a réussi à acquérir des pièces telles que la , le Faune Barberini et, en 1813, les figures du temple d'Aphaïa près d'Égine.

Sous les nazis Durant l'époque nazie, la place devant la glyptothèque a été l'un des théâtres des autodafés de livres bannis en « liste noire » par le parti puis par les autorités de l'époque, notamment ceux d'Erich Kästner et de Kurt Tucholsky, le 10 mai 1933. L'aspect monumental de la place, l'histoire impériale de l'épopée alexandrine et celle de Rome, le prestige de l'antiquité gréco-latine ont toujours fait de la Königsplatz l'un des cœurs de la propagande nazie, de ses événements festifs et commémoratifs, probablement par volonté d'assimilation… . En 1935, les nazis ont posé quelque vingt mille dalles de granit pour que la Königsplatz puisse servir de point de rassemblement central pour les événements du parti à Munich. En outre, des « temples d'honneur » y ont été érigés pour les morts du putsch raté d'Hitler en 1923 connu sous le nom de « Putsch de la Brasserie ». Les nazis ont donc fait de ce quartier un haut-lieu de représentation du pouvoir et de leur volonté de puissance, d'autant plus que la Brienner Straße est l'une des grandes avenues de prestige de Munich qui aboutit de part et d'autre à la Königsplatz, laquelle en couronne le prestige en quelque sorte avec ses monuments à la manière antique.

thumb|Le Führerbau orné des drapeaux anglais et français sur la place Royale de Munich le 29/09/1938, où furent négociés les accords de Munich, entre Hitler, Mussolini, Chamberlain et Daladier. Ainsi, Adolf Hitler fit ériger un bâtiment de même style néo-classique à proximité immédiate de la Königsplatz au numéro 10 de la Katharina von Bora-Straße, en 1934-35, qui servait au parti nazi de centre administratif : le Verwaltungsbau der NSDAP (« Structure administrative du Parti National-Socialiste des Travailleurs Allemands », devenu aujourd'hui la Münchner Haus der Kulturinstitute ou « Maison des Instituts culturels de Munich »). Et lui répondra en 1937 le Führerbau (« Bâtiment du Führer »), toujours dans le style néo-classique gréco-romain, qui servira de lieu de représentation et de prestige pour Hitler (y mettant en scène notamment la signature des accords de Munich en 1938). Aujourd'hui ce bâtiment abrite la Hochschule für Musik und Theater München (« Université de Musique et des Arts de Munich »). De fait, les quatre bâtiments sont disposés en carré sur la Königsplatz (à voir encore sur la carte, et dans la vue panoramique ci-dessous) : ils forment un ensemble architectural qui se veut cohérent et magnificent, dans son imposant style qui cite les splendeurs de l'antiquité gréco-latine et souhaite s'y rattacher.

Pendant la Seconde Guerre mondiale et après Lors de la Seconde Guerre mondiale, avec ses destructions massives (de part et d'autre), la majeure partie des œuvres conservées dans la Glyptothèque a pourtant été heureusement épargnée et sauvegardée. En revanche, le bâtiment du musée a été bombardé, le portique et plusieurs salles ont été détruits ; les fresques et les stucs qui les décoraient à l'intérieur n'ont pas survécu, et seuls quelques fragments de plâtre ont été visibles après la réouverture du musée en 1972.

L'ensemble a été reconstruit mais le bâtiment est moins prestigieux aujourd'hui qu'avant guerre, même si l'esprit et le plan en ont été respectés : à l'origine entièrement en marbre, les murs intérieurs ont été refaits en briques rouges enduites d'un plâtre léger et peint pour donner un effet de marbre. Le mur de façade du portique est pour sa part reconstruit en pierres de marbre, mais les colonnes ioniques ont été laissées inachevées (elles sont lisses et non plus cannelées comme à l'origine et comme dans l'antiquité), et certaines sculptures sont également restées inachevées.

Comme la salle assyrienne érigée dans la cour intérieure par Klenze en 1864 n'a pas été reconstruite, les reliefs de l'orthostate assyrienne du palais du roi Assurbanipal II et un lion de la porte d'Ishtar de Babylone ont été déplacés dans le musée abritant la Staatliche Sammlung für Egyptische Kunst (« Collection nationale d'art égyptien »).

thumb|La Glyptothèque en novembre 2019 pendant les travaux de réhabilitation. La Königsplatz dans son ensemble a été gravement endommagée lors des bombardements de la Seconde Guerre mondiale. .

D'octobre 2018 à janvier 2021, la Glyptothèque a été fermée en raison de travaux de rénovation. La réouverture était prévue pour le 27 janvier 2021. Les travaux de la deuxième phase de construction comprenaient l'extérieur de la Glyptothèque et se sont poursuivis jusqu'à l'été 2021 alors que le musée était déjà rouvert .

Aujourd'hui, la place Royale et la Glyptothèque ont donc retrouvé grosso modo leur aspect initial, tel que l'avait voulu Louis I.

Architecture thumb|left|À gauche du portique d'entrée, la niche de Périclès... thumb|... et à droite, celle d'Hadrien.

Le bâtiment de la Glyptothèque est de style néo-classique gréco-latin.

Le portique est orné de douze colonnes de ordre ionique. Les façades du portique et de la Glyptothèque comprennent dix-huit niches contenant des œuvres originales grecques et latines, réparties par six sur trois des façades (les plus visibles, et aucune sur l'arrière) : 3 + 3 niches sur la façade frontale de part et d'autre de l'entrée monumentale, et 3 × 2 niches entourant deux grands à-plats sur les façades latérales.

Au-dessus des colonnes, le fronton comprend un groupe de statues de , sculpteur et peintre mais aussi inspirateur de la collection au service du projet du roi Louis I. Au centre du fronton, se tient la statue en majesté d'Athéna, déesse de la sagesse, de la connaissance et de la guerre, mais aussi protectrice des arts plastiques et de la ville d'Athènes.

Les sculptures du fronton ou des niches représentent des personnages mythiques, ou historiques, ou encore des artistes célèbres ; ceux-ci se trouvent face à la Königsplatz : Dédale, Prométhée, Hadrien, Périclès, Phidias et Héphaïstos. Sur les côtés ouest et est du bâtiment se trouvent des sculpteurs de la Renaissance et de l'époque de la construction de la Glyptothèque, y compris Bertel Thorvaldsen et Antonio Canova, dont les œuvres étaient autrefois exposées dans une salle de la Glyptothèque mais ont ensuite été transférées à la Neue Pinakothek.

Le vestibule dans le bâtiment central domine les salles de la Glyptothèque de toute sa hauteur. En avant du vestibule se trouve le portique avec ses colonnes. Les treize salles rectangulaires, carrées ou rondes sont disposées autour d’une cour intérieure. De hautes et grandes fenêtres, ouvertes sur la cour intérieure, laissent entrer généreusement la lumière naturelle et le soleil. Les salles sont voûtées, et certaines voûtes sont en forme de dôme.

Endommagé lors de la Seconde Guerre mondiale, ce portique a rouvert au public en 1972 . .

Collection La Glyptothèque propose des sculptures en ronde-bosse et en originaux anciens sur une période qui s'étend de l'époque grecque archaïque ( av. J.-C., depuis ≈ − 650) jusqu'à la période impériale romaine et à l'antiquité tardive (du au siècles ap. J.C., jusqu'à ≈ + 550). D'autres sculptures (bas- et hauts-reliefs) et mosaïques remarquables y sont aussi présentés. Cette collection est complétée par les collections de terre cuite et de bronze de la Staatliche Antikensammlung (« Collections d'Antiquités de l'État bavarois »), dont le musée est situé en face de la Glyptothèque. Les œuvres de sculpture grecque et romaine antiques de la glyptothèque sont donc classées en quatre sections : la période grecque archaïque, l'époque grecque classique, l'époque hellénistique, et l'époque romaine (surtout la période impériale).

Outre les œuvres d'art figuratif autrefois utilisées pour la décoration des sanctuaires, des bâtiments publics et des places, ainsi que pour les monuments funéraires, on peut trouver parmi les statues de marbre de la Glyptothèque de nombreux portraits des divinités et personnages mythologiques, mais aussi des plus grands poètes, philosophes et dirigeants antiques, d'Homère à Platon, d'Alexandre le Grand aux empereurs Auguste, Trajan et Marc Aurèle. Certains de ceux-ci sont souvent le plus célèbre portrait au monde du personnage historique représenté. On trouve aussi des statues anonymes, ou des représentations de scènes mythologiques, ou de la vie quotidienne.

Période archaïque (-700 à -490) Parmi les œuvres de l'époque archaïque figurent des kouroi comme le Kouros de Munich (Attique, vers ) et le Kouros de Ténéa (ou Apollon de Tenée, près de Corinthe, vers ) et les Éginètes (figures ornant les frontons du temple d'Aphaïa à Égine, vers ).

Époque classique (-490 à -323)