Les élections générales espagnoles d' (, désignées sous le numéronyme 28-A) se tiennent le dimanche afin d'élire les et 208 des de la des Cortes Generales. Les élections régionales valenciennes ont lieu le même jour.

Ce scrutin est convoqué par le président du gouvernement socialiste Pedro Sánchez huit mois après son arrivée au pouvoir, consécutive à l'adoption d'une motion de censure. Initialement prévues pour , ces élections ont lieu de manière anticipée quinze mois avant le terme naturel de la , à la suite du rejet par le Congrès des députés du projet de loi de finances pour l'année .

En nette progression, le Parti socialiste arrive en tête des suffrages au Congrès des députés, où il obtient une majorité relative des sièges, ainsi qu'au Sénat, où il décroche la majorité absolue. Le Parti populaire, en tête du précédent scrutin, est en fort recul et perd la moitié de ses sièges. Il est talonné par Ciudadanos, qui devient la troisième force politique du pays au détriment d'Unidas Podemos, en recul. Vox est considéré comme le second vainqueur de ces élections, le parti faisant son entrée au Congrès et devenant la cinquième force politique du pays. C'est la première fois depuis la fin du régime de Francisco Franco en 1975 que l'extrême-droite entre au Parlement espagnol.

Aucune force politique n'ayant conquis la majorité absolue au Congrès, la formation d'un gouvernement minoritaire ou de coalition est nécessaire pour constituer le nouvel exécutif. Après l'échec de Pedro Sánchez à obtenir l'investiture du Congrès en , le roi renonce en septembre à proposer un autre candidat, amenant à une répétition du scrutin en novembre.

Contexte Absence de majorité post électorale vignette|gauche|Au sein du Congrès des députés, aucune majorité ne se dégage nettement. Lors des élections générales anticipées du , le Parti populaire (PP) de Mariano Rajoy s'impose avec . Il est suivi par le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) () de Pedro Sánchez, la coalition Unidos Podemos de Pablo Iglesias () et Ciudadanos d'Albert Rivera (). Les restants reviennent aux partis nationalistes, principalement la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), la Convergence démocratique de Catalogne (CDC) et le Parti nationaliste basque (EAJ/PNV).

Aucune majorité claire ne se dégage dans l'hémicycle de la chambre basse. Alors que les deux partis de la droite et du centre droit totalisent au Congrès, les deux formations de la gauche et du centre gauche rassemblent .

À l'ouverture de la le suivant, la députée de Pontevedra et ministre de l'Équipement Ana Pastor est élue présidente du Congrès des députés avec , contre 155 au sortant socialiste Patxi López. En échange de son soutien à la candidate du PP, Ciudadanos obtient le poste de premier vice-président pour le député des Asturies Nacho Prendes. Les nationalistes font eux le choix de l'abstention..

Gouvernement de Mariano Rajoy vignette|gauche|Après un premier échec, Mariano Rajoy est réinvesti président du gouvernement grâce à l'abstention du PSOE.

Rejet initial de l'investiture Un mois après le scrutin, le roi Felipe propose la candidature de Rajoy, président du gouvernement sortant, à l'investiture du Congrès des députés.. Le , le Parti populaire et Ciudadanos signent un accord d'investiture apportant le soutien du parti de Rivera à un nouveau mandat de Rajoy. Parmi les nombreuses mesures qu'il contient, ce pacte propose de revenir sur la réforme éducative adoptée lors de la législature précédente, la remise en place de l'accès universel à la santé, l'autorisation de la dation en paiement pour solder une hypothèque, un plan de lutte contre la pauvreté infantile, un pacte contre la violence de genre, la gratuité des manuels scolaires ou encore la révision de la loi de sécurité publique, dite , autant de mesures défendues par le secrétaire général du Parti socialiste Pedro Sánchez lors de sa tentative ratée d'investiture en précédent et destinées à favoriser une abstention des députés socialistes..

Lors du premier tour de scrutin, organisé le au palais des Cortès, l'élection de Rajoy pour un second mandat est rejetée par contre et pour, le chef de l'exécutif sortant ayant bénéficié de l'appui de Ciudadanos et de la Coalition canarienne (CC).. Lors de la répétition du vote après, le résultat se révèle être identique et le Congrès refuse donc la candidature de Mariano Rajoy..

Maintien au pouvoir Le , le secrétaire général du PSOE Pedro Sánchez est poussé à la démission par les cadres dirigeants du parti après avoir tenté de convoquer un congrès et s'être opposé à une abstention permettant à Rajoy d'être de nouveau investi.. Trois semaines plus tard, la direction du parti approuve la proposition soutenue par la direction provisoire d'une abstention des députés socialistes afin de permettre le maintien du président sortant au pouvoir et d'éviter de nouvelles élections.. Lors d'un nouveau vote d'investiture le , Mariano Rajoy est réélu à la présidence du gouvernement par pour, et , même si socialistes rompent la discipline de vote et s'opposent à cette investiture..

Crise indépendantiste en Catalogne Le président de la généralité de Catalogne, Carles Puigdemont, annonce le son intention de convoquer un référendum d'indépendance le suivant.. Le Parlement de Catalogne adopte trois mois plus tard la loi organisant la tenue du scrutin, aussitôt suspendue par le Tribunal constitutionnel, puis une loi de fondation de la République permettant d'engager la transition vers un État indépendant en cas de succès du référendum... Bien qu'interdit et empêché par la Police nationale et la Garde civile, le scrutin est tout de même organisé : 43 % des électeurs inscrits y prennent part et votent à 90 % en faveur d'un État indépendant..

Le , Carles Puigdemont proclame l'indépendance de la Catalogne devant le Parlement, mais annonce en suspendre aussitôt l'application afin d'ouvrir une période de dialogue avec le gouvernement de Madrid.. Le conseil des ministres approuve le lendemain l'envoi d'une mise en demeure aux autorités catalanes, premier pas vers la suspension de l'autonomie prévue par l'article 155 de la Constitution.. À la demande de l'exécutif, le Sénat approuve le la mise en application de l'article 155 par pour et , moins d'une heure après que les députés catalans ont approuvé la déclaration d'indépendance au moyen d'une résolution.. Mariano Rajoy décide un jour plus tard de destituer l'ensemble du gouvernement de Catalogne, dont les fonctions sont reprises temporairement par le gouvernement central, de dissoudre le Parlement et de convoquer des élections anticipées dès le ..

Au soir du scrutin, Ciudadanos arrive en tête devant la coalition Ensemble pour la Catalogne (JxCat) de Carles Puigdemont, la Gauche républicaine, et le Parti des socialistes de Catalogne (PSC). Bien que la première place revienne à un parti unioniste, le mouvement indépendantiste s'impose dans son ensemble avec sur 135.. Le , après avoir dû renoncer à sa propre candidature, Carles Puigdemont indique que Quim Torra est son candidat à la présidence de la généralité.. Quim Torra, indépendantiste convaincu, est investi à la tête du gouvernement catalan quatre jours plus tard, sans le soutien de la Candidature d'unité populaire (CUP), parti indépendantiste radical..

Motion de censure Redevenu secrétaire général du Parti socialiste, Pedro Sánchez annonce le avoir déposé une motion de censure à l'encontre de Rajoy, au lendemain de la condamnation du Parti populaire par l'Audience nationale pour dans le cadre d'un important scandale de corruption, l'affaire Gürtel.. Cette motion est adoptée le par pour, contre et une abstention, devenant la première motion de censure approuvée depuis l'entrée en vigueur de la Constitution..

Gouvernement de Pedro Sánchez vignette|upright=1.2|Pedro Sánchez forme en le gouvernement le plus féminisé du monde. Pedro Sánchez forme une semaine plus tard le gouvernement le plus féminisé de l'histoire espagnole et du monde, avec parmi les 17 ministres, dont les ministères de la Défense, des Finances et de l'Économie..

Élections en Andalousie

Les élections des membres du Parlement de la communauté autonome d'Andalousie se tiennent le , plusieurs mois avant celles de la plupart des autres communautés, prévues le même jour que les européennes de 2019. Ce premier scrutin depuis le vote de la motion de censure constituait un test électoral pour le Parti socialiste. Un résultat favorable aurait permis à Pedro Sánchez, en difficulté pour faire passer son budget, de convoquer des élections générales anticipées avec une bonne chance de remporter une majorité stable...

Ces élections sont cependant un revers pour la gauche, qui plus est inattendu car n'ayant pas été perçu par les enquêtes d'opinion.. Bien qu'arrivé en tête des voix, le Parti socialiste ouvrier espagnol d'Andalousie au pouvoir connait un fort recul, de même que le Parti populaire andalou et dans une moindre mesure Adelante Andalucía, tandis que Ciudadanos connait une forte hausse. Le scrutin est cependant surtout remarqué dans le pays et à l'étranger par la percée du parti Vox, qui fait son entrée au Parlement andalou et devient ainsi le premier parti d'extrême droite à obtenir des sièges dans un parlement espagnol depuis la transition démocratique.. Aussitôt, le président du gouvernement indique son intention de se maintenir au pouvoir et sous-entend qu'il renonce dans l'immédiat à dissoudre les Cortes et organiser de nouvelles élections..

Les résultats aboutissent à la formation d'une coalition entre le Parti populaire et Ciudadanos avec le soutien de Vox, provoquant la première alternance dans la région depuis l'accession de l'Andalousie à l'autonomie en , et augurant une possible reconfiguration des alliances politiques au niveau national..

Rejet du budget Au lendemain de la manifestation organisée le sur la place Colomb à Madrid par le Parti populaire, Ciudadanos et Vox, la presse se fait l'écho de rumeurs selon lesquelles Pedro Sánchez aurait la volonté d'anticiper les élections générales et de convoquer un scrutin pour le renouvellement des Cortes le .. Cette date, qui correspond à la commémoration de la proclamation de la est également celle du premier week-end des vacances de la Semaine sainte, ce qui pourrait induire une plus faible mobilisation électorale. Les deux autres dates évoquées sont donc celles du , premier dimanche qui suit cette période de congés, et le , journée des élections municipales, régionales et européennes, ce qui en ferait un ()..

Le , quelques jours après que le gouvernement a rompu tout dialogue avec les partis indépendantistes catalans, le Congrès des députés renvoie le projet de loi de finances pour au gouvernement par contre 158 et une abstention : le gouvernement bénéficie seulement de l'appui d'Unidos Podemos et du Parti nationaliste basque.. C'est la première fois depuis , à l'époque où le socialiste Felipe González était au pouvoir, que le budget est rejeté par les députés.. Quelques heures après, le secrétariat d'État à la Communication publie un communiqué déplorant que de nombreux projets de réforme, comme la révision de la loi de sécurité publique, l'autorisation de l'euthanasie ou la modification du vote des expatriés, qui n'ont rien à voir avec le projet de loi de finances, ne pourront être adoptées, confirmant implicitement la dissolution prochaine des deux assemblées parlementaires..

Convocation des élections