La Sambre est une rivière franco-belge, affluent de la Meuse, de de long. Elle fait partie du District hydrographique international de la Meuse.

Du côté français, elle fait l'objet d'un contrat de rivièreLe Contrat de Rivière Sambre & Affluents rassemble ; l'ensemble des acteurs du sous-bassin hydrographique réunis pour restaurer, protéger et valoriser les ressources en eau du bassin (lien). qui est devenu un schéma d'aménagement et de gestion des eaux (SAGE), visant à lui permettre de retrouver un « bon état écologique » dans le cadre de la directive cadre sur l'eau et du Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (SDAGE).

Du côté belge, le Contrat de Rivière Sambre & Affluents (CRSA) est un outil régional d'application de la Directive européenne cadre sur l'Eau et fait partie des 14 contrats de rivière de Wallonie. LASBL Contrat de Rivière Sambre & Affluents a pour mission d'assurer la concertation entre les acteurs publics et privés pour l'amélioration de la qualité des eaux de surfaces et souterraines sur le sous-bassin hydrographique de la Sambre.

Hydronymie Le nom Sambre, tout comme le nom de la Somme, pourrait venir du gaulois Samara « tranquille »Charles Rostaing, Les Noms de lieux, PUF, Paris, 1945, .. Plusieurs chroniqueurs médiévaux (Jacques de Guyse à la suite de Lucius de Tongres) affirment que son nom vient de Sambro ou SamberFortia d'Urban, Histoire de Hainault par Jacques de Guyse, traduite en français avec le texte latin en regard, en 19 volumes, Paris, 1826-38. Voir Volume 1, pages 264 (en latin) et 265 (en français)..

Pour Ernest Nègre, Sambre est tiré de la racine préceltique *Sab, désignant un élément liquide, suc, jus, et sève, ainsi que du suffixe ara, également préceltique.

Géographie

La Sambre est une rivière qui prend sa source en France, dans le bois de La Haie-Equiverlesse, sur la commune de Fontenelle, près du Nouvion-en-Thiérache sur le plateau de Saint-Quentin. Elle arrose Pont-sur-Sambre, Hautmont, Maubeuge, Jeumont en France, puis entre en Belgique à Erquelinnes, pour passer par Merbes-le-Château, Fontaine-Valmont, Lobbes, Thuin, Montigny-le-Tilleul, Charleroi, Châtelet, Sambreville, Jemeppe-sur-Sambre, Floreffe et vient se jeter dans la Meuse à Namur. Son cours est long d'environ ( en France). Le bassin versant de la Sambre en France est de . Sa pente moyenne en France est de .

La Sambre s'écoule depuis les contreforts des Ardennes, où elle prend sa source, au Nouvion-en-Thiérache.

Sa source était celle de l'Ancienne Sambre ou Morteau (dans la forêt du Nouvion-en-Thiérache) avant sa capture par l'Oise. Sur la carte de Cassini, entre Boué et Oisy (orthographié Oizy), est écrit « ancien lit de la Sambre ». Le ruisseau de l'Ancienne Sambre sert désormais à alimenter le bief de partage sur l'interfluve. C'est donc désormais le Ruisseau de France qui est la section amont de la Sambre.

Arrivée à hauteur de Landrecies, elle est captée par l'ancien bassin d'avant-pays du microcontinent Avalonnais. Ce bassin fut créé par ploiement du sous le poids de la chaîne hercynienne. Il est d'orientation sud-ouest - nord-est.

Le cours de la Sambre est marqué par ce que les géologues belges ont appelé la « faille du Midi ». Cette bordure nord des Ardennes forme donc un creux : au sud, le massif ardennais ou ses contreforts, au nord le bassin houiller carbonifère. Ce sillon dit de « Sambre-et-Meuse » se poursuit jusqu'à Namur (confluent avec la Meuse, qui à cet endroit s'engouffre à son tour dans le sillon) et Liège.

La Sambre a donc été un passage obligé pour toute armée voulant contourner les Ardennes. Ceci explique l'histoire mouvementée de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

Elle est canalisée au gabarit Freycinet ( à d'enfoncement) de Landrecies jusqu'à Monceau et au gabarit en aval jusqu'à Namur.

La Sambre compte de nombreux affluents : la Riviérette, la Tarsy, le Cligneux, le ruisseau d'Eclaibes, la Flamenne, La Sambrette, l'Helpe Mineure, l'Helpe Majeure, la Solre, la Hante, la Thure, la Biesmelle, l'Eau d'Heure, le Piéton, l'Acoz et l'Orneau.

On notera qu'en dehors de la Flamenne, du Piéton et de l'Orneau, tout à fait en aval, tous les affluents cités sont en rive droite. Ils descendent des contreforts du massif ardennais. La Haute-Sambre et la Moyenne-Sambre n'ont pas d'affluent notable en rive gauche. De ce côté, ce ne sont que des ruisseaux prenant leur source à moins de du lit de la Sambre : la Rau des Arbreux (confluent à Berlaimont) et la Sambrette (confluent à Pont-sur-Sambre). Les affluents plus notables ont été capturés par l'Escaut et la Haine. Curieusement, la Sambre coule perpendiculairement au sens général de la pente. Cette étrange situation résulte de la surrection récente du massif ardennais par contrecoup des Alpes, surrection toujours en cours. Grâce à son érosion et à la faille du Midi, elle a pu maintenir son cours, tandis que ses affluents viennent de l'est et que ses anciens affluents ont été détournés vers l'ouest, vers l'Escaut. Le Haut-Escaut est dans la même situation et n'a pas d'affluent notable en rive gauche.

Dans son parcours wallon, la Sambre quand elle se fait Basse-Sambre (autour des communes fusionnées sous le nom de Sambreville), un peu en amont de Namur, donne son nom à l'une des portions du bassin industriel wallon, notamment en raison de ses charbonnages, aujourd'hui fermés. La poétesse de langue wallonne Gabrielle Bernard a saisi avec finesse la dualité de cette région. Au sud de son lit et à l'ouest de celui de la Meuse, la Sambre et la Meuse donnent naissance à la région wallonne de l'Entre-Sambre-et-Meuse célèbre pour ses marches militaires issues d'escortes processionnelles d'origine religieuses où défilent, de la fin du printemps à l'automne, des soldats revêtus d'uniformes anciens, notamment napoléoniens, les célèbres marches de l'Entre-Sambre-et-Meuse.

La Sambre française forme deux parties canalisées : le canal de la Sambre à l'Oise, presque rectiligne, d'une largeur constante et à faible débit. Il n'a qu'un affluent, la Rivierette ; la Sambre canalisée, qui elle accueille les eaux des deux Helpes, la Tarsy, les Cligneux, la Solre ainsi que de nombreux fossés et ruisseaux.

Environnement, écologie vignette|La Sambre canalisée à Landrecies (France). L'histoire environnementale de la rivière remonte au moins au Haut Moyen Âge. Il existait de nombreux marécages le long de la Sambre qui inondaient périodiquement les basses prairies de la vallée de la Sambre.

Depuis cette époque, la rivière a subi un processus d'artificialisation et de canalisation sur une partie croissante de son parcours. Les gués ont peu à peu disparu avec l'introduction du réseau routier et la construction des ponts. Les zones humides ou inondables adjacentes ont été drainées et les berges aménagées, avec des créations d’étangs et du barrage du Val Joly et parfois le détournement du lit mineur.

La rivière a été fortement influencée par la révolution industrielle avec le développement du bassin minier belge ainsi et une industrialisation également du côté français. Par le transport fluvial qu'elle permet et la proximité d'importantes ressources en énergie, elle a attiré des industries lourdes, dont l'industrie métallurgique. La pollution de l'eau tend aujourd'hui à y diminuer, mais les sédiments peuvent longtemps conserver les séquelles de ce développement industriel (métaux lourds notamment). vignette|La Sambre à Aulnoye-Aymeries (France). En ce qui concerne l'écologie du paysage, la pollution a été un frein à la migration normale des poissons. Mais à cause de sa canalisation, cette rivière est probablement également peu à peu devenue une barrière écologique entre les milieux naturels qui l'encadraient ou l'encadrent encore ; interdisant ou freinant une partie des flux de gènes et d'espèces (pour les espèces incapables de traverser un canal et éventuellement pour des espèces en dépendant). C'est le cas par exemple entre la forêt de Mormal et les territoires boisés situés plus à l'est.

Des initiatives ont toutefois vu le jour telles que la création de réserves naturelles visant à protéger et restaurer les biotopes anciens. C'est ainsi le cas des marais de Labuissière, Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB). Ils sont positionnés au confluent de la Hantes et de la Sambre, en aval de Merbes-le-Château et font partie de réserve naturelle de la Haute-Sambre gérée par Natagora en partenariat avec le Groupe Wanty spécialisé dans le génie civil. La réserve naturelle couvre une superficie de sur le territoire des communes de Merbes-le-Château et Erquelinnes. On y trouve différents types de milieux et de plantes aquatiques : berges de rivière, forêt marécageuse, eaux libres ceinturées de roselières (massettes, baldingères, etc.), mégaphorbiaie à reine des prés, magnocariçaies, jonchaies, prairies humides inondables à oenanthe aquatique, etc. Au niveau ornithologique, on y note la présence de quelques espèces peu fréquentes telles que le grèbe castagneux, le canard souchet, le martin-pêcheur, le bruant des roseaux, le phragmite des joncs, la bergeronnette printanière, etc. En hiver, des hérons, canards, bécassines des marais et autres oiseaux d'eau s'y regroupent sur les plans d'eau. Dans la faune aquatique, l'on a déjà signalé la présence de méduse d'eau douce.

Histoire vignette|redresse=1.7|« Embranchement de la rivière d'Helpe-Majeure à celle de la Sambre pris en droite ligne autant qu'il a été possible » ; Portion de rivière Helpe-Majeure à partir du pont de Hachette, passant près de l'abbaye de Maroilles (« Maroelles ») et allant bien au-delà des ponts de « Fayt », à hauteur de « Parlabeau » ou « Bocqueau ». Tracé d'une portion du « chemin projeté de Landrecy à Maubeuge (chapitre 43) » et tracé d'une portion du « chemin de Landrecy à Avesnes (chapitre 42) ». Carte réalisée entre 1745 et 1780. Source : Atlas de Trudaine pour la généralité de Hainaut-Cambrésis. Chapitre 38 de l'inventaire.

La Sambre semble avoir été utilisée voire artificialisée depuis longtemps. Un récit fondateur médiéval (et partiellement prémédiéval) s'en fait en tous cas l'écho. La légende hennuyère veut que la Gaule belgique et la légendaire ville Belgis aient été fondées par le mythique Bavo. Bavo l'Ancien ou Bavo le Brun aurait été un prince grec. Il serait venu, après la guerre de Troie et avec des soldats, jusque dans la vallée de la Haine. Il y aurait fondé, par les armes, un royaume ayant englobé tout le Hainaut. Ceci se serait produit bien avant l'ère chrétienne, selon les anciens. Le légendaire et les chroniqueurs médiévaux rapportent que Bavo eut de nombreux fils, parmi lesquels Bavo Belginéus, grand druide, qui déjà a cherché à dompter et utiliser la Sambre, alors que la ville de Belgis (Bavay selon les chroniques du Moyen Âge) manquait d'eau.

Le frère mineur cordelier Jacques de Guyse, dans ses chroniques du Hainaut raconte en effet, citant Lucius de Tongres (plus ancien que lui), qu'une . Ce récit est probablement très enjolivé. De Guyse lui-même cite un autre chroniqueur, Clairembaud (ou Clarembaldus), auxquels les historiens accordent peu de créditCet auteur écrit en poésie, et reprend volontiers à son compte le merveilleux et les mythologies romaines ou grecques.. Clairembaud, dans ses Rimes, semble affirmer que . Ces textes n'ont pas de valeur historique fiable,