thumb|upright|Bande de papier avec des trous représentant des caractères du « code Baudot ». thumb|Le clavier et ses cinq touches, 1884. Le code Baudot est dans l'histoire un des premiers codages des caractères binaires. Il est plus ancien que le code ASCII par exemple. Il est aussi appelé code télégraphique Alphabet International (AI) ou Alphabet International (AI) ou code CCITT .

C'est un code binaire : chaque caractère est codé par une série de (0 ou 1), ce qui permet 2 = . Ces ne suffisent pas pour coder les lettres (26), les chiffres (10), les signes opératoires (+-/x=), la ponctuation (, ;.:!?), et les autres symboles (&, #..) ; le code Baudot utilise donc deux jeux de caractères appelés Lettres () et Chiffres (). Le jeu de caractères Chiffre comprend les signes opératoires et de ponctuation et les autres symboles. Deux caractères, Inversion Lettres et Inversion Chiffres (), permettent le passage d'un jeu de caractères à l'autre.

Il s'agit donc du premier codage des caractères mécanisé.

Un inconvénient évident de ce code réside dans les commutations fréquentes entre jeux de caractères. D’autre part, bien que ce code soit plus riche que le code Morse international, il ne traite pas les minuscules et certains symboles.

Historique Le premier code Baudot a été développé par Émile Baudot en 1874 pour les lignes de télégraphie électrique : il s'agit de l'Alphabet international .

Les caractères étaient composés à l'aide d'un clavier à cinq touches, où chaque touche correspondait à l'un des cinq bits de chaque caractère.

En 1877, l'installation quintuple permet cinq fonctionnements simultanés et donc un débit cinq fois plus grandp. 32.

Différents arrangements ont ensuite été normalisés et adoptés pour les communications internationales, comme l'alphabet international et l'alphabet international .

La technologie du ruban perforé est abandonnée avec le Télex, un réseau de communication entre téléscripteurs, mis en place à partir des et encore en service au début du , bien que massivement remplacé par d'autres technologies.

La notion de codage des caractères était née. Différentes évolutions techniques ont permis d'augmenter le nombre de caractères représentables en passant de cinq à six (six bits), puis sept et huit bits (octet), pour représenter respectivement 32, 64, 128 et .

Le principe de codage des caractères par un système binaire abstrait de taille fixe est toujours utilisé de nos jours dans les systèmes de télécommunications, bien que le nombre de caractères et leur système de représentation ait considérablement évolué.

Objectif

Cet appareil a permis de composer des dépêches.

L'utilisation du multiplexage a permis d'atteindre par heure en duplex contre par heure en morse duplex.

Ce chiffre s'obtient en comptant pour . Cette vitesse était obtenue grâce à une roue qui permettait de multiplexer plusieurs communications (de l'ordre de quatre ou six simultanées).

Le dispositif était basé sur un clavier à cinq touches pouvant être pressées simultanément et qui chacune pouvait produire un courant positif ou négatif (voir bit). Cette information binaire est représentée ci-dessous par pour l'absence de perforation, ou par pour une perforation, enchaînées par séquence de 5.

Ce code de était composé de de 28 caractères imprimables et de quatre codes de contrôle.

Les quatre codes de contrôle permettaient. : de gérer une espace ou un état de repos (NULL) ; de basculer au mode lettres (LTRS) ; de basculer au mode figures (FIGS) pour les chiffres, ponctuations et symboles ; d'indiquer une erreur de composition du caractère précédemment transmis (DEL).

Évolution Les codes initiaux ont été le code Baudot et l'alphabet .

Vers 1901, l'inventeur modifie le code Baudot original en réorganisant les caractères, ajoute de nouveaux symboles parmi les . Comme il souhaitait utiliser un clavier de machine à écrire, il n'y avait plus de correspondance physique entre le code et la disposition des touches. Il organisa donc les caractères pour que les caractères les plus courants génèrent un nombre minimal de perforations parmi les cinq possibles, ce qui minimise l'usure du matériel.

En 1911, aux États-Unis, la machine Morkrum est munie d'un clavier de machine à écrire d'un code à cinq perforations et d'un imprimeur, capable d'annuler un caractère en poinçonnant les cinq trous, le tout fonctionnant à une vitesse de 360 lettres à la minute ou six lettres à la seconde. La transmission quadruplex permet d'augmenter le débit en faisant passer deux émissions et deux réceptions sur un même fil.

La Western Union modifia le code de Murray, en éliminant certains caractères. Le code obtenu est le code actuel . On présente plus bas le code US TTY, très proche du code CCITT.

En 1917, la Western Electric est dotée d'un système simplex contenant en plus des cinq informations du code, une information de start et une information du stop permettant de démarrer et d'arrêter la transmission des cinq bits à l'aide de deux électro-aimants, pour les lignes de grande longueur..

En 1917, la réception dispose également d'une touche LF (line feed) et d'une touche CR (carriage return)..

En 1921, aux États-Unis, trois systèmes basés sur une transmission start-stop ont atteint le succès commercial. Il s'agit notamment du système Morkrum et du système Western Union..

Lors de la standardisation de ce code à un niveau international, le code US TTY a été modifié pour donner le code CCITT . Il en diffère par une inversion (BEL et ') et des définitions additionnelles dans les FIGS (#, & et !), laissées volontairement non définies par le CCITT pour permettre des usages nationaux/locaux.

En hommage à Émile Baudot, une partie de son nom désigne l'unité de mesure du débit de signal, le Baud (symbole Bd).

Utilisation et application

En , après avoir expérimenté avec succès l'appareil entre Marseille et Alger, on décide de développer l'usage de l'appareil Baudot sur les câbles sous-marins d'Algérie..

L'appareil Baudot peut être utilisé avec deux fils : un fil sert alors à la transmission, et l'autre à la réception. Le code Baudot est utilisé dans le réseau Télex. Il est également mis en œuvre dans certaines versions du radiotélétype.

Le principe de perforation sur un nombre fixe de bits a été repris, en changeant à la fois le système de codage et le format du support, dans le système des cartes perforées. Il a également inspiré le Manchester .

Variations et standardisations Le principe du code Baudot basé sur cinq bits, avec deux contextes (lettres et chiffres) a continué à être utilisé avec certaines variations. Pour une bonne compréhension entre des parties différentes, une standardisation a dû s'imposer.

Le principe du code Baudot est repris à un niveau dans les Alphabets internationaux et .

À un niveau local, on le retrouve dans le Code US TTY.

Code original et Alphabet international

Code continental et britanniques

Code Baudot (Arrangement européen et britannique)+Code Baudot (Arrangement européen et britannique) Les colonnes et montrent le code ; Les colonnes Let et Fig montent les lettres et les chiffres, pour l'Europe d'abord, puis pour le Royaume-Uni ; Les clés de tri permettent de présenter la table dans les ordres : alphabétique, de Gray, et britannique Europe clés de tri Royaume-Uni clés de tri Lettre Chiffre Con­ti­nen­tal Gray Code de Gray Let. | Fig. Bri­ta­nnique - - - A 1 ● A 1 ● É & ● ● / / ● ● E 2 ● E 2 ● I ● ● I / ● ● O 5 ● ● ● O 5 ● ● ● U 4 ● ● U 4 ● ● Y 3 ● Y 3 ● ● B 8 ● B 8 ● ● ● C 9 ● ● C 9 ● ● ● ● D 0 ● ● ● D 0 ● ● ● ● ● F ● ● F / ● ● ● ● G 7 ● G 7 ● ● ● H ● ● H ¹ ● ● ● ● J 6 ● J 6 ● ● ● Fig. Bl. ● ● ● * * ● ● ● ● K ( ● K ( ● ● ● ● ● L = ● ● L = ● ● ● ● ● ● M ) ● M ) ● ● ● ● ● N N° ● ● N £ ● ● ● ● ● ● P % ● ● ● P + ● ● ● ● ● ● ● Q / ● ● Q / ● ● ● ● ● ● R – ● R – ● ● ● ● S ; ● S / ● ● ● T ! ● ● T ² ● ● ● ● V ' ● ● ● V ¹ ● ● ● ● ● W ? ● ● W ? ● ● ● ● X , ● X / ● ● ● Z : ● ● Z : ● ● ● ● . ● – . ● ● ● Bl. Let. ●

Le code Baudot se compose de et d'un code de changement de jeu de caractères.

Les lettres sont codées en classant les voyelles et les consonnes séparément dans l'ordre alphabétique et en suivant l'ordre du code de Gray, trois quarts de siècle avant que celui-ci ne soit breveté aux États-Unis.

Aucun lien apparent ne semble unir le codage des lettres et le codage des chiffres.

Les cinq premiers chiffres sont codés sur trois bits dans un ordre d'origine méconnue. Les cinq chiffres suivants sont codés dans le même ordre, mais avec le bit positionné.

Le code de la est détaillé dans la table dénommée "Code Baudot (Arrangement européen et britannique)".

Alphabet international

L'alphabet n°1 est un accord international qui réserve certains caractères à un usage local.

Code de Murray

Alphabet international (Code de Murray)+ . Motif d'impulsions (1 = marque, 0 = espace) msb à gauche Motif d'impulsions (1 = marque, 0 = espace) msb à droite Page lettres Page chiffres trous-motif-position Ordre ETAOIN . 00000 00000 0 * 00100 00100 1-A:3* 10111 11101 Q 1 4-B:111-1 23 10011 11001 W 2 3-B:11 16 00001 10000 E 3 1-A:1 01 01010 01010 R 4 2-B:101-2 09 10000 00001 T 5 1-A:5 02 10101 10101 Y 6 3-C:1 17 00111 11100 U 7 3-A:111-1 12 00110 01100 I 8 2-A:11-2 05 11000 00011 O 9 2-A:11-4 04 10110 01101 P 0 3-B:11 18 00011 11000 A – 2-A:11-1 03 00101 10100 S BELL 2-B:101-1 07 01001 10010 D $ 2-C:1001-1 10 01101 10110 F ! 3-B:11 15 11010 01011 G & 3-B:11 21 10100 00101 H # 2-B:101-3 08 01011 11010 J ' 3-B:11 24 01111 11110 K ( 4-A:1111-1 22 10010 01001 L ) 2-C:1001-2 11 10001 10001 Z " 2-D 26 11101 10111 X / 4-B:111-3 25 01110 01110 C : 3-A:111-2 13 11110 01111 V ; 4-A:1111-2 19 11001 10011 B ? 3-B:11 20 01100 00110 N , 2-A:11-3 06 11100 00111 M . 3-A:111-3 14 01000 00010 1-A:4* 00010 01000 1-A:2* 11011 11011 4-C:11@ 11111 11111 5@

L'alphabet international est incompatible avec l'Alphabet international (Code Baudot original).

La logique des lettres de l'Alphabet international n'est pas apparente au premier abord. Un seul bit est positionné (perforé) pour E et T, dix autres lettres AOINSHRDLU ne sont représentées qu'avec deux bits positionnés. Cette disposition "ET AOINSHRDLU" est donc dans un ordre ressemblant fortement à la séquence ETAOIN SHRDLU déjà connue à l'époque.

Il faut donc comprendre que les combinaisons nécessitant le moins de perforations sont associées aux caractères les plus fréquents.. .

Chaque lettre prenait un demi-pouce sur les bandes perforées..

Le télégraphe de Murray a été en compétition avec nombre d'autres systèmes. Mais il permet d'effacer un caractère sans que cela n'apparaisse dans le message final, pour plaire aux . Il a été essayé par les administrations allemandes et britanniques (y compris en Inde), notamment sur le câble Londres-Edinbourg durant quinze mois, mais aussi sur le câble Emden-Londres. Le jeu complet d'appareil coûte alors britanniques. Le jeu complet d'appareil coûte entre britanniques. À titre de comparaison le clavier Morse ne coûte que dix livres environ. Ce système a été développé en partie à Sydney, New-York, Londres et Berlin. Le système a notamment intéressé l'ingénieur Kraatz et le . Le système permettait également d'écrire en forme de page à un rythme de par minute, dans un sens (donc en cas de transmission dans les deux sens (duplex)), sur une distance d'un millier de miles britanniques, ..

Murray a également déposé un brevet sur la synchronisation automatique permettant de perfectionner les systèmes Baudot et Picard..

Le code Baudot a été utilisé en France, dans les capitales européennes majeures ainsi que dans différents pays notamment la Russie, l'Inde et le Brésil. En France, avec le système Baudot plusieurs villes peuvent être branchées sur une seule ligne (un seul câble). De plus, une des avancées majeures de Murray est le fait de perforer le message reçu, ce qui permet de le retransmettre automatiquement et sans erreur, vers plusieurs destinations.