Allerey-sur-Saône est une commune française située dans le nord du département de Saône-et-Loire en région Bourgogne-Franche-Comté, entre Verdun-sur-le-Doubs et Chalon-sur-Saône. Géographie Communes limitrophes
vignette|gauche|Carte simplifiée de la situation d'Allerey-sur-Saône. Accès et transports
Hydrographie, géologie et relief La commune est située dans la vallée de la Saône, à 20 km au nord de Chalon-sur-Saône et à 3,5 km au nord-ouest de Verdun-sur-le-Doubs où le Doubs rejoint la Saône. Celle-ci offrait à cet endroit un gué créé par les nombreux bancs de sableGués sur la Saône ; il a existé ensuite un bac pour traverser en toute saison puis un pont suspendu (dit pont de Chauvort) au milieu du (1840)Pont dont l'une des plus anciennes représentations figurées est un dessin réalisé en 1856 par Rousselot, inspecteur des Forêts (volume conservé à l'Académie de Mâcon)., reconstruit plusieurs fois, alors que la rivière était drainée pour favoriser le passage des chalands vers Seurre et Saint-Jean-de-Losne.
Le village est installé à une altitude moyenne de 193 mètres sur une terrasse alluviale qui domine une courbe de la Saône d'une vingtaine de mètres, ce qui le met à l'abri des crues. Certaines parties de la commune restent cependant exposées comme la fin du cours de la Dheune qui rejoint la grande rivière au hameau de Chauvort à l'est ; celui-ci constituait jusqu'au un port important puisqu'il était en fait le port du Pays beaunois et de ses vinsTourisme en Bourgogne. La commune comporte également le hameau de Pussey à l'ouest du village et le hameau de Baignant au nord-ouest, près d'un étang dans un secteur boisé.
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique altéré et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Bourgogne, vallée de la Saône, caractérisée par un bon ensoleillement (), un été chaud (), un air sec au printemps et en été et des vents faibles.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Bragny-sur-Saône à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Allerey-sur-Saône est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Chalon-sur-Saône, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (75,5 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (77,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (54,2 %), forêts (15,4 %), prairies (13,7 %), zones agricoles hétérogènes (7,6 %), zones urbanisées (6,4 %), eaux continentalesLes eaux continentales désignent toutes les eaux de surface, en général des eaux douces issues d'eau de pluie, qui se trouvent à l'intérieur des terres. (2,7 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie
Histoire Le territoire d'Allerey jouissait d'une situation favorable à la croisée de la route reliant Beaune et Chagny à Verdun-sur-le-Doubs et au Jura (future Route nationale 470) et de la voie romaine Chalon-Langres-Trêves (la voie Agrippa), mais aussi par son emplacement sur la Saône où était actif le port de Chauvort et un gué puis un bac à péage pour traverser la rivière. L'installation humaine y est ancienne : des traces d'un habitat protohistorique gaulois (Hallstatt moyen vers -600) ont été retrouvées et les fouilles archéologiques ont mis au jour des éléments gallo-romains () en différents points de la commune comme au Petit Pussey sur la grande voie romaine et au hameau de ChauvortLes fouilles archéologiques dans le Verdunois et Bulletin municipal .
Le fief d'Allerey Le fief d'Allerey qui englobait des possessions dans les villages environnants dont plusieurs furent cédées à l'abbaye de Maizières située à Saint-Loup-Géanges, a longtemps été associé à la châtellenie de Palleau mais il disposait d'un château féodal remplacé au par le château classique qui existe encore et est inscrit depuis 2008 comme Monument historiqueBase mistral et Allerey-sur-Saône – Patrimoine .
Dans l'histoire d'Allerey, on note la charte d'affranchissement des habitants en 1253/1254, puis l'autonomie par rapport à Palleau en 1275 quand le dernier « seigneur d'Allerey et de Palleau », le chanoine Durand de Palleau, vend les terres et les possessions de Palleau à l'évêque de Chalon. Les droits sur Allerey sont acquis alors par la famille de Mailly après le mariage d'Hugues de Mailly sire de Chaublanc, avec Marie héritière de Palleau. Les successions complexes et les difficultés financières amènent ensuite le fief d'Allerey dans la dépendance de l'évêque de Chalon, puis entre les mains de la famille de Nanton en 1375 et, plus tard, de la famille de Lugny (en 1434). Le mariage de Philiberte de Lugny avec Claude de Cusance (vers 1540-1551) crée un nouveau rameau qui possédera le fief d'Allerey jusqu'en 1623, époque où la terre d'Allerey et ses dépendances sont vendues à Roger de Bellegarde, grand écuyer de France, marquis de Seurre et un temps Gouverneur de Bourgogne qui fit construire à Seurre un pont de bois en 1617 qui dura un siècle.
Par ventes successives, le fief aboutit à Pierre Espiard-Humbert, conseiller au parlement de Dijon, décédé en 1766, qui fait reconstruire le château. Son descendant Auguste-Louis-Zacharie Espiard-Humbert, dernier baron d'Allerey, est guillotiné en 1794 pour son activisme à rétablir avant la Révolution ses droits seigneuriaux, mais sa famille conserve les biens et le château qui passent ensuite entre plusieurs mains avant d'aboutir à la famille de Menthon puis à la famille de Maistre en 1896J.P. Diconne, Allerey et ses seigneurs.
Faits notables Comme le pays avoisinant, Allerey est détruit en 1636 par les Impériaux de l'armée de mercenaires croates du général hongrois Nicolas Forkak en 1636 pendant la guerre de Dix AnsJ.P. Diconne, La guerre de Trente Ans et l’invasion de Gallas et de Forkak en 1636 : le village est ravagé comme le château et l'église qui sont refaits au .
L'ancien cimetière autour de l'église a été déplacé en 1913. On y voit encore la stèle de Pierre-Frédéric Leblanc, riche propriétaire et bienfaiteur qui légua en 1868 sa fortune (68 ha de terre à Allerey et des biens immobiliers, 5 ha de vignes à Beaune) au bureau de bienfaisance qui construisit une école religieuse tenue par les frères des Écoles chrétiennes, l'institut Leblanc, transformée plus tard en garderie-cantine puis en logements sociaux. Son épouse avait légué en 1856 l'essentiel de ses biens propres à la commune de Labergement-les-Seurre (son lieu d'origine) pour l'édification d'un hospice nommé « Maison Cordelier » (c'était le nom de sa famille) devenu aujourd'hui maison de retraiteJ.P. Diconne, Pierre-Frédéric Leblanc, grand propriétaire et bienfaiteur du bureau de Bienfaisance d’Allerey .
En 1885, Pierre Edmé Bonnefond fait un legs à la commune pour « aider à établir la laïcisation des écoles » comprenant 1,33 ha de terre et une maison rue Bossue. Ces dons permettront, non sans difficulté, la construction d'une école laïque de filles en 1905. La mairie y a été transférée en 1968École de filles actuellement mairie - Monument historique.
Le chemin de fer La situation géographique favorable a fait durant un temps d'Allerey un nœud ferroviaire important avec une gare de voyageurs et une gare de marchandises. D'abord avec la ligne de Chagny à Dole-Ville dont la section d'Allerey à Dole est concédée le à la Compagnie du chemin de fer de Paris à Lyon et ouverte en 1871 alors que la section de Chagny à Allerey concédée en 1883 est ouverte plus tardivement en 1887.
Elle rejoignait ici la ligne de Chalon à Allerey ouverte en 1871, prolongée au nord jusqu'à Gray en 1887, pour constituer un doublement de l'axe Lyon-Dijon : la ligne fut classée « ligne stratégique » par le ministère de la Guerre qui obtint qu'elle soit construite à double voie. La ligne a effectivement joué un rôle durant la Première Guerre mondiale en assurant en particulier l'accès au front des troupes américaines débarquées à Marseille. L'armée américaine construisit d'ailleurs un camp-hôpital militaire à Allerey-sur-Saône qui fonctionna en 1918-1919.
Ces lignes ont perdu de leur intérêt au et ont été suppriméesConsulter le site « Lignes oubliées »Au sujet de ces lignes, lire « Les trains du Verdunois », article de Laurent Gourillon paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » de juin 2016, pages 8 et 9.. en 1938, les sections entre Chagny et Allerey et entre Seurre et Allerey sont fermées au trafic voyageur. en 1951, le trafic marchandise est arrêté sur les mêmes lignes. La section Allerey-Seurre est déclassée en 1969Décision du ministère des Transports du 26 juillet 1969. puis les voies sont déposées et remplacées par une routeSur proposition de Maurice Florentin, conseiller général du canton de Seurre.. La ligne vers Chagny est déclassée en 1978. en 1954, le trafic voyageur est interrompu sur la section d'Allerey à Châlon-sur-Saône et entre Allerey et Dole. Fermeture de la gare de voyageurs. la gare de marchandises est fermée en 1974, seul un faible passage de fret demeure jusqu'en 1978 vers Chalon.
Le camp-hôpital américain d'Allerey (1918-1919)