Bissy-la-Mâconnaise est une commune française située en Haut-Mâconnais dans le département de Saône-et-Loire en région Bourgogne-Franche-Comté. Géographie vignette|250px|droite|Bissy-la-Mâconnaise et les villages du Haut-Mâconnais en 1759, d'après la carte de Cassini. De Bissy-la-Mâconnaise, village viticole du vignoble du Mâconnais appartenant à l'aire de production du Mâcon-LugnyAvec trois autres communes du Haut-Mâconnais : Lugny, Saint-Gengoux-de-Scissé et Cruzille (pour partie), conformément à un décret de 2005., dépend un unique hameau : Charcuble.
« C'est une simple seigneurie, au levant entre deux montagnes, au bas desquelles règnent des prés appartenant tant au seigneur [de Lugny] qu'à différents particuliers, et un grand chemin tendant au bourg de Lugny, la montagne située au levant et au nord, au-dessus de laquelle est un bois de haute futaye. » écrivait le curé de Bissy-la-Mâconnaise au milieu du Alain Dessertenne et Françoise Geoffray, La carte de Cassini en Saône-et-Loire : description topographique des paroisses. Transcription intégrale des réponses données par les curés pour la plupart des paroisses de l’actuelle Saône-et-Loire lors de l’enquête lancée pour établir la carte de Cassini en 1757, Cercle généalogique de Saône-et-Loire, 2015, p. 229..
Sur le territoire de la commune est partiellement implantée une forêt domaniale : la forêt des Grisons (contenance totale : 557,23 ha), mêlant feuillus et conifèresSource : « Les forêts domaniales », article rédigé en collaboration avec la direction départementale de l'Office national des forêts et paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 31 (novembre 1976), pp. 7-10..
Particularité notable : à l'intérieur du territoire de la commune de Cruzille est enclavée une parcelle de bois d'une contenance de 4,50 hectares (dénommée Le Bois du Mont) appartenant à la commune de Bissy-la-Mâconnaise (mais non limitrophe de celle-ci), situation résultant d'une contestation de propriété ayant opposé les habitants des hameaux de Sagy (Cruzille) à ceux de Charcuble (Bissy) à partir de 1762 (situation qui donna lieu à quantité de procès, qui durèrent pendant un siècle).
Communes limitrophes
Hydrographie Le principal cours d'eau traversant le territoire de Bissy-la-Mâconnaise est le ruisseau de Bissy, affluent de la rive gauche de la Bourbonne (dans laquelle ce ruisseau se jette en amont du bourg de Lugny, après avoir traversé un étroit vallon).
: fondation du Syndicat intercommunal des eaux du Haut-Mâconnais, auquel appartiennent Bissy-la-Mâconnaise et neuf autres communes (Lugny, Burgy, Clessé, Viré, Saint-Maurice-de-Satonnay, Vérizet, Cruzille, Péronne et Montbellet), rejointes le par Plottes, Chardonnay et Uchizy (puis par Farges et Grevilly en 1938 et par Saint-Gengoux-de-Scissé, Azé et Igé après-guerre).
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique altéré et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Bourgogne, vallée de la Saône, caractérisée par un bon ensoleillement (), un été chaud (), un air sec au printemps et en été et des vents faibles.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Jalogny à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Bissy-la-Mâconnaise est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Mâcon, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (64,2 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (59,5 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (33,1 %), forêts (32,9 %), cultures permanentes (25,3 %), prairies (5,8 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (3 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Plan local d'urbanisme L'urbanisme sur le territoire de Bissy-la-Mâconnaise est désormais régi par un plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi), document d’urbanisme dont le territoire d’effet n'est plus la commune mais l’intercommunalité du Mâconnais-Tournugeois, soit vingt-quatre communes membres.
Ce document stratégique traduit les principes d’aménagement du territoire et constitue un outil réglementaire fixant les règles de construction et d’occupation des sols applicables sur le territoire, d'où son contenu : un rapport de présentation retraçant le diagnostic du territoire, un projet d’aménagement et de développement durable (PADD) exposant la stratégie intercommunale, des orientations d’aménagement et de programmation (OAP) définissant les conditions d’aménagements de certains quartiers/ilots (cas particuliers), un règlement fixant les règles d’utilisation et de droit des sols ainsi que des annexes (plan de zonage, liste des servitudes, etc.).
Le PLUi du Mâconnais-Tournugeois, fruit d'un processus lancé par la communauté de communes en 2016, a été définitivement adopté par le conseil communautaire le « Après sept ans de travail, le Plan d'urbanisme a été adopté », article signé Florent Muller paru dans Le Journal de Saône-et-Loire daté du 23 décembre 2023..
La mise en œuvre de ce plan local d'urbanisme intercommunal entré en vigueur le a entraîné l'abrogation de la carte communale de Bissy-la-Mâconnaise qui avait été approuvée le .
Toponymie
Histoire Temps modernes Jusqu'à la Révolution, le hameau de Sagy (Cruzille) dépendit alternativement de Cruzille et de Bissy-la-Mâconnaise (à raison de deux années pour Cruzille et d'une année pour Bissy-la-Mâconnaise, le changement de paroisse intervenant le , jour de la fête de saint Michel archange, « suivant l'usage établi de tout temps »). Ce fut notamment le cas en 1770-1771, 1773-1774, 1776-1777, 1779-1780, 1782-1783, 1785-1786, 1788-1789 et, pour la dernière fois, en 1791-1792.
Guerres de Religion : le château de Bissy, propriété des seigneurs de Lugny, est attaqué. Dans la foulée de la soumission du Mâconnais à Henri IV (1594), il sera démoli, la demande en ayant été faite au roi par les échevins de MâconSource : François-Marie Puthod de Maison Rouge, Géographie de nos villages, ou Dictionnaire mâconnais, Mâcon, an VIII de la République..
Révolution française et Empire Fin : épisode de la Grande Peur en Mâconnais. L'abbé Louis-François Dubost, curé de Bissy-la-Mâconnaise, consigne le dans ses registres paroissiaux les désordres auxquels il a assistéRelation écrite par l'abbé sur le registre de cette paroisse pour l'année 1772. : « Ô, mes chers successeurs, vous vivrez dans des temps plus heureux, et vous croirez à peine ce que j'ai vu, et ce qui s'est passé autour de moi ! Quoi, direz-vous, dans un siècle éclairé, policé, tant d'horreurs ! Pouvons-nous le croire ? Oui, croyez-le, je ne suis pas le seul pour attester ce que je vais raconter. Mes confrères voisins auront pris soin de transmettre à la postérité ces événements si affreux, dont comme moi ils ont été témoins. »« La ronde des Brigands en Haut-Mâconnais », Vive 89, 1990. Ouvrage collectif de cent quarante-cinq pages édité par l'association ayant organisé en 1989 dans le canton de Lugny les festivités du bicentenaire de la Révolution française..
1790 : à la création des cantons, la commune de Bissy-la-Mâconnaise est rattachée au canton de Lugny, alors composé de douze communesCommunes qui étaient : Azé, Bissy-la-Mâconnaise, Burgy, Clessé, Cruzille, Lugny (son chef-lieu), Péronne, Saint-Albain, Saint-Gengoux-de-Scissé, Saint-Maurice-des-Prés, Vérizet et Viré. Les communes de Chardonnay, de Grevilly et de Montbellet appartenaient alors au canton de Tournus, La Salle à celui de Charnay-lès-Mâcon et Satonnay (dénommée « Saint-Maurice-de-Satonnay » depuis mars 1861, à la suite de la réunion par décret des communes de Saint-Maurice-des-Prés et de Satonnay) à celui de Saint-Sorlin..
Au sortir de la Révolution, Bissy-la-Mâconnaise, à l'instar de Burgy, est rattaché à Lugny pour le culte, et cesse dès lors d'avoir un curéFrédéric Lafarge, Monseigneur Joseph Robert (1898-1987), Une communauté missionnaire en Mâconnais : Lugny, Les Foyers communautaires et l'Amicale des anciens élèves de l'école « La Source », Lugny, 2019 ..
Période contemporaine vignette|210px|droite|Vignoble et cabanes de vigne à l'est du bourg. À compter du , Bissy-la-Mâconnaise fut desservi par le train, à la suite de l'inauguration ce jour-là de la ligne de chemin de fer à voie étroite Mâcon-Fleurville via Lugny (ligne qui fonctionna, pour le trafic quotidien des voyageurs, jusqu'en 1931)Source : « Les petits tacots sont morts... Que vivent les petits tacots ! », article paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 20 de décembre 1973 (pages 29 et 30).Cette ligne s’imposa progressivement comme un moyen de transport commode des voyageurs et des marchandises et son petit train, vite adopté sous le nom de « Tacot de Fleurville », connut un succès ininterrompu jusqu’à sa disparition dans les années 1930, effectuant plusieurs allers-retours quotidiens. Outre des voyageurs, le Tacot transportait du vin, du charbon, du bétail, du bois ou de la pierre de taille. Il se composait de deux ou trois voitures de voyageurs, d’un fourgon à bagages et d’un wagon de marchandises. Au sujet de cette ligne, lire : « Le Tacot de Fleurville », article de Pierre Laffont paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 92 (hiver 1992-1993), pp. 9-15..
1910 : construction de la mairie-école de Bissy-la-Mâconnaise, d'après des plans de l'architecte Claude Blanc.