Le FESPACO 2019 est la édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou. Il se déroule du au à Ouagadougou et marque les 50 ans du festival créé en 1969. Le thème de cette édition du cinquantenaire est « Mémoire et avenir des cinémas africains » et le pays invité d'honneur est le Rwanda.
Préparation Le ministre de la culture, des arts et du tourisme, Abdoul Karim Sango annonce que l’État burkinabè allouera 1 milliard de FCFA, le double de l’édition précédente, tandis que le budget prévisionnel est estimé à 2,250 milliards de FCFA.
Du 30 novembre au 2 décembre 2017, un atelier se tient à Ouagadougou pour préparer le cinquantenaire du festival sous le thème : "Rôle, place et fonction du Fespaco dans le développement de l'expression cinématographique et audiovisuelle en Afrique et dans la diaspora", avec pour objectif de .
Une réforme est introduite dans le règlement des compétitions qui restructure profondément l'organisation et le rôle des jurys officiels. Quatre jurys sont différenciés : longs métrages de fiction, documentaires courts et longs, courts métrages de fiction et films des écoles de cinéma, films d'animation et séries télévisuelles. La nomination des membres des jurys officiels relèvent désormais de la compétence exclusive du Délégué Général. Les jurés ne doivent avoir aucun lien de parenté ou commercial avec les films. Il leur est interdit de décerner des prix ex æquo pour les premiers prix.
Le Congrès de la FEPACI se déroule juste avant le festival.
L’État burkinabè prend en charge à hauteur d'environ 75 % le financement du festival.
Pour l'affiche, le choix s'est porté sur l'actrice Maimouna N'Diaye, connue pour ses positions panafricaines et son travail avec des réalisateurs de différents pays, prix de la meilleure interprétation féminine à la édition en 2015.
Le Marché international du cinéma et de l’audiovisuel africain (MICA) quitte le SIAO où il était situé jusqu'à présent en périphérie et se trouve sur la place de la Nation, au coeur de Ouagadougou, ce qui en fait un lieu incontournable tout au long du festival.
Déroulement
Cérémonie d'ouverture La cérémonie d'ouverture se déroule le samedi au stade municipal Issouf Joseph Konombo. Elle est mise en scène par Ildevert Méda, sous la direction artistique de Bil Aka Kora.
Des prestations du groupe Magic System, du collectif Sana Bob, de la cantatrice Habibou Sawadogo, de la chanteuse Eunice Goula, du chanteur de reggae Jah Verity et du ballet national du Rwanda sont au programme.
Cérémonie de clôture Le , le palmarès est dévoilé : l'Étalon de Yennenga est remporté par le film rwandais The Mercy of the Jungle de Joel Karekezi, remis par le président Paul Kagame, l'Étalon d'argent par le film égyptien Karma de Khaled Youssef et l'Étalon de bronze par le film tunisien Fatwa de Mahmoud Ben Mahmoud..
Faits marquants Un atelier de réflexion, L’Assemblée des Yennenga, est organisé le à l'initiative de Fatou Kandé Senghor sur le thème Où sont les femmes cinéastes ? Qu’est ce qu’on peut changer et comment ?. Aucune femme réalisatrice n'a encore reçu l'Étalon de Yennenga : 150 noms de professionnelles du cinéma sont écrits sur des ardoises d'écoliers et exposés dans la cour du siège du Fespaco.
Une table ronde sur La place des femmes dans l’industrie du cinéma africain et de la diaspora modérée par la journaliste Hortense Assaga réunit le à l’initiative de l’association Les Cinéastes non-alignées au MICA (Marché international du cinéma et de la télévision africains) des professionnelles du cinéma : Nadège Beausson-Diagne, Rahma Benhamou El Madani, Rahmatou Keïta, Grace Loubassou, Mariette Monpierre, Pascale Obolo, Alimata Salambere, et Xolile Tshabalala pour libérer la parole et assainir le secteur. Plusieurs actrices y témoignent du harcèlement subi durant des tournages et du manque de réaction de la profession. Azata Soro, deuxième assistante du réalisateur Tahirou Tasséré Ouédraogo sur sa série Le Trône révèle l’agression dont elle a été victime de sa part sur le plateau : insultée, frappée puis tailladée au visage avec une bouteille de bière cassée. Jugé et condamné pour ces faits, le cinéaste est pourtant présent au festival pour y présenter son œuvre en sélection officielle en compétition, soutenue par TV5 Monde. Le , la chaîne annonce la déprogrammation de la série qui devait être diffusée à la fin du mois et mettre fin à toute collaboration avec le cinéaste. Une pétition en ligne des Cinéastes non-alignées exige le retrait de la compétition de la série Le Trône. La direction du festival se refuse à procéder à ce retrait, arguant de .
Le colloque "Confronter notre mémoire et forger l’avenir d’un cinéma panafricain dans son essence, son économie et sa diversité" s'est tenu les 25 et 26 février 2019. Le colloque du cinquantenaire du Fespaco a servi à repenser le festival comme lieu de référence du cinéma africain, entre mémoire, diversité et avenir. Le texte insiste sur le panafricanisme comme cadre nécessaire, mais refuse toute définition figée de l’« essence » africaine : les cinémas du continent sont multiples, traversés par les diasporas, les migrations et des circulations historiques. Les échanges ont mis en avant la nécessité d’un regard africain sur soi, d’une critique forte, d’un soutien public, d’une meilleure place pour les femmes et d’une articulation plus solide entre art, économie et diffusion. Le Fespaco apparaît aussi comme un espace politique, parfois trop dépendant des États et des logiques de marché. L’enjeu central reste de renforcer sa visibilité, sa formation, sa programmation et sa capacité à faire vivre un cinéma africain à la fois exigeant, populaire et ouvert sur le monde.
Le colloque se termine sur les interventions d'Aminata Dramane Traoré et Christiane Taubira. Traoré dénonce le néocolonialisme, la crise du développement, l’abandon de la culture et la réduction du cinéma à un produit soumis au marché. Elle appelle à une image de l’Afrique produite par les Africains eux-mêmes et à un cinéma capable d’offrir à la jeunesse des horizons d’émancipation. Taubira, plus optimiste, insiste sur la force du cinéma africain à conjuguer engagement, esthétique et mémoire des diasporas. Elle défend un art qui porte des visions du monde, raconte l’histoire africaine dans sa complexité et relie le continent à l’humanité entière. Toutes deux affirment que le cinéma doit être un outil de conscience, de création et de reconquête symbolique.
Jury Les présidents des jurys sont l'Algérien Ahmed Bedjaoui (longs métrages), le Béninois Sylvestre Amoussou (courts métrages), la Franco-tunisienne Nadia El Fani (documentaires) et la Germano-Burkinabè Cilia Sawadogo (animation, séries télévisuelles).
Sélections officielles Sur la base du catalogue de l'édition 2019 ; par ordre alphabétique de pays Longs métrages de fiction Vingt films de seize pays sont en compétition pour l'Étalon d'or de Yennenga.
Titre Réalisation Distribution Pays Five Fingers for Marseilles Michael Matthews Sew The Winter To My Skin Jahmil Qubeka Jusqu'à la fin des temps (Ila Akhir Ezzaman) Yasmine Chouikh Desrances Apolline Traoré Duga (Les Charognards) Abdoulaye Dao et Éric Hervé Lengani Hakilitan (Mémoire en fuite) Issiaka Konaté Miraculous Weapons (Les armes miraculeuses) Jean-Pierre Bekolo Résolution Boris Oue et Marcel Sagne Karma Khaled Youssef Keteke Peter Sedufia Rafiki Wanuri Kahiu Barkomo (La Grotte) Aboubacar Bablé Draba et Boucary Ombotimbé Indigo Selma Bargach Mabata Bata Joao Luis Sol de Carvalho Hakkunde Oluseyi Asurf Amuwa The Mercy of the Jungle Joel Karekezi Akasha Hajooj Kuka T-Junction Amil Shivji Fatwa Mahmoud Ben Mahmoud Regarde-moi (Look at me) Nejib Belkadhi
Découverte Titre Réalisation Distribution Pays Quand Paul traversa la mer Jakob Preuss Enfants du hasard Thierry Michel Je n'aime plus la mer Idriss Gabel Congo Lucha Marlène Rabaud Le Ministre des poubelles Quentin Noirfalisse Boli Bana Simon Gillard La prochaine fois que je viendrai au monde Philippe Pierpont L'après coup - La voix des Maliennes Erica Pomerance Abderrahmane par-delà les territoires Valérie Osouf Le Rêve français Christian Faure Les Orphelins de Sankara Géraldine Berger Liyana Amanda Kopp et Aaron Kopp
Documentaire court-métrage
Titre Réalisation Distribution Pays Tata Milouda Nadja Harek , L'appel du sang Raymond Tiendre La terre qui l'a vu naître Barthélémy Bazié Le Borgho (Le cor) Isidore Marie Alphonse Kaboré Le père de Tilaï Michel Kuaté Pa'ta'kam, un Semi-super centenaire au service des pierres Laure M. Kamga L'énergie, défi de survie à Nanagoun Sita Houelefohoua Silue Tesfaye (Espérer) Daniel Nagatu Against all odds (Contre toute attente) Charity Resian Nampaso et Andréa Iannetta , Déambulation Tovoniaina Rasoanaivo Zanaka teny Nomen'i Felix (Ainsi parlait Félix) Nantenaina Lova Bibata est partie Nana Hadiza Akawala Inanga, les gardiens d'une tradition Jean-Claude Uwiringiyimana La femme lionne Lobé Ndiaye T'bool ou la dance de feu en pays Bassar Joël Tchedre
Documentaire long-métrage Titre Réalisation Distribution Pays Whispering truth to power Shameela Seedat By all means necessary (Par tous les moyens nécessaires) Suleman Ramadan Meu amigo Fela (Mon ami Fela) Joel Zito Araujo Le Cimetière des éléphants Éléonore Yaméogo Le Loup d'or de Balolé Aïcha Boro Pas d'or pour Kalsaka Michel K. Zongo Le Futur dans le rétro Jean-Marie Teno Ntarabana François Woukoache Jean Rouch, cinéaste africain Idriss Diabaté Amal Mohamed Siam Ghana for you (Ghana pour vous) Adams Mensah Un sari sans fin Harrikrisna Anenden Silas Hawa Essuman Fahavalo, Madagascar 1947 Marie-Clémence Andriamonta-Paes Dawa, l'appel à Dieu Malick Konaté Jamu Duman (Quel valeureux nom as-tu ?) Salif Traoré Au temps où les arabes dansaient Jawad Rhalib Ganda le dernier griot Ousmane Diagana Solaire Made in Africa Saguirou Malam Kinshasa Makambo Dieudonné Hamadi On a le temps pour nous Katy Léna N'diaye
Fiction court-métrage Titre Réalisation Distribution Pays Diphiri Le Makunutu Obett Motaung Miracle Bongi Ndaba La page blanche Mohamed Nadjib Lamraoui Point zéro Boumaiza Nassim Fragile espoir Inoussa Baguian Il pleut sur Ouaga Fabien Dao Naabiga (Le Prince) Zalissa Zoungrana Rêve brisé Bêde Modeste Ganafe Mofedogna Mes silences Benjamin Eyaga Positif Michael Mbebele Posthume Dja Damien Dally Afiti Wilfried Lengoye Ombamba Le ban sur le rivage du lac Ambrose B. Cooke Les larmes de mon peuple Jacques Kolie Pimentade Stéphane Floricien Baba Sifon Laurent Pantaléon Razana Haminiaina Ratovoarivony Oumou, un destin arraché Gaoussou Tangara Au-delà de ce mur Aisha Jabour Realpolitik Morad Saïl Goyave Nènèb et Christophe Agelan Yassitoungou Hurel Régis Beninga Icyasha (Étiquette) Marie-Clémentine Dusabejambo Une place dans l'avion Khadidiatou Sow Ordur (De l'or dur) Momar Talla Kandji Un air de kora Angèle Diabang Sukari Hatibu Yusuph Madudu Black Mamba Amel Guellaty
Films d'animation Titre Réalisation Distribution Pays Belly Flop Jeremy Collins Falta Claver Yaméogo Tiraogo André Daniel Tapsoba Seul avec Nubu Honoré Essoh Da Tsysy Da Tojo Niaina Rajaofera Tantara Tojoniaina Yannick Andrianambonisoa Village apaisé Issouf Bah My Mother's Stew Sade Adeniran Un Kalabanda a mangé mes devoirs Raymond Malinga C pas drol - Karma Kokou Daniel Atchali La malice de la bête Kossi Messan Akoda Briska Nadia Raïs
Films des écoles