L'année 1919 est une année commune qui commence un mercredi.

L'année 1919 est marquée par la négociation des traités de paix mettant fin à la Première Guerre mondiale. La conférence de paix de Paris aboutit le à la création de la Société des Nations et à la signature du traité de Versailles puis le au traité de Saint-Germain-en-Laye.

En bref - : révolte spartakiste de Berlin. : début de la guerre soviéto-polonaise. : révolution égyptienne. : le massacre d’Amritsar marque l’éveil du nationalisme indien. 3 - : troisième guerre anglo-afghane. : occupation de Smyrne par la Grèce ; début de la guerre gréco-turque. : début de la guerre d’indépendance turque. : convention de Paris portant réglementation de la navigation aérienne. Événements

Afrique Janvier : création par Clements Kadalie de l’Industrial and Commercial Workers Union (ICU), premier syndicat noir en Afrique du Sud. Il compte en 1926 19 - : premier Congrès panafricain à Paris (W.E.B. DuBois, Blaise Diagne). Il cherche à obtenir des puissances coloniales une reconnaissance des services rendus par les Africains pendant la guerre et un nouveau statut pour la race noire en Afrique. William Du Bois, un sociologue afro-américain, plaide sans succès pour l'autodétermination des « peuples de couleur ». À la suite du Congrès panafricain, des Antillais et des Africains (Jean Ralaimongo) créent à Paris la « Ligue française pour l’accession des indigènes de Madagascar aux droits de citoyens français ». : un décret détache la partie méridionale de la boucle du Niger du haut-Sénégal-Niger et crée la colonie de Haute-Volta.

: création par décret du lycée de Saint-Louis du Sénégal, qui devient le le lycée Faidherbe, le premier au Sénégal (ouvert le ).

: le Cameroun et le Togo passent sous mandat britannique et français. : début d’une grève générale en Sierra Leone, accompagnée d’émeutes et de pillages des boutiques des commerçants levantins.

: le Conseil des Quatre accepte l’accord Orts-Milner signé le . Le Ruanda-Urundi passe sous mandat belge. Le Tanganyika passe sous mandat britannique.

: première circulaire Northey, au Kenya. Le gouverneur Edward Northey institue le quasi-travail forcé des indigènes (1918-1921). Les missionnaires s’opposent à cette politique.

: encyclique Maximum illud de Benoît XV ; avec celle de Pie XI Rerum Ecclesiae du , elle favorise l’émergence d’un clergé indigène en Afrique et en Océanie dans l’Église catholique pendant l’entre-deux-guerres.

: Mopti est érigée en commune mixte. Décembre : grève des dockers du Cap, organisée par Clements Kadalie en Afrique du Sud.

Amérique vignette|redresse|Oncenio d’Augusto Leguía au Pérou. 7 - : semaine tragique en Argentine. La répression de la grève générale à Buenos Aires provoque la mort de plus de 200 ouvriers. Elle marque l’apogée du mouvement ouvrier en Argentine (1917-1921). : Baltasar Brum est élu président de l’Uruguay à la suite de la réforme constitutionnelle. Il poursuit la politique initiée par José Batlle y Ordóñez. : assassinat d’Emiliano Zapata sur ordre du président mexicain Venustiano Carranza. 14 - : premier vol transatlantique sans escale de John Alcock et Arthur Brown, entre Terre-Neuve et l’Irlande. : Augusto Bernardino Leguía est porté au pouvoir au Pérou à la suite d’une campagne populiste. Son régime devient rapidement dictatorial et doit affronter la contestation étudiante. Retour au militarisme (Oncenio, 1919-1930). Leguía promulgue une nouvelle Constitution en 1920.

Asie : après avoir pris Oufa le , l’Armée rouge prend Orenbourg. Elle vainc en 1919-1920 les troupes russes contre-révolutionnaires réfugiées dans les steppes et occupe le Kazakhstan. La Kirghizie, après avoir résisté aux bolcheviks, est rattachée à la république socialiste soviétique autonome (RSSA) du Turkestan au sein de la république socialiste fédérative soviétique de Russie (RSFSR) jusqu’en 1924.

: l'émir d’Afghanistan Habibullah Khan est assassiné à Laghmân. Son frère Nasrullah est proclamé émir à Jalalabad. : Amanullah Khan, fils d’Habibullah, est proclamé émir d'Afghanistan à Kaboul. Il fait arrêter son oncle Nasrullah le . Le , il écrit au vice-roi des Indes Lord Chelmsford pour affirmer l’indépendance de son pays et renégocier le traité anglo-afghan. Déterminé à mettre son pays totalement à l’écart de la sphère d’influence britannique, il déclare la guerre au Royaume-Uni en mai. Les Britanniques, confrontés au même moment au mouvement grandissant de libération indienne, négocient un traité de paix.

: mouvement du (Samil Undong) en Corée. Le texte de la déclaration d’indépendance du pays, alors occupée par le Japon, est lu publiquement dans un parc de Séoul à l’occasion des funérailles du dernier roi de la dynastie Chosŏn. Des manifestations non violentes éclatent pour réclamer l’indépendance et se répandent dans tout le pays, impliquant deux millions de Coréens. Elles cessent le à la suite de la répression par l’armée japonaise (, et arrestations). vignette| : Rowlatt Act , Inde : Rowlatt Act instaurant des cours spéciales et autorisant au vice-roi et aux gouverneurs la détention sans procès pour activités subversives. Ces lois provoquent une recrudescence de l’activité nationaliste. Gandhi, alors à la tête du Congrès national indien, déclenche un satyâgraha (« force de la vérité », action de masse, non-violente) pour protester contre l’exil de deux chefs nationalistes.

les autorités britanniques ripostent à l’éveil du nationalisme indien par le massacre d'Amritsar, au Pendjab (ville des Sikhs), tirant sur la foule et faisant 379 morts et . Des émeutes s’ensuivent à Bombay, Calcutta, Ahmedabad et Delhi. Rabindranath Tagore, prix Nobel de littérature, renvoie son titre de chevalier (knight) en signe de protestation. Amanullah proclame l’indépendance de l’Afghanistan. dix dirigeants coréens en exil établissent à Shanghai un gouvernement provisoire de la république de Corée. : Wilson, Clemenceau et Lloyd George accordent au Japon les droits, titres et privilèges acquis par l’Allemagne en Chine dans le Shandong. Les « Vingt et une demandes » à la Chine sont refusées mais si le Japon reçoit des compensations, il ne s’en estime pas moins humilié sur la scène internationale.

- : des troupes afghanes franchissent la frontière indienne à l’ouest de la passe de Khyber et prennent le village de Bagh, qui contrôle l’approvisionnement en eau de la garnison britannique à Landi Kotal. L’incident marque le début de la troisième guerre anglo-afghane. vignette|Mouvement du 4 mai. : mouvement du 4 mai. Manifestations étudiantes à Pékin (Beijing) en Chine, pour la modernisation, la démocratie, et contre le Japon et les autres puissances impérialistes. Éveil du nationalisme chinois. Certains manifestants rejoindront plus tard le Parti communiste chinois (PCC). - : éruption du Kelud en Indonésie ; morts

: le gouvernement de la république de Chine refuse de signer le traité de Versailles. Juin : création d’une République kirghize rebaptisée République socialiste soviétique autonome (RSSA) kirghize (kazakhe) le .

, Kazakhstan : le Conseil des commissaires du peuple nomme un Comité révolutionnaire Kirghiz (Kazakh) ou Kirrevkom ; pendant l’été, découragés par les défaites des Russes blancs et influencés par les promesses d’autonomie des bolcheviks, de nombreux membres éminents d’Alash Orda rejoignent le Kirrevkom.

par un accord conclu à Rawalpindi, les Britanniques reconnaissent la souveraineté et l’indépendance de la nation afghane. Mitsukawa Kametarō et Shūmei Ōkawa fondent le groupe de discussion nationaliste et club politique Yuzonsha. Début au Japon d’un vigoureux courant ultranationaliste.

: l’amiral Saitō Makoto remplace Hasegawa Yoshimichi, contesté dans sa gestion du mouvement du , comme gouverneur-général de Corée. Dès le , il publie le « Décret impérial pour la réorganisation du gouvernement-général de Choson ». Il est à Séoul le .

: les musulmans indiensLes musulmans représentent alors le quart de la population indienne., qui s’inquiètent du sort réservé au calife ottoman après la défaite de la Turquie, fondent à Lucknow la Conférence panindienne pour le Califat (All-India Khilafat Conference) qui élit Gandhi comme président le à Delhi. Le Congrès choisit le comme jour de deuil (all-India Khilafat Day).

: le gouvernement Chinois annonce par décret la suppression de l’autonomie de la Mongolie. : l’école réformiste de Deoband, opposée à la partition de l’Inde, fonde l’Association des oulémas de l’Inde ().

: une garnison chinoise s’installe à Ourga et désarme les troupes mongoles. : proclamation par le roi George V du Royaume-Uni du Government of India Act, inspiré du rapport Montagu-Chelmsford de 1918. Il étend la représentation des diverses communautés indiennes aux assemblées provinciales élues et à l’assemblée centrale. L’autorité des provinces est renforcée selon le principe de la « dyarchie ». Certains secteurs jusque-là réservés aux gouvernements provinciaux (éducation, santé, agriculture, collectivités locales) sont transférés à des ministres responsables devant les assemblées législatives, tandis que les autres (finances), restent dévolus à des ministres nommés par les Britanniques.

Proche-Orient : mémorandum de Faysal. La Grande-Bretagne, qui considère le Hedjaz comme une puissance belligérante faisant partie du camp des vainqueurs, fait pression pour que l’émir Faysal soit le seul représentant des Arabes à la conférence de Versailles. Elle interdit aux Palestiniens, aux Mésopotamiens et aux Égyptiens d’envoyer une délégation. Encadré par des officiers britanniques (T. E. Lawrence), Faysal expose les revendications arabes, nettement favorables à l’influence britannique : il propose une confédération d’États sous la direction de son père Hussein, composée de la Syrie, de l’Irak, de la Palestine, du Hedjaz, du Yémen. En Syrie et en Irak, Faysal demande l’appui de conseillers étrangers, sans en préciser la nationalité. En Palestine, il estime que le conflit potentiel entre Juifs et Arabes nécessite une tutelle étrangère directe. Il ne fait pas mention des revendications françaises au Liban et en Syrie. vignette| : accord Fayçal-Weizmann. Photographie de 1918. : accord signé entre Faysal et Weizmann. Il parle d’un État arabe en Palestine mais affirme également que les statuts de cette dernière doit être définis selon les termes de la déclaration Balfour. L’immigration des Juifs sera libre et l’Organisation sioniste aidera au développement de l’État arabe. Faysal ajoute que cet accord est conditionné par la satisfaction des demandes d’indépendance qu’il a exposées à Versailles. L’échec des revendications arabes devant les puissances rend l’accord caduc et en été Faysal revendique la Palestine comme partie du royaume arabe de Damas. Les nationalistes d’origine palestinienne, dans l’entourage de l’émir, se rapprochent du projet de Syrie intégrale de la France à condition que soit refusé tout projet sioniste. - : conférence de Versailles. La France, opposée au mémorandum de Faysal, favorise la présentation à Versailles de délégations syrienne et libanaise. Les revendications syriennes sont exposées par Comité central syrien, composé de personnalités francophiles. Sa délégation, reçue à Versailles le , demande la constitution d’une Grande Syrie englobant la Palestine et le Liban, placée sous la tutelle de la France. Le la délégation libanaise, essentiellement composée de Maronites revendique la création d’un Grand Liban de Tripoli à Saïda, incluant Beyrouth, sous tutelle française.