Action non-violente COP21 (ANV-COP21) est un mouvement citoyen français qui s'oppose aux projets et aux politiques contribuant au dérèglement climatique en recourant à des actions non violentes et à la désobéissance civile. Fondé en 2015, il a été rendu célèbre notamment par ses actions de « fauchage de chaises » dans les banques et de décrochage de portrait présidentiel dans les mairies.
Action non-violente COP21 constitue la branche « résistance » du mouvement Alternatiba., mouvement citoyen de lutte contre le dérèglement climatique dans un souci de justice sociale, notamment par la promotion et le développement des initiatives locales.
Historique
En 2015, un appel citoyen est lancé, visant « à mener des actions non-violentes avant, pendant et après la conférence de Paris pour le climat, tenue en , afin de contribuer à l’émergence d’un mouvement citoyen de masse pour relever le défi climatique ».. Les fondateurs de ce mouvement, dont beaucoup sont déjà impliqués dans Alternatiba, dénoncent le greenwashing des acteurs de la COP21. Ils estiment qu’en plus de développer les alternatives, il faut s’opposer aux pratiques “climaticides”, qui aggravent le dérèglement climatique et entravent la construction d’un modèle de société durable..
Dans cette même année qu'a eu plus le premier Village de Alternatiba.
Dès les premières actions, les militants d'ANV-COP21 utilisent des t-shirts et des gilets jaunes avec un logo de main paume ouverte, symbole de l’action non-violente.
Le mouvement se structure en 2016 : une association support est créée, dont le siège est à Bayonne, puis la décision est prise de fusionner les équipes d’animation d’Alternatiba et d’ANV-COP21..
En 2018 plus de 70 000 personnes se sont mobilisées pour le mouvement.
En soit du 4 au marque l’arrivée Des Tour Alternatiba 2024 à Nantes sous le nom : la Cité des possibles.
Philosophie du mouvement
Valeurs et raison d'être ANV-COP21 revendique d’œuvrer pour une société plus désirable qui soit à la fois écologiquement soutenable, socialement juste et démocratique, basée sur des valeurs de solidarité, de partage, d’entraide et de coopération, une culture de non-violence, de tolérance, de bienveillance et de respect. Le mouvement considère la bataille climatique comme la bataille centrale qui conditionne d’autres enjeux fondamentaux comme ceux de la justice sociale, la paix, la démocratie, la solidarité internationale, la préservation de la biodiversité, qui constituent des conditions indispensables pour construire la société écologique, juste et démocratique visée..
L’organisation prône un changement radical du système actuel, résumé par sa devise qu’il partage avec Alternatiba : “Changeons le système, pas le climat !”. Les actions menées visent à contribuer à un changement de fond en comble des modes de production, de consommation, d’aménagement du territoire, de partage du travail et des richesses, à sortir du système néolibéral, capitaliste, productiviste, extractiviste, de la logique de surconsommation et de croissance matérielle infinie.
En associant les actions de désobéissance civile d’ANV-COP21 et la promotion des alternatives déjà existantes sur les territoires par Alternatiba, les deux mouvements luttent en complémentarité à la fois en dénonçant le système actuel et les principaux responsables tout en montrant qu’un autre système est possible et désirable.
Cadre des actions non-violentes ANV-COP21 fait le choix du recours à la désobéissance civile et d’une stratégie 100% non-violente, qui correspond selon elle à son projet de faire émerger un mouvement de masse radical et populaire pour le climat.. En proposant et articulant différentes formes d’actions dans des mêmes campagnes, la stratégie non-violente tente de proposer une place à chacun quel que soit son profil, en cherchant à obtenir à la fois le soutien et la participation directe de la population. L’organisation revendique une grande diversité de formes d’action, alliant des actions symboliques, artistiques ou humoristiques, à des actions directes d’interposition, d’occupation ou de blocage en passant par des actions constructives ou encore des actions de non-coopération et de boycott.
L’organisation affirme que le caractère violent ou non-violent d’une action est relatif et dépend de la perception de chacun et plus généralement du contexte dans lequel une action est menée. ANV-COP21 caractérise la non-violence de ses actions par la mise en place d’un cadre collectif précis. qui vise à conserver une attitude respectueuse envers les personnes tout au long de l’action : actions menées à visage découvert, sans violence physique de la part des activistes, et sans violence psychologique en proscrivant les insultes, propos méprisants, attitudes provocatrices ou insultantes. La dégradation matérielle n’est pas exclue par principe, mais doit relever d’une décision collective de l’ensemble du groupe.
Campagnes notables Lutte contre l'évasion fiscale : les Faucheurs de chaises En , des membres de Bizi ! entrent dans une agence HSBC de Bayonne, s'emparent de chaises et ressortent avec. Le collectif basque annonce qu'il rendra les chaises quand la banque, épinglée par les révélations de SwissLeaks., rendra l’argent des paradis fiscaux. gauche|vignette|285x285px|Activistes d'ANV-COP21 réquisitionnant des chaises dans une banque Dans la foulée, Bizi ! et ANV-COP21 créent le collectif des Faucheurs de chaises, avec Attac, les Amis de la Terre et Solidaires Finances Publiques. Ils lancent avec des personnalités un appel à réquisitionner autant de chaises que de parties représentées à la COP21 .. Le , un « Sommet des 196 chaises » se tient à Montreuil pour faire le lien entre l'évasion fiscale et le manque de financements de la transition écologique et sociale..
Le , à l’occasion de l’ouverture du procès de Jérôme Cahuzac pour fraude fiscale, les 196 chaises sont déposées auprès du palais de justice de Paris. Pour les Faucheurs de chaises, il ne faut pas "uniquement faire le procès de Jérôme Cahuzac, mais celui de l'évasion fiscale en général"..
La BNP Paribas, une des principales cibles de ces actions menées de manière non-violente et à visage découvert, décide de poursuivre en justice plusieurs “Faucheurs de chaises”, dont le militant d’ANV-COP21 Jon Palais.. Convoqué au tribunal de Dax le , il est défendu par les avocates Eva Joly et Caroline Joly. En , de nombreuses agences de BNP Paribas, qui parrainait officiellement la Conférence de Paris de 2015 sur les changements climatiques, sont de nouveau visées par des actions des Faucheurs de chaises. Action non-violente COP21 entend faire de ce procès une tribune contre l'évasion fiscale.. Au terme d’une journée rassemblant 2000 soutiens et d'un procès très médiatisé., Jon Palais est relaxé..
À la suite de ce jugement, la banque décide en de ne plus se porter partie civile contre Florent Compain, le président des Amis de la Terre., qui sera finalement relaxé en appel en .. Une militante d'Attac, Nicole Briend, jugée à Carpentras, est relaxée le ..
Lutte contre l'exploitation des énergies fossiles Blocage d'un sommet des industries pétrolières vignette|283x283px|Blocage de l'entrée du sommet du MCE Deepwater Development par des activistes d'ANV-COP21Du 5 au , le sommet international MCE (Marine, Construction and Engineering) Deepwater Development se tient à Pau pour développer l’exploitation des hydrocarbures, notamment en eau profonde. Jugeant cet événement en contradiction avec les engagements de l’Accord de Paris, seulement quatre mois après sa signature, ANV-COP21 et d’autres mouvements écologistes annoncent leur intention de bloquer le sommet par des actions de désobéissance civile non-violente..
Dès le , un camp d’action climat est installé dans le Village d’Emmaüs Lescar-Pau à la fois pour former les activistes à la désobéissance civile et aux techniques d’action non-violente et pour les informer des impacts des hydrocarbures offshore sur le dérèglement climatique et sur les océans..
Pendant les trois jours du sommet, jusqu’à 600 personnes mènent des actions pour perturber son déroulé : blocage, chaîne humaine, franchissement de lignes de police, die-in, concert, auto-menottage à des portails, véhicules ou sacs de congressistes, etc. Pour les activistes, l’objectif est atteint : médiatiser l’activité réelle des multinationales pétrolières derrière leurs bonnes intentions environnementales affichées, et envoyer le signal que les citoyens ne les laisseront plus faire..
Cette séquence, comme celle de la COP21 et des Faucheurs de chaises, est visible dans le documentaire Irrintzina, le cri de la génération climat.
Lutte contre un projet de Total menaçant le récif de l’Amazone Le , une centaine d'activistes d'ANV-COP21 et de Greenpeace dénoncent par une mise en scène de « crime climatique » les activités de Total devant le siège de l'entreprise, à La Défense..
À partir de 2017, ANV-COP21 s’associe à la campagne que mène Greenpeace pour la protection du récif de l’Amazone, menacé par des projets de forage pétrolier de Total. En , les militants des deux organisations « redécorent » une vingtaine de stations service appartenant à Total avec des motifs de récif corallien., afin de pointer du doigt les impacts sur la biodiversité du forage dans le récif de l'Amazone..
Le , près de 250 activistes de Greenpeace et d’ANV-COP21 perturbent l’assemblée générale des actionnaires de Total au palais des congrès de Paris par l’intrusion d'une batucada, le déploiement de banderoles et la suspension d’activistes au-dessus de la scène.. En septembre suivant, des marées noires sont simulées dans les fontaines d'une trentaine de villes de France.. En , l’agence environnementale brésilienne (Ibama) rejette définitivement la demande de Total de forer au large de l’embouchure de l’Amazone..
D’autres projets controversés de Total sont dénoncés par des actions menées par ANV-COP21, comme l’utilisation d’huile de palme dans les carburants. et la reconversion de la raffinerie de la Mède.. Alors que Total présente ces orientations comme des solutions d’avenir devant être soutenues par les pouvoirs publics, de nombreuses ONG s’y opposent, estimant qu’elles entraîneraient une augmentation massive des besoins en huile de palme, contribuant à accélérer la déforestation en Asie du Sud-Est..
Lutte contre le financement des énergies fossiles par la Société générale Après avoir obtenu en 2017 que BNP Paribas retire ses financements aux entreprises dont plus de 30 % de l’activité est dédiée aux énergies fossiles non conventionnelles., les Amis de la Terre décident avec ANV-COP21 de cibler la banque Société générale, premier investisseur mondial dans ces énergies particulièrement polluantes..
Le , 38 agences sont visitées par plus de 600 activistes. qui s’attellent à les nettoyer avec éponges, balais et serpillières afin de dénoncer la pollution générée par les activités que Société générale finance.. Un mois plus tard, les activistes utilisent des banderoles enflammées et des mains rouges pour symboliser le « crime climatique » perpétré par la banque..
Le , les deux organisations rassemblent 912 militants devant l'agence centrale de Société générale, boulevard Haussmann à Paris.. Les activistes sont de nouveau équipés d'éponges, de serpillières et parfois de costumes de Bob l’éponge.. Ils bloquent le boulevard et tentent de nettoyer la banque, fermée et défendue par les forces de l’ordre, qui arrêtent et placent en garde à vue un des activistes..
Fin 2019, c’est la Conférence annuelle européenne du gaz qui est perturbée par une action à l’hôtel InterContinental de Paris., puis des « conférences pirates » qui sont menées dans plusieurs agences de Société générale..