Des élections législatives indiennes de 2019 ont eu lieu du au afin d'élire pour cinq ans la de la Lok Sabha, la chambre basse du Parlement de l'Inde. Le dépouillement a eu lieu le . Ces élections se tiennent en même temps que les scrutins pour renouveler les assemblées des États d'Andhra Pradesh, Arunachal Pradesh, Odisha et Sikkim.
Environ de citoyens indiens étaient inscrits sur les listes électorales et la participation s'élève à 67 %, la plus élevée pour des élections générales en IndeAt 67.1%, 2019 turnout's a record: Election Commission, The Times of India (20 May 2019).
Le Premier ministre nationaliste Narendra Modi réussit à remporter un second mandat avec une majorité encore accrue pour le Bharatiya Janata Party (BJP) par rapport à sa large victoire de 2014. Le Congrès national indien de Rahul Gandhi ne parvient pas à progresser au-delà d'une douzaine de sièges.
Contexte En 2014, le Bharatiya Janata Party (BJP), issu de la droite nationaliste hindoue, et dirigé par Narendra Modi est arrivé au pouvoir en mettant en avant le développement économique et la création d'emplois. Cinq ans après, son bilan économique est contrasté : la part des emplois industriels dans l'économie n'a que marginalement augmenté et le gouvernement est accusé par l'opposition de masquer les chiffres du chômage. La politique économique a été contestée, notamment lors d'une grande grève en organisée par une dizaine de syndicats, le Parti communiste d'Inde et la coalition d'opposition au Bharatiya Janata Party, appelant à une hausse du salaire minimum, la sécurité sociale universelle, l'arrêt des privatisations et à l'arrêt de la réforme du droit du travail. À cela s'ajoute le mécontentement des paysans, confrontés à la stagnation des prix des produits agricoles et la hausse des coûts des engrais et semences.
La politique d'accès aux toilettes et à la propreté du gouvernement de Narendra Modi a connu un certain succès mais beaucoup de l'argent investi pour l'environnement et, notamment, le nettoyage du Gange n'a pas été dépensé.
Par ailleurs, la situation s'est tendu au Cachemire. À la suite de l'attentat de Pulwama mené le par le Jaish-e-Mohammed contre des paramilitaires indiens un conflit militaire éclate entre l'Inde et le Pakistan, aboutissant à des pertes civiles et militaires des deux côtés, des tirs d'artillerie à travers la frontière internationale et des affrontements directs entre les Armées de l'air des deux pays.
Face au gouvernement sortant, Rahul Gandhi, héritier de la famille Nehru-Gandhi, a pris la tête du Congrès national indien en . Après plusieurs échecs électoraux, notamment en 2017 en Uttar Pradesh, l'État le plus peuplé, le Congrès a réussi à conserver ou reprendre le pouvoir dans plusieurs États importants en 2018 et 2019 (Karnataka, Madhya Pradesh, Jharkhand, Rajasthan) et apparait de nouveau comme un concurrent sérieux face au BJP. Rahul Gandhi met en avant un programme social et accuse Narendra Modi d'avoir mal géré l'achat par l'Inde d'avions Rafale à la France.
En 2016, le gouvernement Modi avait fait adopter une loi afin de permettre aux entreprises et aux particuliers de verser des dons anonymes aux partis, ce qui équivaudrait à une « officialisation du capitalisme de connivence », comme l’a dénoncé l’ancien chef de la commission électorale Shahabuddin Yaqoob Quraishi. Ces sommes, considérables, ont permis de mener une intense propagande électorale et d'acheter des voix à travers des cadeaux la veille du scrutin.
Organisation Mode de scrutin La Lok Sabha, chambre basse du Parlement de l'Inde, est composée de pourvus pour un mandat de cinq ans, sauf dissolution anticipée par le président de l'Inde.
Les élections de se tiennent au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans autant de circonscriptions uninominales. Dans chacune d'elles est élu le candidat recueillant le plus grand nombre de voix. Sur les 543 circonscriptions, 84 sont réservées à des candidats des castes répertoriées (Dalits) et 47 pour des candidats des tribus répertoriées (Adivasis). Le président indien nomme deux députés supplémentaires représentant la communauté anglo-indienne, pour un total de INDE Lok Sabha (Chambre du peuple) Union Interparlementaire.
À la suite d'une décision de la Cour suprême, les électeurs ont également la possibilité de ne choisir aucun candidat en votant Aucun d'entre eux..
Calendrier La Commission électorale indienne fixe le calendrier des élections. Celles-ci se déroulent en sept phases, du au .
Jour de voteÉtats concernésCirconscriptionsCarteAndhra Pradesh, Arunachal Pradesh, Assam (en partie), Bihar (en partie), Chhattisgarh (en partie), Jammu-et-Cachemire (en partie), Maharashtra (en partie), Manipur (en partie), Meghalaya, Mizoram, Nagaland, Odisha (en partie), Sikkim, Telangana, Tripura (en partie), Uttar Pradesh (en partie), Uttarakhand, Bengale-Occidental (en partie), Îles Andaman-et-Nicobar, Lakshadweep 91 300pxAssam (en partie), Bihar (en partie), Chhattisgarh (en partie), Jammu-et-Cachemire (en partie), Karnataka (en partie), Maharashtra (en partie), Manipur (en partie), Odisha (en partie), Tamil Nadu, Tripura (en partie), Uttar Pradesh (en partie), Bengale-Occidental (en partie), Puducherry 97Assam (en partie), Bihar (en partie), Chhattisgarh (en partie), Gujarat, Goa, Jammu-et-Cachemire (en partie), Karnataka (en partie), Kerala, Maharashtra (en partie), Odisha (en partie), Uttar Pradesh (en partie), Bengale-Occidental (en partie), Dadra et Nagar Haveli, Daman et Diu 115Bihar (en partie), Jammu-et-Cachemire (en partie), Jharkhand (en partie), Madhya Pradesh (en partie), Maharashtra (en partie), Odisha (en partie), Rajasthan (en partie), Uttar Pradesh (en partie), Bengale-Occidental (en partie) 71Bihar (en partie), Jammu-et-Cachemire (en partie), Jharkhand (en partie), Madhya Pradesh (en partie), Bengale-Occidental (en partie) 51Bihar (en partie), Haryana, Jharkhand (en partie), Madhya Pradesh (en partie), Uttar Pradesh (en partie), Bengale-Occidental (en partie), Delhi 59Bihar (en partie), Jharkhand (en partie), Madhya Pradesh (en partie), Pendjab, Bengale-Occidental (en partie), Chandigarh, Uttar Pradesh (en partie), Himachal Pradesh59Dépouillement
Corps électoral et logistique Il y a d'électeurs inscrits, soit une hausse de par rapport au dernier scrutin, ce qui fait de ces élections le plus grand scrutin démocratique organisé. d'électeurs ont entre .
La Commission électorale indienne installe environ de bureaux de vote à travers le pays, contre en 2014. Comme depuis 2004, tous les bureaux sont équipés de machine à voter électroniques mais, contrairement à la pratique précédente, ces machines impriment un reçu qui permet aux électeurs de vérifier leur vote et autorisent un recomptage des voix après le scrutin.
Coalitions et candidats Depuis les années 1990, le développement de nombreux partis politiques régionaux a rendu difficile pour un seul parti d'obtenir à lui seul la majorité des sièges à la Lok Sabha. Les principaux partis forment donc des coalitions avant les élections, toutefois ces coalitions évoluent fréquemment y compris pendant les élections, entre les élections et le dépouillement ou après le résultat connu.
La question environnementale est quasiment absente des campagnes du BJP et du parti du Congrès, une position critiquée en raison de la vulnérabilité du pays au changement climatique. L'Inde serait ainsi le pays le plus exposé à ces risques selon une étude de HSBC en 2018. Alliance démocratique nationale Alliance démocratique nationale (NDA)Narendra Modileader de la NDA, Premier ministre sortantBharatiya Janata Party All India Anna Dravida Munnetra Kazhagam (Tamil Nadu) Shiv Sena (Maharashtra) Janata Dal (Uni) (Bihar) Shiromani Akali Dal (Pendjab) Pattali Makkal Katchi (Tamil Nadu) Lok Janshakti Party (Bihar) Bharath Dharma Jana Sena (Kerala) Desiya Murpokku Dravida Kazhagam (Tamil Nadu) Asom Gana Parishad (Assam) Apna Dal (Sonelal) (Uttar Pradesh) All Jharkhand Students Union (Jharkhand) Puthiya Tamilagam (Tamil Nadu) Tamil Maanila Congress (Tamil Nadu) Puthiya Needhi Katchi (Tamil Nadu) All India N.R. Congress (Pondichéry) Bodoland People's Front (Assam) Nationalist Democratic Progressive Party (Nagaland) Kerala Congress (Thomas) (Kerala) Rashtriya Loktantrik Party (Rajasthan)
L'Alliance démocratique nationale ou NDA est la coalition du Bharatiya Janata Party. La NDA a été au pouvoir de 1998 à 2004 quand Atal Bihari Vajpayee était Premier ministre et de nouveau depuis 2014 sous Narendra Modi, qui est candidat à sa propre succession.
Le BJP conteste ces élections avec ses alliés traditionnels comme le Shiv Sena, parti d'extrême droite du Maharashtra, ou le Shiromani Akali Dal, parti religieux du Pendjab, ainsi qu'avec d'importants partis régionaux avec lequel il a forgé des alliances récentes comme le AIADMK au Tamil Nadu et le Janata Dal (Uni) au Bihar/. D'autres partis qui étaient précédemment membre de la NDA ont toutefois quitté la coalition, notamment le (TDP), au pouvoir en Andhra Pradesh, et la (JKPDP).
Le BJP fait campagne avec le slogan () et a dévoilé son programme électoral, intitulé (), le . Le parti au pouvoir promet notamment, s'il est réélu, de proposer un logement à tous les Indiens et de doubler les revenus des paysans d'ici 2020. Le programme prévoit également une contre le terrorisme et la fin du statut d'autonomie spécial du Jammu et Cachemire.
Alliance progressiste unie Alliance progressiste unie (UPA)Rahul Gandhiprésident du Congrès, candidat au poste de Premier ministre Congrès national indien Dravida Munnetra Kazhagam (Tamil Nadu) Parti du congrès nationaliste (Maharashtra) Rashtriya Janata Dal (Bihar, Jharkhand) Janata Dal (Secular) (Karnataka) Jan Adhikar Party (Uttar Pradesh) Rashtriya Lok Samta Party (Bihar) Jharkhand Mukti Morcha (Jharkhand, Odisha) Parti communiste d'Inde (localement : Odisha, Tamil Nadu) Parti communiste d'Inde (marxiste) (localement : Odisha, Tamil Nadu) Hindustani Awam Morcha (Bihar) Indian Union Muslim League (Kerala, Tamil Nadu) Vikassheel Insaan Party (Bihar) Apna Dal (Krishna Patel) (Uttar Pradesh) Jharkhand Vikas Morcha (Jharkhand) Swabhimani Paksha (Maharashtra) Viduthalai Chiruthaigal Katchi (Tamil Nadu) Bahujan Vikas Aaghadi (Maharashtra) Communist Party of India (Marxist–Leninist) Liberation (localement : Tamil Nadu) Indhiya Jananayaga Katchi (Tamil Nadu) Kerala Congress (M) (Kerala) Kongunadu Makkal Desia Katchi (Tamil Nadu) Marumalarchi Dravida Munnetra Kazhagam (Tamil Nadu) Revolutionary Socialist Party (State level) (Kerala) Yuva Swabhiman Party (Maharashtra) L'Alliance progressiste unie est la coalition du Congrès, qui a été au pouvoir pour la dernière fois de 2004 à 2014. Rahul Gandhi, après avoir pris la tête de la campagne de 2014, a succédé à sa mère Sonia Gandhi et est devenu président du Congrès en .
Le Congrès a choisi de ne pas former d'alliance électorale dans les États où il est en compétition directe avec le BJP et n'a pas réussi à trouver d'accord avec d'importants partis régionaux opposés au BJP, notamment le Samajwadi Party et le BSP en Uttar Pradesh, le Trinamool Congress au Bengale-Occidental et le Aam Aadmi Party à Delhi. Il est toutefois allié au DMK au Tamil Nadu, au Janata Dal (Secular) au Karnataka et au Parti du congrès nationaliste au Maharashtra. Dans certains États, le Parti communiste d'Inde (marxiste) et le Parti communiste d'Inde sont également alliés au Congrès.
Dans son programme, intitulé , le Congrès met l'accent sur les programmes sociaux : le parti promet notamment de créer un programme de revenu garanti d'un montant de /an pour les foyers les plus pauvres et de doubler les dépenses en santé. Il annonce également vouloir mettre en place un financement public des partis politiques.
Grande Alliance Grande AllianceMayawati Kumariprésidente du BSP, candidate au poste de Première ministre Bahujan Samaj Party Samajwadi Party Rashtriya Lok Dal (Uttar Pradesh)