La mafia marocaine (en arabe : ; en berbère : ) ou crime organisé marocain est le terme général utilisé pour désigner les diverses organisations criminelles basées au Maroc et à l'étranger et dont les membres sont Marocains ou d'origine marocaine. La majorité des mafieux marocains sont originaires de la région du Rif. Le crime organisé marocain comprend plusieurs parties, voire plusieurs bandes alliées ou rivales. Certaines font partie de la diaspora marocaine, d'autres, natives du Maroc, commettent leur crime dans le royaume. Très actives à l'étranger, elles sont plus particulièrement formées et actives à Amsterdam aux Pays-Bas et à Anvers https://sceptr.net/2018/06/antwerpen-12-huiszoekingen-in-onderzoek-naar-marokkaanse-drugsbende/ en Belgique. Ce terme est une création des médias, perçu comme un moyen de faire de l'audience, utilisant des faits rares, pour faire croire que c'est quelque chose de commun.
Répartition géographique du crime organisé marocain Les plus connus et les plus importants sont : Au Maroc la Mocro Maffia ; Amsterdam et Anvers la bande Scarface ; Belgique et Pays-Bas les Kamikaze Riders ; Bruxelles les Los Suecos ; Costa del Sol la Audi-bende ; Utrecht le milieu marocain rifain (actif dans la région du Rif) ; Nador, Al Hoceïma, Melilla, Ceuta et Algésiras Immigrés marocains opérant en Allemagne le milieu marocain casablancais (actif dans la région de la Chaouia)
Activités thumb|Localisation du Rif, premier lieu de production et de transformation de haschich au monde.. Des criminels marocains sont implantés aux Pays-Bas et en Belgique où de nombreux réseaux appelés en général « Mocro Maffia », divisé en plusieurs bandes rivales serait impliqué dans plusieurs assassinats et règlements de comptes.
Au Maroc : Trafic de drogue Immigration illégale Proxénétisme Corruption de fonctionnaires Contrefaçon Cybercrime
En Europe : Trafic de drogue Vol de voiture Vandalisme Contrat d'assassinat Blanchiment d'argent Braquages Trafic d'armes Homicides Attentat
Localisation Maroc thumb|Champs de cannabis dans le Rif, au Maroc. Le Maroc est depuis de longues années le premier producteur de cannabis au monde. Avec sa région montagneuse du Rif, des milliers de trafiquants se mettent en activité pour transporter la drogue vers l'Europe via les ports de Tanger, Ceuta et Melilla.
Étalés officiellement sur une superficie de , les champs de cannabis s’étendent environ d’Al Hoceïma à Tanger. Au Moyen Âge, déjà, les agriculteurs cultivaient ces plantes dans cette région pour en extraire du cannabis ou du haschich. En 1958, le roi Mohamed V a confirmé l’interdiction de planter du cannabis, introduite auparavant par les occupants français. Après des révoltes infructueuses des Rifains entre 1958 et 1959, le roi a finalement encouragé les agriculteurs à cultiver plus de cannabis. Il a ensuite motivé les Marocains à aller travailler à l’étranger. Du coup, une bonne partie de l’Europe a découvert le cannabis, « kif » en marocain. Les cultures et le commerce de cette plante ont évolué à un tel point que le Maroc est désormais le plus grand exportateur de haschich au monde. Dans les années 1990, énormément d'Espagnols, de Français, de Belges et de Néerlandais issus de la diaspora marocaine feront le choix de gagner leur vie en transportant la drogue de Gibraltar jusqu'à Amsterdam en passant par les grandes villes telles que Madrid, Marseille, Paris, Bruxelles, Anvers ou encore Rotterdam. Ils travailleront en alliance avec les trafiquants rifains issus des montagnes où a lieu la production.
La majeure partie du haschich est exportée vers l’Europe, mais aussi vers les États-Unis, qui font pression depuis des années sur le Maroc pour qu’il lutte contre la culture de cannabis. Le pays nord-africain soutient également qu’il le fait. Les autorités marocaines déclarent qu’elles poursuivent des centaines de milliers de cultivateurs de haschich et qu’elles s’attaquent durement aux membres de la mafia de la drogue. Selon elles, la superficie des champs de cannabis a diminué de 60 % en dix ans. Or, la production de haschich a augmenté de 7 % au cours de la même période. Ces chiffres contradictoires soulèvent bien des questions sur la scène internationale. Entre 2015 et 2016, le royaume a produit quelque de cannabis, d'après un rapport publié début mars par le département d’État américain, estimé à de dollars, une fois transformé en haschich, selon le même rapport.
En , les autorités marocaines ont saisi près de Nador (nord-est du Rif) environ de haschich (résine de cannabis) et arrêté un homme de pour liens présumés avec « un réseau criminel de trafic international de drogue ». Cette opération a également permis la saisie de six voitures portant de fausses plaques d'immatriculation servant pour le transport et le trafic de drogue, ont-elles précisé dans un communiqué cité par l'agence marocaine MAP. Malgré ses efforts pour réduire les plantations de cannabis sur son territoire, le Maroc demeure le premier producteur mondial de haschich et l'un des plus importants exportateurs de résine de cannabis, écoulée pour l'essentiel en Europe, selon l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC).
Au Maroc, les trafiquants belgo-marocains et néerlando-marocains investissent plusieurs milliards d'euros par an dans les immeubles, les complexes hôteliers, les restaurants et sociétés de location de voitures et pénètrent également le monde de la politique et de la justice, menant à la corruption politique.
Mohamed El Kharaz, le puissant baron de la drogue Mohamed El Kharaz alias Chérif Bin Alouidane, est réputé pour être un trafiquant de drogue de calibre mondial, présenté comme le plus influent de l’histoire du Maroc. Son arrestation a fait couler beaucoup d’encre et fait éclater l’une des plus spectaculaires affaires de drogue que le Maroc ait jamais connues. Connu en Colombie, en Italie, ou auprès nombreuses mafias internationales, il disposait d'un pouvoir de corruption incroyable dans la justice et la police, ainsi que d'une fortune colossale.
El Kharaz est également connu pour avoir participé à une réunion avec d'importants barons de la drogue, dont le très célèbre Pablo Escobar entre 1986 et 1988, qui s'était rendu au Maroc pour rencontrer les barons de la drogue marocains. C'est entre 1980 et 2004 que le Maroc a connu l'apogée du trafic de drogue, avec un chiffre d'affaires de plusieurs milliards. Les « cartels marocains » étaient durant plusieurs années en association avec les cartels colombiens de Medellín et de Cali, faisant du Maroc un pays de transit à l'échelle internationale, ce qui poussera la DEA américaine à s'impliquer aux frontière du Maroc, dans le but de traquer les trafiquants marocains ainsi que Pablo Escobar.
À l'époque de Mohamed El Kharaz, les trafiquants marocains se servaient de la corruption de juges, avocats, policiers au nord du Maroc pour échapper aux Américains et à l'État marocain.
Ben Ziane Berhili, le roi du haschich Activement recherché depuis plusieurs années, Ben Ziane Berhili, entrepreneur de et gérant d’une pâtisserie employant une soixantaine de personnes au Maroc, a été arrêté en 2016 à Casablanca pour trafic de drogue international. « Berhili est indiscutablement l’un des plus gros trafiquants de haschich au monde », a dit Francesco Mazotta, le chef de la Guardia di Finanza, la police financière italienne qui a mené l’enquête à Palerme. « Sa capture a été une bataille acharnée conduite par la police européenne en Méditerranée », a-t-il précisé. Il faut dire que le trafiquant de drogue importait chaque année en Europe environ de haschich. L’enquête a notamment permis à la police italienne de perquisitionner au large des côtes siciliennes sept bateaux transportant de drogue, représentant 1,2 milliard d’euros. Depuis 2013, plus de de haschich ont été interceptées en Méditerranée.
Espagne Dans les années 2010, un nombre important de narcotrafiquants marocains s'est implanté dans le sud du territoire espagnol. Selon la police espagnole, le marché du haschich et de la cocaïne serait largement entre les mains des trafiquants marocains. L'Espagne est classé deuxième pays européen après les Pays-Bas comme principal importateur de cocaïne en provenance d'Amérique du Sud. Contrairement à la Mocro Maffia aux Pays-Bas, les criminels marocains se penchent plus vers une alliance entre trafiquants, coopérant très souvent avec leur confrères albanais et des criminels serbes.
Le , la police nationale espagnole a annoncé l’arrestation de 30 narcotrafiquants de nationalités marocaines et espagnoles. L'enquête a démontré que les membres de ce réseau marocain appartenaient à un gang criminel dénommé « Los Castañas », considéré comme« le plus grand réseau de trafic de drogue opérant dans la zone de Campo de Gibraltar ».
Le chef présumé du réseau, qui possédait un faux passeport, a été interpellé au Maroc avec son fils, alors qu’ils faisaient l’objet de deux mandats d’arrêt internationaux.
Le , Abdellah El Haj Sadek Membri, âgé de , surnommé le Messi du haschich et originaire de Tanger est arrêté à Algésiras par la Guardia Civil dans le cadre d'une opération menée dans la région de Campo de Gibraltar. L'homme gérait un important réseau de trafic de drogue entre l'Espagne et le Maroc. Abdellah était un ancien détenu de la prison de Tanger, s'étant évadé avant de monter en Espagne.
El Nene, le roi du haschisch en Espagne Mohamed Taieb El Ouazzani, alias El Nene (le gamin) est l’un des plus grands narcotrafiquants marocains, actif au Maroc ainsi qu'en Espagne. C'est un acteur majeur de la mafia marocaine opérant dans le trafic de drogue. Un joint sur 10 fumé en Espagne serait acheminé par El Nene. En , il est assassiné par un gang rival au large du Marina Smir (au nord du Maroc) à la suite d'un règlement de comptes.
La police estime sa fortune à d’euros, ce que l’intéressé a confirmé à la presse espagnole : « J’ai plus de millions que d’années. » El Nene possédait de nombreuses propriétés au Maroc et en Espagne, notamment à Playa Benitez, le quartier huppé de Ceuta, non loin de Jado, où il a grandi, un quartier de logements sociaux avec vue sur le détroit de Gibraltar.
El Nene a commencé par jouer les petites mains, puis il s’est hissé progressivement dans la hiérarchie du trafic. À , il aurait travaillé pour Mohamed Echeeri, dit El Indio, un des plus grands narcotrafiquants marocains. El Nene traversait alors les du détroit sur des scooters de mer volés et chargés de shit. Deux ans plus tard, il pilotait lui-même des Gomas, Zodiac dotés de quatre moteurs de 250 chevaux, capables de filer à 50 nœuds, pour livrer la drogue sur les plages espagnoles.
En 1998, à , El Nene est considéré par les autorités espagnoles comme le plus gros convoyeur de haschich, avec plus de par an. Il est surtout devenu son propre patron, à la tête d’une flottille de Gomas. À Ceuta, il se fait remarquer, paradant au volant de bolides rutilants et distribuant les billets de aux gamins de Jado.
En France, les groupes marocains participent activement au trafic de cannabis en gros et aux réseaux de blanchiment d'argent vers le Maroc. Ils participent au trafic de drogue dure en s'approvisionnant souvent chez leurs compatriotes aux Pays-Bas ou en Belgique, parfois en Espagne, mais surtout pour le cannabis.
« Laca », le parrain marocain de la cocaïne à la Costa del Sol Abdelkader Benali Mohamedi, alias « Laca », est née en 1945 à Bni Chiker dans la province de Nador. Il démarre par le trafic de cannabis en fournissant les militaires espagnols à Melilla, puis après s'être installé sur la Costa del Sol dans les années 1970, il poursuit son trafic à plus grande échelle. À partir des années 2000, il se reconvertit dans le trafic de cocaïne à la tonne en travaillant directement avec les cartels de Cali et de Medellín. Il est arrêté à l'aérodrome d'Algésiras avec de cocaïne dissimulés dans des ananas provenant du Costa Rica.