Marguerite Souley-Darqué, née à Dax le et morte à Vieu-en-Valromey le Archives départementales de l'Ain Acte de décès , vue 2 / 7, est une artiste peintre et intellectuelle, féministe militante française, active au tournant des .
Elle a œuvré avec persistance pour l’égalité femme-homme à travers articles et conférences dont les idées sont développées dans son essai L'Évolution de la femme, publié en 1908.
Biographie
Jeunesse et vie personnelle Marie Marguerite Darqué naît à Dax en 1855, fille Jean Eugène Darqué, négociant, et de Thérèse Laffitte, son épouseActe de naissance à Dax, n° 222, vue 161/218.. Le , elle épouse à Montfort-en-Chalosse Paul-Ozée Soulé, propriétaire rentierActe de mariage Soulé-Darqué à Montfort-en-Chalosse, n° 9, vue 237/333., mais le mariage ne dure pas.
Dès 1882, elle est domiciliée dans un quartier bourgeois de Paris, près du parc Monceau, dans un immeuble construit en 1880 au 104, avenue de Villiers, et, plus tard, dans le quartier de l’Étoile au 67, avenue de WagramAnnuaire des gens de lettres et des dessinateurs..
La date de son décès n'est pas connue. En 1918, Joseph Darqué, son frère, ancien conseiller municipal de Dax, meurt en faisant de la commune sa légataire universelle. Marguerite Souley-Darqué attaque le testament en justice, puis fait appel après que le tribunal a rendu un jugement favorable à la ville. En , un article de La Gazette de Biarritz indique que « Succession Joseph Darqué », La Gazette de Biarritz, , p. 3 ..
L’artiste Peut-être formée à la peinture, Marguerite Souley-Darqué expose régulièrement ses tableaux à la galerie Georges-Petit, comme son Portrait d'homme au chapeau en 1884., et dans plusieurs salons : Jeune Fille vénitienne en 1885Catalogue illustré du Salon, volume 7 (cote 2274). ; La Leçon de lecture en 1889 ; un portrait au salon des indépendants en 1892, à propos duquel la critique indique : La Plume, volume 4, 1892.. ; Soleil couchant à Montigny-sur-Loing en 1895.
En 1892, elle participe avec Magdeleine Real del Sarte et Amélie Valentino à la création de la Société des femmes artistes dont les expositions auront lieu, de 1893 à 1907, à la galerie Georges-Petit.
Elle est nommée officier de l’Instruction publique par décret du , au titre de peintreJournal officiel du 16 janvier 1895..
L’intellectuelle vignette|Couverture de l'édition originale Cependant, c'est dans le domaine des idées que Marguerite Souley-Darqué se fait le plus notablement remarquer.
Philosophe et sociologue amateure, on retient d’elle ses conférences sur Nietzsche« La Philosophie de Nietzsche », in La Fronde, , . ou sur Tolstoï et son enseignement sur la « féminologie » au Collège libre des sciences sociales.
Militante engagée de la cause féministe, elle écrit de nombreux articles dans différentes publications progressistes comme La Libre Pensée, Le Rappel, L’Aurore, Le Cri du peuple socialiste, Le Radical et participe à différents congrès intellectuels. Elle joue aussi un rôle dans l’évolution de la franc-maçonnerie féminine dont elle est membre (GLSE2, Grande Loge symbolique écossaise, puis Grande Loge de FranceCécile Révauger, La Longue marche des franc-maçonnes : France, Grande-Bretagne, États-Unis, éditions Derwy, 2018.).
Intellectuelle active et membre de la Société de sociologie de Paris (SSP), Marguerite Souley-Darqué enseigne entre 1900 et 1905 la « féminologie » au Collège libre des sciences sociales, qui se consacre à la recherche innovante et propose, entre autres, des cours intitulés « Le mouvement féministe » ou « Le féminisme sous le règne de Louis XIV »Mary D. Sheriff, « Pour l’histoire des femmes artistes : historiographie, politique et théorie », Perspective, 1/2017 (lire en ligne)..
Sur le plan des idées, Souley-Darqué s’affirme proche de Clémence Royer (1830-1902) dont elle est l’amie, la disciple et cohéritièreLa Pensée bretonne du.. De la philosophe qui a traduit Darwin en français, elle retient le principe de l’évolution biologique des espèces par adaptation à de nouvelles conditions de vie : elle l’applique à l’histoire des femmes et publie en 1908 un essai convaincu sur L'Évolution de la femme.
Hélène Charron, dans sa thèse de 2009 à l’Université de Montréal, résume l’ouvrage ainsi : Hélène Charron, Les formes de l'illégitimité intellectuelle : genre et sciences sociales françaises entre 1890 et 1940 (p. 281 et suivantes).
Certaines revues mentionnent la parution du livre de Marguerite Souley-Darqué. Les Cahiers de la quinzaine citent les titres des chapitres sans commentaire : Présentation du livre de Souley-Darqué dans les Cahiers de la quinzaine, page 67, Onzième cahier de la deuxième série ..
Extraits significatifs : p. 11 p. 13 (Produit de l’évolution darwinienne), Rapport homme/femme : p. 25 p. 36 p. 277 p. 278Texte du livre Gallica ..
Par ailleurs, comparant le mariage au servage quant au rapport dominant/dominé lié aux contextes historiques, Marguerite Souley-Darqué appelle de ses vœux l’union libre qui « La liberté du mariage », Revue socialiste, 1906, tome XLIV, pp. 273-274 .. Elle publie sur le même thème dans L'Éducation féministe à Lyon 1907 un texte au titre clair : Le Servage de l’épouseKaren Offen, Debating the Woman Question in the French Third Republic, 1870-1920, p. 275, notes ..
Marguerite Souley-Darqué, à la fois artiste, intellectuelle et militante entre 1880 et 1914 et plutôt oubliée un siècle plus tard, reste une bonne représentante du mouvement féministe de son époque. Son nom est régulièrement cité dans les ouvrages sur ce thème.
Œuvres picturale
Paysanne, huile sur toile, coul., 61,5 x 49,5 cm, France, 1892, Bibliothèque Marguerite Durand.https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0002183625.locale=fr.
Publication
L'Évolution de la femme, 1908, réédité en 2013Texte accessible Gallica ..
Décoration
, 1895.
Notes et références
Notes
Références
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