Saint-Gengoux-le-National est une commune française située dans le département de Saône-et-Loire, en région Bourgogne-Franche-Comté. Géographie Situation et description Le village est situé sur un coteau dominant la basse Grosne.
Il se compose de trois éléments à l'intérieur même des murs : un noyau en plaine, l'accès à ce centre et une extension étagée en bandes sur le versant du coteauMichel Bouillot, « Contribution à l'étude des plans des villes clunisiennes », article paru dans Mélanges d'histoire et d'archéologie offerts au professeur Kenneth John Conant par l'association Splendide Bourgogne, Éditions Bourgogne-Rhône-Alpes, Mâcon, 1977, pp 173-204..
Communes limitrophes
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique altéré et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Bourgogne, vallée de la Saône, caractérisée par un bon ensoleillement (), un été chaud (), un air sec au printemps et en été et des vents faibles.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Mont-Saint-Vincent à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... .
Hydrographie La Grosne, un affluent de la Saône, borde l'extrémité méridionale du territoire communal.
Urbanisme Typologie Au , Saint-Gengoux-le-National est catégorisée bourg rural, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (72,2 % en 2018), en diminution par rapport à 1990 (73,9 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (36,9 %), zones agricoles hétérogènes (25,5 %), forêts (14,3 %), zones urbanisées (11,1 %), terres arables (5,1 %), cultures permanentes (4,7 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (2,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie La commune doit son nom à saint Guengoult, qui a parcouru le Morvan au .
Histoire Époque médiévale vignette|redresse|Saint-Gengoux-le-National appartient au Pays d'art et d'histoire « Entre Cluny et Tournus » créé en 2010. Après la fondation de l'abbaye de Cluny en 910, son domaine s'est progressivement étendu jusqu'à atteindre le territoire de la villa Sancti Gandulfi, en 928. Le bourg était situé au croisement des routes menant à Mâcon par Cluny, à Chalon et à Autun. L'église est mentionnée en 950.
L'église, son presbytère et tous les biens qui y étaient attachés entrent dans le domaine de Cluny par une donation en 1020. Ces biens vont devenir le noyau d'un doyenné. Les donations au doyenné ont continué pendant tous les . En 1150, le doyenné de Saint-Gengoux est le plus important de la région.
Pour installer son influence en Bourgogne méridionale, le roi Louis VII prend prétexte des incursions du comte de Chalon sur les terres de l'abbaye de Cluny pour intervenir contre le comte. L'abbé Étienne se décide alors à conclure un acte de pariage avec le roi en 1166 l'associant dans la possession du doyenné et en particulier dans le burgum novum qui désigne la nouvelle agglomération qui s'est développée autour de l'église.
Le roi Louis VII obtient alors d'installer un prévôt et de fortifier la ville de Saint-Gengoux afin d'assurer sa sécurité. À partir de cette date, les rois de France se servent de la ville comme appui pour étendre leur pouvoir dans la basse vallée de la Saône. Louis IX y aurait installé un bailliage avant l'acquisition du comté de Mâcon par le roi 73 ans après l'acte de pariage.
La double tutelle de l'abbaye de Cluny et du roi de France conduit à un enrichissement de la ville et un accroissement de la population. En 1190 on note une première mention d'un bourgeois dans la ville, ce qui peut dire qu'elle possédait un acte de franchise dont le texte n'a pas été conservé. L'enrichissement se traduit par exemple par la prise en censive par les bourgeois d'une ancienne réserve d'un chevalier en 1235, puis par l'achat par un bourgeois, en 1250, d'une seigneurie noble. Au début du , une part importante des héritages des chevaliers devient la propriété des bourgeois. C'est pendant cette période que se construisent les maisons conservées les plus anciennes.
Durant la guerre de Cent Ans, le comté de Mâcon passe des mains du roi de France en celles des ducs de Bourgogne en 1435.
Le siège du bailliage royal est transféré de Mâcon à Saint-Gengoux entre 1359 et 1372, puis de 1424 à 1435. Par la suite, la châtellenie royale de Saint-Gengoux continue d'exercer la justice sur un ressort regroupant les villages des environs. Elle est sise au château qu'on voit encore aujourd'hui, au bas du bourg, qui servait de résidence à un juge châtelain.L'abbaye de Cluny relâche son contrôle sur ses biens dans le doyenné dès le début du en encourageant la formation d'un mépart, société de prêtres, qui est chargée de la cura animorum. En 1315, ce mépart compte 11 prêtres appelés concurés.
La ville souffre peu de la guerre de Cent Ans même si on note que les Écorcheurs ruinent le chœur de l'église. Mais les temps de troubles sont coupés de périodes de calme assez longues pour permettre la construction de plusieurs maisons.
Les officiers royaux et ducaux et les prêtres forment une partie de l'élite de la ville, et se font construire plusieurs maisons à la fin du et au début du .
Époque contemporaine À la Révolution, Saint-Gengoux-le-Royal prend le nom de Jouvence (décision entérinée par un décret de la Convention du )Histoire de Saint-Gengoux-le-National, Marguerite Rebouillat, 1970. Par un décret du , Saint-Gengoux-le-Royal prend le nom actuel de Saint-Gengoux-le-National<ref>Lois, décrets, ordonnances, règlements et avis du Conseil d'État, année 1882, 1882, p. 582.</ref>.
La ville est également le théâtre d'une insurrection armée lors de la proclamation du Second Empire : le 5 décembre 1851 133 émeutiers prennent les armes avant d'attaquer les notables, ainsi que ceux de Cormatin et de Saint-Sorlin (actuellement, La-Roche-Vineuse), avant de prendre le contrôle de Cluny. Un groupe d'insurgés comprenant également des républicains de Cluny marche ensuite sur Mâcon, où ils sont dispersés par l'armée. 138 villageois, dont 40 de Saint-Gengoux, sont arrêtés et jugés le 9 février 1852. 34 Jouvenceaux sont condamnés à des peines de prison, d'exil ou de déportation (principalement en Algérie, mais aussi à Cayenne)..
De 1889 au 7 avril 1969 (date de sa fermeture par la SNCF), Saint-Gengoux-le-National est relié à Montchanin par une ligne de chemin de fer« Le chemin de fer de Saint-Gengoux à Montchanin : un souvenir inscrit dans le paysage », article d'Alain Dessertenne paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 75 (automne 1988), pages 17 à 20..
Mars 1929 : fondation de la coopérative vinicole de Saint-Gengoux-le-National, avec Jean Dutartre pour président (cave qui sera absorbée en 1977 par la cave coopérative de Buxy)Annie Bleton-Ruget et Frédéric Lafarge, « 1925-2025 : un siècle de coopération viticole en Saône-et-Loire », revue Images de Saône-et-Loire, n° 220 (novembre 2025), pp. 28-36..
L'année 1994 a vu la fondation à Saint-Gengoux d'une société savante : la Société d'études historiques et naturelles du Pays de Grosne et GuyeSource : Fernand Nicolas, « Les sociétés naturalistes en Saône-et-Loire », article paru dans la revue trimestrielle Terre vive éditée par la Société d'étude du milieu naturel en Mâconnais (Sémina), n° 124, 2001, pp. 17-24..
Politique et administration Liste des maires Ont successivement été maires de Saint-Gengoux-le-National : vignette|gauche|Mairie.
Sécurité Gendarmerie 125px|vignette Saint-Gengoux-le-National, chef-lieu de canton jusqu'en 2015, dispose d'une caserne de gendarmerie (liée depuis 2001 à celles de Tournus et de Lugny, à la suite de la mise en place des « communautés de brigades »). Sapeurs-pompiers 55px|vignette Saint-Gengoux-le-National dispose d'un centre d'incendie et de secours (implanté rue du 19 Mars 1962), commandé par le capitaine Pascal Verdot et relevant de la compagnie de Chalon-sur-Saône.
Population et société Démographie Les habitants de Saint-Gengoux-le-National s'appellent les Jouvenceaux (gentilé tirant son origine de l'ancien nom de la ville à la fin du : Jouvence).
Enseignement La commune relève de l’académie de Dijon.
Culte Saint-Gengoux-le-National est le siège de la paroisse Saint-Louis-entre-Grosne-et-Guye, paroisse du diocèse d'Autun qui regroupe une trentaine de villages (Bissy-sur-Fley, Bresse-sur-Grosne, Burnand, Burzy, Chenôves, Collonge-en-Charollais, Culles-les-Roches, Curtil-sous-Burnand, Fley, Rimont, Genouilly, Germagny, Joncy, Le Puley, Saint-Huruge, Saint-Boil, Saint-Micaud, Saint-Privé, Saint-Ythaire, Santilly, Saules, Savianges, Savigny-sur-Grosne, Sercy, Sigy-le-Châtel, Saint-Clément-sur-Guye, Saint-Gengoux-le-National, Saint-Martin-du-Tartre, Saint-Martin-la-Patrouille, Saint-Maurice-des-Champs et Vaux-en-Pré).
Économie Commerces Marché les et mardis de chaque mois.
vignette|250px|Les vignobles du Mâconnais. Vignoble
Culture locale et patrimoine Lieux et monuments Saint-Gengoux-le-National a été labellisée Cité de Caractère de Bourgogne-Franche-Comté en 2017.
vignette|redresse=.6|Saint-Gengoux-le-National, église. L'église Saint-Gengoux : Église. a été construite en 1120 par les bénédictins de Cluny sous le vocable de saint Gengoux. Elle mesure quarante et un mètres de long et seize de large. Elle fut plusieurs fois pillée et restaurée. En 1802, trois chapelles attenantes à l'église furent détruites pour construire sur leur emplacement une halle aux blés. Depuis août 2004, l'église est inscrite à la Fédération des sites clunisiens« Itinérances autour des doyennés clunisiens et du ban sacré », livret édité par la FAPPAH, juin 2016, introduction de Jean-Denis Salvèque . ; Le prieuré, fondé par les bénédictins en 1020. Le bâtiment actuel date du ; Le lavoir : Lavoir, construit en 1857 ;