Sens-sur-Seille est une commune française située dans le département de Saône-et-Loire, en région Bourgogne-Franche-Comté. Géographie

Sens-sur-Seille fait partie de la Bresse louhannaise. La Seille ainsi que son affluent de la Brenne coulent sur le territoire communal.

Les cours d'eau Sens est traversée par la Seille, née dans le Jura, et par la Brenne, son affluent, qui se rejoignent au hameau de Clémencey à Frangy-en-Bresse. La Seille : elle prend son nom de Sallia, dérivé de Sala (marais). La Brenne : le nom, très ancien, prend probablement sa source dans la langue gauloise. Il est construit avec la racine berr (bouillonner) et le suffixe ona (source, cours d'eau).

Les hameaux Au cours des siècles, au gré des groupes d'habitations qui s'implantaient, se sont créés des hameaux dont le nom a perduré ou a disparu. Certains, qui ne figurent plus au nombre de ceux actuels ont pu tout de même imprimer les mémoires. Les actuels : Bois-de-Long, Conde, les Corales, l'Etalet, Gerans, les Lorins, Visargent, la Serrée, Bure. Les disparus : Cabertes, Chaneviz, Château Gaillard, la Vaivre, les Varenne, Argillet, Champs-de-Seille, Notre-Dame, la Tuilerie.

Les hameaux actuels

Bois-de-Long :

Soit un endroit où travaillaient les scieurs de long (qui débitaient les troncs dans le sens de la longueur), soit un endroit où l’on faisait pousser des arbres à croissance lente.

Mes recherches sur les actes paroissiaux, de 1581 à la révolution, révèlent que ce hameau n'avait pas d’habitation (aucun acte répertorié). Ce dont je suis sûr, c’est que ce hameau était englobé dans un autre (Visargent). Il est répertorié dans les cartes de Cassini.

Conde ou Condé :

Du gaulois Condate, (confluent) probablement un très vieux hameau qui a toujours été à part de la paroisse de Sens. En effet, il possédait sa propre chapelle dont Adrian Conduit (1626 - 1628) était dit vicaire.

Il s'agirait de la chapelle Saint-Georges, Saint-RochDescription générale et particulière du duché de Bourgogne Courtépée, III, et 454. ou Saint-Jean selon Guillemin.

Conde appartient aux Du Châtel au , puis aux De la Rodde, aux De Brancion au et enfin aux De Scorailles.

Le 24 avril 1791, la ville de Saint-Germain-du Bois a demandé de réunir divers hameaux à sa paroisse, dont Conde, afin de l’agrandir dans l’intérêt des marchands avoisinant l'égliseRegistre des délibérations du Conseil Municipal de Sens de 1790 à 1796.

Le conseil municipal de Sens exposa aux administrateurs du directoire que les habitants de Conde ont intérêt à demeurer à la paroisse de Sens puisqu’ils ne sont éloignés du bourg que de vingt minutes de marche tandis qu’ils sont à une lieue de Saint-Germain-du-Bois, avec de mauvais chemins.

Ces habitants devaient, en effet, pour venir à Sens, traverser la rivière de Brenne sur une planche et, en cas de crue, ils devaient prendre le bateau ou passer par le pont de l’Etalet en faisant un détour par la Corbière, hameau de Saint-Germain-du-Bois.

Les Corales :

L'étymologie du nom peut prendre plusieurs axes ; soit cela peut provenir du caractère amical de la personne à qui appartenait à l’origine, ce terrain (coral, en vieux français a le sens d’amical, sympathique) ou d'un terrain planté de chênes. (Coral : cœur de chêne).

Selon le cadastre de 1825., on trouve deux champs appelés grandes et petites Corales. Les grandes Corales étaient coupées, en leur milieu, par l’ancienne route qui menait au château de Visargent.

Mes recherches sur les actes paroissiaux, de 1581 à la Révolution, révèlent que ce hameau n’avait pas d’habitation (aucun acte répertorié). En fait, ce hameau était englobé dans un autre (Visargent).

En 1958, le curé de la paroisse fit ériger un oratoire, le long de la route de Saint-Germain-du-Bois pour permettre des processions plus accessibles à Notre Dame qui se situait à la chapelle de la Chesnaye.

L'Etalet :

Étymologie vague mais pourrait provenir du bas francisque « Stal » (position, demeure) qui a formé en vieux français « astaler » puis étaler. Toponymiquement, on peut imaginer que les fréquentes inondations à cet endroit aient influencé son nom (eau qui s’étale).

Au cours du temps, le nom s'est modifié tant dans sa structure que dans son orthographe. Il passe de Lestalet en 1343 à Lestaillet en 1490 mais également en portant, dans son nom, son statut de frontière fiscale (le portail de l’Etalley-1602 ; Pont de l’Estallet-1666) pour parvenir à nous dans son orthographe définitive : l’Etalet (1856)Dictionnaire topographique de la France – Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques – Collection de document inédits sur l’histoire de France © CTHS - Paris 2009..

Ce passage sur la Brenne était emprunté depuis longtemps : une voie romaine y partait pour finir à Villevieux en passant par le bourg de Sens.

Le pont de l'Etalet était à la frontière fiscale entre la Bresse chalonnaise et la Franche-Comté. Une maison implantée perpendiculairement à la route d’environ de long fut construite en 1602 pour héberger un fermier du roi et 12 gabelous jusqu'à la Révolution. La pièce du fermier était parquetée de chêne. Au , la maison devint résidence de notaires et de médecins puis ferme « collective ». Elle accueillait quatre ménages en 1935 et plus que deux en 1950. Cependant, selon les recherches en archives du propriétaire en 2008, il s'agit d'un poste de douanes construit en 1725 sur ordre du roi..

Le 18 mars 1792, le conseil délibère sur l'état de la route entre Chalon et Lons-le-Saunier qui se détériore surtout entre Saint-Germain-du-Bois et Sens, lorsque la route descend vers le bois de l'Etalet.

Gerans :

L'étymologie du nom n’est pas assurée. Néanmoins, on retrouve un nom de famille Géran au centre de la France, ce nom avait probablement comme origine un nom franc formé sur la racine War (protecteur) comme les noms et prénoms Gerin, Guérin…

Une des formes du nom du hameau en 1490 est Ageran. Les noms tant de lieux que de famille qui débutent par A… prennent souvent leur source dans l'esprit de possession ou d'appartenance (à geran = Ageran), ce qui appuierait cette hypothèse.

Les Lorins :

Selon le dictionnaire topographique de la France, la plus ancienne référence à ce nom pour Sens est un Philibert Lorin (1476). En effet mes recherches ont révélé une très ancienne famille Lorin présente dès 1581. Cela tend à penser que le nom du hameau provient de l'installation d'une famille « Lorin » en ce lieu. D'autant que l'article (les) devant le nom du hameau est une marque fréquente d'appartenance à un groupe (les Michelins, les Dameys à Bosjean). Quant à l'origine du nom, il semble qu’un groupe d'individus provenant de Lorraine ait pu recevoir le surnom de « Lorins ».

Visargent :

Dans le dictionnaire de la noblesseDictionnaire de la noblesse – De la Chenaye-Desbois et Badier - Ed. Schledinger frères 1865, on trouve la trace de Pierre de Brancion, seigneur de Visargent dès le et descendant de Warulphe de Brancion (vers 960). Le lieu est donc très ancien, mais reste énigmatique sur son origine.

Si les diverses formes anciennes ont quelquefois donné « Vif argent (1490) », il ne me semble pas que le mercure (vif argent autrefois) ait un quelconque rapport.

Au , la seigneurie de Visargent passe des De viennes aux De Brancion.. Les armes de cette maison sont d’azur à trois fasces ondées d’or.

Le château de Visargent date de la limite entre le . Toutefois, en 1374, on note l’emplacement d’une maison forte de Visargent.

La Serrée :

En Bressan, la Sarria. Le nom se retrouve sur plusieurs sites en Bourgogne, je n'en connais pas la signification. Sur le cadastre de 1825, ce lieu se situe sur le document D 1, le long de la Seille derrière le château de Visargent.

Bure :

Ce hameau, désigné Beure en 1490, pourrait, à l’instar de la ville comtoise du même nom être issu du terme germanique Bûr désignant une habitation isolée, faisant allusion à l’habitat des castors.

Les hameaux disparus

Les lieux-dits disparus le furent, soit parce que la destination du lieu est devenue caduque (la tuilerie), soit que le lieu fut détruit. Le plus souvent ils ont été englobés dans un hameau principal.

Cabertes :

Lieu connu dès 1539. Je n’ai pas trouvé d’information sur l’étymologie du nom, ni son implantation dans le cadastre de 1825, mais il existe une ville du même nom en Espagne…

Chaneviz :

Ce lieu faisait partie du fief de la seigneurie de Bosjean, il est mentionné en 1539.

Le chènevis est le nom donné à la graine de chanvre dont la culture était très importante en Bresse puisqu’il permettait d’obtenir des toiles plus ou moins fines. La culture du chanvre se faisait toujours sur les mêmes parcelles qu’on appelait chenevière, ce qui a donné Chanevis, Chaneviz..

Château Gaillard :

Les villes, ou lieux-dits de France, portant ce nom sont souvent des endroits où l’on a édifié un château sur une butte, comme celui des Andelys où furent enfermées les belles-filles de Philippe IV le Bel. Dans le cas de cet ancien hameau la topologie de l’emplacement exclue, à mon avis cette hypothèse.

En l'espèce, on peut voir sur le cadastre de 1825, la position de Château-Gaillard, au coin de la route de Visargent, entre les Corales et Bois de Long.

La Vaivre :

Ce hameau était en fait derrière le château de Visargent, le long de la Seille. Ce devait être un endroit souvent inondé car la Vaivre ou Vouivre était, hormis l'appellation mythologique romaine, « un lieu insalubre et peuplé de serpents et autres animaux fantastiques mais dangereux ».

Les Varennes :

Une varenne, désigne un domaine de chasse réservé, puis une terre inculte où l'on fait paître le bétail. S’il n’existe plus en tant que hameau, cet endroit est toujours présent sur le cadastre de 1825 (section D2) entre l’Etalet et Visargent.

L'Argillet :

Connu depuis 1421, ce hameau situé entre les Corales et le Bourg n’est plus marqué aujourd’hui. Mais il est pourtant cité le 16 floréal an 3 de la République, pour un litige de partage de terres entre les habitants de Sens. Son nom peut provenir de l’argile qu’on y prélevait.

Les champs de Seille :

Ce lieu faisait partie du fief de la seigneurie de Bosjean, connu en 1539Dictionnaire topographique de la France – Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques.. On le retrouve sur le cadastre de 1825 entre les Lorins et le canal.

Comme son nom l'indique, il s'agit des champs qui jouxtaient la Seille, fréquemment inondés et qui servaient à faire champoyer les bêtes (mettre aux champs).

Notre-Dame :

Ce lieu-dit fait partie de Visargent, Courtépée signale la présence d'une chapelle mariale en 1780.

La Tuilerie :

En 1783, les nouveaux états généraux en font mention, c'était le lieu d'emplacement de la tuilerie de Sens-sur-Seille. Il faut noter qu'il existait une tuilerie à l'Etalet qui fonctionna jusqu'en 1930 mais hors du hameau en question.

Sur l'illustration qui suit, on aperçoit que la tuilerie se trouvait à l'est, entre Bures et les Lorins, au nord de Gommerand.

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