Henri Charles Stroh est un ingénieur, directeur des usines Schneider et Cie au Creusot et résistant français, né le à Paris d'une famille alsacienne protestante ayant fui l'Alsace lors de l'occupation allemande. Déporté pour faits de résistance mais sous un prétexte fallacieux, il serait décédé juste après la libération du camp de Buchenwald en . Le tribunal d'Autun le déclare « disparuElvire de Brissac, Il était une fois les Schneider (1871-1942, Éd. Grasset, 2007, p. 217, . et mort pour la France », le ..

Biographie

Famille et formation Henri Charles Stroh est né le d'une famille modeste. Il vit à Paris où il fait de brillantes études d'abord au collège Rollin puis au lycée Saint-Louis. Il est plusieurs fois lauréat du concours général, bachelier à ; puis à en 1905, il est admis à l'École normale supérieure (France) et à l'École polytechnique, où il arrive premier au concours de Paris et troisième sur toute la France. Finalement, il opte pour l'École Polytechnique., d'où, en 1907, il est classé à la sortie. Il entre alors à l'école d'application du génie maritime avec le grade d'ingénieur de classe et d'où il sort en 1909, il a alors .

Henri Stroh parle couramment l'anglais, l'allemand, l'italien, connaît aussi l'espagnol et parfaitement le dialecte alsacien. En 1943, il étudie le russe. Il est protestantJacques Poujol, Protestants dans la France en guerre : 1939-1945. Dictionnaire thématique et biographique, Éd. de Paris, 2000, p. 34, . et croyant.

Carrière De 1909 à 1911, Henri Stroh travaille à Cherbourg, où il se spécialise dans la construction de sous-marins. Il s'occupe ensuite de l'atelier des torpilles à Toulon jusqu'au mois d'. Le , il est promu ingénieur classe. Le , le ministre de la Marine, Monsieur Baudin, envoie une dépêche au vice-amiral commandant en chef et préfet maritime de Toulon où l'on trouve : Un témoignage de satisfaction est accordé à l'ingénieur de classe du génie maritime Stroh.

En 1915, Henri Charles Stroh dirige une équipe chargée de la reconstruction des ponts routiers dans la zone des combats. Il participe ensuite à l'armement des sous-marins et torpilleurs chargés de l'expédition des Dardanelles. Il passera en mer. Il est ensuite chargé de la construction et de la mise en service d'un nouvel atelier de torpilles à l'arsenal du Mourillon (Toulon). De 1925 à 1933, il réorganise l'usine de torpilles de Saint-Tropez, propriété des Aciéries de Firminy associées à la compagnie Batignolles-Châtillon de Nantes.

Le , il est embauché chez Schneider et Cie en tant que directeur adjoint et le de la même année il est promu directeur de l'ensemble des usines du Creusot, du Breuil et de Montchanin. Le , les usines sont occupées par une division militaire de la Großdeutschland. Henri Charles Stroh négocie avec l'occupant pour préserver une certaine autonomie de l’entreprise, malgré leur contrôle de plus en plus pesant, à tout niveau de la hiérarchie. En total accord avec la direction générale Schneider, il instaure une politique de production minimum Travailler chez Schneider sous l’Occupation. Le cas des usines du Creusot. On lui reproche les nécessaires à la réalisation d'une locomotive au Creusot contre chez Borsig, une usine allemande, et lui de prétexter le mauvais état des voies ferrées pour justifier le déraillement des machines. Pour cette raison et sous le prétexte fallacieux de vol de carburant (il avait en fait enterrer deux citernes de benzol), il est arrêté le et déporté à Buchenwald le . A la libération du camp le il est vivant ; cependant étant en zone soviétique, il disparait fin .

Distinction Chevalier de la légion d'honneur.

Hommages Une allée du Creusot porte son nomJean-Pierre Coulez, L'allée Henri-Charles-Stroh a été inaugurée, Le journal de Saône-et-Loire, 26 avril 2014.. Une rue du Breuil porte son nomLe Breuil : une rue au nom de Charles Stroh, Le journal de Saône-et-Loire, 23 novembre 2012.. Une plaque commémorative se trouve sur la commune de Lamonzie-Saint-Martin (Dordogne). Elle a été dévoilée en présence du maire et du sous-préfet de Bergerac le (journée nationale du souvenir des victimes et des héros de la déportation)Daniel Lachapelle, Lamonzie-Saint-Martin : hommage à Henri Charles Stroh, ingénieur mort en déportation. "Sud-Ouest". 29 avril 2025. Cet évènement s'est prolongé le par un échange avec les élèves de l'école de Lamonzie-Saint-Martin Daniel Lachapelle, À Lamonzie-Saint-Martin, un hommage émouvant à la Résistance. "Sud-Ouest". 26 juin 2025

Publications Henri-Charles Stroh, Maxime Laubeuf, Sous-marins, torpilles et mines, Éd. J.-B. Baillière et fils, 1923.

Notes et références

Bibliographie André Prost, Henri-Charles Stroh ingénieur patriote, Bulletin de l'académie François Bourdon, , , . Christian Chevandier, Jean-Claude Daumas, Travailler dans les entreprises sous l'Occupation, Éd. Presses universitaires de Franche-Comté, 2007, .

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