Suin est une commune française située dans le département de Saône-et-Loire, en région Bourgogne-Franche-Comté. Géographie Situation Suin est un village du Charolais, juché au sommet d'une montagne granitique isolée, à d'altitude, aux confins du Charolais, du Beaujolais et du Brionnais. Une particularité qui a valu à Suin d'être qualifié par l'historien et archiviste Raymond Oursel de « plus beau belvédère du vieux pays éduen »Martin Raether, Suin, revue « Images de Saône-et-Loire » n° 216 (), pp. 12-13..

La commune couvre les vallées de la Saône, Bourbince, Grosne, Arconce et Guye.

Accès

Paysages Les paysages de la commune sont composés de terres arables au sud-ouest, prairies au nord et au sud-est ainsi que des forêts de feuillus et conifères au nord-est. La commune présente des habitats isolés hors du bourg notamment dans les hameaux de Tillay, Mont, Ruère. Les prairies, entourées par des haies, correspondent à du bocage. Les espaces boisés couvrent en tout 727 hectares soit le tiers de la surface communale tandis que les surfaces agricoles utilisées occupent du territoire.

Communes limitrophes

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat des marges montagnardes, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols) et des données couvrant la période 1971-2000.. En 2020, le climat prédominant est classé Cfa, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été chaud sans saison sèche.. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est dans une zone de transition entre le climat océanique altéré et le climat océanique altéré. et est dans la région climatique Centre et contreforts nord du Massif Central, caractérisée par un air sec en été et un bon ensoleillement.. Elle est en outre dans la zone H1c au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves..

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Jalogny à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de ... . Urbanisme Typologie Au , Suin est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (65,7 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (65,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (42,5 %), forêts (34,3 %), zones agricoles hétérogènes (23,1 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Toponymie

Histoire Repères : seule existence sur le tertre d'une paroisse, Sedunus placée sous le vocable de l'Assomption. Époque romaine : la butte de Suin portait un oppidum et un temple dédié à Mercure. Château fort détruit au cours des guerres de Religion. Village décimé par la famine en 1709. 1864 : Suin est amputée d'une partie de son territoire. En 1793, les différents hameaux composant Sivignon avaient été réunis à Suin mais, par décret impérial du , Sivignon fut érigé en communeSource : Un bourg charollais : Sivignon, article paru dans la revue « Images de Saône-et-Loire » n° 13 (mars 1972), pp. 9-11.. Protection de l'église paroissiale des s : clocher inscrit à l'inventaire supplémentaire, par décret du . Inscription de l'abside à ce même inventaire le . 1997 : découverte de fresques dans le chœur de l'église.

Antiquité vignette|gauche|Photo avers - revers d'une monnaie romaine trouvée à SUIN (71) FRANCE probablement frappée sous Tibère en 14 ap. J.-C.

Les Gaulois y construisirent une cité. Les Romains s'y établirent à la jonction des deux voies romaines venant l'une de Belleville (Lunna) pour aller à Autun, l'autre venant de Feurs. Cette voie serait d'après certains auteurs la via regia de Feurs à Autun.

Des fouilles faites à Suin ont permis de découvrir des monnaies gauloises, des monnaies romaines de Domitien, d'Aurélien, des urnes ; un morceau de colonne de 1,20 m de circonférence avec inscription prouvant que Suin était une station romaineInscriptions référencées CAG-71-04, p 382 ; des tombeaux avec ossements, une molette d'éperon, un fer de coutelas, un talisman en corne, une pointe de lance et même un petit bas-relief représentant deux guerriers.

En fouillant en 1772 et 1776 on trouva des fers à cheval, une agrafe antique, des pièces de monnaie, dont l'une datait de Philippe le BonCourtepée et Béguillet, Description du Charolais, .. Il y a encore de nombreux tombeaux et très certainement des pièces intéressantes à découvrir. Aucune fouille sérieuse n'a été entreprise jusqu'iciRoger Beaufils, Suin, sentinelle du Charolais, in Guide du visiteur et du touriste, Édition Dumas, Charolles, 17 août 1934..

En , des travaux d'aménagement permirent la découverte fortuite d'un bloc de grès de 1,06 mètre de haut, utilisée en réemploi dans un jambage de porte. Ce bloc portait une inscription latine qu'on lit comme suit : Mer(curio) sac(rum) / Sex(tus) Gabiniu[s] / Censorinu[s] / Dagot[out]i(?) [f(ilius)] / pro M[otu]con[e(?)] / filioRéférences épigraphiques : CAG-71-04, p 382 = .

L'inscription témoigne de l'existence d'un culte à Mercure. Il monte le processus de romanisation : le dédicant Sextus Gabinius Censorinus est nommé à la romaine par les tria nomina, tandis que son père porte un nom gaulois Dagotoutus et son fils un prénom gaulois MotuconAdrien Brühl, Lyon/Suin, Gallia, Tome 22 fascicule 2, 1964, pp. 424-425..

Sedunum (Seodunum) était le nom celtique de Suin, dunum désignant un lieu élevé. Sous les Mérovingiens, Suin appartenait au Pagus Cabillonensis (Pays de Chalon).

Moyen Âge Les Sarrasins semblent avoir occupé longtemps le pays puisque plusieurs bourgs voisins ont conservé des dénominations de cette époque, entre autres La Guiche et Le RoussetAnnuaire de Saône et Loire, 1873..

Les Alerci Brannovices ou brionnais y séjournèrent longtemps après la domination romaine. Le pays des Brannoves fut divisé en deux parties : le Brionnais et le Charolais.

Le Charolais forma la première baronnie du comté de Chalon et fut donnée par Pépin, roi d'Aquitaine, au comte Eccard qui fonda le prieuré de PerrecyCucherat, Premières origines de Paray-le-Monial.. Il en fit partie jusqu'en 1237, date à laquelle il fut réuni au duché de Bourgogne par Hugues IV qui en avait fait l'acquisition.

Au , Suin devait être peuplée de paysans, serfs et bûcherons, au service des nombreux seigneurs de cette région couverte de bois. Le clocher de l'église qui date de cette époque atteste une vie concentrée au sommet de la montagne.

Au , le hameau de Sivignon, qui faisait alors partie de la commune, possédait un château où résidaient les seigneurs de Lespinasse. Il y avait au sommet de Suin un château fort qui abrita les seigneurs du lieu qui furent : Béatrix de Suin (1307), J. de Suin (1321), et Bernard de Suin, seigneur de Villars.

Ce château fut détruit, comme tous ceux de la région, au moment de la Ligue durant les guerres de Religion.

Au début du , la querelle entre les Bourguignons et les Armagnacs vit se dérouler dans le Charolais des luttes sanglantes. La prise de Chaulmont-en-Charolais (aujourd'hui commune de Saint-Bonnet-de-Joux) ne fut pas sans provoquer à Suin des scènes de désordre et des pillages. les paysans occupés à se défendre délaissaient leurs terres. Le résultat en fut une terrible famine qui sévit de 1436 à 1438. Elle fut suivie par la peste. Les bandes d'Écorcheurs avaient déjà dévasté la région de 1438 à 1443.

Temps moderne En 1684, le prince de Condé prend possession du Charolais que Charles VIII avait vendu à Philippe, archiduc d'Autriche, et qu'un échange entre Louis XV et mademoiselle de Sens rattacha à la couronne en 1771.

Les années 1708 à 1710 furent marquées par une nouvelle famine qui désola la région. On y vivait de glands et de racines de fougères. Cette famine fit de nombreuses victimes à Suin : il y mourut 235 personnes et 138 autres quittèrent le pays. Les deux siècles qui suivirent semblent avoir été une période heureuse. La Révolution et les guerres de l'Empire y eurent peu d'influence.

Époque contemporaine Sur le site du Bois de Niallin (ou Bois de Mégine), une mine d'uranium à ciel ouvert a été exploitée en 1978-1979 par la Cogema avec onze tonnes de minerai extraitesMimausa - Base de données nationale des sites miniers d'uranium.

Politique et administration vignette|Mairie.

Démographie

Économie Le territoire communal comprend des exploitations agricoles certifiées AOC pour le bœuf charolais et le fromage de chèvre. En 2010, le cheptel total comprenait 18 exploitations agricoles sur lesquelles pâturaient , 300 ovins et 250 caprins sur de prairies auxquelles il faut ajouter 150 ha pour des cultures de maïs et de triticale pour l'alimentation des bêtes.

Des artisans et gîtes ruraux sont également présents sur la commune.

Culture locale et patrimoine vignette|Église paroissiale romane de Suin. vignette|Statue de la Vierge au sommet de la Butte de Suin. Lieux et monuments Butte de Suin, offrant un superbe panorama.

Monuments Vestiges : deux tours de guet, construites par les Allemands ; l'une serait construite à l'emplacement de la tour de l'ancien château des Seigneurs de Suin, ainsi que le montre le tableau copié d'une estampe, photo fournie par les archives du comte de Suin. Maison rurale , en granit rose. Église paroissiale romane de l'Assomption de la Sainte Vierge, remaniée en 1859 afin de la prolonger de en avant de la grande porte donnant sur le cimetière : nef unique reconstruite en 1839 et sacristies du , abside en cul-de-four (Inv. Suppl. des M.H. du ) et clocher carré romans du début du (Inv. Suppl. des M.H. du ); Christ en croix du dans la nef, du côté méridional. Chaire du . En 1997, des fresques ont été découvertes lors de la restauration du chœur de l'église. La construction de l'église de Suin a probablement fait suite à celle du château des seigneurs de Suin, anoblis par Saint Louis au (mention de monsieur le comte Eric de Suin). La statue de la Vierge, édifiée en 1885 (voir Butte de Suin). Christ en croix en bois polychrome, situé dans la nef de l'église paroissiale. Époque estimée : . Stèle apposée contre le mur extérieur de l'église portant l'inscription : « CI GIT Me BENOIT DURY NE A VAREILLES LE DECEDE A SUIN LE CURE DE SUIN PENDANT 49 ANS - EN TEMPS DE REVOLUTION COMME EN TEMPS CALMES SA VOIX FUT COMPRISE ET GOUTEE PAR SES PAROISSIENS PRIEZ POUR LUI ».

Nombreuses roches et mégalithes Le rocher du Caniche.