Les Intellectuels faussaires : Le triomphe médiatique des experts en mensonge (sous-titré dans sa deuxième édition de 2012 Il est plus facile de critiquer Sarkozy que BHL) est un ouvrage du géopolitologue et essayiste Pascal Boniface paru en 2011. La question centrale de l'ouvrage concerne le rapport à la sincérité : La différence entre vérité et mensonge est-elle ou non un critère de distinction et de crédibilité ?

Résumé L'auteur appelle des qui des contrevérités (fake news) pour défendre une cause et qui restent . Trop peu de personnes osent dénoncer leurs « petits arrangements » avec la vérité. Pourtant, le triomphe de ces « serials menteurs » représente . Ces personnalités bien connues qui s'affichent dans les médias se drapent dans une morale sur mesure que Pascal Boniface s'efforce d'exhiber afin de dénoncer ce qu'il considère comme une nouvelle mouture de « La Trahison des clercs ». L'auteur dénonce les journalistes complices qui, présents et conscients d'un se refusent à le relever ; négligeant ainsi d'éclairer le public, bafouant la déontologie et la mission du journaliste dans la quête de vérité. Finalement, l'auteur trouve que .

Thèmes, constats et critiques Pascal Boniface a centré son travail sur les questions internationales et stratégiques, car c'est le domaine qu'il maîtrise le plus.. Thèmes L'auteur ne veut pas s'en prendre aux points de vue que chaque personne est en droit d'exprimer, car le débat et la réfutation sont libres en démocratie. Il dénonce les méthodes : Le « mentir vrai » des « faussaires » : employer des arguments de mauvaise foi, énoncer des contrevérités, auxquels les « faussaires » ne croient pas eux-mêmes, de façon péremptoire, sans subtilité ni peur de la contradiction, en absence totale de scrupules, sans vergogne. L'auteur fait la différence entre se tromper () et tromper. les « mercenaires » qui font semblant d'adhérer temporairement à une cause porteuse et qui va dans le sens du « vent dominant ». la malhonnêteté des « faussaires » et des « mercenaires » hors de toute théorie du complot et du refus du « tous pourris ». En démocratie, les « serials menteurs » font le lit des démagogues. La manipulation de l'opinion, la propagande et la désinformation. La terminologie imprécise : intellectuel, expert ou spécialiste, les conflits d'intérêts

Arguments Les constats relevés par l'auteur s'inscrivent dans une analyse contextuelle d'un après qui n'aurait pas changé l'ordre mondial, bien que le choc émotionnel provoqué par les attentats (en France et à l'étranger) soit immense. Pour l'auteur, le rapport de force, les équilibres mondiaux n'ont pas été structurellement modifiés par le . et l'usage des images faussées, truquées, antidatées, etc. pour jouer sur les émotions des spectateurs. Les vertus d'honneur, de dignité, d’honnêteté intellectuelle, pour être toujours mises en avant, sont de moins en moins respectées. Le ridicule ne tue plus depuis longtemps. Le travail de recherche et de contrôle des déclarations passées, écrits est rarement fait. Vérité et engagement pour des causes généreuses .

Critiques Pascal Boniface dénonce les dérives déontologiques de la médiacratie.

Le mensonge américain, relayé par les capitales européennes, des armes de destruction massive en Irak et la guerre qui s'est ensuivie. Il défend l'idée qu'.

Regrettant les intellectuels silencieux (position jugée égoïste, de repli sur soi et de désintérêt pour les malheurs du monde), l'auteur se joint à Jean-Paul Sartre pour rappeler qu'il existe une position généreuse, solidaire, attentionnée, engagée. Sans tomber dans l'attitude adoptée par . Jean-Paul Sartre, Pierre Bourdieu, Régis Debray ou Raymond Aron critiquaient la société à partir de leurs œuvres de réflexion. Ils ne privilégiaient pas la présence dans les médias pour construire leurs productions intellectuelles. Vérité et engagement, tout en restant authentique, cohérent (Pour l'auteur, les exilés fiscaux chantant aux Restos du cœur sont à bannir).

La tentation de la petite phrase, de la contradiction, de la perte de contrôle, des larmes, etc. au détriment des dossiers de fond et du journalisme d'investigation. D'où la question : Les médias forment l'opinion, la déforment et/ou formatent les esprits et la réflexion du public ?

La séparation des types d'information : éditorial, information, publicité est bafouée. Les contaminations de l'information par le commentaire éditorialisé et par la publicité des entreprises qui contribuent est flagrante.

L'indépendance des rédactions est, elle aussi, bafouée par les recrutements, licenciements, et les imprécations des actionnaires sur l'équipe rédactionnelle.

et ce, en vue d'assurer sa position dans le paysage intellectuel et médiatique et d'être réinvité.

La morale qui a servi à légitimer des opérations militaires n'est pas dans l'intérêt des peuples concernés. Dans certaines affaires, ce . L'auteur signale l'usage du ,

Problèmes internationaux C'est à l'international que l'auteur relève les problèmes évoqués dans le livre : L'occidentalisme qui, s'appuyant sur un discours néolibéral, dominateur, arrogant, fait pour générer de l'angoisse, considère que le développement des pays pauvres doit être cantonné. . Les occidentalistes qui, délaissant partiellement l'antisémitisme vont s'allier avec les soutiens d'Israël pour exhiber leur nouvel épouvantail : l'islam. Tout un chapitre est consacré à la dénonciation de l'attitude transformant trop souvent la critique de la politique des gouvernements de l’État d'Israël en antisémitisme. L'auteur a écrit un ouvrage sur ce thème Est-il permis de critiquer Israël ? Dans le chapitre 6, l'islamofascisme est considéré par l'auteur comme . Fabriquer de faux concepts est une nouvelle trahison de ces clercs : . Le titre du chapitre 7 L'islam fait peur donne le résumé de l'ethnicisation des questions sociales. L'auteur s'appuie sur Tzvetan Todorov., qui lui a été opprimé par le totalitarisme, pour trouver curieux que ceux qui sont critiques vis-à-vis des musulmans s'assimilent à Voltaire défendant la famille Calas contre les notables toulousains et l'église catholique romaine. De plus, les travaux du chercheur Jean-Yves Camus trouvent intérêt pour l'auteur qui rejette l'affirmation : .

Personnalités politiques évoquées dans l'ouvrage L'auteur critique Mouammar Kadhafi, Saddam Hussein, Zine el-Abidine Ben Ali et Hosni Moubarak, qui ont réprimé la population de leurs pays. Il dit qu'Hugo Chávez et Fidel Castro sont faciles à attaquer, critiquer, car il y a absence ou pénurie de moyens de rétorsion. Il accule George W. Bush, champion de l'hubris américain, et sa croyance dans le « moment unipolaire », pour qui les valeurs occidentales sont universelles. Leur application à l'échelle mondiale ne pouvant qu'être bénéfique pour tous les peuples.

L'auteur revient sur les attaques antisémites subies par Léon Blum et Pierre Mendès France, et considère que les déclarations de Marine Le Pen entretiendraient .

Boniface critique André Glucksmann qui déclare en pleine polémique sur le voile : . Il critique aussi Thomas Deltombe et son analyse : .

La deuxième partie de l'ouvrage dont le titre est De quelques « faussaires » en particulier est totalement consacrée à quelques personnalités. Après un bref avertissement sur les nécessaires présentant la pluralité des points de vue, l'auteur passe en revue les faussaires qui refusent le débat, essayent de faire taire leurs opposants et qui, agitant en permanence des principes voltairiens, se conduisent en censeurs impitoyables.

Accueil critique

Frédéric Encel a toujours réfuté ces accusations et y répond dans son livre Géopolitique de l'Apocalypse..

Commentant le livre en sur le site Acrimed, Alain Thorens et Mathias Reymond reprochent à P. Boniface de ne pas avoir cité les travaux antérieurs qui exprimaient une défiance à l'égard des individus dont les prises de position sont dénoncées dans le livreA. Thorens et M. Raymond, « Pascal Boniface, un copiste solitaire contre les "intellectuels faussaires" »..

Alain Beuve-Méry, pour Le Monde, écrit que :

En 2015, Caroline Fourest lui a répondu et a commenté : Caroline Fourest, Éloge du blasphème, Grasset, 2015, chapitre : « Ces intellectuels qui confondent Kouachi et Dreyfus ».P. Boniface et la société éditrice sont condamnés pour ; la deuxième édition du Lexique des relations internationales (2000), écrit sous sa direction, ne mentionnait pas correctement les collaborateurs, membres de l'équipe des enseignants de relations internationales de l'Université Paris-Nord ayant travaillé à la rédaction de l'ouvrage.

Deuxième édition Chez le même éditeur, l'auteur ajoute une postface qui répond à chacune des critiques soulevées par la première parution. Au-delà des débats sur les idées, jugées utiles en toute démocratie, l'auteur note que les « procédés de connivences » dans les « élites » des pouvoirs en France poussent certains responsables à avertir, menacer, empêcher, arrêter des enquêtes et investigations, censurer, intimider, voire licencier. Le pire ? l'autocensure .

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi Bibliographie : Les ouvrages utilisés pour la création de la structure de l'article : . , réédition. . réédition : Maspéro, 1960 . Réédition, préface de Serge Halimi. Page consacrée au livre sur le site de son éditeur. . . . Réédition 2016. .

Articles connexes Déontologie du journalisme Indépendance des journalistes, Indépendance des rédactions, Médiacratie

Liens externes Site officiel : . Les éditocrates : .

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