Olavo Luiz Pimentel de Carvalho, plus communément connu sous le nom dOlavo de Carvalho, né le à Campinas et mort le : , est un philosophe autodidacte, écrivain et essayiste brésilien.
Il s'intéresse à la philosophie historique, à l'histoire des mouvements révolutionnaires, à la kremlinologie, à l’école traditionaliste, à la religion comparée, à la psychologie et à l’anthropologie philosophique.
Référence intellectuelle de l'extrême droite brésilienne, il est connu pour ses positions conservatrices et la diffusion de fausses nouvelles. Il dénonce la « pensée unique de gauche » et le « marxisme culturel » dans les médias et les universités brésiliennes. Il fut particulièrement influent auprès du président Jair Bolsonaro, de ses fils et de certains de ses ministres dont il a appuyé la nomination.
Biographie Origines Olavo de Carvalho est le deuxième fils d’un avocat, Luiz Gonzaga de Carvalho, et de son épouse Nicéa Pimentel.. Il est âgé de quinze ans lorsque son père meurt..
Jeunesse Dans les années 1960, Olavo de Carvalho étudie la philosophie, mais abandonne rapidement, ne trouvant pas à son goût le niveau des cours.
S'il se présente comme philosophe, il ne dispose pas de formation dans ce domaine..
Passage par le communisme En 1965, il s’oppose à la dictature militaire issue du coup d’État de 1964. Il écrit à ce propos un article pour le journal du centre académique de la Faculté de droit de l’USP. Il est aussitôt contacté par , militant du Parti communiste brésilien qui deviendra plus tard le principal dirigeant du PT. Les deux hommes se lient d’amitié et décident de partager un appartement. Ils reçoivent très régulièrement la visite d’une autre figure importante de la gauche brésilienne, le cofondateur du PT, José Dirceu, futur chef de cabinet de Lula, le plus important des ministres, dauphin présumé de Lula jusqu’au scandale du mensalão qui brise sa carrière et le conduit en prison. Ce militantisme d’Olavo de Carvalho ne dure que deux ans, de 1966 à 1968, même s’il reste un sympathisant actif jusqu’à la fin du régime militaire en cachant chez lui des persécutés du gouvernement et des armes...
Astrologie À la suite de sa rencontre avec Juan Alfredo César Müller (1927-1990), Olavo de Carvalho déclare s'être intéressé à l'astrologie.. Les deux hommes fondent en 1979 l’école d’astrologie Jupiter.
Olavo de Carvalho présente l'astrologie comme une « discipline fondamentale », affirmant que et , déclare Gilberto Calil, professeur d’histoire à l’université d’État du Paraná occidental (Unioeste) dans un article repris par Le Monde diplomatique.
Soufisme Dans les années 1980, avant de s'engager dans le débat politique brésilien, Olavo de Carvalho se tourne vers le soufisme et adhère à une tariqa liée au traditionaliste Frithjof Schuon, qui fut un proche de René Guénon... Il quitte la tariqa en 1987 et, revenu au catholicisme, déclare que l'expérience était à sa formation. Il déplore aujourd’hui la propagation de l'islam en Europe et aux États-Unis.
Vie professionnelle Olavo de Carvalho n’a pas encore 18 ans quand il entre dans le journalisme. Il fournit des articles à la presque totalité des journaux et revues de prestige du Brésil, O Globo, Zero Hora, Época « sur des sujets culturels »..
Il rédige des essais sur Aristote, Kant, Machiavel, édite l’érudit brésilien d’adoption Otto Maria Carpeaux. et tente de réhabiliter le philosophe .. Il traduit du roumain des textes de Constantin Noica., traduit et annote La Métaphysique orientale de René Guénon., présente le travail d'Eric Voegelin. et développe une réflexion critique sur le déclin intellectuel au Brésil, tant dans le milieu universitaire que dans celui de la presse et des médias.. vignette|gauche|Carvalho et le symbolisme chrétien : « Ni l’homme, ni Behemoth ne peuvent soumettre le Léviathan, seul Dieu peut le faire ». Gravure, de William Blake, illustrant les premières pages de l'ouvrage de 1996, O Imbecil Coletivo. Ses articles sur ce dernier sujet sont réunis notamment dans ses ouvrages O Imbecil Coletivo: Atualidades Inculturais Brasileiras (1996) et O Mínimo que Você Precisa Saber para não Ser um Idiota qui dénoncent le faux prestige universitaire et les sophismes du discours intellectuel dominant ; s'ils suscitent des critiques, ils rencontrent également un succès dans la presse.. et le public : la première édition de O Imbecil Coletivo: Atualidades Inculturais Brasileiras, qui porte en exergue trois citations dont deux en français, l’une de Georges Bernanos, l’autre de Léon Bloy, s’épuise en trois semaines, la deuxième en quatre jours ; la vente de O Mínimo que Você Precisa Saber para não Ser um Idiota dépasse, selon l'éditeur, .
Dans ces recueils, il s’applique à montrer l’indigence intellectuelle des journalistes et des universitaires, ce qui a provoqué une réaction et des attaques sur la personne du philosophe, déclare Martim Vasquez da Cunha..
Selon l'universitaire Gilberto Calil, , propriétaire d'UniverCidade, une université privée où Olavo de Carvalho est chargé de cours de philosophie entre 1997 et 2001, et dont il dirige la maison d’édition entre 1999 et 2001.
En 1998, il lance un site Internet pour diffuser ses analyses et recueillir des dons. En 2002, il fonde le site web Mídia Sem Máscara dans le but de lutter contre le « parti-pris de gauche des grands médias brésiliens ».. Dans le même temps, il écrit des tribunes régulières pour les principaux journaux du pays. Bien que sa participation soit importante pour apporter de l’oxygène à la scène culturelle brésilienne comme l'indique Wilson Espindola, il dit avoir reçu des menaces et s'exile aux États-Unis en 2005..
Olavo de Carvalho vit de ses droits d'auteur et des conférences de philosophie qu'il donne sur l'Internet à partir de 2009. et qui sont suivies par . Aux intéressés qui se demandent s'ils possèdent le bagage nécessaire pour suivre ses cours, il répond : . La fonction essentielle de la philosophie étant non pas d'offrir des réponses, mais de poser des questions. En effet, comme Ricardo Musse le résume, sa préoccupation essentielle est le déclin de la pensée ; l'essentiel de son travail est la défense de la conscience profonde de l'homme contre la tyrannie de l'autorité collective.. Pour Olavo de Carvalho, l'objectivité de la connaissance et la conscience individuelle sont liées et ne peuvent dépendre de critères de validation réduits à un ensemble impersonnel et uniforme de formules destinées à être utilisées par la classe universitaire..
Il est très présent sur Twitter, où il invective et insulte couramment.
Il est également président de l'Inter-American Institute for Philosophy, Government, and Social Thought..
Il réside à Richmond aux États-Unis, de même que Steve Bannon, qui l’a mis en contact avec les milieux conservateurs américains..
Influence auprès de Jair Bolsonaro Olavo de Carvalho est une référence intellectuelle de l’extrême droite brésilienne, nostalgique de la dictature militaire (1964-1985). Il est particulièrement influent auprès de Jair Bolsonaro durant son mandat présidentiel, ainsi que de ses fils Flávio, Eduardo et Carlos, au point que certains médias le présentent comme leur ... Lors de son intervention sur les réseaux sociaux suivant sa victoire, Jair Bolsonaro met en évidence son dernier ouvrage en date, Le minimum que vous devez savoir pour ne pas être un idiot, avec la Bible, la Constitution brésilienne et un ouvrage sur Winston Churchill. Via Cairn.info.. En , Jair Bolsonaro lui remet la grand-croix de l’ordre de Rio Branco. France Culture le présente ainsi comme . Olavo de Carvalho est d'ailleurs proche de Steve Bannon, qui le présente comme .
Selon l'universitaire Gilberto Calil, . Selon l'historien Rafael Soares Gonçalves, il des milieux au pouvoir sous Jair Bolsonaro. Il joue un rôle décisif dans le choix des ministres de l’Éducation Ricardo Vélez Rodríguez et Abraham Weintraub, et de celui des Affaires étrangères, Ernesto Araújo. Ernesto Araújo et Ricardo Vélez Rodríguez le présentent comme un inspirateur.
Il est en conflit avec les responsables militaires au pouvoir, plus modérés, qui empêcheraient, selon lui, que Jair Bolsonaro mène à bien son programme et qu'il insulte sur les réseaux sociaux. L'historien Rafael Soares Gonçalves indique en 2019 que . Via Cairn.info.. Ce conflit apparaît au grand jour lors de la démission, en , du général Carlos Alberto dos Santos Cruz : selon Rafael Soares Gonçalves, celle-ci . Selon Gilberto Calil, il entretient une inimitié avec le général Hamilton Mourão, vice-président du Brésil, ainsi qu'avec .
Il apporte son soutien aux manifestations organisées le pour demander la suspension des institutions démocratiques, ainsi qu'à celles du en soutien au juge Sérgio Moro, responsable de l'incarcération de l'ancien président Lula da Silva.
Prises de positions Les prises de position d’Olavo de Carvalho ne font pas l’unanimité dans l’opinion brésilienne ; il est perçu comme un prophète par ses disciples ou comme un « astrologue » par ses détracteurs., reflétant la division profonde au sein de la population brésilienne à l’égard de son nouveau gouvernement .. Son écriture , selon Gilberto Calil.
Hégémonie culturelle Pablo Stefanoni rapporte qu'Olavo de Carvalho estime que les élites occidentales sont influencées par les idées de la Fabian Society. Gabriel Castro, relate qu'il estime également que si le gouvernement militaire qu'il avait combattu dans sa jeunesse, s’était occupé de la lutte contre la guérilla, il ne s'était pas occupé du communisme dans les domaines culturel, social ou moral., et qu'ainsi les universités avaient librement développé ou entretenu des idées inspirées d'intellectuels comme les « nouveaux philosophes », parmi lesquels Michel Foucault par exemple.
Carvalho combat le communisme plus particulièrement sous sa forme « gramscienne » ; en effet Antonio Gramsci (1891-1937), cofondateur du Parti communiste italien, plaidait pour une révolution communiste par l’hégémonie culturelle. Selon Gilberto Calil, celui-ci devient sa cible privilégiée à partir de la publication d’A nova era e a revolução cultural (« La nouvelle ère et la révolution culturelle », 1994). Selon les calculs du chercheur Leonardo Puglia, le nom de Gramsci apparaît « 318 fois dans les quatre ouvrages principaux publiés par l’auteur ».
Selon Carvalho, la gauche a dominé la presse et les universités brésiliennes pendant plusieurs décennies dans une stratégie qui a suivi l'idéologie du marxiste italien. L'objectif, dit-il, était de créer une « atmosphère mentale » dans laquelle la population deviendrait socialiste sans s'en rendre compte ..
À la fin des années 1990, il opte pour un mélange de libéralisme économique, inspiré entre autres par l'ouvrage La Société de confiance d'Alain Peyrefitte, dont il préface la publication en portugais, sous les auspices de l'Institut libéral en 1999., et par Ludwig von Mises, et de mœurs sociales conservatrices. Mais de telles idées étaient totalement étrangères au Brésil, gouverné principalement par la gauche et le centre-gauche depuis la fin de la dernière dictature militaire en 1985. , déclare Gerald Brant, un dirigeant de hedge funds brésilien proche de la famille Bolsonaro. En termes d’influence, il compare Carvalho à William F. Buckley, Jr., premier intellectuel conservateur américain de la fin du ..
En 2005, peu après l’arrivée de Lula et du PT au pouvoir, Carvalho part vivre aux États-Unis. En 2009, il reçoit la carte de résident permanent aux États-Unis (Green Card for foreigners with extraordinary abilities).
Hors d'un pays encore en proie à la récession et après une série de scandales qui ont laissé l'ancien pouvoir en ruine, Carvalho, interviewé par Brian Winter, prend la défense des libertés individuelles et du christianisme tout en vilipendant de manière combative et dans un langage émaillé d’obscénités, la mondialisation, l’islam, le communisme et la gauche en général, déclare le journaliste.