Yervant Tolayan (), connu sous le nom de plume (), né en 1883 à Constantinople et mort en 1937 en Arménie soviétique, est un écrivain, journaliste et satiriste arménien.
Biographie Yervant Tolayan naît le 1883 (ou 1884), à Féridé, vraisemblablement dans le quartier de Péra (Beyoğlu en turc), à Constantinople. Il est le fils de Hovhannès Toloyan (, 1856-1936), un journaliste arménien, ancien élève de la Congrégation des pères mékhitaristes de Venise, puis étudiant en médecine en Turquie, pour finir acteur de théâtre, journaliste et traducteur. Hovhannès Tolayan est ainsi rédacteur de Manzume-i Efkâr de 1884 à 1906, puis collabore au Mecmua-i Akhbar, deux quotidiens de Constantinople publiés en turc mais en caractère arménien.
Yervant Toloyan, quant à lui, fait ses études à Constantinople : il passe quelques années dans une école primaire arménienne, Sourp Krikor Loussavoritch (en arménien ), puis fréquente le collège français Saint-Benoît (en arménien ) de Galata.
Il s'engage très jeune dans une troupe théâtrale arménienne de la capitale ottomane, semble-t-il celle de Mardiros Mnaguian, et la passion du théâtre, surtout celle du théâtre burlesque, l'habite toute sa vie. Il participe même à une tournée théâtrale arménienne à Paris et à Londres vraisemblablement en 1910. Il joue des pièces en arménien mais aussi en turc car, selon lui, l' ().
Il est surtout connu pour être un journaliste satirique sous le nom de plume Gavroche écrivant dans divers journaux arméniens. Il fonde, avec Krikor Torossian et Aram Andonian (1875-1951), le journal satirique Gavroche, dont le premier numéro est publié le . À partir de 1909, Yervant Toloyan publie pratiquement seul son journal avec la collaboration de divers journalistes-dessinateurs.
gauche|vignette|Une photographie (vers 1911) de Yervant Tolayan publiée dans Gavroche et La Patrie.
En 1915, il est déporté avec d'autres intellectuels arméniens dans le cadre du génocide arménien, cité dans , mais il survit.
Gavroche continue à paraître à Constantinople durant la Première Guerre mondiale, en dépit de plusieurs suspensions et, à partir de , son édition retrouve un cours normal.
Toutefois, les évènements politiques qui secouent le pays (guerre d'indépendance, instauration de la République de Turquie, durcissement du régime kémaliste) et l'extermination de la minorité arménienne lors du génocide arménien font que le journal décline progressivement jusqu'à ce que Yervant Toloyan décide de saborder son journal en 1925. Ainsi, seul un seul numéro est publié début novembre, et il faut attendre le pour que la publication reprenne.
Comme beaucoup d'Arméniens, notamment écrivains et intellectuels, Yervant Toloyan fuit la Turquie pour s'installer en France en . Il fait renaître Gavroche immédiatement à Paris. Dans le numéro du , il écrit ainsi : .
vignette|La manchette de Gavroche du 3 mai 1936.|alt=
Gavroche disparaît en 1936. Comme une large partie des réfugiés arméniens rescapés du génocide, Yervant Tolayan pense l'exil temporaire et, poussé par le mal du pays et les difficultés financières, il décide d'émigrer en Arménie soviétique. Il y écrit ses Mémoires. Quelques mois après son arrivée, il est arrêté et perd la vie en 1937 (peut-être le ) dans des circonstances inconnues, victime des purges staliniennes.
Œuvre
, réédité en 1921
Date inconnue :
Ses Mémoires sont publiés en arménien en 2019 :
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Histoire des Arméniens dans l'Empire ottoman Diaspora arménienne en France Presse satirique Gavroche
Bibliographie
Liens externes
Catégorie:Naissance en août 1883 Catégorie:Naissance à Constantinople Catégorie:Personnalité ottomane arménienne Catégorie:Journaliste arménien du XXe siècle Catégorie:Rédacteur en chef arménien Catégorie:Écrivain arménien du XXe siècle Catégorie:Victime des purges staliniennes Catégorie:Survivant du génocide arménien Catégorie:Décès en septembre 1937 Catégorie:Décès en RSS d'Arménie Catégorie:Décès à 54 ans