Le Parti ouvrier, fondé le et publié jusqu'en 1914, est un journal français, organe des socialistes allemanistes.
Histoire
Au printemps 1888, les socialistes français, déjà séparés par des différences de tendances, se divisent face au phénomène boulangiste. Tandis que les guesdistes et les blanquistes refusent d'arbitrer entre le mouvement suscité autour du général Boulanger et le régime bourgeois de la Troisième République, les possibilistes prônent la défense de la république et, dans ce but, la coopération avec des républicains non-socialistes.
Au mois d', plusieurs collaborateurs du Cri du Peuple (Henri Brissac, Paul Buquet, Victor Dalle, Jules Jouy, John Labusquière et Victor Marouck) quittent la rédaction de ce journal dirigé par Séverine et désormais dominé par des guesdistes et des blanquistes qui, pour une partie d'entre eux, soutiendront bientôt le boulangisme. Avec Jean Allemane, les démissionnaires fondent un nouveau quotidien socialiste révolutionnaire à cinq centimes, Le Parti ouvrierLe Parti ouvrier, 8 avril 1888, ..
Son premier numéro, daté du et publié la veille, affirme un programme conciliant le combat du peuple « contre la classe bourgeoise » avec l’organisation de « toutes les forces républicaines et socialistes [...] contre la menace d'une dictature militaire ». Il se place par conséquent dans la ligne politique antiboulangiste de la Fédération des travailleurs socialistes de France (FTSF). Ce parti possibiliste est également appelé « Parti ouvrier » par ses partisans, concurremment au Parti ouvrier des guesdistes.
À l'instar de plusieurs autres journaux (« République du Croissant »), les locaux du Parti ouvrier sont tout d'abord installés dans la rue du Croissant, au pour la rédaction, dont Marouck est le secrétaire, et au pour l'administration. Allemane est le gérant du journalLe Parti ouvrier, 13 avril 1888, ..
Au cours des années suivantes, les adversaires d'Allemane prétendront que son journal aurait été lancé grâce à des fonds ministérielsWinock, . via des intermédiairesDaniel Cloutier, « Le Parti "Rouvier" », L'Intransigeant, 26 décembre 1901, .. Si ce dernier point reste à prouver, il faut noter que le journal est bel et bien exploité à perte par la société anonyme du Radical, dirigée par Victor SimondLe Rappel, 13 avril 1889, ..
Installé au de la rue Montmartre puis au de la rue Saint-Sauveur, le journal adopte le sous-titre « organe des travailleurs socialistes de France et d'Algérie » à partir du .
La menace boulangiste ayant été vaincue, des dissensions apparaissent à cette époque au sein du parti possibiliste, entre les broussistes (plus modérés, sous l'influence des élus), dont l'organe officiel est Le Prolétariat, et les allemanistes (davantage révolutionnaires et proches de la base militante), qui contrôlent Le Parti ouvrierWinock, .. Après la scission du congrès de Châtellerault (), la « minorité » allemaniste fonde le Parti ouvrier socialiste révolutionnaire (POSR), dont Le Parti ouvrier reste le principal organe.
Au cours des années 1890, la parution du journal est irrégulière avant de devenir hebdomadaire.
Collaborateurs notables
Références
Voir aussi Bibliographie Michel Winock, « La scission de Châtellerault et la naissance du parti "allemaniste" (1890-1891) », Le Mouvement social, , avril-, (article consultable sur Gallica).
Liens externes Présentation du Parti ouvrier sur Retronews.
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