Alexandre Isidore Leroy de Barde, né le 27 à Montreuil-sur-Mer et mort le à Paris, est un peintre français actif en Angleterre.
Biographie Alexandre Isidore Leroy de Barde naît à Montreuil-sur-Mer, paroisse Notre-Dame, le . Il est le fils de François-Isidore Leroy de Barde et de Marie Le Bel.
Il semble être autodidacte. En 1792, il émigre en Angleterre avec sa famille, monarchiste, pour éviter la Révolution.
Il se voue à l'aquarelle qu'une Anglaise souhaite remettre à l'honneur et se consacre surtout à l'étude des natures mortes.
La première mention de lui en tant qu'artiste est celle d'un exposant "honoraire" à l'exposition de l'Académie royale de 1797 où il expose deux aquarelles, Fruit et Raisins.
Il accompagne Louis XVIII à Gand en qualité de garde du corps dans la compagnie écossaise, et ne rentre à Montreuil qu'après la chute définitive de l'Empire. Le roi le fait chevalier de saint Louis en 1816 et lui confère l'année suivante le titre de son premier peintre d'histoire naturelle.
Passionné de voyage, d'exotisme et par les curiosités, il parcourt pendant vingt ans le monde à la recherche d'objets, de minéraux, de fossiles... puis il ouvre, à Paris, un cabinet de Curiosités constitué de d’histoire naturelle (oiseaux, coquillages, animaux, minéraux), de et objets d’antiquités et de provenant des mers du Sud (armes, habillement, ustensiles, instruments de marine, de musique).
Marié en 1821, il partage quelques années après sa résidence entre Paris et Bernieulles.
Son cabinet de curiosités sera cédé à la Société d’agriculture et des arts de Boulogne sur Mer pour qu'elle fonde à partir de ses éléments un musée. Il vend pour 10 000 francs à la ville de Boulogne ses collections d'histoire naturelle et d'antiquités comprenant 2 640 pièces. Le , le conseil municipal de Boulogne-sur-mer décide de l’achat de ces « curiosités », et de la création de ce musée dans les bâtiments de l’ancien séminaire, Grand-RueLe Web pédagogique ; photos sur le site de la RMN. Référence bibliographique : « Le chevalier Leroy de Barde et les cabinets de curiosités anglais », in : Annick Notter (1997), éd. La découverte du paradis : Océanie : curieux, navigateurs et savants. Paris : Somogy Editions d'art, pp. 33-6..
Il meurt à Paris le Registre journalier des inhumations au cimetière de Montmartre, n° 357, vue 9/31..
Après sa mort, les tableaux qu'il avait collectionné sont achetés par la ville de Boulogne-sur-Mer.
Trois de ses gouaches ornent en 2008 le bureau d'Henri Loyrette, président-directeur du musée du Louvre jusqu'en 2013Pierre de Gasquet, « Henry Loyrette », Les Échos, 14 mai 2008.
Famille La famille Leroy de Barde est une famille noble française éteinte, originaire de Picardie, ayant compté quelques personnalités sous l'Ancien Régime. Parmi elles, des receveurs généraux des Finances comme Armand Leroy de Barde ou François Leroy de Barde (officier) et, au , le peintre Alexandre Isidore Leroy de Barde (1777-1828), promoteur des cabinets de curiosités.
Elle est une branche cadette de la famille Leroy de Valanglart, qui portait les mêmes armoiries, les deux branches ont pour auteurs communs Nicolas Leroy, seigneur de Moyenneville et sa première épouse, Antoinette de Hesdin, mariés en 1546 .
En 1696, Claude Leroy, seigneur de Moyenneville, Valanglart, épouse Marie Anne Trudaine, sœur de François Firmin Trudaine, évêque de Senlis. En 1734, leur fils, Claude François Leroy de Valanglart, épouse Marie Françoise van der Noot, baronne de Kieseghem. En 1770, leur fils François Léonard Leroy de Valanglart épouse Françoise Marie de Fougières, fille de François Marie de Fougières. En 1806, leur fils, Raoul de Valanglart, épouse Caroline de Machault, fille de Charles de Machault d'Arnouville, pair de France. Leur fils Henri de Valanglart fait construire à Moyenneville, au milieu du XIXe siècle par l'architecte Henri Parent , la Ferme de Valanglart, inscrite aux Monuments historiques. La branche de Valanglart s'est éteinte en 1956, au décès de Guy de Valanglart.
Histoire vignette|150px|Drapeau d'ordonnance du régiment de Picardie
Nicolas Leroy, seigneur de Moyenneville, prend le nom de « Barde », issu d'un fief situé à Coulonvillers que son épouse née Antoinette de Hesdin lui a apporté en dot par leur mariage, le . Dans les Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, tome premier, de M. Laîné (publiées en 1828), on lit qu'au , le fils de Nicolas Leroy fut Adrien Leroy (1582-1627), écuyer, seigneur de Barde, Limeux, Royaumont, Le Titre et Valines.
On a relevé le nom d'Adrien Leroy parmi ceux inscrits en minuscule gothique sur la grande cloche de l'église de Cayeux-sur-Mer en 1602. Il appartenait à la maison du duc de Guise et était trésorier de France à Amiens. Marié le avec Charlotte de Rune, il sera à sa mort en 1627 inhumé en l'église du couvent des Cordeliers à Abbeville Mémoires de la Commission départementale des monuments historiques du Pas-de-Calais, 1891.. il eut comme descendants Claude, François, Antoinette. Du mariage de François avec Élisabeth Desfontaines, le , naît Nicolas ; du mariage de ce dernier Nicolas avec Antoinette de Cacheleu, le , naît le prénommé de même Nicolas qui, épousant Marguerite Thérèse Tillette de La Motte le , est le père de Nicolas-François Leroy, chevalier, seigneur de Barde.
Né le du mariage de Nicolas-François Leroy et de Marie-Jeanne Prévost, François Isidore Leroy de Barde, seigneur de Royaulmont, de Hurt, de Bois-Collart, ancien capitaine au régiment de Picardie, a émigré à Londres en 1792, fuyant la Révolution française avec son épouse née Marie Françoise Le Bel de la Fresnoye et ses enfantsMarie Hoffmann, « Le cabinet d'Alexandre Isidore Leroy de Barde », Appréhender les collections ethnographiques dans un musée au XIXe siècle : le cas de Boulogne-sur-Mer, Institut de recherches historiques du Septentrion, 2018, et fait les campagnes de accompagné de ses deux plus jeunes fils. Il est mort à Abbeville le .
vignette|150px|Le château de Lanmary en Dordogne
Le plus jeune de ses fils est Alexis Hilarion, né le à Montreuil sur Mer, paroisse Notre-Dame, chevalier de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Le second est Alexandre Isidore, né en 1777 (voir ci-dessus). Armand Nicolas, le plus âgé, fut page de Louis XVIP.Louis Laîné, Archives généalogiques et historiques de la noblesse de France, ou recueil des preuves, mémoires et notices généalogiques, servant à constater l'originé, la filiation, les alliances et les illustrations religieuses, civiles et militaires de diverses maisons et familles royales du royaume, tome premier, chez l'auteur, Paris, 1828, pp.15-19.
Né le à Buire-le-Sec et receveur général des finances, Armand Nicolas Leroy de Barde épouse le à Londres Adèle Louise Henriette de Sainte-Hermine. Il est fait chevalier de Saint-Louis. Receveur général à Périgueux, il fait en 1820 ou 1822 l'acquisition, dans le Périgord, du château de Lanmary, « s'y installe avec sa femme et ses quatre enfants et le transforme considérablement »Château Lanmary, présentation historique. On lit son nom sur l'obélisque qu'il fait ériger en 1836 dans la forêt de Lanmary, sur l'actuelle commune de CornilleDépartement de la Dordogne, dossier d'inventaire : petit patrimoine rural bâti du Périgord. Il meurt le à Périgueux.
Mariage Alexandre Isidore Leroy de Barde épouse à Bernieulles le Marie Sophie Austreberthe de Crendalle (Bernieulles, - Bernieulles, ), fille de Louis Henri de Crendalle de Chambreuille, capitaine d'infanterie, chevalier de Saint-Louis, et d'Elisabeth Barry. Ce mariage resta sans descendance.
Vers 1825, il se fit construire à Bernieulles un Ermitage, autour duquel il fit aménager un parc. Vendue après la mort de sa veuve, cette demeure existe toujours.
Parenté
Héraldique Les Leroy portent « d'azur, à trois écus d'argent chacun chargé d'une croix pattée de gueules », les Hesdin, à qui ils doivent l'apport du fief de Barde portent « de gueules; à trois trèfles d'or, soutenus de trois croissants de même » Marquis René de Belleval, Nobiliaire du Ponthieu et du Vimeu, Librairie Bachelin Deflorenne, Paris, 1876..
Œuvre Spécialisé dans la représentation de sujets d'histoire naturelle, il est aussi collectionneur d'art. En 1803 il réalise une aquarelle représentant soixante et onze coquillages.
Son œuvre Réunion d'oiseaux étrangers placés dans différentes caisses, exécutée en 1810, fait l'objet d'une exposition à Londres en 1814, puis à Paris, en 1817Roger Boulay, « Les collections océaniennes du musée de Boulogne-sur-Mer », Journal de la Société des océanistes, 1990, pp.29-34, puis le roi Louis XVIII acquiert de lui six grandes gouaches (dont Réunion d'oiseaux étrangers placés dans différentes caissesMusée du Louvre, "Réunion d'oiseaux étrangers placés dans différentes caisses" par Alexandre Isidore Leroy, toutes aujourd'hui conservées au musée du Louvre) et le nomme « Premier peintre d’histoire naturelle »MuseoArtPremier, Donation Leroy de Barde, château-musée de Boulogne-sur-Mer.
Musée du Louvre, six tableaux sus-mentionnés de la collection du roi Louis XVIII ainsi qu'une nature morte aux prunes et pêches, aquarelle et gouache. Minéraux cristallisés, aquarelle gouachée sur papier fort, Choix de coquillages rangés sur des rayons, aquarelle gouachée sur papier fort, Château-musée de Boulogne-sur-Mer, Andromaque brûlant le corps d'Hector, aquarelle et gouache, 45x51cmChâteau-musée de Boulogne-sur-Mer, Alexandre Isidore Leroy de Barde dans les collections.
Son tableau , Minéraux tirés du cabinet particulier du Roi, peint en 1821 et exposé au Salon de 1822, est vendu à l'hôtel Drouot le par l'étude Beaussant-Lefèvre , moyennant 682.640 euros, frais compris.
En 1816 et 1817, il peignit à l'aquarelle trois paysages champêtres pour orner l'un des salons du château de Recques sur Course. Ces peintures n'étaient déjà plus visibles en 1912.
Expositions Royal Academy, Londres, 1797, 1800, 1801, 1802. Salon de Paris, 1814. De David à Delacroix - La peinture française de 1774 à 1830, Grand Palais, Paris, 1974-1975 Catalogue de l'exposition De David à Delacroix - La peinture française de 1774 à 1830 Grand Palais, 1974, voir n°122 du catalogue : "Réunion d'oiseaux étrangers placés dans différentes caisses" par Alexandre Isidore Leroy de Barde..
Références
Voir aussi Bibliographie résumé du livre dans le Bulletin historique trimestriel - pages 691 et 692
Alexandre Isidore Leroy de Barde et W. Bullock, A descriptive catalogue of the different subjects represented in the large water colour drawings by the Chevalier de Barde, now exhibiting at Mr Bullock's Museum, Whittingham & Rowland, Londres, 1814. Ulrich Thieme et Felix Becker, Allgemeines Lexikon der bildenden Künstler von der Antike bis zur Gegenwart, E.A.Seeman, Leipzig, 1922, vol.22, P.116. Joachim Busse, Internationales Handbuch aller Maler und Bildhauer des 19.Jahrhunderts, Busse, Wiesbaden, 1977, p.754. Madeleine Pinault-Sorensen, The painter as naturalist : fron Dürer to Redouté, Flammarion, 1991. Andreas Beyer, Bénédicte Savoy, Wolf Tegethoff et Eberhard König, Allgemeines Lexikon - Die bildenden künstler aller Zeiten und Völker, Saur, Münich, 1992, vol.84, p.117. Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999, vol.8, p.561 (voir N. Leroy). Martine Denoyelle, Naturalisme et illusion - Les vases grecs et étrusques d'Alexandre Leroy de Barde, revue du Louvre, 2002. Le chevalier Leroy de Barde et les cabinets de curiosités anglais, in : Annick Notter et Association générale des conservateurs des collections publiques (France). Section Nord-Pas-de-Calais (Auteur). La découverte du paradis Océanie : curieux, navigateurs et savants, Annick Notter, Paris, Somogy Editions d'art, , ; . Château Lagrézette, de Éric Deschodt et Alain-Dominique Perrin, Éditions du Regard, Paris, 2005.
Articles connexes Cabinet de curiosités (genre pictural)
Liens externes
éditions Mémodoc