Louise-Henriette de Bourbon, duchesse d'Orléans, dite « Mademoiselle de Conti », née le à l'hôtel de Conti et morte le au Palais-Royal, est une princesse française de la maison de Conti. Fille de Louis-Armand de Bourbon, prince de Conti, et de son épouse Louise-Élisabeth de Bourbon, petite-fille du roi , elle est princesse du sang. Elle devient duchesse de Chartres puis duchesse d'Orléans par mariage à Louis-Philippe d'Orléans, petit-fils du Régent.
Suscitant de son vivant un scandale permanent, la duchesse eut un grand nombre d'amants, parmi la haute noblesse comme parmi le peuple. Mère de Louis-Philippe d'Orléans, plus tard appelé « Philippe-Égalité », elle est la grand-mère du futur roi des Français et est l'ancêtre de monarques européens actuels.
Biographie
Enfance Louise-Henriette de Bourbon-Conti est née à Paris le . Elle est l'unique fille de Louis-Armand de Bourbon-Conti et de Louise-Élisabeth de Bourbon-Condé. Son père est le second fils de François-Louis de Bourbon-Conti, le « Grand Conti », et sa mère est la fille aînée de Louise-Françoise de Bourbon, fille de . En tant que membre de la maison de Bourbon, famille régnante, Louise-Henriette est princesse du sang. Elle portait le surnom de « Mademoiselle de Conti ».
Son père meurt d'une fluxion à la poitrine en . Ce dernier battait régulièrement la mère de la princesse, qui était séquestrée en son château de L'Isle-Adam. Après le décès de son père, Louis-François de Bourbon-Conti, frère aîné de la jeune fille, devient le sixième prince de Conti. Son frère, duc de Mercœur, meurt en .
Mariage L'un des jeunes cousins de Louise-Henriette, Louis-Jean-Marie de Bourbon, duc de Penthièvre, lui avait proposé de l'épouser mais la mère de la princesse lui préféra le duc de Chartres, Louis-Philippe d'Orléans, héritier de la maison d'Orléans. Ainsi, en la chapelle royale du château de Versailles, le , Louise-Henriette épouse son cousin germain. Le père du marié, le très pieux Louis d'Orléans, pensait que la jeune fille élevée dans un couvent serait alors un modèle de vertu.
Au contraire de la volonté du duc d'Orléans, l'inconduite de la jeune femme suscita un scandale permanent. Les fiançailles eurent lieu la veille de la cérémonie, dans le cabinet du roi, avec un contrat signé par le cardinal de Rohan. Par les multiples scandales qu'elle causa, la duchesse fut désignée comme étant responsable de la rupture du couple. Elle eut de nombreux amants, notamment le comte de Melfort, qu'elle rencontra au château de Saint-Cloud après la naissance de son fils.
Selon l'historien Jacques HillairetJacques Hillairet, Connaissance du vieux Paris, Rivages, Paris, 1993, . Hillairet donne comme source Saint-Simon, sans donner de référence. (source sujette à caution), elle compta parmi ses amants le peintre François Boucher, le roi , le prince de Soubise, le duc de Richelieu (ses biographies n'en gardent aucune trace), le maréchal de Saxe, l'abbé de Bernis et le maréchal de Lowendal. Il y eut également des hommes de cour, des hommes de l'armée et du peuple qu'elle allait chercher en travestie dans les jardins du Palais-Royal, qu'elle habitait alors avec son époux, et ouverts au public.
Descendance Le couple ducal mal assorti eut alors trois enfants, dont deux survécurent :
Fille non-identifiée ( ou - ) ; Louis-Philippe d'Orléans, duc de Valois, futur Philippe-Égalité ; Bathilde d'Orléans, « Mademoiselle », épouse du futur prince de Condé.
vignette|Les Enfants du duc d'Orléans par François-Hubert Drouais, 1762.
Néanmoins, une étude génétique réalisée en sur plusieurs membres de la maison de Bourbon établit que la ligne patrilinéaire était ininterrompue dans la branche d'Orléans de à João d'Orléans-Bragance, prouvant que Louis-Philippe était bien le fils du duc. La baronne d'Oberkirch rapporte d'ailleurs dans ses mémoires que la duchesse de Bourbon : « disait souvent : "J'ai tout de Condé et rien d'Orléans." »Mémoires de la baronne d'Oberkirch sur la Cour de et la société française avant 1789 (), Mercure de France, Paris, 2000, .. L'entreprise du duc n'était donc pas valable, il était ainsi bien le fils de son père.
Décès vignette|Portrait de Louise-Henriette de Bourbon-Conti, duchesse de Chartres par peintre non identifié, XVIIIe siècle. Louise-Henriette de Bourbon-Conti est décédée le , âgée de trente-deux ans. Elle est morte au Palais-Royal, entourée de son époux et de ses enfants, âgés de huit et onze ans. Après sa mort, son époux eut plusieurs maîtresses puis se remaria avec la marquise de Montesson, mais qui était mariée. Ils se marièrent une fois qu'elle fut veuve. En juin , son fils eut douze ans et il fut introduit auprès du roi Louis XV et de la famille royale. Malgré leur relation plutôt compliquée, le duc fut attristé par son décès. Elle fut enterrée en l'église Notre-Dame du Val-de-Grâce.
Titulature - : Son Altesse Sérénissime Louise-Henriette de Bourbon-Conti, Mademoiselle de Conti ; - : Son Altesse Sérénissime Madame la duchesse de Chartres ; - : Son Altesse Sérénissime Madame la duchesse d'Orléans.
Ascendance
Notes et références
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