Sarasara est une chanteuse, auteure-compositrice, musicienne électronique et productrice de disques française. Née à Fourmies, elle commence sa carrière musicale en 2014. À la suite du succès de sa reprise autoéditée de David Bowie, « Heroes », Sarasara s'installe au Royaume-Uni pour travailler sur son premier extended play (EP) en collaboration avec Matthew Herbert. L'EP attire l'attention du label de Björk, One Little Indian, qui signe Sarasara en janvier 2016.

Sarasara publie ensuite son premier album studio, Amor Fati en novembre 2016, salué par la critique, et figure dans le Future 50 de The Guardians consacré aux artistes émergents à suivre, Clash magazine, Rolling Stone et Tsugi.

Son travail a été comparé à Björk et Aphex Twin, puisant dans divers genres, notamment la musique électronique, le trip hop, l'industriel et l'avant-garde.

Biographie

Vie et carrière Jeunesse et débuts de carrière

Sarah Filleur naît à Fourmies dans le département du Nord. Avant de se consacrer à la musique, elle étudie la philosophie, discipline qui influencera durablement son travail artistique et les thématiques abordées dans ses œuvres.

Bien qu'elle ait étudié le piano et le chant dès son enfance, ce n'est qu'en 2014 qu'elle commence à développer un projet musical personnel. Influencée par la scène électronique belge et par des artistes tels que Björk, elle s'initie au DJing et à la production musicale, créant ses premières compositions à partir de rythmes programmés et d'échantillons vocaux.

En 2015, elle publie de manière indépendante une reprise de David Bowie intitulée « Heroes ». Le succès de cette reprise l'encourage à écrire ses propres chansons. Elle contacte ensuite le musicien électronique britannique Matthew Herbert en lui envoyant une série de maquettes autoproduites. Séduit par son talent singulier, Herbert accepte de collaborer à la production de son premier EP, qui attire l'attention du label One Little Indian. En janvier 2016, Derek Birkett, directeur général de One Little Indian, la signe sur le label.

2016–2018 : Amor Fati

Le premier album studio de Sarasara, Amor Fati, sort le 11 novembre 2016. Son titre est inspiré de la philosophie de Nietzsche, et plus particulièrement de son roman philosophique Thus Spoke Zarathustra. Amor Fati peut être traduit par « amour du destin » ou « amour de son propre destin ». Pour Sarasara, Amor Fati représente bien plus que la simple acceptation de son destin. Il s'agit de vouloir créer son propre destin : aller à sa rencontre et l'attirer. Dans une interview accordée à The 405, un magazine en ligne, la chanteuse explique que « pour changer son destin, il faut agir instinctivement – trouver la volonté de puissance dans sa conscience en écoutant son corps ».

L'album comprend quatre singles : Euphoria, Supernova, Sun et Love, qui rencontrent un important succès critique. The Guardian consacre un portrait à Sarasara dans sa rubrique « New Band of the Week », la décrivant comme « ... toute en soupirs vocaux délicats et en dissonances fracassantes ; sa musique est ce qui aurait pu naître si Petite Meller avait signé chez Warp dans les années 1990, ou l'étape suivante (a)logique après des artistes comme FKA twigs, Kelela et SZA : une sorte de R&B à puissance industrielle ; Aaliyah rencontre Aphex Twin ». Elle figure ensuite parmi les Future 50 Rising Stars de The Guardian, tandis que l'album reçoit la note de 8/10 de la part de Clash (magazine). La sortie d’Amor Fati s'accompagne d'une tournée internationale, avec des concerts à Paris, Londres, Copenhague, Amsterdam, Los Angeles, New York, ainsi que dans des festivals professionnels tels que The Great Escape Festival, Printemps de Bourges, MaMa Paris et SXSW (y compris le SXSW Hackathon) à Austin.

Imagerie

Sarasara travaille étroitement à l'imagerie numérique d’Amor Fati. Ses ambitions cinématographiques sont façonnées par des artistes tels que David Lynch, Stanley Kubrick, Maya Deren, Alfred Hitchcock, Quentin Tarantino et Robert Rodriguez. La pochette de l'album est réalisée en collaboration avec le photographe et artiste britannique Alva Bernadine, en s'inspirant de sa série « Succubus ». La passion de Sarasara pour les sculptures antiques l'attire vers Bernadine, réputé pour son parcours dans la mode et la manière ludique dont son travail représente le corps féminin.

La vidéo d’Euphoria naît d'une collaboration avec l'animateur israélien Leopold Amitay. Elle présente une animation 2D basée sur le visage de Sarasara et illustrant son personnage, inspirée du célèbre portrait d’Audrey Hepburn par le photographe Richard Avedon ainsi que de la créature mythologique grecque Méduse.

La vidéo de Sun est tournée en collaboration avec le cinéaste belge Gust Van den Berghe (Little Baby Jesus of Flandr, Blue Bird, Lucifer) à l'aide d'un prototype de caméra appelé Tondoscope. Cette caméra a été inventée par Van den Berghe pour son film "Lucifer", et intègre l'objectif à l'intérieur d'un tube de verre afin de capturer des images à 360 degrés, produisant ainsi une image circulaire.

La vidéo de Love est réalisée, filmée et montée par Sarasara en collaboration avec le réalisateur britannique Nikolai Galitzine Yurievitch (Iris, Dear Child, From the Mountain).

Publications ultérieures

Exactement un an après la sortie d’Amor Fati, Sarasara publie Amor Fati: The A Cappella Album, une recomposition de l'album en collaboration avec des interprètes vocaux français. Enregistré dans la salle des sculptures du Palais des Beaux-Arts de Lille, l'album intègre de multiples influences telles que le gospel, la soul, le rap, l'opéra et le beatbox. Amor Fati fait également l'objet d'une sortie sous la forme d'un EP de remixes, comprenant des remixes de Matthew Herbert, Susso, Crewdson et Earth is Flat. Une version deluxe paraît en mars 2018.

2019–2020 : Orgone

À la suite du succès de son premier album studio, Sarasara publie son très attendu deuxième album, Orgone, avec One Little Indian Records le 5 juillet 2019. Produit en collaboration avec son compagnon de label Sneaker Pimps Liam Howe, Orgone est le premier album de Sarasara enregistré en français, sa langue maternelle. L'album comprend quatre singles : Blood Brothers, Into Me See, Ego Trip et Tinkertoy en collaboration avec Peter Doherty. Il est salué par la critique à travers le monde et fait l'objet d'articles dans Marie Claire, NME, Rolling Stone et le New York Times Magazine.

Orgone reflète l'évolution de Sarasara en tant qu'artiste. Réalisé sur une période de trois ans, cet album profondément personnel raconte plusieurs histoires :

son arrivée fulgurante dans l'industrie musicale son parcours entre deux cycles, deux carrières, deux foyers et deux pays le processus de reconstruction après la fin de relations karmiques et le fait de retomber amoureuse la découverte d'une voie spirituelle, la connexion à Dieu et l'apprentissage des vertus de la vulnérabilité, de l'amour de soi, de l'acceptation et de l'abandon à ce qui est, tout en restant fidèle à soi-même la prise de responsabilité quant à ce qu'elle apporte à l'univers, la reconquête de son pouvoir créatif et, finalement, le fait de devenir une meilleure version d'elle-même

En mai 2020, Sarasara est présentée dans le catalogue électronique de Visual Collaborative dans le cadre de la série Amplified, où elle est interviewée aux côtés d'autres créatifs du monde entier. L'album fait l'objet d'une tournée mondiale, avec des dates aux États-Unis, au Japon, en Corée du Sud, en Allemagne, en France, en Italie, en Espagne, en Belgique et au Royaume-Uni.

Orgone paraît également sous la forme d'un EP de remixes, comprenant des remixes de Liam Howe, Howie B, Hannah Peel, Mololoc, Michael Forzza et Dimitri Andreas.

2021–présent : Elixir, Elixir – La Suite et performances acoustiques

À la suite de la sortie d’Orgone en 2019, Sarasara commence à travailler sur son troisième album studio, Elixir, écrivant de nouveaux morceaux entre Ibiza, en Espagne, et Brighton, en Angleterre. Enregistré à Hackney, à Londres, l'album est coproduit par Sarasara et le producteur britannique Liam Howe, poursuivant ainsi leur collaboration entamée sur Orgone.

Publié le 1er mars 2024 par One Little Independent Records, Elixir marque le retour de Sarasara au format album après l'EP Sarasara x Serge Gainsbourg (2022). L'album explore les thèmes de la transformation, de la guérison, de la résilience et de la découverte de soi, mêlant influences électroniques, industrielles et avant-pop.

Le 11 octobre 2024, Sarasara publie l'EP Elixir, La Suite chez One Little Independent Records. Cette sortie comprend les titres inédits « Fade to Black » et « Love Is the Key », ainsi que leurs versions instrumentales respectives.

Une réinterprétation acoustique de l'album, Elixir (Guitare & Voix), paraît ensuite le 2 avril 2025. Le projet réarrange les compositions d’Elixir pour voix et guitare acoustique et est publié par One Little Independent Records.

En 2026, Sarasara développe davantage le projet Elixir à travers une nouvelle adaptation orchestrale du spectacle. La création est présentée en première au Théâtre Jean-Ferrat de Fourmies le 27 mars 2026.

Artiste Influences musicales et style

La musique de Sarasara combine des éléments de musique électronique, de trip hop, de techno, de musique industrielle et d'avant-pop. Les critiques ont souvent comparé certains aspects de son œuvre à ceux de Björk et d’Aphex Twin.

Dans une interview accordée à The White Room en 2020, Sarasara cite Björk, Depeche Mode, Massive Attack et Portishead comme ses principales influences musicales, mettant en avant leur capacité à créer des univers musicaux immersifs et des identités artistiques singulières. Son travail est également influencé par des artistes techno tels que Richie Hawtin et Ricardo Villalobos, dont les approches minimalistes et expérimentales de la musique électronique ont nourri ses débuts en tant que DJ et productrice. Des groupes de hip-hop comme Wu-Tang Clan et Cypress Hill ont également contribué au caractère éclectique de son univers musical.

Sa formation musicale comprend un apprentissage du chant classique et des études au conservatoire durant son enfance, ainsi que des cours d'opéra pendant son adolescence, expériences qui ont influencé sa technique vocale et son approche de la composition. Les critiques décrivent son style comme un mélange d'éléments organiques et électroniques. The Guardian caractérise sa musique comme étant « robotique : opposant des instruments africains à des rythmes mécaniques mutants et bouillonnants ». The Metropolist la présente comme « une artiste à suivre de près », soulignant son utilisation de la technologie pour explorer les complexités de la vie contemporaine.

Philosophie et spiritualité

La philosophie et la spiritualité occupent une place importante dans l'œuvre de Sarasara. Ses réflexions sur l'existence, la liberté et le destin influencent de manière récurrente les thèmes abordés dans sa musique. Parmi ses principales influences figurent notamment Épicure, Lucrèce, Nietzsche et Jung.

Son intérêt pour la philosophie l'a également conduite à s'intéresser aux traditions spirituelles orientales, en particulier au Kriya yoga. Elle cite régulièrement 'l’Autobiographie d'un yogi' de Paramahansa Yogananda parmi les ouvrages ayant marqué son parcours personnel et artistique.

Discographie

Albums

Amor Fati (2016) Amor Fati: The A Cappella Album (2017) Orgone (2019) Musica Universalis, Live from Real World Studios (2023) Elixir (2024) Elixir (Guitare & Voix) (2025)

EPs

Orgonum: The Remixes (2019) Sarasara x Serge Gainsbourg (2022) Elixir, La Suite (2024)

Remixes

Hannah Peel « Particule D2 » (remix de Sarasara) extrait de Particle in Space EP (2018) Crass « Asylum » (remix de Sarasara) extrait de Normal Never Was et The Feeding of the Five Thousand Remixes (2020)

Collaborations