Le cyclone Idai est la onzième dépression tropicale à se former lors de la saison cyclonique 2018-2019 dans l'océan Indien sud-ouest, la dixième à devenir une tempête tropicale et le septième système à atteindre le stade de cyclone tropical intense. Il est né d'une dépression tropicale qui s'est formée le au large de la côte est du Mozambique, est ensuite entré dans les terres, causant des inondations, avant de retourner le vers le canal du Mozambique où elle a atteint le statut de cyclone tropical intense le et frôler la côte ouest de Madagascar. Se tournant ensuite vers le sud-ouest, Idai se dirigea vers le sud du Mozambique et atteignit son intensité maximale le avec des vents soutenus maximums sur 10 minutes de , 205 km/h sur 1 minute, atteignant donc la catégorie 3 sur l'échelle de Saffir - Simpson et une pression centrale minimale de . Le jour suivant, le système frappait Beira après voir légèrement faibli. Son parcours subséquent dans les terres laissa des pluies torrentielles alors qu'elle devenait post-tropicale le pour se dissiper le .
Ce puissant cyclone tropical, équivalent de la de l'échelle de Saffir-Simpson, a frappé le Mozambique, le Zimbabwe, le Malawi et Madagascar.. Certaines extrapolations au faisaient état d'une possibilité de plus de en Afrique australe et elles furent confirmées par les rapports subséquents. Les dommages furent estimés au Mozambique, Zimbabwe, Madagascar et Malawi à au moins dont un milliard aux infrastructures.
Évolution météorologique
vignette|gauche|La dépression tropicale qui donnera Idai passant sur le Mozambique le . La dépression s'est formée le sur la côte est du Mozambique et a dérivé très lentement vers le nord-est, atteignant le Mozambique plus tard dans la journée.. Le , le (JTWC) a commencé à émettre des bulletins. Le , la tempête s'est dirigée ouest-sud-ouest, tout en conservant son identité tropicale même en restant sur terre. Le , elle a fait demi-tour vers l'est et tôt le lendemain a émergé dans le canal du Mozambique. Plus tard le même jour, le système s’est transformé en tempête tropicale modérée et a reçu le nom Idai.
Le , Idai a commencé à s'intensifier rapidement, se transformant en un cyclone tropical près de Madagascar, et le système a alors tourné en direction du sud-ouest. Le lendemain, la tempête s'est intensifiée pour devenir le septième cyclone tropical intense de la saison et a bientôt atteint un premier pic d'intensité en tant que cyclone tropical de avec des vents soutenus sur de . Le , Idai a commencé à s'affaiblir, alors que le système subissait un cycle de remplacement du mur de l'œil. Le , il a commencé à accélérer vers l'ouest puis a rencontré des conditions favorables et a atteint son maximum d'intensité le vers à et une pression centrale minimale de , soit l'équivalent de la dans l'échelle de Saffir-Simpson.
Le cyclone a commencé à faiblir par la suivre en approchant de la côte mozambicaine. Le à , le CMRS de La Réunion a annoncé qu’Idai avait touché terre près de Beira, au Mozambique, avec des vents soutenus de à .. Idai s'est ensuite rapidement affaibli en entrant sur les terres et a dégénéré en dépression tropicale plus tard dans la journée. Par la suite, Idai s'est lentement déplacé tout en déversant de grandes quantités de pluie, ce qui a entraîné des inondations générales. Tard le , le système a dégénéré en dépression qui a continué à déverser des pluies dans la région. Le , le reste d’Idai s'est à nouveau tourné vers l'est, pour finalement revenir dans le canal de Mozambique une deuxième fois le .
Impacts Idai a provoqué des vents violents et de graves inondations à Madagascar, au Mozambique, au Malawi et au Zimbabwe, qui ont fait au moins au , et touché plus de . Des dégâts catastrophiques ont particulièrement affecté la ville de Beira et ses environs, dans le sud du Mozambique. Le président du Mozambique a déclaré que plus de pourraient être mortes lors de la tempête.. Après le cyclone, une crise humanitaire majeure s'est produite, des centaines de milliers de personnes ayant besoin d'une assistance urgente au Mozambique et au Zimbabwe. Dans le premier pays, les sauveteurs ont été forcés de laisser mourir des personnes afin d'en sauver d'autres..
+ Mortalité et dommages par pays Pays Morts Disparus Blessés Sinistrés Dommages($US de 2019) Madagascar 1 2 0 Malawi 60 3 577 Mozambique 602 Milliers. > Zimbabwe 344 257 232 Totaux : > >
Première frappe Mozambique thumb|left|top|Inondations à Tete au Mozambique. Les inondations provoquées par la dépression initiale ont débuté le au Mozambique, touchant principalement les provinces du centre-nord. Les provinces de Niassa, Tete et Zambézie furent touchées, particulièrement cette dernière. Les inondations causées par la dépression tropicale ont tué et en ont blessé . Il a été signalé que avaient été détruites et que avaient été touchées. En outre, huit hôpitaux et de classe furent détruits. Les inondations ont également détruit de cultures..
Malawi Comme dépression tropicale, Idai a provoqué également des pluies torrentielles dans le sud-est du Malawi. Des précipitations supérieures à la moyenne furent enregistrées dans ces régions en janvier, ce qui a accru le risque d'inondation.. Des inondations généralisées ont commencé le , emportant des ponts et des routes et détruisant de nombreuses habitations.. Quatorze districts ont subi les effets directs de la tempête, Nsanje et Phalombe étant les plus durement touchés..
La montée des eaux a submergé les infrastructures d'atténuation des inondations, provoquant l'effondrement de barrages. Environ furent détruites à Blantyre. Deux centrales hydroélectriques situées le long de la rivière Shire furent endommagées et mises hors service, entraînant la perte de des de capacité de production d'énergie hydroélectrique du pays..
La catastrophe a touché directement dans le pays, dont , dont furent déplacées ou sont devenus sans abri.. Au total, ont été tuées. et 577 autres auraient été blessées à la suite d'inondations... Trois autres personnes sont portées disparues..
Madagascar Une fois qu’Idai a traversé le canal de Mozambique, le système a entraîné de fortes pluies dans le nord-ouest de Madagascar, avec des accumulations localisées d'environ . Les inondations et les glissements de terrain à Besalampy ont tué une personne, 2 furent portées disparues. Environ furent affectées et furent fortement endommagées.. Les dommages moins importants furent généralisés aux maisons, hôpitaux et écoles. De nombreux câbles électriques et téléphoniques furent endommagés ou détruits..
Seconde frappe Mozambique vignette|Vue par le satellite Copernicus Sentinel-1 de la zone inondée autour de Beira. vignette|accumulations de pluies avec la seconde frappe. Le , le cyclone Idai a dévasté la ville portuaire mozambicaine de Beira, l’une des plus grandes villes du pays. La cité portuaire, porte d’entrée vers l’Afrique australe, aurait été « endommagée ou détruite » à 90 % et totalement coupée du reste du pays.. Le cyclone a provoqué une onde de tempête de , couplée à des pluies torrentielles, causant des inondations désastreuses. Les responsables ont qualifié les vastes zones inondées « d'océan intérieur » visible de l'espace... Les précipitations dans la ville ont dépassé les .
Un raz de marée semblable à un tsunami a aussi dévasté la ville côtière de Nhamatanda, entraînant la mort de nombreuses personnes et détruisant la ville. Les gens ont dû se précipiter sur les toits pour survivre. L'entrée dans les terres a poursuivi les dégâts catastrophiques sur une grande partie du centre et de l'ouest du Mozambique. Les vents destructeurs ont dévasté les communautés côtières et les inondations soudaines ont détruit les communautés de l'intérieur dans ce que l'Organisation météorologique mondiale a qualifié de l'« une des pires catastrophes météorologiques de l'hémisphère sud. ». Les précipitations les plus importantes, de plus de , sont tombées près de Chimoio.
Quelques jours après avoir l'entrée dans les terres, les fleuves Buzi et Pungwe dans le centre du Mozambique ont débordé.. Le , la crue a atteint les rivières des provinces occidentales du Mozambique et le président Filipe Nyusi a déclaré que des villages entiers avaient disparu le long des rives des fleuves Buzi et Pungwe.. Le , l'ONU a prévenu que les fleuves Buzi et Zambèze pourraient être à nouveau inondés..
Le gouvernement mentionna initialement que étaient touchés par le cyclone. mais le chiffre fut rapidement révisé à environ par les Nations unies.. Au , au moins furent signalés par la seconde frappe, dus aux effets combinés des inondations et du vent.. Les évaluations faisaient état de la destruction de , autres endommagées et de l'inondation de supplémentaires.. Le nombre de sinistrés était aussi rehaussé à . Outre les dommages causés aux infrastructures, environ de cultures furent endommagés ou détruits à l’échelle nationale dont une grande partie des terres était proche du temps de récolte, aggravant ainsi le risque de pénurie alimentaire.
Zimbabwe gauche|vignette|Route coupée à Chimanimani. vignette|droite|Résidents à la recherche de survivants de glissements de terrain dans le district de Chimanimani, Zimbabwe. De fortes pluies sont tombées sur une grande partie de l'est du Zimbabwe lorsque le cyclone a dévasté la frontière avec le Mozambique. Les pluies les plus fortes sont tombées dans le district de Chimanimani, province de Manicaland, avec des accumulations atteignant . Des inondations généralisées ont suivi, faisant au moins , plus de et au moins au ... Environ ont été affectées dans cette seule région.. Dans tout le pays, environ fut sinistrés par le cyclone..
Les dégâts ont aussi débordé dans le district voisin de Chipinge. La rivière Nyahonde a débordé et inondé de nombreuses communautés des deux districts. La destruction de nombreux ponts et routes dans l'est de Chimanimani a isolé de nombreux résidents.. Dans la ville de Chipinge, furent détruites et .. Le , le niveau d'eau a dépassé le barrage de Marowanyati à Murambinda, le long du Mwerahari.
Aide et conséquences
Interventions locales vignette|Volontaires distribuant les secours dans le district de Chimanimani au Zimbabwe. vignette|Sinistrés dans un camp à Bangula, Malawi. À la suite des premières inondations au Mozambique, le gouvernement a demandé () pour fournir une aide aux victimes des inondations.. L'ampleur de la crise humanitaire a submergé les sauveteurs. Dans de nombreux cas, les victimes ont dû être abandonnées à leur sort afin de sauver d’autres victimes plus pressantes. L’Institut national de gestion des catastrophes, normalement considéré comme capable de gérer les catastrophes au Mozambique, n’a pas pu faire face à l’ampleur de la catastrophe. L'agence a déployé des bateaux et des hélicoptères pour sauver les résidents. Une assistance insuffisante a laissé des milliers de victimes coincées dans les arbres et sur les toits cinq jours après le passage du cyclone. Beira est restée en grande partie inaccessible jusqu'au , avec des infrastructures dévastées et les rivières toujours en une crue.. Le Ministre des terres et de l'environnement du Mozambique, Celso Correia, a déclaré le que avaient été déplacées vers d'évacuation à travers le pays, souvent dans des conditions d'extrême pauvreté.. Les trois quarts des personnes déplacées résidaient dans la province de Sofala, où le cyclone a touché la deuxième fois. Le , il a été signalé que de nombreux centres d'urgence locaux au Mozambique n'avaient été approvisionnés que récemment et que certaines zones étaient encore isolées.