Le diocèse de Nancy et Toul (en latin : ) est un des quatre diocèses de la Lorraine rattaché à l'Église catholique. Il succède depuis le concordat de 1801 (bulle pontificale ) à l'éphémère diocèse de Nancy, créé en 1777, et à l'ancien diocèse de Toul fondé au . Actuellement, l'évêché de Nancy et Toul est suffragant de la province ecclésiastique de Besançon.

Pour des questions de prestige et de fidélité mémorielle, les évêques de Nancy, également primats de Lorraine, sont autorisés par le bref apostolique du à accoler à leur titre celui d'évêque de Toul. À noter que l'évêque de Nancy et Toul est le seul évêque en France qui peut se vêtir du surhuméral, attribut historique porté par les évêques de Toul depuis le haut Moyen Âge. thumb|200px|Cathédrale Saint-Étienne de Toul. thumb|200px|Basilique de Saint-Nicolas-de-Port. Description géographique Le territoire du diocèse de Nancy et de Toul correspond au département de Meurthe-et-Moselle.

Il est divisé en dix « secteurs pastoraux » eux-mêmes subdivisés en cinquante-cinq paroisses. : Lunévillois (10 paroisses) Paroisse Sainte-Anne de Lunéville Paroisse du Bienheureux-Jean-XXIII du Sânon Paroisse Saint-Nicolas en Lorraine Paroisse Sainte-Marie en Pays de Sel Paroisse Saint-Dominique des Trois Rivières Paroisse du Bienheureux-Gervais-Brunel de la Mortagne Paroisse Saint-Epvre de la Vezouze Paroisse Sainte-Thérèse du Val de Meurthe Paroisse Saint-François du Blâmontois Paroisse le Bon-Père-Fourier des Vosges Nancy-Est (6 paroisses) Paroisse Saint-Augustin-Schoeffler Paroisse du Bienheureux-Joseph-Gérard de l'Amezule Paroisse du Bienheureux-Frédéric-Ozanam à l'Est de Nancy Paroisse Saint-Jean-Marie-Vianney Paroisse de la Sainte-Trinité Paroisse Saint-Pie-X Nancy-Ouest (3 paroisses) Paroisse Notre-Dame-des-Nations Paroisse du-Bon-Pasteur Paroisse de-la-Sainte-Famille Nancy-Sud (3 paroisses) Paroisse de la Visitation sur Moselle-et-Madon Paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal Paroisse Saint-François-de-Sales Nancy-Ville (7 paroisses) Paroisse Notre-Dame-de-Bonne-Nouvelle Paroisse Saint-Pierre-Notre-Dame-de-Bonsecours Paroisse Notre-Dame-de-Lourdes Paroisse Saint-Charles-de-Foucauld Paroisse Saint-Jean-de-la-Commanderie Paroisse Saint-Epvre Paroisse Saint-Jean-Bosco Orne (5 paroisses) Paroisse Sainte-Claire en Jarnisy Paroisse Saint-Luc du Val-d'Orne Paroisse du-Christ-aux-Liens Paroisse Saint-Jean-l'Évangéliste Paroisse Saint-Marc de la Pienne Pays-Haut (7 paroisses) Paroisse Saint-Jean-Baptiste-de-la-Salle Paroisse Saint-Antoine-de-Padoue Paroisse de la Divine-Providence Paroisse Saint-Martin de Longwy Paroisse Les-Apôtres-Pierre-et-Paul Paroisse Notre-Dame-de-la-Moulaine Paroisse Saint-Pierre-et-Saint-Paul de l'Alzette Pays Mussipontain (6 paroisses) Paroisse Saint-Pierre-Fourier en Pays Mussipontain Paroisse Notre-Dame-du-Rupt-de-Mad Paroisse Saint-Bernard-de-Val-Dieu Paroisse Saint-Euchaire Paroisse Saints-Pierre-et-Paul Paroisse Notre-Dame-de-Clévant Saintois-Bayonnais (3 paroisses) Paroisse Notre-Dame-en-Saintois Paroisse de la Bienheureuse Alix-le-Clerc du Madon Paroisse du Bienheureux Antoine-de-Ravinel du Bayonnais Toulois (5 paroisses) Paroisse Saint-Mansuy-du-Toulois Paroisse Saint-Gérard-du-Toulois-Nord Paroisse Saint-Léon-du-Toulois Paroisse Saint-Gauzelin-du-Toulois-Sud Paroisse du Bienheureux-Frédéric-Ozanam en Pays de Colombey

Histoire Le diocèse de Toul

vignette|upright|left|Tombeau de saint Mansuy (installé dans la cathédrale de Toul).

Le diocèse de Toul, créé par saint Mansuy en 338 pour la tribu des Leuques dans la gallo-romaine, puis intégré dans une sous influence germanique, dépendait de la province ecclésiastique de l'ancien archidiocèse de Trèves, en Rhénanie-Palatinat (aujourd'hui, le diocèse de Trèves est suffragant de l'archidiocèse de Cologne).

Son territoire était de loin le plus important et le plus riche de Haute-Lorraine. C'était aussi une terre monastique, en particulier un foyer actif de la réforme bénédictine de la fin du au . Mis à part Toul et sa , on peut citer les abbayes éphémères de Saint-Germain et de Saint-Martin sur la Meuse, les monastères de Saint-Pient à Moyenvic, d'Enfonvelle, de Poulangy, Varennes-en-Argonne et Montier-en-Der progressivement perdus pour le siège de Toul, les abbayes vosgiennes de Bonmoutier, Senones, Moyenmoutier et Saint-Dié. Durant et après la période othonienne marquée par les chanoinesses d'Andlau à Étival et les chanoinesses de Remiremont, les institutions canoniales se multiplient, prenant parfois la suite d'abbayes bénédictines sécularisées après la régression de l'observance.

Au commencement du , le diocèse comprenait et ; au début du , il regroupait , et . Il était divisé depuis longtemps en six archidiaconés : Toul, où s'élève la cathédrale Saint-Étienne ; Port (actuellement Saint-Nicolas-de-Port), avec sa prestigieuse basilique Saint-Nicolas, dont dépendaient Nancy et sa primatiale ; Vôge ; Vittel, qui se divisait en cinq doyennés : le Saintois, Neufchâteau, Châtenois, Bourmont et Vittel ; Reynel ; Ligny.

Dans un diocèse aussi vaste que celui de Toul, à une époque où les communications étaient si difficiles, l'évêque visitait rarement les diverses paroisses soumises à sa juridiction (la visite pastorale). Il était aidé dans son administration par les archidiacres et les doyens : chaque année, au retour du grand synode ou synode diocésain qui avait lieu dans le chœur de la cathédrale de Toul le mercredi avant la Pentecôte, ils tenaient le synode décanal ou rural et communiquaient alors aux prêtres les instructions de l’évêque et leur remettaient les Saintes Huiles.

Le diocèse de Nancy Les velléités des ducs de Lorraine et de Bar de créer un évêché national pour affermir leur indépendance face à la France s'étaient toujours heurtées à l’opposition des souverains français (au tout début des années 1600 ou en 1721 par exemple) qui avaient su à plusieurs reprises influencer le pape. Le politique primait sur le bon sens. Seule compensation obtenue : le titre de primat de Lorraine en 1602.

En 1766, la mort de Stanislas, dernier duc titulaire de Lorraine, signe de facto l'intégration de la Lorraine et du Barrois dans le royaume de France. Plus rien ne s'oppose alors, enfin, à l'érection de Nancy en siège épiscopal. Le diocèse de Nancy est créé un an plus tard, le , par la bulle du pape Bulle du 19 novembre 1777, dans , tome VI, première partie, Prato, 1843, pp. 443-464 (consulté le 6 janvier 2014) au détriment du temporel de l'antique évêché de Toul. Ce dernier est devenu en réalité l'ombre de lui-même car, outre Nancy, Saint-Dié est également érigé en évêché la même année.

Pour l'antique et important diocèse de Toul, 1777 est donc une année charnière qui voit la création-refonte de trois diocèses : Toul, Nancy et Saint-Dié. Tous sont suffragants de Trèves. Le nouveau diocèse de Nancy prend comme cathédrale la primatiale de Lorraine à Nancy.

Les évêchés pendant la Révolution

Après la Révolution, le Pape et le Premier Consul Bonaparte conclurent le concordat de 1801 pour rétablir le culte en France. Avec la bulle pontificale du , les diocèses furent réorganisés en soixante sièges seulement, dont dix archevêchés. Le concordat, supprimant les anciennes délimitations ecclésiastiques, créa un nouveau diocèse de Nancy suffragant de Besançon et correspondant à trois départements de Lorraine: La Meurthe, la Meuse et les Vosges, supprimant ainsi les diocèses de Toul, Saint-Dié et Verdun.

L'évêché de Nancy-Toul Sous la Restauration, le nouveau concordat de 1817 prévoyait de rétablir les anciens diocèses, ce qui s'effectua entre 1822 et 1824 dans les limites départementales, le diocèse de Nancy s'étendant sur le seul département de la Meurthe, et prenant le nom de Nancy et de Toul par le bref apostolique du .

En 1858, une supplique fut envoyée à pour ériger Nancy en « siège métropolitain » (et donc en archevêché), et ainsi ne plus dépendre de Besançon. Les arguments avancés étaient à la fois historiques (importance de l'ancienne capitale des duchés de Lorraine et de Bar) et géographiques : Verdun, Metz, même Nancy, sont très éloignés de Besançon. La demande resta vaine.

Le diocèse fut redéfini dans les limites du nouveau département de Meurthe-et-Moselle en 1873, à la suite du traité de Francfort, et conserva cette configuration après le rattachement des provinces perdues après la Première Guerre mondiale.

Le , le diocèse de Nancy a eu le privilège d'accueillir le pape lors de son voyage apostolique dans l'Est de la France (Strasbourg, Metz, Nancy). Un discours. a été adressé aux participants du synode diocésain dans la cathédrale-primatiale de Nancy. Ensuite, une célébration de la parole, avec une homélie. du pape, a eu lieu place Carnot. , lui-même né Polonais, a ainsi pu se recueillir dans l'ancienne capitale du duc Stanislas Leszczynski, ancien roi de Pologne.

Confirmation du privilège liturgique du surhuméral vignette|upright|160px|Surhuméral (ou rationale) de Cracovie.

L'évêque de Toul était doyen de la province de Trèves et comme insignes de cette dignité, il portait, lorsqu'il officiait pontificalement, un ornement appelé huméral (superhumeralis), sorte de pallium couvert de pierres précieuses dont lui seul parmi tous les évêques de l'Église latine était décoré. Le concordat de 1802 ayant supprimé les anciens privilèges, quelques personnes se croyaient autorisées à révoquer le droit de l'évêque de Nancy et de Toul de se vêtir du surhuméral sans une nouvelle autorisation. Pour dissiper les scrupules, Charles Martial Lavigerie a obtenu du pape , daté du par le cardinal Patrizi, préfet de la Congrégation des rites, le bref suivantAbbé Pierre-Étienne Guillaume, Le surhuméral : prérogative séculaire des seuls évêques de Toul, chez les Latins, en raison de l'antiquité de leur Église, Nancy, impr. Vve Raybois, 1865, 7 p. :

Évêques et cardinaux du diocèse Évêques de Toul et de Nancy

Évêques originaires du diocèse de Nancy et de Toul Jean des Porcelets de Maillane, né à Valhey en 1582, évêque de Toul Maurice Fréchard, né à Nancy en 1928, archevêque émérite d'Auch Claude Feidt, né à Audun-le-Roman en 1936, archevêque émérite d'Aix-en-Provence et Arles Pierre Raffin, né à Nancy en 1938, évêque émérite de Metz Claude Schockert, né à Foug en 1940, évêque émérite de Belfort-Montbéliard Jean-Pierre Grallet, né à Rozelieures en 1944, archevêque émérite de Strasbourg Jean-Paul Jaeger, né à Nancy en 1944, évêque d'Arras, ancien évêque de Nancy et de Toul. Jean-Pierre Cattenoz, né à Maxéville en 1945, archevêque d'Avignon Bruno Valentin, né à Nancy en 1972, évêque auxiliaire de Versailles

Cardinaux originaires du diocèse de Nancy et de Toul le cardinal Odon de Toul (créé cardinal-diacre en 1050) le cardinal Jean III de Lorraine (né à Bar-le-Duc en 1498) le cardinal Charles de Lorraine (né à Joinville en 1524) le cardinal Louis de Lorraine (né à Joinville en 1527) le cardinal Louis II de Lorraine (né à Dampierre en 1555) le cardinal Charles de Lorraine (né à Nomeny en 1561) le cardinal Charles de Lorraine, primat de Lorraine, (né à Nancy en 1567) le cardinal Louis III de Lorraine (né à ??? en 1575) le cardinal Nicolas-François de Lorraine (né à ??? en 1609) le cardinal François-Désiré Mathieu (né à Einville-au-Jard en 1839) le cardinal Eugène Tisserant (né à Nancy en 1884)

Pape originaire du diocèse de Toul Saint Léon IX ( de Toul)

Pèlerinages, dévotions et patrimoine du diocèse Pèlerinages thumb|Traditionnelle procession aux flambeaux en la basilique Saint-Nicolas-de-Port. Sanctuaire Notre-Dame de Sion (la statue de la Vierge a été couronnée sur ordre du pape [ en 1873 ; le sanctuaire est érigé en basilique mineure par le pape ) Sanctuaire en l'honneur de Saint-Nicolas, patron de la Lorraine : depuis 1245, une procession aux flambeaux a lieu le samedi au plus proche du , dans la basilique