Michel Lambin, né le dans la banlieue nord de Paris, est un tueur en série français surnommé le « berger de Caussols », le « Pougneur » ou le « berger du Milieu ». Il aurait tué dix personnes, entre et .
Biographie Jeunesse et premiers délits Michel Lambin naît le dans la banlieue nord de Paris.
Lambin abandonne sa scolarité en 1964, alors qu'il est âgé de 14 ans.
En 1967, il effectue son premier séjour en prison au Centre pénitentiaire de Fresnes. Passionné d'armes à feu et ayant un comportement rebelle, il fait de nombreux séjours en prison pour vol de voiture, port d'armes prohibées et violences volontaires.
En 1968, Lambin se marie à l'âge de 18 ans. Il devient par la suite père de trois petites filles, nées de l'union avec son épouse.
Dans les années 1970, Lambin tente de trouver un emploi stable mais n'y parvient pas. Il travaille respectivement comme charcutier et électricien, mais se retrouve rapidement licencié pour violences envers un collègue de travail ainsi que pour vol au sein de l'entreprise dans laquelle il exerce sa profession.
Affaire de braquage
Le , Lambin commet un braquage au sein de son ancienne entreprise, située dans le de Paris. L'attaque lui rapporte de butin. Plusieurs témoignages permettent d'apporter un signalement de l'auteur. La voiture garée lors du braquage est reconnue comme étant celle de Lambin qui, par le passé, avait travaillé au sein de l'entreprise braquée. Placé en garde à vue, Lambin nie être à l'origine de ce braquage. Il est incarcéré à la Prison de Fresnes, pour vol à main armée et vol qualifié. Il devient peu à peu paranoïaque, et se dit convaincu d'avoir été dénoncé par son beau-frère, Kamel Guendouz, surnommé Marcel.
En 1979, le procès de Michel Lambin s'ouvre devant la Cour d'assises de Paris. Il est condamné à une peine de sept ans de réclusion criminelle pour le braquage de son ancienne entreprise. Sa femme obtient le divorce et la garde de leurs trois filles.
Pendant son incarcération, Lambin fait la connaissance de plusieurs malfaiteurs avec qui il joue au poker. Il se voit rapidement endetté et commence à devoir de l'argent à deux de ses codétenus : Christian Lepage et Jean-Jacques Villey.
Libération et rencontre avec sa compagne Lambin est libéré en 1981, après avoir purgé quatre ans de sa peine.
En 1982, Lambin fait la connaissance de Nicole Rossi. Tous deux se mettent en couple dans un appartement de Cannes dans lequel vit Nicole. Lorsque débute leur relation, Nicole est âgée de 27 ans, tandis que Lambin est âgé de 32 ans. Nicole n'ignore aucunement le passé criminel de Lambin et l'accepte tel qu'il est, convaincue qu'il ne récidivera pas s'il est .
En , alors que Lambin passe la soirée chez Nicole, il fait la connaissance de Michel Tasselli, un truand cannois et ami de sa compagne. La rencontre entre Tasselli et Lambin devient rapidement complexe lorsque Tasselli déclare à Nicole qu'elle ne devrait pas se mettre en couple avec Lambin, qu'il qualifie de . Après que Tasselli soit parti, Lambin se jure de le tuer car il n'accepte pas le fait d'avoir été rabaissé.
Première série d'assassinats Dans la nuit du 20 au , vers minuit, Lambin se rend à Cannes, sur le parking au pied de l'immeuble de Nicole Rossi. À cet endroit, se trouve Michel Tasselli qui flâne dans sa voiture après avoir fêté son chez Nicole. Armé d'un pistolet, Lambin s'approche de la voiture de Tasselli, où il flâne encore à cet instant, puis l'abat en lui tirant deux balles dans le corps, lequel sera retrouvé par un passant. À la suite de son forfait, Lambin se met à boire et, une heure plus tard, il se rend chez Nicole en lui déclarant avoir tué Tasselli. Nicole Rossi ne prend toutefois pas les déclarations de Lambin au sérieux en raison de son état d'ivresse et du fait qu'il ait des projets avec elle pour le couple. L'assassinat de Michel Tasselli demeure donc irrésolu.
Le , Lambin et Kamel Guendouz, son ex-beau-frère de 42 ans, surnommé « Marcel », déjeunent à Bobigny, en compagnie des filles de Marcel et de Nicole Rossi. À la fin du repas, Lambin, Marcel et Nicole Rossi partent à bord de la voiture de Lambin. Sur le trajet, Lambin emmène Marcel dans un bâtiment désaffecté, entre Paris et Meaux, où il prétend avoir caché une arme destinée à servir lors d'un prochain braquage. À la demande de Lambin, Marcel sort de la voiture le premier. Lambin intime à Nicole l'ordre de l'attendre là avant de sortir à son tour de sa voiture. Les deux hommes se rendent à l'intérieur du bâtiment. Marcel entre le premier et Lambin le suit, un pistolet à la main. Deux coups de feu sont tirés par Lambin et Marcel meurt quasiment sur le coup. Lambin rejoint alors dans la voiture Nicole, qui l'attendait toujours. Il lui déclare : « l'avoir buté ». Il prétendra plus tard avoir déposé Marcel, à sa demande, dans une rue voisine où il aurait rencontré l'un de ses amis. Plus tard, Lambin retourne récupérer le corps de Marcel, qu'il dépèce avant de le mettre dans un sac. Il décide de le faire cuire chez des amis, dans le de Paris, à l'aide d'un autocuiseur, et de le manger avec de l'ail et du persil. L'ami qui prête une cocotte-minute à Lambin se souviendra d'une odeur pestilentielle.
Le , Lambin, en compagnie d'un complice, se rend en mobylette à Champigny-sur-Marne, chez Christian Lepage, l'un de ses anciens codétenus âgé de 35 ans, surnommé « le garagiste ». Ayant fait le trajet en passager sur la mobylette, Lambin demande à son complice de s'arrêter pour qu'il puisse « aller faire deux-trois choses ». Lambin tue Lepage de plusieurs balles de pistolet. L'objet du litige était une somme de perdue au poker. À la suite de quoi, Lambin rejoint son complice et tous deux prennent la fuite.
Onze jours plus tard, le , Jean-Jacques Villey, ami du « garagiste » âgé de 40 ans, change une roue de son véhicule à Crosne (Essonne), lorsque Lambin et son complice débarquent derrière lui. Villey est abattu à son tour de plusieurs balles de pistolet. Là encore, les deux comparses s'enfuient puis abandonnent leur mobylette. L'inspecteur Gérard Merville, qui est chargé de cette affaire d'homicide, parvient à retrouver la mobylette des assassins mais, sans autre élément d'enquête, finit par classer l'affaire.
Quelques semaines plus tard, le , l'Antibois Walter Barbay est assassiné à son tour à Cagnes-sur-Mer (Alpes-Maritimes) par Lambin. Une nouvelle enquête est menée afin de retrouver l'assassin de cet ancien délinquant de 29 ans, mais aucun élément ne permet de retrouver un quelconque suspect dans cette affaire.
Le à Villiers-sur-Marne, Christian Salmon, représentant de commerce et nouveau compagnon d'une ancienne maîtresse de Lambin, est abattu par balles. Salmon meurt quelques minutes plus tard mais, avant de succomber, la victime parvient à dire quelques mots dans l'ambulance et désigne Michel Lambin comme étant son agresseur. C'est dans ce contexte que le nom de Michel Lambin est mentionné pour la première fois dans cette affaire.
Poursuite judiciaire pour assassinat et acquittement Lambin est interpellé le puis placé en garde à vue. Interrogé, Lambin conteste les accusations de meurtre portées à son encontre. Bien qu'il nie l'avoir tué, Lambin est inculpé pour l'assassinat de Christian Salmon puis placé en détention provisoire.
Alors qu'il est en prison, accusé d'avoir assassiné son rival, ses filles, convaincues qu'il est l'auteur de l'assassinat de Salmon, mettent un terme à leur relation avec lui. Elles ne le reverront pas pendant plusieurs années. C'est aussi à cette période que Lambin fait la connaissance du braqueur Émile Fornasari, avec qui il se lie d'amitié.
Michel Lambin comparaît le devant la cour d'assises de Paris. Pendant les trois journées du procès, tous les témoins désignent Lambin comme l'auteur de l'assassinat de Christian Salmon. Lambin exhibe un ticket de caisse, daté de l'heure du crime, pour tenter de se disculper.
Défendu par , Lambin est finalement acquitté, le , puis libéré.
Période sans homicides Entre 1986 et 1991, Lambin et Nicole travaillent dans une maison de retraite de Mougins. Lorsqu'il exerce son travail, Lambin aide à faire le ménage et apporte à manger et à boire aux patients âgés de l'établissement. Lambin est apprécié de tous et, pour la première fois de sa vie, est décrit comme étant un employé exemplaire.
De 1991 à 1993, Lambin et Nicole s'installent à Plan-les-Ouates, sur le canton de Genève en Suisse. Le couple n'y restera toutefois pas pour des raisons, semble-t-il, financières.
En 1993, Lambin s'établit comme berger à Caussols, dans l'arrière-pays de Grasse, où il commence à vivre de l'élevage de ses bêtes et des produits de sa ferme. C'est à l'aide de son nouveau métier que Lambin parvient à renouer avec ses trois filles. Il devient par la suite grand-père et se range de toute activité criminelle pendant plusieurs années.
Lambin n'a toutefois pas abandonné ses antécédents de braqueur. Il planifie même l'évasion de plusieurs ex-codétenus avec qui il avait partagé la même cellule une quinzaine d'années auparavant. Lambin rencontre également Farid Errachdi, un jeune délinquant cherchant à blanchir de l'argent, et décide de l'héberger dans sa bergerie.
Le , le braqueur Émile Fornasari, 39 ans, s'évade par hélicoptère de la prison de Draguignan avec deux autres détenus, Jean-Félix Leca, dit « le Corse », et Abdelhamid Karmous. Les trois évadés font partie des amis de Michel Lambin, dont il avait planifié l'évasion. Fornasari, Léca et Karmous s'installent dès lors dans les caravanes de Lambin, qui couvre leur cavale. Pour éviter d'être soupçonné, Lambin déclare a Nicole Rossi que Fornasari, Léca et Karmous sortent de prison et qu'il décide de les héberger afin qu'ils puissent retrouver un emploi.
Seconde série d'assassinats
Dans la nuit du , Lambin accroche Farid Errachdi à l'aide d'un crochet de boucher présent devant sa porte d'entrée, dans sa bergerie de Caussols. Lambin dépèce Errachdi alors qu'il est encore vivant, lequel meurt alors dans d'atroces souffrances . Les restes de son corps et de ses vêtements sont respectivement jetés dans deux énormes seaux. Lorsque Lambin commet ce nouvel assassinat, Jean-Félix Leca assiste au dépeçage d'Errachdi. Lambin décide de planifier un autre meurtre, craignant les représailles de Léca.
Quelques jours plus tard, Lambin entre dans sa caravane puis tire plusieurs coups de feu sur Léca, 38 ans, à l'aide de son pistolet, alors qu'il était en train de dormir. Lambin dépèce par la suite le corps de Léca. Lambin coupe alors plusieurs arbres de sa ferme afin de faire un feu, puis brûle les restes du corps dépecé de Léca. Ayant réveillé Nicole Rossi par ses coups de feu, Lambin déclare à celle-ci qu'il .
Le , Émile Fornasari commandite à Lambin le meurtre de Robert Ludi, un gardien d'école d'Antibes âgé de 33 ans, à qui il reproche d'être un peu trop proche de son ex-compagne. Robert Ludi est abattu vers 18h30 dans sa voiture par deux balles de calibre 11,43mm tirées par Lambin. L'assassinat de Ludi survient sur le parking de l'établissement scolaire dans lequel il travaille comme gardien, à Antibes. Le lendemain, la sœur du disparu s'inquiète de son absence à un déjeuner chez leur mère et se rend à son lieu de travail. Elle découvre le corps dans la voiture en stationnement. Le crime apparaît inexplicable aux yeux des proches de la victime, qui ne lui connaissaient aucun ennemi. De leur côté, les enquêteurs tentent de trouver des indices matériels ou génétiques, mais aucune trace ADN ne se révèle exploitable.
Poursuivant sa cavale, Émile Fornasari quitte la France pour se réfugier en Suisse, tandis que Lambin continue de vivre dans sa bergerie de Caussols.