Lori Lightfoot, née le à Massillon (Ohio), est une femme politique et procureure américaine, maire de Chicago de 2019 à 2023. Elle est la première personne homosexuelle et la première femme noire maire de la ville. Lightfoot est la deuxième femme à être élue maire de Chicago après Jane Byrne (première femme élue à ce poste en 1979) chicagotribune.

Biographie Lori Elaine Lightfoot naît le à Massillon, dans l'Ohio. Sa mère est secrétaire médicale et membre du conseil d'administration de l'école, et son père, ouvrier et concierge. Elle étudie à la Washington High School à Massillon, où elle est présidente des élèves. Son association d'anciens élèves du lycée la nomme « citoyenne distinguée » en 2013. Lightfoot obtient son baccalauréat ès arts en sciences politiques de l'université du Michigan, occupant successivement sept emplois pour financer ses études. Elle travaille pour les membres du Congrès Ralph Regula et Barbara Mikulski, avant de s'inscrire à la faculté de droit de l’université de Chicago, où elle obtient une bourse. Elle dirige avec succès un mouvement visant à interdire l'accès à un cabinet d'avocats sur le campus de la faculté, après les propos racistes et sexistes d'un recruteur à l'encontre d'une étudiante. Lori Lightfoot travaille également pour le juge Charles Levin de la Cour suprême du Michigan. Elle obtient son doctorat en droit à l'université de Chicago en 1989.

Début de carrière

Procureure adjointe Lori Lightfoot entre pour la première fois dans le secteur public en tant que procureure adjointe des États-Unis pour le Northern District of Illinois. Elle est animée par trois motivations principales pour cela : le désir de représenter la communauté afro-américaine, un sentiment d'injustice à la suite du meurtre d'un membre de sa famille par un membre du Ku Klux Klan dans les années 1920 et les problèmes de son frère aîné avec la loi.

En tant que procureure fédérale, Lori Lightfoot participe à l’opération Silver Shovel, une enquête du FBI sur la corruption à Chicago. Elle aide à condamner l'échevin Virgil Jones.

Le juge Richard Posner met en garde Lori Lightfoot pour avoir caché l'emplacement d'un suspect dans une affaire d'extradition vers la Norvège par la Cour d'appel du septième circuit des États-Unis. Lori Lightfoot et le ministère de la Justice contestent cette interprétation de ses actes.

Commission de surveillance des activités de la police de Chicago En 2002, Lori Lightfoot est nommée par le maire Richard M. Daley, administratrice en chef de la commission de surveillance des activités de la police de Chicago - une commission qui a été supprimée depuis. Elle occupe le poste pendant deux ans. Elle enquête sur d'éventuelles fautes professionnelles de la police, notamment lors de tirs sur des civils. Toutefois, un rapport du Chicago Tribune affirme que les enquêtes de la commission manquent souvent d'examen approfondi. Lori Lightfoot affirme que ses recommandations de mesures disciplinaires sont souvent rejetées par les services de police.

Lori Lightfoot recommande le licenciement de l'officier Alvin Weems, qui a abattu Michael Pleasance, un homme sans arme. Des preuves vidéo contredisant les affirmations initiales de Weems sont révélées, et même Weems exprime alors le sentiment que la fusillade était injustifiée. Il n'est pas licencié, mais la ville est contrainte de payer un dédommagement à la famille Pleasance. Weems se suicide un peu plus tard.

Dans le cas controversé où l'officier Phyllis Clinkscales abat Robert Washington, un jeune homme de sans arme, le Chicago Tribune déclare que Lori Lightfoot considère que la fusillade est justifiée, alors que son prédécesseur avait appelé au limogeage de Clinkscales. Le récit de Clinkscales sur les événements de la fusillade contenait des déclarations mensongères. Lori Lightfoot conteste ce récit de l'affaire Clinkscales, affirmant que son prédécesseur avait considéré le tir comme injustifié, alors que le surintendant de la police de l'époque ne l'avait pas suivi. Elle déclare que son action dans l'affaire fut de réclamer une suspension de pour Clinkscales, ce qui, selon elle, était le plus qu'elle pouvait faire, compte tenu des circonstances.

Autres rôles dans l'administration municipale de Chicago Elle est adjointe au département des achats de Chicago, où, à la grande fureur du maire Daley, elle et sa cheffe, Mary Dempsey, enquêtent sur la corruption à Chicago, en particulier sur , l'associé de Rod Blagojevich, gouverneur de l'Illinois et sur un éminent donateur de Daley, Elzie Higginbottom.

Pratique privée gauche|vignette|Lori Lightfoot lors d'une conférence de presse du groupe de travail sur la responsabilité policière en 2016. En tant qu'avocate chez Mayer Brown, Lori Lightfoot représente les républicains contre le gerrymandering des démocrates. Elle défend également l'agent de police de Chicago, Paul Powers, pour des accusations de voies de fait. En 2019, après avoir été critiquée pour avoir défendu Powers, Lori Lightfoot cite une preuve vidéo en faveur de l'innocence de son ancien client.

Elle défend la ville de Chicago contre les accusations portées par la famille d'une femme souffrant de maladie mentale, Christina Eilman, qui a été arrêtée par la police de Chicago après un effondrement nerveux à l'aéroport de Midway. Eilman est relâchée par la police à Englewood, elle subit alors une agression sexuelle et chute de sept étages. La famille d'Eilman conclut un règlement de de dollars avec la ville.

Lori Lightfoot siège également aux conseils d’administration des chapitres de NARAL et de l’ACLU dans l’Illinois. Elle exerce les fonctions de conseil externe pour la Bank of America.

Administration de la police de Chicago et groupe de travail sur la responsabilité de la police Le maire Rahm Emanuel la nomme en 2015 à la présidence du conseil d'administration de la police de Chicago. Celui-ci doit formuler des recommandations pour des mesures disciplinaires en cas de fautes professionnelles des policiers. Sous la direction de Lori Lightfoot, le conseil est plus sévère, et renvoie les officiers dans 72 % des cas. À la suite de la controverse entourant le meurtre de Laquan McDonald, Emanuel la nomme également présidente d'un nouveau groupe de travail sur la responsabilité policière. En 2016, ce groupe de travail publie un rapport critiquant les pratiques du service de police de Chicago et le code du silence du syndicat de la police. La section de Chicago du Black Youth Project 100, groupe de lutte contre la violence policière publie néanmoins une déclaration dénonçant le manque de responsabilité de Lori Lightfoot, du conseil d’administration et du groupe de travail.

En 2017, Emanuel renouvelle le mandat de Lori Lightfoot à la présidence du conseil de police, juste après un différend entre elle et Emanuel au sujet des tentatives d'Emanuel de négocier avec les fonctionnaires du département de la Justice de l'administration Trump un accord de réforme de la police. Il souhaite par cette négociation éviter la surveillance d'un juge fédéral. Lori Lightfoot qualifie l'approche d'Emanuel de « fondamentalement erronée ». À ce moment-là, Lori Lightfoot dément les rumeurs selon lesquelles elle se prépare à la course à la mairie de Chicago en 2019. Elle démissionne de la commission de police en , juste avant, finalement, d'annoncer sa candidature pour la mairie.

Vie politique vignette|Logo de campagne pour la mairie de Chicago.

Campagne pour la mairie de Chicago Le , Lightfoot annonce sa candidature à la mairie de Chicago lors des élections de 2019. Il s'agit de sa toute première candidature à une fonction publique. À l'été 2018, Lightfoot est la candidate qui dispose de plus de soutiens et de financements face à Emanuel, maire sortant ayant accompli deux mandats. Cependant, à l'automne, Emanuel se retire, ce qui conduit d'autres candidats de premier plan tels que , William Daley, et , une autre candidate démocrate afro-américaine, à se présenter.

Selon des rumeurs qu'elle dément, Preckwinkle aurait fait pression sur Lightfoot pour qu'elle abandonne la course. En décembre, après que Lightfoot eut soumis les signatures nécessaires pour se présenter, l'équipe de campagne de Preckwinkle affirme que nombre de ces signatures sont falsifiées. Les commissaires du conseil des élections de Chicago concluent néanmoins que Lori Lightfoot possède suffisamment de signatures valides.

En janvier, la course est bouleversée par un important scandale de corruption impliquant l'échevin de Chicago, . Lightfoot diffuse une publicité télévisée qui critique les liens de l'échevin avec Daley, Mendoza et Preckwinkle et les qualifie « des quatre de Burke ».

Lori Lightfoot obtient le soutien des groupes LGBTQ, de politiciens locaux et de la rédaction du Chicago Sun-Times. Si en janvier, les sondages lui prédisent seulement entre et des intentions de vote, ces dernières passent à plus de dans les sondages publiés dans les semaines précédant les élections.

Peu de temps avant les élections, Scott Cisek, directeur de campagne de Preckwinkle, déclenche une polémique en comparant Lori Lightfoot à une nazie. Preckwinkle renvoie Cisek et s'excuse publiquement.

Lori Lightfoot crée alors la surprise en arrivant en tête au premier tour en février. Elle et Preckwinkle se qualifient pour le second tour. Elle reçoit le soutien du Sun-Times et du Chicago Tribune avant le deuxième tour. Plusieurs candidats du premier tour, dont Mendoza, Chico, Paul Vallas et Willie Wilson se déclarent également en faveur de Lightfoot. Lightfoot obtient alors une avance considérable sur Preckwinkle dans les sondages menés pendant la campagne du second tour.

Avant le second tour, Lori Lightfoot est critiquée par des activistes pour son bilan en matière de responsabilité de la police et en tant que procureure. Chancelor Bennett, musicien et activiste basé à Chicago, ancien partisan d'Amara Enyia et fils d'un des directeurs de campagne de Preckwinkle, également connu sous le nom de Chance the Rapper, apporte son soutien à Preckwinkle. Il déclare que le bilan de Lori Lightfoot en tant que procureure et employée du département de police de Chicago a été défavorable à la communauté noire de Chicago. Le parlementaire Bobby Rush, qui soutient Preckwinkle au second tour après avoir soutenu Daley au premier tour, formule des critiques similaires à l'encontre de Lori Lightfoot sur des questions de justice pénale. Lightfoot se défend contre ces critiques et elle cite ses expériences personnelles en matière de discrimination raciale comme preuve qu'elle prendra en compte les préoccupations de la communauté noire. Elle est aussi critiquée pour avoir suggéré de transformer certaines anciennes écoles en écoles de police sur un forum de l'université de Chicago bien qu'elle ait plus tard désavoué cette suggestion sur Twitter.

Bien qu'elle soit novice en politique, elle se présente comme une candidate du Parti démocrate. Elle axe son programme sur le progressisme et sur la réduction des inégalités sociales et raciales, notamment dans les quartiers sud et ouest de la ville, les plus pauvres et habités majoritairement par une population noire, qui restent défavorisés par rapport au centre financier et au nord de la ville, qui ont bénéficié des programmes de développement économique.

Le , elle est élue avec des voix. Lori Lightfoot aurait bénéficié du ras-le-bol face à la vie politique locale, notamment lié à la corruption et aux scandales policiers, sa position de novice lui donnant probablement un grand avantage par rapport à la candidate plus expérimentée. En étant élue, Lightfoot devient à la fois la première femme afro-américaine et la première personne ouvertement homosexuelle à devenir maire de Chicago, ainsi que la deuxième femme et la troisième personne afro-américaine à accéder à cette fonction. Chicago, troisième ville des États-Unis, devient aussi la plus grande ville du pays dirigée par une femme noire.

Maire de Chicago