Eugène Belgrand, né le à Ervy-le-ChâtelAnnales des ponts et chaussées: Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, Numéro 51, Partie 1, Volume 2, . et mort le à Paris, est un ingénieur français connu pour sa participation aux travaux de rénovation de Paris dans la deuxième moitié du .

Biographie Eugène Belgrand suit une classe de mathématiques spéciales au lycée Louis-le-Grand avec Evariste Galois. Il est polytechnicien (X1829), ingénieur général des ponts et chaussées.

À sa sortie de l'X, Eugène Belgrand choisit l'École nationale des ponts et chaussées comme école d'application, à l’issue de laquelle il est affecté dans le Puy-de-Dôme, dans la Côte d'Or, puis à Avallon en 1845 et présente dès 1846 à l'Académie des sciences ses études sur la partie supérieure du bassin de la Seine (parues dans les Annales des ponts et chaussées de 1846). Il fait l’hypothèse que la suppression des étangs qui existaient autrefois en grand nombre dans les petites vallées granitiques du Morvan a eu des conséquences désastreuses sur les cours d'eau du paysEugène Belgrand, Études hydrologiques dans les granites et terrains jurassiques formant la zone supérieure du bassin de la Seine, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1846, semestre, (lire en ligne). Il publie la description de la distribution d'eau d'Avallon en 1849 et la carte géologique de l'arrondissement d'Avallon en 1851. En 1852, il est nommé ingénieur en chef, affecté à la Navigation de la Seine de Paris à Rouen.

En 1854, Eugène Belgrand prend la direction du service des eaux de Paris. Il participe alors à la rénovation de Paris voulue par Napoléon III, mise en œuvre par le baron Haussmann entre 1852 et 1870 sous la direction de Zoroastre Alexis Michal, en compagnie de son confrère Adolphe Alphand et du jardinier Jean-Pierre Barillet-Deschamps. Il est d'abord affecté au service des eaux, puis à la direction des eaux et des égouts où il réalise les adductions de la Dhuis et de la Vanne, le réservoir de Montsouris, et lance la construction des égouts de Paris. On lui doit aussi les réservoirs de Passy.

En 1871, il devient membre de l'Académie des sciences.

Belgrand a aussi fait œuvre en tant qu'historien de Paris, rendant ainsi hommage à ses prédécesseurs fontainiers de la capitale tels que Salomon de Caus et les constructeurs de la Samaritaine du Pont-Neuf dans son ouvrage Mémoire sur les eaux de Paris (5 tome, 1872-1887). Il poursuit ses recherches sur le régime des eaux jusqu'à sa mort subite par apoplexie en 1878.

Il est inhumé au cimetière du Montparnasse dans la .

Travaux Eugène Belgrand introduit dans son ouvrage La Seine (1872) le mot hydrologie dans son sous-titre études hydrologiques. Justifiant que l'étude des phénomènes pluviaux et fluviaux relève d'un ensemble de disciplines scientifiques (géologie, ingénierie, chimie, médecine, physique, agriculture…), il pose alors certaines bases de la science de la circulation de l'eau sur la terre. Il introduit la loi de Dausse (« les pluies de la saison chaude ne profitent pour ainsi dire point aux cours d’eau ») et l'illustre d'exemples. Il analyse l'action des forêts sur le régime des eaux pour noter le rôle bénéfique des espaces boisés dans la lutte contre le ravinement. Bien qu'il évoque le concept d'évapotranspiration des plantes (qu'il nomme perspiration) dans le mécanisme naturel de rétention des eaux en été, il n'en fournit pas une description suffisamment détaillée pour être considérée comme scientifique.

Le projet des égouts de Paris, inspiré de la Cloaca Maxima à Rome, constitue la pièce maîtresse de la transformation de la ville sous l'ère Haussmann. Belgrand doit répondre au cahier des charges établi dans le grand programme adopté par le conseil municipal de Paris le . Belgrand est chargé de modéliser l'hydrométrie à géométrie variable des égouts (saisons, fontaines, évacuations ménagères et industrielles), de développer un système de nettoyage dans les galeries souterraines, ainsi qu'un système de drainage de la nappe d'eau du sous-sol parisien. Chaque rue de la capitale devient équipée d'un égout. Belgrand s'appuie sur l'inclinaison naturelle nord-ouest du terrain parisien pour orienter la circulation générale des eaux dans la ville. De la Concorde à Clichy, le nouveau collecteur d'eau ( de haut, de large) devient le plus large du monde. Belgrand développe la technologie de curage des égouts, encore d'usage aujourd'hui. Son projet d'égouts pour la capitale s'achève en 1924 avec la dérivation de la Voulzie. Avec de galeries, il constitue alors le plus grand réseau d'égouts au monde. Il implémente les fontaines Wallace dans son réseau de distribution des eaux.

Siphon du Cousin Avallon a toujours connu des problèmes pour s’approvisionner en eau : érigée sur un éperon granitique, la vieille ville est dépourvue de nappe phréatique et sa situation en hauteur fait que les eaux de pluie ruissellent directement vers la vallée du Cousin. Les deux seules sources d’eau potable sont éloignées de la vieille ville : À tel point que l'été, pendant longtemps, les Avallonnais allaient chercher leur eau jusque dans des villages voisins.

La quête d’eau pure au xıxe siècle devient une priorité après plusieurs périodes de sécheresse qui se succèdent jusqu’en 1842, où le phénomène touche aussi le nord de la France. Il ne pleuvra pas de mai à septembre. L’ingénieur des ponts et chaussées, étudie alors la suggestion qui consiste à capter l’eau du ru d’Aillon, au niveau d’Orbigny, sur les hauteurs d’Avallon, pour l’acheminer jusqu’à Avallon par un système de siphon de de dénivelé à travers la vallée du Cousin, comme le faisaient les Romains. Des bornes fontaines sont installées en ville et un château d’eau est construit à côté de l’Horloge. Le , l’eau arrive enfin jusqu’à Avallon. C'est alors un record mondial pour alimenter une ville en eau potable.

Après ce succès, il fut sollicité en divers endroits du pays pour résoudre le problème des eaux, d'abord à Saint Laurent, dans le Jura, puis ce furent Castelnaudary, Rouen, Amiens, Senlis et Rennes.

Autres fonctions 1854-1878 : Directeur du service hydrométrique du bassin de la Seine 1867-1878 : Directeur du service des eaux et des égouts de Paris

Récompenses 1871 : Commandeur de la Légion d'honneur

Principales publications La Seine. Le Bassin parisien aux âges antéhistoriques, Paris, Imp. impériale, 1869 , édition, 1883 (lire en ligne), planches de géologie et de conchyliologie planches de paléontologie Applications à l'agriculture, 1872 (lire en ligne) Les Travaux souterrains de Paris (5 volumes, 1872-1887) partie : les eaux Introduction : les aqueducs romains, 1875 (lire en ligne) section : les anciennes eaux, 1877 (lire en ligne), atlas (lire en ligne) section : les eaux nouvelles, 1882 (lire en ligne), atlas (lire en ligne) partie : les égouts, partie : les vidanges, 1887 (lire en ligne), atlas des égouts de Paris (lire en ligne). Étude préliminaire sur le régime des eaux dans le bassin de la Seine (1873) Assainissement de la Seine, épuration et utilisation des eaux d'égout : Avant-projet d'un canal d'irrigation à l'aide des eaux d'égout de Paris entre Clichy et la partie nord-est de la forêt de Saint-Germain, département de Seine-et-Oise : Enquête. Rapport des ingénieurs de la ville de Paris, (Eugène Belgrand, Mille, Alfred Durand-Claye) ; Préfecture de la Seine, . Tome 1 : Enquête (lire en ligne) Tome 2 : Annexes

Annales des ponts et chaussées Études hydrologiques dans les granites et les terrains jurassiques formant la zone supérieure du bassin de la Seine, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1846, semestre, (lire en ligne) Notice sur l'établissement d'une conduite destinée à amener les eaux du ru d'Aillon à Avallon, suivie, de quelques considérations sur les ouvrages en ciment romain, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1850, semestre, (lire en ligne) Études hydrologiques dans le bassin de la Seine entre la limite des terrains jurassiques et Paris, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1852, semestre, (lire en ligne) Hydrologie - De l'influence des forêts sur l'écoulement des eaux pluviales, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1854, semestre, (lire en ligne) Notice sur le régime de la pluie dans le bassin de la Seine, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1865, semestre, (lire en ligne) Note sur la fondation de l'égout de la Pépinière à Paris, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1866, semestre, (lire en ligne) avec Georges Lemoine, Etude sur le régime des eaux du bassin de la Seine pendant les crues du mois de septembre 1866, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1868, semestre, (lire en ligne) avec Georges Lemoine, Note sur l'état probable des eaux courantes du bassin de la Seine dans l'été et l'automne do 1870, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1870, semestre, (lire en ligne) Du mélange des eaux courantes au confluent de deux cours d'eau; moyen de l'éviter, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1872, semestre, (lire en ligne) Sur les conditions qu'on a dû chercher à réaliser dans le choix de sources destinées à l'alimentation de la Ville de Paris, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1873, semestre, (lire en ligne) De l'action de l'eau sur les conduites en plomb, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1873, semestre, (lire en ligne) avec Georges Lemoine, Étude de la grande crue de la Seine en mars 1876, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1877, semestre, (lire en ligne)

Hommages Son nom est inscrit sur la tour Eiffel. Sa commune natale, Ervy-le-Châtel, fête le bicentenaire de sa naissance le . Le collège de son village natal porte son nomSite officiel du collège : http://clg10.belgrand.free.fr. Aurélien Bellanger a choisi de faire du personnage d'Alexandre Belgrand, chargé du projet du Grand Paris au cabinet du président de la République dans le roman Le Grand Paris, un descendant d'Eugène Belgrand. Une rue du de Paris, la rue Belgrand, porte son nom en son hommage, ainsi qu'une rue d'Avallon et une rue de Levallois-Perret.

Notes et références

Annexes

Bibliographie Émile Malézieux, Analyse et extraits sur « Les aqueducs romains » par M. Belgrand, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur, 1875, semestre, (lire en ligne) Éloge historique d'Eugène Belgrand par Joseph Bertrand, secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences, lu dans la séance publique du , Léon Lalanne, Notice sur la vie et les travaux de M. E. Belgrand, dans Annales des ponts et chaussées. Mémoires et documents relatifs à l'art des constructions et au service de l'ingénieur'', 1881, semestre, (lire en ligne) . . . .

Liens externes

Catégorie:Ingénieur français du XIXe siècle Catégorie:Ingénieur du corps des ponts et chaussées