Les ÉleuthéromanesLe mot est formé sur les mots du grec ancien qui signifient liberté et folie, confirmés par le sous-titre : Les Furieux de la liberté. est un poème écrit par Denis Diderot en 1772. Connu surtout à partir de 1796, il joua un rôle important dans la réception de son auteur en France, en particulier durant la période révolutionnaire.

Le texte

Dans l’Argument qui précède le poème, Diderot expose la circonstance frivole qui a donné lieu à un poème aussi grave et justifie la versification choisie.

En 1772, le sort l'a désigné roi de la fève pour la troisième année consécutive. En 1770, il accueille son titre en rédigeant Le Code Denis et en 1771, une Complainte en rondeau de Denis, roi de la fève, sur les embarras de la royauté. En 1772, il refuse le titre et expose ses motifs dans Les Éleuthéromanes.

Le vers choisi est celui, très libre, des dithyrambes, .

L'argument et la versification annoncent le contenu du poème : trois voix se mêlent pour rejeter l'exercice du pouvoir et rappeler le principe de la liberté naturelle de l'homme. Réception

1772 Rapidement écrit, le texte est publié dans la Correspondance littéraire du , un périodique manuscrit, réservé à quelques souverains européens. Au-delà de cette diffusion limitée, mais non pas anodine, le texte ne sera jamais imprimé du vivant de Diderot et n'a circulé que sous forme manuscrite - qui ont donc pu se multiplier et donner des versions différentes du texte, jusqu'en 1796.

Diderot en donna lecture à Jacob Jonas Björnståhl, à La Haye en Corr., XV, p. 89-90..

1796 À l'égard de la réception de Diderot, l'année 1796 est importante car elle voit publiés ses premiers textes inédits, dont Jacques le Fataliste et son maître, La Religieuse et le Supplément au Voyage de Bougainville. Mais avant même ces textes majeurs, paraissent Les Éleuthéromanes dans La Décade philosophique le , avec cette note : .

Le poème est publié moins de deux mois plus tard dans le Journal d’économie publique, de morale et de politique du , avec cette note de l'éditeur, Pierre-Louis Roederer.

Dans sa première édition des œuvres de Diderot (1799), Naigeon précise : . Selon Assézat, c'est d'ailleurs .

Notes et références

Éditions Correspondance littéraire, . Le texte ne sera toutefois pas repris dans l'édition imprimée en 1813, notoirement censurée. Dythirambe [sic] Ou abdication d'un Roi de la Fève. L'an 1772. Par Diderot, La Décade philosophique, littéraire et politique, , p. 553-558. Les Éleuthéromanes, ou Abdication d’un Roi de la Fève. – Dithyrambe ; par Diderot, 1772, Journal d’économie publique, de morale et de politique, 20 brumaire V (), 20 brumaire V (), , p. 360-367. Œuvres de Denis Diderot (...), éditées par Jacques-André Naigeon, vol. 15, Paris, Desray, an VI , p. 492-488. Oeuvres complètes de Diderot par J. Assézat, tome neuvième, Paris, Garnier, 1875, p. 9-19. Les Éleuthéromanes, par Diderot, avec un commentaire historique. Paris, Ghio, 1884, 103 p. Les Éleuthéromanes, présentation par Jean Varloot. In : Diderot : Oeuvres complètes [DPV], vol. XX, Paris, Hermann, p. 549-555.

Bibliographie Jean Varloot, Vrai ou faux ami? L'original des Eleuthéromanes, Recherches sur Diderot et sur l'Encyclopédie, 1991, , p. 9-20. Herbert Dieckmann, The abbé Meslier and Diderot's Eleuthéromanes, Harvard library bulletin, 1952, VI, p. 69-91. Herbert Dieckmann, Three Diderot Letters, and Les Eleuthéromanes, Harvard University Library, 1952 Pascale Pellerin, Diderot, Voltaire et le curé Meslier, Diderot studies, 2003, vol. 29, p. 53-64.

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