Le concert du nouvel an à Vienne () est un concert annuel de musique classique donné par l'Orchestre philharmonique de Vienne le matin du Jour de l'an, dans la Salle dorée () du . Organisé pour la première fois les et .., il se déroule ensuite chaque , sauf le concert de 1951.

Il bénéficie depuis 1958 d'une diffusion en direct à la radio et à la télévision, et depuis 2010 également sur Internet. Retransmis par le réseau Eurovision et en mondovision, le concert est diffusé dans . Son audience, estimée à de personnes Voir sur wienerphilharmoniker.at., en fait le second événement musical européen en termes d'audience, après le Concours Eurovision de la chanson.

Historique Programmation musicale

La musique qui est jouée lors du concert est principalement celle de la famille Strauss (Johann Strauss et ses trois fils, Johann, Josef et Eduard) et uniquement de cette famille jusqu'en 1960 : en 1961, Hofballtänze, valse de Joseph Lanner est la première œuvre non écrite par un membre de la famille à être jouée. Eduard Strauss, le benjamin de la famille, ne fait son entrée au programme qu'en 1964, et en 1980, le Français Jacques Offenbach est le premier compositeur non autrichien à être interprété. En 2025, Constance Geiger est la première compositrice à y être jouée.

Des compositeurs n'appartenant pas à la famille Strauss ayant eu les honneurs du Concert du nouvel ont été au programme d'au moins une dizaine : Joseph Lanner, Carl Michael Ziehrer, Franz von Suppé et Josef Hellmesberger II, tous Autrichiens.

D'autres célébrités comme Carl Maria von Weber (Invitation à la danse), Johannes Brahms (Danses hongroises), Joseph Haydn (finale de la Symphonie dite des Adieux), Richard Wagner (prélude du troisième acte de l'opéra Lohengrin), Ludwig van Beethoven (Douze contredanses, WoO 14), Hector Berlioz (Le Carnaval romain), Giuseppe Verdi (Prestissimo du ballet du troisième acte de l'opéra Don Carlos), Gioachino Rossini (ouverture de l'opéra La Pie voleuse), Franz Liszt (Mephisto-Valse ) et Anton Bruckner (Quadrille, WAB 121) ont été joués chacun à un unique concert, la plupart du temps à l'occasion d'un centenaire ou cinquantenaire de la naissance ou de la mort du compositeur.

Aucun compositeur vivant n'a été interprété au concert du nouvel an. Le compositeur le plus récent est Robert Stolz, mort en 1975, avec sa UNO-Marsch, interprétée en 2016.

Depuis 1958, le concert se termine généralement par trois bis après le programme principal. Le premier est traditionnellement une polka rapide. Le deuxième est la valse de Johann Strauss II, Le Beau Danube bleu, dont l'introduction est interrompue par les applaudissements du public. À cet instant, le chef d'orchestre souhaite en allemand une bonne année au public, accompagné par les musiciens en ces termes : ce qui se traduit par . Ensuite, ces derniers jouent le morceau en entier, suivi par la Marche de Radetzky de Johann Strauss I. Toutefois, en 1967, Le Beau Danube bleu termine le programme principal, alors qu'en 2005 la Marche de Radetzky n'est pas jouée, par considération envers les victimes du récent tsunami en Asie du Sud-Est.

Les œuvres les plus jouées (au moins vingt fois) au concert du nouvel an sont de la sorte par ordre décroissant : Le Beau Danube bleu, Marche de Radetzky, Pizzicato-Polka, Perpetuum mobile. Ein musikalischer Scherz, l'ouverture de l'opérette Der Zigeunerbaron et Kaiserwalzer.

Le concert est aussi l'occasion d'entendre les Petits Chanteurs de Vienne dans certaines des œuvres interprétées.

Chefs d'orchestre Les deux premiers concerts ont lieu les et , à l'occasion du nouvel an 1940., et sont dirigés par Clemens Krauss. Le chef qui a le plus longtemps dirigé le Neujahrskonzert est Willi Boskovsky, premier violon de l'orchestre, entre 1955 et 1979, soit au total vingt-cinq éditions. Ce dernier est également le premier chef à incorporer au programme une œuvre non composée par un membre de la famille Strauss. À la mort de celui-ci l'Orchestre philharmonique de Vienne nomme son premier chef non autrichien, l'Américain Lorin Maazel.

Depuis 1987, l'orchestre sélectionne un chef différent d'année en année.: avec sept directions entre 1993 et 2025, c'est l'Italien Riccardo Muti qui en détient le plus dans ce nouveau format..

Le plus vieux chef d'orchestre à avoir dirigé le concert est Georges Prêtre, âgé de lors de sa deuxième direction en 2010. Le plus jeune chef à avoir dirigé le concert est Gustavo Dudamel, âgé de lors de sa première direction en 2017. La moyenne d'âge des chefs lors de leur première direction est de .

Depuis sa création, dix-neuf chefs, tous masculins, ont dirigé le concert annuelCi-dessous dans l'ordre d'apparition au fil des années. : Clemens Krauss (†) : 1940, 1941 à 1945, 1948 à 1954 () Josef Krips (†) : 1946, 1947 (deux fois) Willi Boskovsky (†) : 1955 à 1979 () Lorin Maazel (†) : 1980 à 1986, 1994, 1996, 1999, 2005 () Herbert von Karajan (†) : 1987 (une fois) Claudio Abbado (†) : 1988, 1991 (deux fois) Carlos Kleiber (†) : 1989, 1992 (deux fois) Zubin Mehta : 1990, 1995, 1998, 2007, 2015 (cinq fois) Riccardo Muti : 1993, 1997, 2000, 2004, 2018, 2021, 2025 (sept fois) Nikolaus Harnoncourt (†) : 2001, 2003 (deux fois) Seiji Ozawa (†) : 2002 (une fois) Mariss Jansons (†) : 2006, 2012, 2016 (trois fois) Georges Prêtre (†) : 2008, 2010 (deux fois) Daniel Barenboim : 2009, 2014, 2022 (trois fois) Franz Welser-Möst : 2011, 2013, 2023 (trois fois) Gustavo Dudamel : 2017 (une fois) Christian Thielemann : 2019, 2024 (deux fois) Andris Nelsons : 2020 (une fois) Yannick Nézet-Séguin : 2026 (une fois)

Tugan Sokhiev dirigera le concert du nouvel an 2027.

Quelques événements notables En 2002, premier jour de circulation de l'euro, Seiji Ozawa dirige sous un panneau bleu portant le caractère €, reproduisant le rite confucéen de la musique yayue devant les tablettes des ancêtres..

En 2005, l'Australienne Simone Young est la première femme à diriger l'Orchestre philharmonique de Vienne, mais en dehors du concert du nouvel an qui attend toujours sa première cheffe. Interrogé à ce sujet en 2023, le violoniste Daniel Froschauer, président de l'Orchestre philharmonique de Vienne, se contente de déclarer : , alors que le chef d'orchestre Franz Welser-Möst, qui dirige le concert cette même année, évoque et ..

En 2021, Riccardo Muti se voit obligé de diriger le concert devant une salle du Musikverein vide de tout public du fait de la crise sanitaire. Grâce à une application conçue par le diffuseur autrichien de l’événement, les applaudissements de quelques milliers de téléspectateurs à travers le monde sont diffusés en direct à la fin des principales parties« Un concert du Nouvel An à Vienne sans public mais avec des applaudissements », sur francemusique.fr..

En 2022, le concert accueille à nouveau des spectateurs, mais avec des restrictions : jauge limitée à ; masque FFP2 obligatoire ; attestation de vaccination ou de guérison et test PCR négatif..

Par pays +PaysChefsConcerts748 : 1939, 1941 à 1979, 1987, 1989, 1992, 2001, 2003, 2011, 2013, 202329 : 1988, 1991, 1993, 1997, 2000, 2004, 2018, 2021, 202524 : 2006, 2012, 2016, 2020111 : 1980 à 1986, 1994, 1996, 1999, 200515 : 1990, 1995, 1998, 2007, 201513 : 2009, 2014, 202212 : 2008, 201012 : 2019, 202411 : 200211 : 201711 : 2026 11 : 2027

Décor floral Les fleurs qui décorent la salle de concert étaient naguère achetées à des négociants néerlandais, seuls capables pendant longtemps en Europe de fournir de telles quantités en cette époque de l’année.

À partir de 1980, elles furent fournies par la ville de Sanremo (Ligurie, Italie) « Blumenschmuck beim Neujahrskonzert seit 25 Jahren aus San Remo » (lire en ligne) sur le site de la ville de Vienne., dans le cadre d’un partenariat promotionnel gratuit de la cité ligurienne entre celle-ci et le Muskverein.

Depuis 2014, l'organisation s'est tournée vers des fournisseurs autrichiens « Neujahrskonzert 2014: Floristen-Team begeisterte mit Frühlingsblumenschmuck » (lire en ligne) sur le site de l'Austria Presse Agentur..

Ballets

En 1961, les morceaux de musique sont pour la première fois accompagnés d’enregistrements de ballet. Les membres du ballet du Volksoper de Vienne dansent, la chorégraphie est reprise par la maîtresse de ballet Dia Luca. Les danses sont initialement exécutées en direct sur la musique qui est transmise à la salle Brahms, voisine du Musikverein, où sont filmés les danseurs. Le ballet est diffusé en surimpression sur les plans montrant le plafond à caissons du Musikverein, ce qui signifie que les ballets ne sont visibles dès l'origine que par les seuls téléspectateurs et non pas par les spectateurs présents à Vienne.

À partir de 1963, des enregistrements pré-produits du ballet sont utilisés. Depuis 1987, la danse en direct est réintroduite, interprétée par le Ballet d’État de VienneIssu de la fusion des ensembles de ballets de l'Opéra et du Volksoper de Vienne., le ballet de l’Opéra d’État de Bavière et des invités internationaux. En images de fond de la retransmission, certains morceaux sont associés à des séquences filmées montrant des palais autrichiens, des paysages danubiens ou alpestres.

Le public thumb|Salle dorée du Musikverein. La principale salle du Musikverein peut accueillir assises et ..

De nombreuses places sont réservées à de grandes familles autrichiennes qui se transmettent les abonnements de génération en génération. Le grand public () peut, lui, gagner sa place par un système de loterie auquel il faut s'inscrire un an à l'avance : sont de la sorte enregistrées annuellement, ce qui réduit la probabilité d'être tiré au sort à 1 %. Le prix du billet varie de 20 à .

Télédiffusion à la radio et la télévision et sur Internet

Eurovision

Depuis 1959, l'événement télévisé est produit par l'ORF, le service de radio-télédiffusion national autrichien, et diffusé en direct non seulement à la radio mais également à la télévision. L'émission ne comprenait à l'origine que la seconde partie du concert après l'entracte et durait . Dès la première retransmission, le concert a été diffusé en Eurovision par l'Union européenne de radio-télévision (UER) à la plupart des grands organismes de radiodiffusion en Europe. Si Wilfried Scheib fut l'initiateur et le premier directeur technique de ces retransmissions, le réalisateur Hermann Lanske (1927-1979) les a fait évoluer et les a perfectionnées. Responsable de 21 concerts du Nouvel An (1959-1979), il s’est effondré lors d’une répétition pour le concert du nouvel an de 1980 et est décédé durant son transport à l’hôpital.

La réalisation a été assurée en 1989, de 1991 à 2009 et en 2011 par le réalisateur britannique Brian Large. En 2010 et 2012, cette tâche a été reprise par Karina Fibich puis, à partir de 2014, par Michael Beyer et, en 2018, par Henning Kasten.

De 1983 à 2007, Ernst Grissemann a commenté le concert en direct pour les téléspectateurs autrichiens. Barbara Rett lui a succédé en 2008. Depuis 2023, le concert est commenté par pour les téléspectateurs de l’ORF et de la ZDF.

Télédiffusion internationale

Le concert du nouvel an de 1966 a été le premier à être diffusé dans le bloc socialiste de l’époque en coopération avec le réseau Intervision (association professionnelle des radio-télédiffuseurs est-européens) auquel était associée l'Autriche. L'internationalisation de l'émission a nécessité de renforcer la production qui associe depuis 1970 l’ORF et la ZDF allemande.