Cette page concerne l'année 1470 du calendrier julien.

Évènements Janvier 5 janvier Le roi d'Angleterre crée duc de Bedford le jeune George Neville et le fiance avec sa fille aînée Élisabeth. Ce geste vise à amadouer le père de George, John Neville, comte de Northumberland et frère cadet de Richard Neville, comte de Warwick. En effet, malgré la non-participation de John Neville à la rébellion de son frère Richard contre le roi pendant l'été 1469, a fait libérer le jeune Henry Percy, héritier du comté de Northumberland jusqu'en 1464, afin de contrebalancer la puissance de la famille Neville, jugée trop puissante et difficilement contrôlable, dans le Nord de l'Angleterre.

crée également John Stafford comte de Wiltshire. Malgré la loyauté dont a fait preuve par le passé la famille Stafford envers la Maison de Lancastre, John est entré en bons termes au cours des années suivantes avec la Maison d'York, à laquelle appartient le roi. Pourtant, si John se voit favorisé par le roi, son frère Henry ne bénéficie pas des faveurs royales, peut-être en raison de son mariage avec Marguerite Beaufort, important membre de la Maison de Lancastre. Quoi qu'il en soit, même si le roi Édouard ne présente aucune rancune envers Henry, il montre en revanche qu'il est encore incertain de sa loyauté.

6 janvier place son second frère Richard, duc de Gloucester, à la tête d'une commission d'oyer et terminer en Galles. Richard, qui n'a alors que 17 ans, est accompagné à cette occasion par William Herbert, comte de Pembroke ; John le Strange, baron Strange de Knockin ; John Sutton, baron Dudley ; Walter Devereux, baron Ferrers de Chartley ; et le chevalier James Harrington. Ces différents seigneurs ou chevaliers constituent alors les premiers soutiens du duc de Gloucester et vont jouer dans la décennie un rôle important à ses côtés en Galles et dans le Nord de l'Angleterre, où Richard a établi ses bastions.

10 janvier Les ambassadeurs de Milan à la cour du roi de France , Emmanuel de Jaccopo et Sforza de Bettini, rapportent que les tensions entre et Richard Neville, bien qu'apparemment résorbées après une réconciliation en novembre précédent, se sont accrues : « Nous entendons dire que le roi d'Angleterre est à Londres avec une force importante et que le comte de Warwick détient le pays avec une grande armée et que la guerre est plus féroce que jamais ». Cette information est vraisemblablement erronée, puisqu'il n'y a à cette date aucun conflit apparent entre les deux hommes.

19 janvier Jacquette de Luxembourg, mère de la reine Élisabeth Woodville et belle-mère d', se rend devant le grand conseil royal. Elle y accuse Thomas Wake, un partisan du comte de Warwick, d'être « de nature malveillante » envers elle et « de la poursuivre longuement, dans le but non seulement de nuire à son nom et à sa réputation, mais également pour la destruction finale de sa personne ». En effet, lors de sa rébellion dirigée contre le roi l'année précédente, Richard Neville avait accusé Jacquette de sorcellerie afin de procurer le mariage du roi avec Élisabeth Woodville en 1464 et avait été soutenu en ce sens par Thomas Wake.

22 janvier Thomas Wake est interrogé par l'évêque de Carlisle Edward Story au sujet de ses accusations proférées contre Jacquette de Luxembourg. Il amène une image de plomb « faite comme un homme d'armes, brisée dans son milieu et faite rapidement avec un fil », et allègue que Jacquette l'a façonnée pour l'utiliser en sorcellerie. Il fait appel à John Daunger, un clerc de la paroisse de Northampton, comme témoin, afin que celui-ci puisse attester que Jacquette a fait deux autres images, une représentant le roi et l'autre la reine. Mais les déclarations de Daunger sont contradictoires et l'accusation de sorcellerie s'effondre immédiatement.

31 janvier Une ambassade anglaise arrive à Gand, apportant le ruban de l'Ordre de la Jarretière au duc de Bourgogne Charles le Téméraire afin qu'il en soit officiellement vêtu. Cette récompense lui a été attribuée le par son beau-frère le roi d'Angleterre , dont il a épousé la sœur Marguerite en 1468. Charles et Édouard témoignent alors l'un envers l'autre d'une grande amitié ainsi que d'un profond respect mutuel. Leur politique extérieure commune est pour le moment essentiellement concentrée contre le roi de France , dont ils craignent chacun les velléités territoriales.

Février 2 février Les troubles présents dans le Lincolnshire depuis entre le maître de cavalerie Thomas Burgh de Gainsborough et Robert Welles, baron Willoughby d'Eresby, atteignent leur paroxysme lorsque Welles attaque et met à sac Gainsborough Old Hall, la résidence de Thomas Burgh. Tandis que certains historiens pensent qu'il s'agit en réalité d'une ruse de Richard Neville afin de mener une seconde rébellion contre après sa première tentative au cours de l'été 1469, d'autres considèrent que les tensions entre Thomas Burgh et Robert Welles reflètent davantage d'une simple guerre privée.

4 février À Gand, en présence de l'ambassade anglaise commandée par ainsi que de sa cour, le duc de Bourgogne Charles le Téméraire est solennellement institué chevalier de l'Ordre de la Jarretière.

7 février nomme son frère Richard de Gloucester pour remplacer Richard Neville comme juge en chef et chambellan du sud du pays de Galles jusqu'à la fin de la minorité de William Herbert, bien que le duc de Gloucester soit lui-même plus jeune que le comte de Pembroke.

9 février Inquiet des récents troubles dans le Lincolnshire, annonce qu'il va résoudre la situation en personne et rassembler son armée à Grantham le . Édouard convoque à Londres Richard Welles, et père de Robert Welles, et son allié et beau-frère Thomas Dymoke afin de répondre de leurs actes. Les deux hommes se réfugient pourtant dans le sanctuaire de l'abbaye de Westminster, craignant sans doute pour leurs vies.

10 février Jacquette de Luxembourg se présente une seconde fois devant le conseil royal et demande à son gendre d'être officiellement exonérée de toute accusation de sorcellerie. Le roi et les membres du conseil, y compris Richard Neville, acquiescent à sa demande. Jacquette fait remarquer qu'elle a toujours « vraiment cru en Dieu, conformément à la foi de la Sainte Église, comme devrait le faire une vraie femme chrétienne ».

16 février Roger Vaughan de Tretower est nommé connétable à vie du château de Cardigan. Il est un proche du nouveau comte de Pembroke, dont le père a été exécuté après la bataille d'Edgecote Moor en sur ordre de Richard Neville pendant son insurrection contre le roi. Cette nomination a vraisemblablement pour but de contrebalancer une nouvelle fois le pouvoir du comte de Warwick en Galles et d'y diminuer son influence.

21 février Le conseil royal se réunit et clôt définitivement l'affaire de sorcellerie à l'encontre de Jacquette en la déclarant innocente de toutes les charges présentées contre elle.

22 février Le chevalier Thomas Malory, probable auteur de Le Morte d'Arthur, est exclu d'un pardon offert par le roi, ainsi que Robert Marshall, William Verdon et Thomas Philip. Ces hommes ont participé à une conspiration en pour renverser en faveur de son rival , issu de la Maison de Lancastre, déposé en 1461 par Édouard et enfermé depuis 1465 à la Tour de Londres. Ils ont déjà été exclus d'un précédent pardon en . La raison de cette exclusion reste encore inconnue, d'autant qu' était souvent enclin à la clémence envers ses adversaires.

27 février Afin de le compenser de la future perte du comté de Northumberland qu'il compte bientôt rendre à Henry Percy, accorde à John Neville les terres d'Humphrey Stafford, mis à mort en par des partisans de son frère Richard Neville lors de sa rébellion, dans le Devon. Les nouvelles terres de John Neville lui apportent un revenu annuel supplémentaire de 400 livres, ce qui lui permet de revendiquer un statut de magnat dans le Devon, que le roi consent à lui reconnaître afin de restaurer une autorité dans la région depuis l'exécution d'Humphrey Stafford.

Mars mars Le jeune Henry Percy reprend le titre paternel de comte de Northumberland avec le soutien actif d', et ce au détriment de John Neville. Ce transfert de titre s'inscrit toujours dans la politique d'Édouard de réduction de l'influence de la famille Neville depuis la rébellion du comte de Warwick, malgré le fait que John Neville n'y ait pas participé.

3 mars Richard Welles et Thomas Dymoke sortent du sanctuaire de Westminster après que le roi Édouard leur ait promis un pardon. Ils se rendent auprès du roi pour y présenter leurs excuses en raison des troubles passés et sont immédiatement pardonnés. les place cependant sous surveillance jusqu'à ce que les tensions dans le Lincolnshire soient résolues et ordonne la mobilisation de son artillerie.

4 mars La rumeur commence à circuler dans le Lincolnshire que le roi a l'intention de poursuivre en justice les rebelles qui avaient été pardonnés l'année précédente pour leur participation à la bataille d'Edgecote Moor et qu'il va « pendre et traîner un grand nombre d'entre eux ». Robert Welles se proclame grand capitaine du peuple du Lincolnshire et des proclamations sont envoyées dans le comté pour requérir l'assistance de chaque homme afin de se joindre à la résistance contre l'autorité royale.

6 mars rencontre son frère puîné Georges, duc de Clarence, à Londres. Ce dernier a activement soutenu la rébellion de Richard Neville l'année précédente, dont il a épousé la fille aînée Isabelle. Georges convainc son frère qu'il prévoit d'entreprendre un voyage dans le West Country pour y rejoindre sa femme et part peu après, tandis qu'Édouard quitte la capitale pour se rendre dans le Lincolnshire. Avant de partir, Georges a une entrevue secrète avec Richard Welles.

7 mars Alors qu'il marque une pause à Waltham Abbey, apprend que les rebelles marchent sur Stamford avec une armée de hommes recrutés dans les comtés du Lincolnshire et du Yorkshire. Il est également informé de la proclamation de Robert Welles et fait convoquer auprès de lui Richard Welles et Thomas Dymoke. Désormais, le roi a conscience que son expédition ne sera pas une simple démonstration de force.

8 mars Édouard arrive à Royston et reçoit une lettre de son frère Georges. Celui-ci l'informe qu'il a décidé d'abandonner son voyage vers l'Ouest et de rejoindre Richard Neville, établi à Coventry. Les deux hommes marcheront ensuite vers le Nord avec leurs hommes pour le soutenir. Le roi remercie le duc de Clarence et le comte de Warwick de leur fidélité et délivre des brevets les autorisant à lever en son nom des troupes dans le Warwickshire et à Huntingdon.

9 mars se rend à Huntingdon, où Richard Welles et Thomas Dymoke lui sont amenés. Les deux hommes admettent leur participation dans la rébellion de Robert Welles. Cette confession annule le pardon qu'ils ont obtenu quelques jours auparavant, celui-ci ne s'appliquant qu'à leur implication dans les troubles pendant l'hiver contre Thomas Burgh. Le roi ordonne alors à Richard Welles d'écrire une lettre à son fils lui intimant de disperser son armée, sans quoi lui et Dymoke seront exécutés.

11 mars Robert Welles reçoit la lettre de son père. Il fait alors immédiatement faire demi-tour à ses troupes et retourne vers Stamford, sans doute pour confronter les troupes royales et secourir son père et son oncle. Il manque ainsi son rendez-vous avec les troupes du comte de Warwick et du duc de Clarence, qu'il a prévu de rencontrer à Leicester le lendemain. Les deux armées ne seront donc jamais réunies pour défaire le roi. À Fotheringhay, apprend lui aussi ce changement de cap, ce qui lui révèle les véritables intentions de son frère Georges et de Richard Neville.

12 mars