Ernest Lamarle, né le à Calais et mort le à Douai, est un mathématicien et professeur à l’université de Gand.

Le , il est élu associé de l’Académie royale des sciences, des lettres et des beaux-arts de Belgique. Au cours de sa carrière, il énonce le principe de gyroscope peu de temps avant Léon Foucault.

Biographie

Formation Élève au collège d’Amiens puis au collège Henri IV à Paris, il entre à l'École polytechnique en et à l'école des Ponts et Chaussées deux ans plus tard. Élève-ingénieur à Dunkerque et aspirant-ingénieur à Arras à partir de , il est nommé ingénieur des Ponts et Chaussées de seconde classe en . La même année, il devient membre de la société pour l’encouragement des sciences et des arts à Arras« Lamarle », Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts d'Arras, 2 série, t. 83, 1883, .

Carrière En 1838, Lamarle est appelé par le gouvernement belge, à l’université de Gand, en remplacement de son beau-frère, Amédée Bommart, comme professeur de construction et comme inspecteur des études à l’École du Génie civil. Il occupe cette fonction jusqu’en 1867. Pendant son séjour en Belgique, il continue à être compté parmi les promotions du corps des Ponts et Chaussées de France et y parvient au grade d’ingénieur en chef. Il est nommé correspondant de la Société royale des sciences de Liège en , correspondant de la société d’agriculture, des sciences et des arts du Nord, en . En , il est promu au grade d'associé à l’académie royale de Belgique. En , il est nommé chevalier puis officier de l'ordre de Léopold en . Il a également reçu le titre de chevalier de la légion d'honneur en ainsi qu'officier de l'ordre néerlandais de la Couronne de chêne en « Lamarle », Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts d'Arras, 2 série, t. 83, 1883, .

Fin de vie Il démissionne de ses fonctions en 1867, est admis à l’éméritat, le et habite successivement à Calais et Douai« Lamarle », Mémoires de l'Académie des sciences, lettres et arts d'Arras, série, t. 83, 1883, . Il meurt en cette dernière ville, quatre ans plus tardMémoires de la Société d'études de la province de Cambrai, t. XXII, Société d'études de la province de Cambrai, Lussaud frères, 1927, .

Travaux

Dans la liste de ses écrits publiée dans les Notices biographiques et bibliographiques de l’Académie (édition de 1874, ), trois ou quatre articles se rapportent à l’art de l’ingénieur proprement dit. En revanche, il a publié à l’Académie et ailleurs des travaux sur l’analyse, la géométrie infinitésimale et la mécanique. Faute d’avoir suffisamment étudié les ouvrages de Cauchy, faute aussi d’avoir remonté aux sources, pour les écrits de Leibnitz et de Newton sur l’analyse infinitésimale et la mécanique, Lamarle, après le philosophe J.-B. Bordas-Demoulin (1798-1859) et beaucoup d’autres, pensait qu’il y avait encore lieu de s’occuper, vers 1840, de ce que l’on appelait alors la métaphysique du calcul différentiel ; il croyait aussi, à tort, que les méthodes de Leibnitz, de Newton et de Cauchy sont substantiellement différentes. Il fut ainsi amené à écrire plusieurs mémoires sur les principes du calcul différentiel et sur les développements en série, où il aurait refait sous une autre forme ce qui avait été fait définitivement par Cauchy : entre autres Notions sur la puissance et la force considérées dans les effets qui leur servent de mesure, la métaphysique du calcul différentiel et le principe des vitesses virtuelles. Dans son Étude approfondie sur deux équations fondamentales du calcul différentiel, il essayait de démontrer que toute fonction continue a une dérivée. Il n’y réussit pas et ne pouvait pas réussir puisqu’il y a une infinité de fonctions continues sans dérivée. Cependant par la suite, il fit plusieurs remarques et des distinctions subtiles sur la borne supérieure et la borne inférieure des rapports (Δy : Δx), pour Δx positif ou négatif, que l’on retrouve dans les recherches analogues ultérieures de tous ceux qui se sont occupés de l'existence ou de la non-existence de la dérivée de fonctions particulières, ou même, comme Hankel et Gilbert, de la question générale de l'existence de la dérivée. D'ailleurs, tous les travaux d'analyse de Lamarle, même ceux qui précèdent l'Étude approfondie, renferment, au point de vue de l'enseignement, des remarques ingénieuses dont les géomètres belges venus après lui ont fait leur profit. Les travaux géométriques de Lamarle constituent la partie la plus originale de son œuvre et celle dont la valeur est la plus durableOn la trouve exposée dans les écrits suivants : « Notions fondamentales sur plusieurs points élémentaires de géométrie, de dynamique et d'analyse transcendante » (Mém.in-4 de l'Acad. 1857, t. XXX), « Théorie géométrique des rayons et des centres de courbure » (Bulletins de l'Académie, série, 1857-1859; t II, III, V, VI), « Théorie géométrique des centres et des axes instantanés de rotation » (Ibid., 1858-1859, t. V, VI, VII), et « Sur le développement homalographique de certaines de certaines surfaces » (Ibid., 1860-1861, t. X et XI)..

L'idée fondamentale qui est la base de toutes les recherches géométriques de Lamarle se trouve déjà dans une « note sur la métaphysique du calcul différentielNote insérée dans » : Ce principe qui, dit P. Mansion, implique l'existence et la continuité de la dérivée de la fonction qui représente la courbe, est cependant suffisamment intuitif, au point de vue cinématique pour permettre à l'auteur de retrouver sous forme personnelle, non seulement les principes de l'analyse infinitésimale, avec leurs applications habituelles analytiques ou géométriques, mais aussi un grand nombre de propriétés anciennes ou nouvelles d'accès très difficile sur la courbure des lignes et des surfaces, sur les surfaces applicables.

Publications « Notes sur le théorème de Cauchy relatif au développement des fonctions en série », Journal de mathématiques pures et appliquées, t. XI, 1846, Essai sur les principes fondamentaux de l’analyse transcendante, Liège, H. Dessain, 1845 Bulletins de l’académie notes et mémoires (contribution), 1846 Journal de Liouville notes et mémoires (contribution), 1847 Les lettres de l’abus de l’infini insérées dans Le Moniteur de l’enseignement , 1852 Note sur l’emploi de l’infini dans l’enseignement des mathématiciens élémentaires Mem de l’Acad. ; t. XXVII, 1853 Étude approfondie sur deux équations fondamentales du calcul différentiel Mém. De l’acad., t. XXIX, 118 pp. in-4°, 1863

Notes et références

Bibliographie

Paul Mansion, « A.H.E. Lamarle », Université de Gand. Liber Memorialis. Notices biographiques, t. II, Gand, Vanderpoorten, 1913, Joseph Marie de Tilly, « Notice sur la vie et les travaux de A.H.E. Lamarle », Annuaire de l’Académie royale de Belgique, 1879,

Liens externes

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