Jacques Libman, né le à Phalsbourg et mort le à Paris, est un militant catholique et royaliste français.

Il est notamment à l'instigation du sauvetage de la chapelle expiatoire.

Biographie Origines et famille Né à Phalsbourg (Meurthe) le , Jacques Lippmann-Aron est le fils de Régine Franck et de Jonas Lippmann-AronArchives de Paris, état civil du arrondissement, registre des mariages de 1861, acte (vue 5 sur 21)..

Sous la Deuxième République, Jacques Lippmann-Aron est établi à Lille. De confession juive, il se convertit au catholicisme à Cambrai le La Croix, 22 novembre 1911, .. Il s'installe par la suite à Paris, où il travaille comme négociant avant de vivre de ses rentes. Le , il épouse Léonie-Marie Pauline Charvet (1839-1917)Archives de Paris, état civil du arrondissement, registre des décès de 1917, acte (vue 30 sur 31).. L'année suivante, il se pourvoit auprès du ministre de la Justice afin de substituer le nom « Libman » à son patronymeLe Moniteur universel, 22 janvier 1862, .. Ce changement de nom est finalement autorisé par un décret impérial du Bulletin des lois, t. XXIII, 1864, ..

Jacques et Léonie Libman sont les parents du général Roger-Antoine-Marie-Xavier Libman (1862-1953)Archives de Paris, état civil du arrondissement, registre des naissances de 1862, acte (vue 13 sur 31). et de Geneviève-Marie-Antoinette-Régine Libman (1865-1954)Archives de Paris, état civil du arrondissement, registre des naissances de 1865, acte (vue 5 sur 31)., seconde épouse du comte Charles-Edmond de Boisboissel et mère du général Yves de Boisboissel.

Sous la Commune (1871) Sous la Commune, Jacques Libman s'indigne de voir que de nombreux objets du culte ont été pillés par les révolutionnaires dans les églises de la capitale. Il entreprend par conséquent de les racheter afin d'éviter leur disparition. Le , le comité de Salut public décide la destruction de la chapelle expiatoire. Libman contacte aussitôt le directeur des domaines de la Commune, Jules Fontaine, en se faisant passer pour un entrepreneur américain désireux d'acheter la chapelle afin de la démonter et de la reconstruire outre-Atlantique en tant qu'attraction touristique. Les négociations de la transaction permettent de retarder la démolition du monument jusqu'à la reprise de Paris, tandis que Libman exfiltre plusieurs religieux en les faisant passer pour des ouvriers chargés de ramener les bateaux destinés à embarquer les pierres de la chapelleFontoulieu, .. Libman acquiert également la statue de la Vierge de Notre-Dame-des-VictoiresFontoulieu, ..

vignette|Carte postale montrant la chapelle expiatoire (vers 1900).

Après les événements, Libman organise une souscription afin de financer la restauration de la chapelle et propose d'en affecter l'excédent aux communautés et congrégations religieuses victimes des mesures anticléricalesL'Univers, 8 juin 1871, .. Cette initiative lui vaut une chaleureuse lettre de félicitations de la part du comte de ChambordL'Univers, 10 juillet 1871, ..

Nommé chevalier de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand par un bref pontifical en L'Univers, 20 juillet 1871, ., il se voit aussi attribuer la Légion d'honneur le suivant sur la proposition du ministre des Travaux publics, Roger de LarcyJournal officiel de la République française, 17 janvier 1872, .. Il a également été décoré des insignes de chevalier de l'Ordre de Charles III d'Espagne le , pour avoir protégé l'ambassadeur de ce pays, Salustiano Olózaga lors des événements du . Il décide de les rendre en 1883, par réaction patriotique à l'encontre de la nomination du grand-maître de l'ordre, le roi Alphonse XII, au grade de colonel d'un régiment prussien en garnison à Strasbourg, en Alsace-Lorraine annexéeLa France, 2 octobre 1883, .. Libman était par ailleurs un sympathisant du prétendant carliste au trône d'Espagne, Charles de BourbonL'Univers, 24 juin 1875, ..

Après la Commune Apprécié au sein des légitimistes, qu'il convie chaque à la chapelle expiatoire pour y commémorer la mort de Louis XVI, Jacques Libman est pressenti pour se présenter à l'élection législative partielle du 27 avril 1873, consécutive à la mort de François-Clément Sauvage, l'un des représentants de la Seine à l'Assemblée nationale. Sa candidature reçoit l'appui de plusieurs journaux légitimistes, catholiques et même bonapartistesL'Univers, 13 avril 1873, .. Libman accepte officiellement cette offre le , dans une lettre adressée à Adrien de Riancey, rédacteur en chef de La France nouvelleLa France, 16 avril 1873, .. Il se retire cependant au bout de six jours, la candidature d'une personnalité royaliste plus connue, Jean-Jacques Weiss, ayant été proposéeL'Univers, 23 avril 1873, .. Weiss ayant à son tour décliné cette investiture, c'est le colonel Stoffel qui est finalement choisi pour affronter le républicain gambettiste Désiré Barodet et le républicain modéré Charles de Rémusat, candidat du président Thiers.

Président de la conférence de la Société de Saint-Vincent-de-Paul de la paroisse Saint-JosephL'Univers, 20 février 1879, ., vice-président du comité catholique du patronage des Alsaciens-LorrainsL'Univers, 13 octobre 1881, . et membre du Tiers-Ordre franciscainL'Univers, 11 novembre 1911, ., Libman est aux côtés du docteur Ozanam quand celui-ci tente d'empêcher l'expulsion des Capucins de leur couvent de la rue de la Santé, en Le Figaro, 6 novembre 1880, .. Arrêté, il passe une nuit à la prison de la Santé avant d'être libéréLa Gazette de France, 8 novembre 1880, .. Par la suite, Libman préside une société civile immobilière possédant plusieurs immeubles abritant des religieux, notamment à la villa des Otages de la rue HaxoLe Temps, 30 août 1902, ..

Jacques Libman meurt le à son domicile du de la rue de ClichyArchives de Paris, état civil du arrondissement, registre des décès de 1911, acte (vue 2 sur 31).. Le , après des obsèques célébrées en l'église de la Trinité, il est inhumé au cimetière du Montparnasse ( division)Archives de Paris, registres journaliers des inhumations au cimetière du Montparnasse, 1911-1912, (vue 8 sur 31)..

Distinctions ()

sans_cadre|50x50px Chevalier de l'Ordre de Charles III d'Espagne (1871-1883)

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Paul Fontoulieu, Les Églises de Paris sous la Commune, Paris, Dentu, 1873, .

Liens externes

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