La bataille de Timimoun ou opération Timimoun est une série d'engagements armés se déroulant entre novembre et dans la région du Grand Erg occidental, cette bataille oppose l'ALN à l'Armée française.

Prélude de la bataille La bataille de Timimoun est précédée le par la désertion de la compagnie méhariste du Touat à Hassi-Sekka planifiée depuis plus de 4 mois, cette désertion est rendue possible grâce au militant Mustapha Harkati qui a sensibilisé les méharistes à la révolution algérienneDocumentaire, "L'épopée de la bataille de Timimoun, Amine Esseghir". et aussi grâce au Colonel Lotfi organisateur du front sud de l'ALN.

Après avoir tué 8 soldats français dont trois sous officiers, les méharistes apportent à l'ALN le renfort de 60 hommes, voire 100 hommes disposant de 225 chameaux, 75 armes, 10.000 cartouches, ainsi que 3 postes radio et des matériels divers.

Des opérations de recherches aériennes (avec notamment la présence de trois bombardiers B-26, trois MD-315, deux Junker Ju 52 ainsi que trois avions C-47 Dakota pour le transport et le parachutage d'une compagnie qui doit arriver en urgence) et terrestres sont alors menées, mais à la fin du mois d'octobre aucun résultat probant n'est enregistré.

Parallèlement aux opérations de recherche, l'armée française eut recours à la guerre psychologique en larguant par avions des tracts de propagande visant les méharistes destinés aux habitants de Timimoun.

Le à Hassi-Tasselgha un convoi de la Compagnie française des pétroles d'Algérie escorté par des légionnaires de la compagnie saharienne portée de la Légion est attaqué par les méharistes déserteurs, deux ingénieurs et cinq légionnaires sont tués à la première attaque, plusieurs ingénieurs, légionnaires et ouvriers musulmans (qui furent en réalité des complices) sont faits prisonniers et neufs Jeeps sont incendiées. À la fin des combats, le chef de mission et six topographes appartenant à la CPA sont tués.

Suite à l'attaque, la région du Grand Erg occidental fut déclarée zone interdite et les populations nomades de la région furent déplacées vers Hassi-Sakka où fut érigé un camp de regroupement.

L'onde de choc médiatique obligea le général Salan, commandant en chef de l'armée française en Algérie à faire appel au R.P.C du lieutenant-colonel Bigeard afin de localiser et éliminer les méharistes déserteurs.

Le , le lieutenant-colonel Bigeard arriva à Timimoun et collabora avec le général Katz et le R.E.P du Colonel Jeanpierre positionné dans la région d'El-Goléa. La première phase de l'opération permit une semaine plus tard (le ) de localiser une partie des méharistes déserteurs qui se trouvèrent à environ 80 km au nord de Timimoun à Hassi-Rhambou.

Composition des armées

Armée française Le R.P.C alors positionné au sud-ouest de Colomb-Béchar arrive le à Timimoun, selon le général Jacques Massu et la revue L'Ancre d'Or-Bazeilles, le régiment à bénéficiait des renforts suivants : un commando Air composé de 100 hommes. la compagnie saharienne portée de la Légion (200 hommes sur véhicules) en cours de recherche des méharistes déserteurs, à 50 kilomètres au nord-ouest de Timimoun. une compagnie méhariste (disposant de 100 fusils) en mission de protection-récupération des Land-Rovers brûlés à 40 kilomètres au nord de Timimoun. les garnisons de Timimoun, Kerzaz et de Beni Abbès. 2 patrouilles de T6 pour l'appui feu, 3 avions Piper pour l'observation, 3 Nord 2501Pierre Jarige, historien cite pour sa part une vingtaine de Nord-Atlas utilisés pour le transport de Blida à Colomb-Béchar et à Timimoun, confirmant pour autant plus loin les chiffres de trois Nord-Atlas ayant participé à l'opération., 3 Junker Ju 52, 3 Dassault M315 et un détachement de 6 puis 12 hélicoptères H-34 du colonel Brunet pour la logistique et le transport. un SCR 193 à Béchar, un SCR 193 à Timimoun, deux ANGRC7 au P.C. du régiment, un ANGRC 9 par compagnie, un SCR 300 par section. 50 G.M.C., 14 Dodge 6 x 6, 29 Jeep.

Au total « 1750 hommes [dont 1570 parachutistes], 11 avions, 6 hélicoptères [puis 12] et tous les véhicules nécessaires [~une centaine] » selon Bigeard.

Armée de libération nationale Les effectifs de l'ALN lors de cette bataille sont estimés entre 150 et 200 moudjahidines (déserteurs et autres éléments de l'ALN) divisés en deux grands groupes après l'attaque de Tasselgha, un groupe est commandé par le commandant Ferhat se trouvant à l'ouest de Timimoun, à Hassi-Ali et le second groupe est dirigé par le commandant Ben El Hachemi se trouvant au nord-est de Timimoun, à Hassi-Rhambou.

Déroulement de la bataille

Opération Timimoun I - Hassi-Rhambou Le à l'aube, la compagnie du R.P.C dirigé par le capitaine de Llamby est héliportée près du puits de Hassi-Rhambou où se trouvent les moudjahidines de l'ALN, à 12h30 la compagnie du lieutenant Douceur est aérolarguée par 3 Nord 2501, puis une section de l'escadron est héliportée depuis Zaouiet Ed Debahr, les combats commencés à 9h30 font rage et les T6 font alors leurs apparitions sur le champ de bataille et ciblent les moudjahidines au nombre de 65 et qui pour 14 d'entre eux n'ont pas d'armes (soit un ratio d'un homme sans arme pour deux hommes armés). Les combats seront rudes et dureront jusqu'à 18h45 « face à un adversaire dur, discipliné, tirant remarquablement. Les rebelles se battent jusqu'à la dernière goutte d'eau de leur bidon, jusqu'à la dernière cartouche, même blessés », écrit Patrick-Charles Renaud.

Selon l'universitaire Dahmane TouatiDahmane Touati, professeur d'histoire à l'université A. Draia d'Adrar cite dans le documentaire "L'épopée de la bataille de Timimoun" (Amine Esseghir, 2009) les pertes suivantes : "40 chahid si on y ajoute les 6 qui ont été pris vivants puis exécutés par Bigeard". à la fin des combats l'ALN déplore 40 moudjahidines tués- Patrick-Charles Renaud cite dans son livre "Combats sahariens, 1955-1962" : "42 tués au combat, dont 12 déserteurs ; 10 prisonniers, dont 8 déserteurs, qui succomberont tous des suites de leurs blessures".

- La revue El-Djeich cite "24 chahid tombé en martyres" (novembre 2024, p. 98).. L'armée française déplore 12 tués dont le lieutenant Pierre Roher, le sergent-chef René Sentenac, le voltigeur Jackie Schneidenbach de la compagnie et l’infirmier Roland Fialon de la compagnie, et 8 blessés.

Mais l'analyse des documents saisis et les interrogatoires de prisonniers confirmèrent que les moudjahidines de l'ALN s'était scindé en trois, l'armée français devait alors continuer ses opérations dans la région.

Le les moudjahidines sont localisés à 150 km au nord-ouest de Timimoun, mais il n'existe aucune route permettant de s'y rendre, un terrain de fortune utilisable à 120 km de Timimoun à proximité de la zone d'action fut alors emprunté. Bigeard décida en parallèle la création d'une base logistique projetée d'où partiront les diverses reconnaissances aériennes et terrestres, le choix est alors porté sur Hassi-Boukrelala, le lieu disposant d'une piste d'atterrissage de 900 mètres. Le l'opération « Éclair » débute. Elle vise à acheminer en hommes et en vivres la base logistique avec rapidité : à 8h35, la compagnie est parachuté sur Hassi-Boukrelala, cinquante minutes plus tard le P.C de Bigeard se posent sur la piste à bord d'un avion Ju 52, à 10h10 la compagnie est à son tour parachuté, à 12h les hélicoptères du colonel Brunet et les avions Piper de l'ALAT sont sur la piste. De 9h à 18h, cinq Ju 52 font la navette depuis Timimoun afin d'apporter 18 tonnes de matériel dont 15 tonnes d'essence. (500 hommes et 270 tonnes de matériel seront finalement parachutés et plus d’un millier de passagers en 268 heures de vol au total). Dès le début de l'après-midi la compagnie part en direction du sud-est vers Hassi-Gouani, les recherches commencent. Le dispositif est complété par la CSPLE rameuté à Ouskir. Après une dizaine d'heures de recherches intensives, le la compagnie accrocha les moudjahdines à Ouskir.

Opération Timimoun II - Hassi-Ali Le après que Bigeard ait intensifiait les recherches terrestres et aériennes, un Piper repéra un homme à proximité du puit de Hassi-Ali (100 km à l'ouest de Hassi-Boukrelala) à 11h30. La compagnie d'appui prépositionnée à Kerzaz au sud, avança en direction de Hassi Ali, les hélicoptères et le P.C. du R.P.C. se déplacent sur Belguezza, l'escadron du capitaine Calès qui fut héliporté depuis Belguezza et la compagnie du capitaine Jacques Planès qui fut directement larguée sur les moudjahidines. Le lieutenant-colonel Bigeard fut héliportée au plus près de la bataille pour coordonner l'action de ses troupes et l'aviation. Après une journée de combat l'ALN déplore 35 tués- Il est fait mention "35 fellaghas gisant au sol, 3 sont faits prisonniers" selon un texte provenant du site tenes.info (voir https://tenes.info/nostalgie/TIMIMOUNDETAILS/TIMIMOUN_1) confirmant la première source.

- Jean Balazuc cite 45 tués ainsi que 6 prisonniers

- Il est fait mention de la perte de "14 martyrs" dans le documentaire d'Amine Esseghir sur la bataille de Timimoun. et les parachutistes de l'armée française déplorent, 4 tués et 6 blésées ainsi que la perte d'un avion

Après avoir réussi à briser l'encerclement de l'armée française, le commandant Ferhat et ses hommes rejoignirent la région de Figuig, au Maroc.

L'opération Timimoun commençait le continua alors jusqu'au . Le RPC partira de la région de Timimoun le . Au cours de l'opération, 4 hélicoptères s'écraseront dans les dunes dont le H-34 Pirate qui tua un sergent mécanicien et blessa gravement les deux pilotes.

Un bilan à réétudier Malgré une victoire française qui pourrait sembler apparente, il est important de mieux comprendre les enjeux derrière ces combats et de réétudier le bilan de la bataille.

Enjeu de la bataille Après la récente découverte du pétrole dans le sud de l'Algérie, le est créée l'Organisation commune des régions sahariennes (OCRS), « L'idée de cette nouvelle structure naît dans la volonté de dissocier le cas du Sahara de celui de l'Algérie », comme l'écrit l'historien français Michel Pierre.

Le FLN souhaite alors faire échouer les plans français, c'est ainsi que les combats de Hassi-Sakka et de Tasselgha mettront à mal les plans de l'OCRS en réaffirmant que l'Algérie est une et indivisible et que l'ALN était capable de mener des actions d'envergure de par sa présence et son emprise territoriale dans la régionBigeard devinera notamment que la désertion de Hassi-Sekka n'était pas due à une « maladresse » des cadres sahariens mais bien à une emprise rebelle sur ce territoire (Patrick-Charles Renaud l'indique dans son livre « Combats sahariens, 1955-1962 », p. 152). et par ailleurs de menacer l'activité pétrolière française dans le sud de l'Algérie. L'ouverture du « front sud » sera alors officialisée le dans un communiqué du FLN.

Le général Bigeard dira dans "Ma vie pour la France" : « Le Sahara est maintenant menacé. L'enjeu est facile à comprendre. Si Timimoun tombe, c'est la fin des approvisionnements en pétrole. Dès qu'il s'agit de pétrole, tout le monde s'excite. Paris réagit vivement. Le pétrole c'est notre survie [...], Panique de la Bourse, la presse fait ses gros titres sur une possible crise du pétrole. L'opération revêt donc un caractère stratégique considérable ».

Bilan militaire de la bataille Le bilan proprement militaire de l'opération Timimoun est aussi à réétudier, s'arrêter aux nombres de pertes serait une erreur de compréhension.