Fontarrabie (en basque et officiellement: Hondarribia ; ) est une commune de la province du Guipuscoa dans la communauté autonome du Pays basque en Espagne, située à la frontière franco-espagnole sur la rive gauche de la Bidassoa, face à Hendaye.

Elle est proche d'Irun et forme avec Hendaye et Irun la communauté urbaine transfrontalière Bidasoa-Txingudi. Le territoire de la commune héberge le principal aéroport du Guipuscoa, à 20 km de Saint-Sébastien.

Baignée au nord par la mer Cantabrique et à l'est par la baie de Txingudi, Fontarrabie, traditionnellement un port de pêche, est actuellement une station touristique appréciée pour ses plages sur l'estuaire et sa montagne plongeant dans la mer, le Jaizkibel.

Ville frontalière fortifiée, elle a subi de nombreuses attaques menées par les armées françaises depuis la fin du Moyen Âge.

Désignation Hondarribia est appelée Fuenterrabía en espagnol et Fontarrabie ou Fontarabie en français.

La forme basque est stable depuis le Moyen Âge. .

Toponymie

Le nom de la ville est attesté sous diverses formes au cours des siècles : Hundarribia, Ondarribia, Ondarrabia. La plus ancienne mention écrite date du , tandis que la forme actuelle apparaît pour la première fois dans un document de la fin du .

Actuellement, lorsqu'ils parlent en basque (euskara), les habitants appellent leur ville Honddarbi (prononcer « onyarbi »), qui est une variante de Hondarribia.

Le mot hondarribia signifie « gué de sable », ce qui est parfaitement identifiable par un contemporain bascophone et qui, aux dires des historiens, pourrait avoir une relation avec la configuration géographique de la ville.

Le nom de la ville est mentionné seulement au début du dans la lettre de la fondation de la ville rédigée en latin, sous la forme Fontem Rapidum ou Fontem Rapitum. Il évoluera postérieurement en roman vers Fuenterrabía en espagnol et Fontarabie en français, c'est-à-dire « source Rrabya », noms attestés dès le Moyen Âge. La signification du nom castillan n'est pas complètement claire : le premier élément fuente signifie « source », mais le second élément reste obscur. L'hypothèse a été émise que le second élément correspondait à rabbi, indiquant une origine hébraïque de ses habitants. , la version la plus répandue parmi les linguistes de l'étymologie du nom romanisé de la ville est une évolution du nom basque Hondarribia dont la signification originelle aurait été oubliée.

Dénomination officielle Jusqu'en 1980, le nom officiel de la commune était Fuenterrabía, nom qui est changé cette année-là en Hondarribia par décision du conseil municipal. Depuis 1989, le seul nom officiel de la commune est Hondarribia, qui apparaît sur presque tous les panneaux indicateurs de route et sur les documents officiels, mais aussi sur les documents touristiques et autres. Mais les Espagnols continuent largement à utiliser le nom Fuenterrabía et les Français Fontarabie ou FontarrabieC'est souvent le cas pour les villes étrangères : les Français disent « Saint-Sébastien » et non pas Donostia, ni San Sebastian, « Londres » et non pas London..

Gentilé Les habitants des environs du port — pas ceux des fermes ni des autres quartiers — sont parfois surnommés bikingoak (« vikings ») en basque, vikingos en espagnol, ce qui serait dû au fait qu'il y aurait davantage de personnes blondes à Fontarrabie que dans les environs, accréditant la thèse d'un héritage d'anciennes incursions des Vikings.

Armoiries

Géographie

Géographie physique vignette|Vue aérienne de Fontarrabie et Hendaye. Fontarrabie est située sur la rive ouest de la baie de Chingoudy (ou de Txingudi). Cette baie est formée par l'estuaire de la Bidassoa qui prolonge la frontière franco-espagnole déjà marquée par la rivière Bidassoa dans son dernier tronçon. Autour de cette baie sont implantées les localités de Fontarrabie, Irun (pour la partie sud) et la localité basque française d'Hendaye (sur la rive est). Ces trois villes forment ensemble la communauté urbaine transfrontalière de Bidasoa-Txingudi.

Quartiers vignette|Village de pêcheurs.Fontarrabie a deux quartiers historiques qui forment la partie la plus ancienne et monumentale de son centre urbain : Alde Zaharra ou Vieux Centre qui correspond au centre historique fortifié ; il s'agit d'un ensemble de bâtiments d'un grand intérêt artistique et historique, dans lequel vivent plus de ; le quartier Portua ou quartier de la Marine ou du Port, qui est l'ancien quartier des pêcheurs situé hors de l'enceinte et qui présente une architecture à caractère populaire avec des maisons traditionnelles de pêcheurs de couleurs vives.

Les autres quartiers de la ville sont : Akartegi ; Amute-Kosta ; Arkolla ; Gornutz (Montaña), près du cap de Higuer ; Jaitzubia sur les flancs du Jaizkibel (quartier du golf) : on y compte environ 640 habitants ; Mendelu ; Puntalea ; Zimizarga.

Démographie

La population augmente considérablement lors de la période estivale.

Économie Tourisme L'économie de Fontarrabie est liée principalement au tourisme.

La plage de Fontarrabie est très vaste. Elle se situe entre les ports de plaisance et de pêche.

Pêche L'activité ancienne et traditionnelle de la pêche a beaucoup perdu de son importance.

Fontarrabie est toujours un port de pêche actif, l'un des plus grands du Guipuscoa avec celui de Getaria. Mais ce secteur économique est en décroissance depuis des décennies et le poids de la pêche dans l'économie locale diminue avec le temps. Les emplois liés directement à la mer avoisinent actuellement 5 % des emplois dans la ville, comme c'est aussi le cas dans l'ensemble de l'économie de la région.

Le port de pêche de Fontarrabie est géré par la Confrérie de Mareantes de San Pedro, confrérie de pêcheurs dont l'origine remonte à 1321. Les installations portuaires sont modernes et disposent d'une salle d'adjudications (marché à la criée), de chambres frigorifiques, de balances de pesage, de plates-formes pour la charge de camions, d'une usine de glace, etc.

La commune fait partie de l'Eurocité basque Bayonne - San Sebastian.

Histoire vignette|La place du Guipuscoa.

De l'époque romaine à l'époque contemporaine Les découvertes archéologiques dans la baie de Fontarrabie montrent qu'un port existait à l'époque romaine.

La ville est citée en 1150 dans la charte de ville accordée à Saint-Sébastien par le roi de Navarre Sanche VI.

En 1203, une nouvelle charte est concédée à Fontarrabie après sa conquête par le roi de Castille , avec les coutumes de Saint-Sébastien. Elle est unie à la couronne de Castille en même temps que le Guipuscoa.

Fortifiée en 1200, la ville a subi de nombreuses attaques, en raison de sa position sur la frontière (le fleuve Bidassoa) entre les royaumes de France et de Castille (puis d'Espagne). Les plus connues sont l'occupation franco-navarraise de 1521 à 1524 et le siège par la France en 1638. À la suite de ce dernier, Fontarrabie, déjà honorée du titre de « ville très noble et très loyale » reçoit en plus celui de « ville très loyale et très valeureuse ». Son titre actuel est : « Très noble, très loyale, très valeureuse et toujours très fidèleRevue d'études basques EKAINA, notamment le contenant: Hubert Lamant-Duhart, armoiries en Pays basque, 1883-1884 ».

En 1615, un échange des princesses a lieu sur l'île des Faisans, située sur la Bidassoa, en vue de mariages entre les dynasties française et espagnole : la fille d'Henri IV, Elisabeth vient en Espagne épouser Philippe IV, tandis qu'Anne part en France épouser le roi Louis XIII.

Sur le plan religieux, Fontarrabie fait partie du diocèse de Saint-Sébastien depuis 1949. Auparavant, elle a successivement fait partie des diocèses de Bayonne jusqu'en 1566, de Pampelune (1566-1861) et de Vitoria (1861-1949).

Liste des attaques de la ville En 1280, les troupes du roi de France , en guerre avec le roi de Castille , tentent en vain de prendre la ville. En 1476, le roi de France envahit le Guipuscoa et assiège Fontarrabie, opération menée avec l'appui du roi du Portugal , au profit de son épouse Jeanne la Beltraneja, candidate au trône de Castille. En 1521, le roi de Navarre Henri II, chassé de Pampelune par Ferdinand d'Aragon en 1512, tente avec le soutien du roi de France François Ier, de reconquérir son royaume. Une armée commandée par Guillaume Gouffier de Bonnivet s'empare de Fontarrabie le , après un siège de douze jours ; la ville reste aux mains des Navarrais jusqu'au , date de leur reddition. En 1638, dans le cadre de la guerre franco-espagnole (1635-1659) collatérale à la guerre de Trente Ans (1618-1648), Fontarrabie subit son siège le plus célèbre. Le prince Henri II de Condé, à la tête d’une armée de douze mille hommes, est chassé par une sortie des sept mille défenseurs de la villeGérard Folio, « La citadelle et la place de Saint-Jean-Pied-de-Port, de la Renaissance à l’Époque Contemporaine », Cahiers du Centre d’études d’histoire de la défense, Histoire de la fortification, 2005 , en ligne , consulté le 3 mars 2007, p. 38.. La fin de ce siège est fêtée chaque année par ses habitants lors de l’Alarde. En 1639, la ville est à nouveau assiégée et cette fois prise, l’ingénieur Pierre de Conty d'Argencour participant au siège du côté français. En 1719, la ville est prise le après un siège d'un mois par les troupes de Louis XV commandées par le maréchal de BerwickGérard Folio. p 41. En 1794, elle est encerclée le puis prise par les troupes de la Convention commandées par les généraux Bon-Adrien Jeannot de Moncey et Charles Louis Joseph de Gau de Frégeville pendant la guerre des Pyrénées. Les fortifications du côté oriental, face à la France, sont rasées. En 1836, pendant la première Guerre carliste, la ville est attaquée le par un corps expéditionnaire britannique (légion des volontaires anglais), commandé par le général George de Lacy Evans, envoyé par le roi Guillaume IV en soutien aux troupes loyalistes d'Isabelle II. L'attaque échoue et les Britanniques se retirent. En 1837, la ville est prise le par la légion britannique.

Patrimoine Monuments vignette|L'église Notre-Dame-de-l'Assomption et le château de Charles Quint. vignette|Fontarrabie, par Armand Dumaresq (1873). vignette|Le palais de Zuloaga. vignette|Fontarrabie en 1843, par Eugène de Malbos.

Le centre historique de Fontarrabie a été déclaré monument historique (Conjunto Monumental). Il correspond au périmètre de l'enceinte fortifiée historique de la ville. Aujourd'hui, il subsiste encore une partie importante des murailles et des remparts, comme les deux portes d'accès à la place forte. À l'intérieur de la vieille ville, les rues pavées forment un plan rectangulaire dans lequel se trouvent de belles maisons avec balcons en fer forgé. Sur les hauteurs de la vieille ville, se trouve le château de Charles Quint. Il a été restauré a minima et réhabilité pour être transformé en Parador (chaîne d'hôtels de luxe espagnols installés dans des monuments historiques) à l'époque franquiste. La légende veut que son fondateur soit le roi de Navarre Sancho Abasco. Il se situe au bord de la place d'Armes et près de l'église Santa Maria de la Asunción (« Sainte-Marie-de-l'Ascension ») aussi appelée Nuestra Señora del Manzano (« Notre-Dame-du-Pommier »). L'ancienne poudrière qui datait du a été réhabilitée ; à l'intérieur se trouve actuellement le centre d'interprétation de la ville fortifiée.

Festivités et traditions Au cours de la Semaine sainte, une procession, dite « procession du Silence », a lieu le Vendredi saint dans les rues de la vieille ville. C'est une des dernières processions de la Semaine Sainte conservées dans la province de Guipuscoa.