André Jacques Fonteny, né le à Nanteuil-le-Haudouin (Oise) et mort le à Paris Acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Paris , n° 795, vue 23/26., est un journaliste et, dans l'entre-deux-guerres, le président-fondateur d'une association d'anciens combattants marquée à gauche, la Fédération nationale des combattants républicains (FNCR).

Biographie André Jacques Fonteny (André Fonteny ou A. J. Fonteny) est bachelier ès-lettres. Il collabore avant 1914 à des journaux de gauche, Le Rappel, La Guerre sociale, Armée et démocratie..

Sous-officier rengagé en 1914, il finit la Première Guerre mondiale capitaine au 46e régiment d'infanterie, commandant sa 4e compagnie. Il est blessé une première fois par une balle le , et une seconde fois le , au bras droit et à la jambe droite, par un éclat d'obus. Il reçoit la croix de chevalier de la Légion d'honneur en 1919, à titre militaire, et est promu officier en 1932, par le ministère des pensions, et commandeur en 1937, par le ministère de la guerre, en tant que réserviste. Trois fois cité, il est aussi titulaire de la médaille militaire et de la croix de guerre avec palmeCf. son dossier de la Légion d'honneur, L'Action française, 20 février 1924, Le Petit Troyen, 21 mars 1937.

Il est inscrit en 1922 au carnet B du département de la Seine dans la mesure où il milite à l'extrême gauche depuis la fin des hostilités : il a adhéré à la 5e section de la Section française de l'Internationale ouvrière en 1919, a assisté à des réunions socialistes avec son uniforme de capitaine et aurait même porté un drapeau rougeJean-Pierre Deschodt, La preuve par le carnet B, Les Cahiers du Centre de Recherches Historiques (En ligne), 45/2010, mis en ligne le 27 février 2012, consulté le 16 avril 2019. Il milite aussi à l'Association républicaine des anciens combattants (ARAC), rassemblant des socialistes, ce qui lui vaut d'être éloigné de Paris par l'autorité militaire et d'être déplacé plusieurs fois. Officier d'active, il démissionne de l'armée. Il est membre de la commission exécutive de l'ARACJean-Pierre Deschodt, Le carnet B après 1918.

Puisque l'ARAC est devenue une association communiste, il la quitte en Ibidem, fonde à la fin de l'année 1921 et préside une association politisée d'anciens combattants, se classant à gauche, la Fédération nationale des combattants républicains (FNCR)Antoine Prost, Les Anciens Combattants et la société française (1914-1939), Les Presses de Sciences Po, 1977, (datée de 1922), créée sous les auspices du parti radical-socialiste et dans le contexte de l'hostilité à la politique du Bloc national au pouvoirLe Populaire, 10 avril 1922, L'Ere nouvelle, 7 janvier 1922, Ibid., 27 décembre 1921, Ibid., 2 novembre 1921 (premier appel de la FNCR). Fonteny est alors membre du conseil central de la Ligue de la République de Paul PainlevéOlivier Dard et Nathalie Sévilla (dir.), Le Phénomène ligueur sous la IIIe République, Metz, Centre régional universitaire lorrain d’histoire, 2008, . La FNCR publie un périodique à partir de 1923, Le Poilu républicain ; Fonteny y écrit des éditoriauxLe Poilu républicain, décembre 1923. L'association ne rassemble que des , c'est-à-dire des radicaux et des socialistesLe Radical, 19 octobre 1930. Elle dénonce le faux apolitisme des grandes fédérations du monde combattant, l'Union Fédérale des Associations Françaises d'Anciens Combattants (UF) et plus encore l'Union nationale des combattants (UNC), et proteste contre la présence de l'Église catholique à des manifestations d'anciens combattantsLe Poilu républicain, 19 mai 1922. La FNCR qu'il préside jusqu'en 1940 comprend entre et adhérents au début des années 1930 et fait partie de l'univers de la gauche depuis sa fondationAnne-Laure Anizan, « Chapitre IX. Au temps du Bloc national », Paul Painlevé: Science et politique de la Belle Époque aux années trente, Presses universitaires de Rennes, 2012 (Lire en ligne).

Il est radié du carnet B en 1926. C'est qu'il est désormais proche des radicaux-socialistes, alors au pouvoir. Il a été le secrétaire du député André Escoffier. Il est journaliste au journal Le Quotidien, proche des radicaux ; il y tient une rubrique dédiée aux anciens combattants. Il perd son poste de journaliste en mais continue sa collaboration à ce journal, critique puis défend sa directionLe Quotidien, 21 mai 1927.

Il collabore aussi au quotidien Paris-Soir en 1924-1925.

Franc maçon, membre de la loge Les Droits de L'homme appartenant au Grand Orient de France, il est membre du conseil de l'ordre en 1927 Antoine Prost, Les Anciens Combattants et la société française (1914-1939), Les Presses de Sciences Po, 1977, . Son affiliation et les liens étroits entre la FNCR et la franc-maçonnerie au temps du Cartel des gauches ne sont pas secrets. Ainsi en 1925, un représentant du Grand Orient est invité au banquet de l'association et son discours est reproduit par le périodique de la FNCR, Le Poilu républicainLe Poilu républicain, décembre 1925. L'année suivante, c'est au nom du conseil de l'ordre du Grand-Orient qu'il donne un discours - reproduit également en du Poilu républicain - à la mémoire d'un président d'honneur de la FNCR, le général Augustin Gérard, membre également du conseil de l'ordre et ancien grand-maître. Des banquets de la FNCR se tiennent dans les salons du Grand Orient, rue CadetIbid., janvier 1927, Ibid., mai 1925.

Il doit affronter une crise interne au sein de la FNCR en 1927Le Poilu républicain, septembre 1927. Il est mis en cause par des cadres de la FNCR démissionnaires, notamment le socialiste Gilbert NowinaLe Populaire, 8 octobre 1927, Ibid., 4 novembre 1927, Le Populaire, 10 novembre 1927, Gilbert Nowina, Le Populaire, "Il faut démasquer M. Fonteny", 25 décembre 1930, Le Populaire, 16 janvier 1931, et par le quotidien La LumièreLa Lumière, 9 juillet 1927, Ibid., 30 juillet 1927, La Lumière, 17 septembre 1927, Ibid., 5 novembre 1927, pour des affaires liées à l'administration du Quotidien, à des faux, à des subventions du ministère de l'Intérieur qui provoquent son exclusion de la SFIO et du conseil de l'ordre du Grand-OrientThérèse Vautrin, Les Elections législatives en Meurthe-et-Moselle, 1929-1936: L'évolution vers la gauche, Annales de l'Est, n° 3, 1958, .

Mandaté par le comité central de la FNCR, il se présente aux élections législatives de 1928 comme candidat radical-socialiste à Nancy, contre le député sortant de droite Louis Marin, sans succèsL'Est républicain, 16 avril 1928, Ibid., 23 avril 1928. Il est alors exclu définitivement de la SFIO, pour s'être présenté contre un candidat socialisteLe Populaire, 23 avril 1928.

Président de la FNCR, il est membre du conseil d'administration de l'Office national des combattants, de la Commission supérieure de révision des pensions, constituée en 1933, et du bureau de la Confédération nationale des anciens combattants, mise en place en 1928, qui fédère les principales associations d'anciens combattantsLe Petit Troyen, 21 mars 1937.

Fonteny polémique avec l'UNC après le La Voix du combattant, 3 mars 1934.

Vice-président de la fédération de Seine-et-Oise du parti radical-socialisteLe Quotidien, 12 juin 1934, il est candidat sans succès aux élections sénatoriales de 1935Le Quotidien, 2 octobre 1935, Ibid., 20 octobre 1935, Ibid., 21 octobre 1935.

Fonteny et la FNCR soutiennent le Front populaireLe Poilu républicain, mai 1935, Ibid., juin 1936.

Notes et références

Voir aussi Sources Antoine Prost, Les Anciens Combattants et la société française (1914-1939), Paris, Presses de la FNSP, 3 vol., 1977 (thèse d'État). Base Léonore Notice biographique du Maitron en ligne

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