La famille à Wengen olim von Wengen, von Wängi, von Wengi, de Wengen, AWeng et a’Weng en France (prononcez Avingue) est une famille zwinglienne de l’ancienne (1581) bourgeoisie bâloise (Suisse), issue de la seule branche subsistante et bâtarde des seigneurs de Wängi près Frauenfeld (canton de Thurgovie), en leur temps ministériaux des comtes de Toggenbourg lesquels, ruinés au siècle, se retirèrent à Constance. Leur ultime descendant gagna Bâle en 1550 et fut l’aïeul d’un pasteur et de cinq artistes peintres. La branche aînée quitta Bâle pour l'Alsace en 1803, se convertit au catholicisme et fut naturalisée française en 1846, puis émigra en Franche-Comté après l'annexion de l'Alsace-Lorraine (1870). En France, la famille se distingua dans la métallurgie, l’armée et le clergé.

Les noms Wengen, Weng et Wange signifient respectivement « prés » (au pluriel), « pré » (au singulier) et « versant ».

Origine

L’historien de la commune de Wängi, Karl Tuchschmid, donne la filiation suivie des seigneurs de ce nom depuis Burkhard () von Wengen, chevalier, seigneur de Wängi, y vivant en 1226, jusqu’à son descendant à la huitième génération, Gebhart von Wengi, cité à Constance de 1540 à 1572.

Selon le généalogiste bâlois Arnold Lotz, Hans (IV) Hägelin von Wengi (v. 1511-v. 1563), fils naturel de Gebhart von Wengi et de la demoiselle Hägelin, fuyant la Contre-Réforme de la ville de Constance (1548), embrassa la religion réformée et, en 1550, devint imprimeur à Bâle, chez le célèbre Jérôme Froben. Il fut l’auteur de la famille von puis à Wengen (latinisation en usage chez les Réformés au siècle) de Bâle. Son fils Emanuel () von Wengen (1557-1632), imprimeur également, fut reçu bourgeois de la ville le , et son arrière-arrière-petit-fils Emanuel (V) à Wengen (-1720) fut élu membre du Grand Conseil de Bâle le .

Johann Rudolf (II) à Wengen (1704-1772), artiste-peintre, est l’auteur des deux seules branches parvenues jusqu’à nous. L’aînée, devenue française et catholique, donna un rameau américain éteint en 1892, un rameau alsacien éteint en 1908, deux sous-rameaux lorrains respectivement éteints en 1989 et 1945, ainsi que le sous-rameau comtois, seul subsistant. La cadette, demeurée réformée, se divisa ensuite en une première branche bâloise (toujours représentée), en une branche allemande dont sont issus les rameaux du Neckar (subsistant) et wurtembergeois (éteint), et en une seconde branche bâloise toujours florissante.

Armoiries « Ecartelé, au I : de gueules à la croix d’argent (qui est à Wengen) ; au II : de gueules à la fasce d’or, chargée d’une aigle de profil au naturel, le vol étendu, la fasce accompagnée en chef d’un lion ailé rampant d’or, et en pointe d’une fasce diminuée aussi d’or (qui est Rudolf Leonhard à Wengen) ; au III : de gueules à la fasce d’or, chargée d’un cygne de profil au naturel, la fasce accompagnée en chef d’un lion ailé rampant d’or, et en pointe d’une fasce diminuée aussi d’or (qui pourrait être Johann Jakob (V) à Wengen) ; au IV : parti de petit-gris, parti de gueules à la croix d’argent (qui est Leonhard à Wengen) ; brochant sur le tout : écartelé d’or et de gueules (qui est Wängi). Cinq cimiers, de dextre à senestre : un cygne de profil au naturel entre un vol d’or, chaque aile chargée d’une fasce de gueules (casque couronné) ; un buste d’homme habillé aux armes de l’écu, au rabat d’argent, coiffé d’un bonnet albanais de gueules retroussé d’argent ; deux cornes de buffle, elles-mêmes écartelées d’or et de gueules ; une aigle issante au naturel entre un vol d’or, chaque aile chargée d’une fasce de gueules (casque couronné) ; un buste d’homme habillé aux armes de l’écu, au rabat d’argent, coiffé d’un bonnet albanais de gueules retroussé d’argent. Les lambrequins sont, à dextre de gueules et d’or, à senestre de gueules et d’argent. »

Personnalités

A Wängi (canton de Thurgovie) Burkhard (II) von Wengen (-1296), écuyer, seigneur de Wängi, cité en 1263 et 1273, qui habite le Weiherhaus comme son père, considéré comme étant le Minnesänger (troubadour) représenté dans la célèbre Manessische Liederhandschrift de Heidelberg.

A Bâle Johann Georg (Ier) à Wengen (1612-1689), reçu docteur en philosophie le , par le docteur Félix Platter. Leonhard à Wengen (1680-1721), artiste-peintre à Bâle. Johann-Rudolf (II) à Wengen (1704-1772), artiste-peintre à Bâle. Johann Rudolf (III) à Wengen (1755-1789), artiste-peintre à Bâle. Johann Jakob (IV) à Wengen (1778-1831), artiste-peintre à Bâle. Johann Mathias à Wengen (1805-1874), artiste-peintre à Bâle. Hans Carl à Wengen (1908-1974), chirurgien à Bâle. Johann Jakob (V) à Wengen (1814-1875), architecte néoclassique à Bâle.

Aux États-Unis Adolphe () AWeng (1809-1895), professeur de littérature française au Vassar College de Poughkeepsie (État de New-York).

En France Jean-Rodolphe (IV) AWeng (1779-1850), imprimeur à Saverne (Alsace), fondateur du journal Zaberner Wochenblatt. Eugénie AWeng (1890-1980), agrégée de mathématiques et poète religieux sous le pseudonyme de Michèle Ea. André AWeng (1885-1945), médecin précurseur de la santé publique. Jean François dit Frantz () AWeng (1818-1885), directeur des usines Wendel en Lorraine, puis des forges de Buyer en Franche-Comté, chevalier de la Légion d'honneur.

En Allemagne Heinrich (III) à Wengen (1875-1939), ingénieur, fondateur en Bade-Wurtemberg de la Harry à Wengen Hydraulik GmbH & Co. KG. Stefan à Wengen (1964-), artiste-peintre à Düsseldorf.

Religieux Ulrich von Wengen, chanoine à la Collégiale de Zurich en 1306. Rüdger von Wengi, chanoine de la grande collégiale de Zurich vers 1350. Rüdger von Wengi, chanoine à Dielsdorf en 1428, puis à la collégiale de Zurich. Emanuel (III) von Wengen (1607-1675), pasteur de Saint-Jean, de Matt en 1636, puis de Bilten, enfin de Bretzwil en 1671, correspondant de Theodor (II) Zwinger. Étienne () AWeng (1848-1871), mort en odeur de sainteté. Marie AWeng (1858-1899), Sœur Léopoldine-Marie des Petites Sœurs des Pauvres, missionnaire en Haïti. Jean (VII) AWeng (1901-1980), prêtre en Lorraine. Gabrielle AWeng (1903-2000), Sœur Marie-Sixte des Dominicaines. Joseph AWeng (1905-1929), clerc minoré du diocèse de Nancy. Odile AWeng (1913-2013), Sœur des oiseaux des Chanoinesses de Saint Augustin. Étienne (II) AWeng (1880-1951), Père-blanc missionnaire en Ouganda.

Militaires Auguste AWeng (1837-1885), lieutenant d’infanterie américain pendant la Guerre de Sécession. Frantz (II) AWeng (1873-1914), commandant de compagnie au régiment d’infanterie de Verdun, chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre, mort pour la France. Maurice AWeng (1876-1942), du bataillon de chasseurs, blessé en 1914 et en 1916, commandant d’infanterie, officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre, Croix de guerre des Territoires d’Opérations Extérieures (Levant), officier du Nichan Iftikhar, officier du Ourssan Alaouit, titulaire de la médaille commémorative d’Orient, de la médaille commémorative du Maroc et de la médaille coloniale. Charles AWeng (1888-1916), sergent au régiment d’infanterie, titulaire de la médaille militaire, mort pour la France. Emmanuel (VI) AWeng (1891-1917), sous-lieutenant au régiment d’infanterie, mort pour la France. Jean (VI) a’Weng (1886-1947), du régiment d’infanterie, blessé au Hartmannswillerkopf en 1915, chevalier de la Légion d’honneur, Croix de guerre, titulaire de la médaille militaire. François a'Weng (1920-1961), sert dans les sous-marins des Forces navales françaises libres, capitaine de corvette, officier de la Légion d’honneur, Croix de guerre, commandeur du Nichan Iftikhar, chevalier de l’Étoile noire du Bénin, titulaire de la médaille militaire de classe de Tchécoslovaquie.

Alliances

La famille von ou à Wengen s’est alliée aux familles suivantes : En Thurgovie et à Constance : von Wartensee (v. 1300), zum Trutz (v. 1350), Rüdlinger (v. 1380), Hägelin (v. 1510). À Bâle : Müller (1553), Löw (1580), Treu (1602 et 1834), Zingg (v. 1648), Blum(er) (1668), Stettler (v. 1680), Schärer (1604), Hindermann (1654 et 1855), Pfannenschmied (1687), Fenk (v. 1734), Hafner (1642), Scherb (1670), Wolleb (1701), Ehinger (1731), Uebelin (1676), Godrio (1711), Hindenlang (1704), Schwartz (1742), Hosch (1727), à Wengen (1751), Brand (1754), Thommen (1777), Stutz (v. 1786), von Kilch (1777), Dietschy (1804), Elsässer (1833), Rübenstahl (1858), Péry (1866), Schultz (v. 1890), Schütz (1865), Bischoff (1874), Bonnand (1906), Bickel (1944), Weber (1964), Bopp (1941), Hälg (1970), Merz (1988), Erni (1995), Tschopp (v. 1970), Capeder (1985), Müller (1838), Meyenrock (1865), Brückner (1844), Rikli (1894), Müller (1922), Schirmer (1960), Holzer (1955), Löw (1983), Juhlin (1986), Dörig (1982), Fässler (2014). Aux États-Unis : Parker (v. 1860), Linke ou Sinke (1880), Townsley (1870), Mayhew (1870). En France : Charon olim Wagner (1805), Hoffkirch (1822), Signorino (v. 1830), Rettler (1839), Saladin (1857), Rouge (1889), Favre de Thierrens (1839), Kolb (1845), Cavillon (1867), Merlot (1910), Lauras (1908), Deveaux (1899 et 1912), Kauffeisen (1912), Combier (d’Alissas) (1879), Bessonneau (1911), de Buyer-Mimeure (1916), Pelletier de Chambure (1961), de Cambolas (1999), Lentilhac (1927), Ausset (1989). En Allemagne : Bräuninger (1871), Stockmayer (1900), Wedler (1929), Staehly (1946), Vortmüller (1986), Kessler (1982), Mathews (1904), Rippmann (1938), Zierold (1995).

Demeures

Le Weierhaus ou « château de l’eau » à Wängi (canton de Thurgovie) ; La Wenginerhaus rue de l’Église, près la Collégiale de Zurich ; St. Johann-Vorstadt, 13 à Bâle ; Zum Hinderen Schwanenhals au 10 de la Schifflände à Bâle ; Leonhardsstapfelberg, 3 à Bâle ; Rappoltshof, 6 à Bâle ; Le château Totentanz, 14 à Bâle ; Le Rappoltshof à Petit-Bâle ; Gerbergasse, 70 à Bâle ; Sattelgasse, 19 à Bâle ; Heuberg, 34 à Bâle ; 183, rue des Sœurs à Saverne (Alsace) ; La Ferme d’Altviller près Saint-Avold (Lorraine) ; 12, rue d’Auxonne à Nancy ; La maison Greff 123, Grande Rue à Arnaville (Meurthe-et-Moselle) ; Le Domaine du Lavot à Fournets-Luisans (Doubs) ; Le Château de Ballon (Sarthe) ; Zum Mörsberg au 24, Heuberg à Bâle ; Hebelstrasse, 19-21 à Bâle ; St. Alban-Vorstadt, 108 à Bâle ; La brasserie de la Elsässerstrasse à Bâle ; Bruderholzstrasse, 34 à Bâle ; Feierabendstrasse, 52 à Bâle ; Bodenwaldstrasse, 26 à Seedorf (canton d’Uri) ; Sonogno dans le Val de Verzasca (canton du Tessin) ; L’Hôtel du Leonhardsgraben, 52 à Bâle ; Kanonengasse, 15 à Bâle ; Hausbecker Hof à Bornich-Sehnental (Rhénanie-Palatinat).

Voir aussi Bibliographie Sur les seigneurs de Wängi K. Bartsch, Schweiz. Minnesänger. (Troubadours suisses) Beyerle, Konstanzer Rats-Listen des Mittelalters, Heidelberg, 1897. (Les listes du Conseil de Constance au Moyen Âge) Dictionnaire Historique et Biographique de la Suisse. Voir les articles Wengi (C. Berne), Wengi (von Wenge, von Wengen), Waengi (C. Thurgovie), Waengi (von, Waenginer). N. Hablützel & Hess, Monumenta heraldica Helvetiae Namenverzeichnis, 1944. (Répertoire des noms de monuments héraldiques helvétiques) Ernst Herdi, Geschichte des Thurgaus. Frauenfeld, Verlag von Huber & Co, 1939. Marmor’sches Häuserbuch, 1866. J. R. Pupikofer, Geschichte der Landgrafschaft Thurgau vom Uebergang an die Eidgenossen bis zur Befreiung im Jahre 1798, Frauenfeld, Verlag von J. Huber, 1889. (Histoire du comté de Thurgovie, depuis le passage aux Confédérés jusqu’à la libération de 1798) J. R. Pupikofer, Gemälde der Schweiz. (Peintures suisses). Karl Tuchschmid, Geschichte von Wängi, Herausgegeben von der Sekundarschule Wängi, 1948. (Histoire de Wängi)

Sur les bourgeois de Bâle Carl Brun, Schweizerisches Künstler-Lexikon. Frauenfeld, Verlag von Huber & Co, 1905. (1, ). (Lexique des artistes suisses) Dictionnaire biographique de l’art suisse, Institut suisse pour l’étude de l’art, Zurich & Lausanne, Verlag Neue Zürcher Zeintung, 1998.