ou C'est ça le paradis ? au Québec (, ), est une coproduction internationale réalisée par Elia Suleiman, sorti en 2019.

Synopsis Le film se compose d'une succession de 30 à 50 scènes, d'abord à Nazareth, puis à Paris, New-York, Montréal et enfin, la dernière à Nazareth. Chacune présente ou « surprend » le personnage d'Elia Suleiman confronté à un environnement plus ou moins décalé de la réalité.

La seule apparition silencieuse et perplexe de Suleiman force l'autre à parler, pour s'excuser, se raconter, questionner.

Par exemple, à Nazareth, il habite au premier étage d'une maison, entend des bruits dans son jardin, se déplace sur le balcon, observe ce qui s'y déroule : le fils du voisin s'excuse ou ne s'excuse pas, cueille des citrons, taille le citronnier, arrose le grand citronnier, puis le petit qu'a planté Suleiman.

Un fil conducteur est la situation professionnelle et/ou artistique de Suleiman, cinéaste reconnu, cherchant des idées de scénario, proposant justement cette série de petites histoires à des producteurs, français (Vincent Maraval) ou nord-américains et se voyant opposer des refus attendus : .

Scènes Sauf dans quelques scènes d'extérieur, les rues désertes rendent l'apparition d'êtres vivants d'autant plus intrigante, burlesque, à la Keaton ou à la Tati.

Suleiman, muet, s'exprime par le regard fixe sur l'interlocuteur, le plissement du front, éventuellement un déplacement du corps. La seule fois où il parle, c'est pour répondre à un chauffeur de taxi américain, soupçonneux, intrigué, peut-être inquiet, qui lui demande d'où il vient : . Et le chauffeur, vite enthousiasmé, lui offre la course et téléphone à sa femme :

Palestine Le film commence par une cérémonie religieuse chrétienne chantée en arabe, avec une procession vers les deux portes de la partie consacrée, que deux acolytes refusent d'ouvrir, comme le prévoit le cérémonial.

Dans son appartement, il arrose régulièrement un petit citronier en pot et, au son du clocher voisin, remet sa grande horloge à l'heure.

Dans un restaurant, Suleiman, seul à sa table, boit un verre d'arak (ou équivalent), alors qu'à la table d'à côté, deux frères qui boivent du whisky reprochent au tenancier d'avoir présenté à leur sœur un plat qu'elle trouve un peu trop aigrelet. Les verres se lèvent, se boivent et se reposent strictement en simultané.

À une terrasse de café, Suleiman observe deux policiers en scooter qui s'arrêtent pour fumer une cigarette, pendant qu'un homme pisse dans un coin puis fracasse une bouteille sur un mur, sans que personne n'intervienne.

Dans sa propre rue, son voisin revient d'une chasse aux alouettes ou aux perdrix et lui raconte un épisode de sa vie.

Sur une route de campagne, Suleiman conduisant une voiture est rejoint par une voiture de patrouille israélienne : on voit d'abord, à l'avant, deux soldats israéliens s’échangeant nonchalamment leurs lunettes de soleil et, ensuite, on découvre qu'à l'arrière est assise une femme aux yeux bandés.

À la campagne, Suleiman observe la technique particulière d'une porteuse d'eau, chargée de deux vasques de cuivre remplies.

Dans l'avion qui lui fait quitter le Proche-Orient, Suleiman voit par le hublot l'aile de l'avion s'assouplir dangereusement, tandis que surviennent des bruits surprenants.

Europe / France / Paris Suleiman, assis à une terrasse, saisit les mouvements d'une vingtaine de mannequins « si français » : corps, visages, regards, mines...

La nuit, Suleiman observe, en face de sa chambre d'hôtel, un étage de grand magasin de prêt à porter où, sur un écran, se déroule un défilé de mode : des mannequins avancent face à la caméra, puis s'écartent.

Un jour, Suleiman voit de sa chambre d'hôtel, un jeune homme courir avec bruit dans la rue vide, balancer sous l'unique voiture en stationnement, un bouquet de roses rouges et disparaître. S'ensuit la chorégraphie de trois policiers en mono-roue électrique autour de la voiture, puis s'en allant dans un délicieux accompagnement sonore.

Suleiman dans la rue, observe deux hommes qui courent, pourchassés par un autre trio de policiers, cette fois en patins à roulettes, le quintet filant vers une ruelle d'où sort, peu après, une femme en fauteuil roulant électrique, pourchassée par petit chien blanc échappé.

Un véhicule de maraude du Service d'aide médicale urgente vient proposer comme dans un avion un plateau repas à un sans-abri sur son bout de trottoir.

Ville déserte, devant le siège de la Banque de France passent, annoncés par un grondement sourd, une file de chars comme pour une répétition de défilé du . Cela est confirmé par le passage ultérieur de la Patrouille de France.

À un croisement de la ville déserte, un couple d'Asiatiques sort d'un taxi avec deux valisettes et s'approche de Suleiman : puis

Dans le métro, quelques scènes au passage du portillon, sur les quais (avec des vigiles en face, avec le passager tatoué).

Suleiman assis à une terrasse, est entouré d'une équipe de 4 policiers municipaux (ou équivalents) mesurant la terrasse afin de vérifier de la conformité d'autorisation et d'installation.

Amérique du Nord / New-York / Montréal

Dans une supérette, tous les clients, hommes, femmes, enfants, personnes âgées, circulent avec des armes automatiques (fusil-mitrailleur et autres armes militaires...). D'un taxi sort un couple avec enfant. L'homme retire du coffre un bazooka (ou équivalent).

Dans Central Park (ou équivalent), une jeune femme dotée d'ailes angéliques factices, dévoile un drapeau palestinien peint sur son torse et est dès lors poursuivie par six policiers équipés de couvertures, sans que cela dérange trop les (in)activités des personnes alentour.

Plusieurs fois, Suleiman, seul dans des rues vides, est surpris et gêné par le passage dans le ciel d'hélicoptères de surveillance.

Dans le salon d'accueil d'une maison de production, Gael García Bernal présente à une productrice, . Il part avec la productrice qui n'a montré aucune curiosité pour le travail de Suleiman.

Dans un bar, un soir, un homme se met à danser seul un air oriental, nostalgique.

À l'aéroport, après le portique de détection, deux voyageurs sont orientés à gauche et le troisième, Suleiman, à droite. L'agent de sécurité lui passe un détecteur de métaux portatif sur les parties du corps. Suleiman se prête au jeu, mais tourne un peu trop vite le corps, manque de renverser l'agent deux fois, lui emprunte son détecteur et se livre à un époustouflant numéro de jonglage.

Retour en Palestine Le petit citronier a bien poussé, grâce à l'arrosage du fils du voisin.

Suleiman observe à nouveau la porteuse d'eau, cette fois lorsqu'elle va la puiser, ses récipients étant encore vides.

Une nuit, Suleiman examine une jeunesse palestinienne mixte, qui danse dans une atmosphère de boîte de nuit internationale.

Fiche technique Titre français : Titre québécois : C'est ça le paradis Titre original : , Réalisation et scénario : Elia Suleiman Photographie : Sofian El Fani Montage : Véronique Lange Sociétés de production : Rectangle Productions, Pallas Film, Nazira Films, Possibles Media, Zeynofilm Sociétés de distribution : Le Pacte (France), Maison 4:3 (Canada) Décors : Caroline Adler Costumes : Alexia Crisp-Jones et Éric Poirier Pays de production : France, Canada Format : Couleurs - Genre : comédie Durée : 97 minutes Dates de sortie : France : (festival de Cannes 2019) France : (sortie nationale)

Distribution

Production Genèse et développement

Attribution des rôles

Tournage

Musique Les chansons suivantes composent la bande originale du film.

Accueil Critique

En France, le site Allociné recense une moyenne des critiques presse de ..

Pour Véronique Cauhapé du Monde :

Pour Marcos Uzal de Libération :

Pour Sophie Benamon de Première : Dans les Cahiers du cinéma, Florence Maillard estime que

Distinctions Festival de Cannes 2019 : Mention spéciale du jury. Prix FIPRESCI (compétition officielle). Prix Lumières de la presse internationale 2020 : Meilleure coproduction internationale

Notes et références

Voir aussi Bibliographie Peter Bradshaw, « Les tribulations de M. Suleiman », Courrier international , Courrier international S.A., Paris , , , , (article original paru dans The Guardian, Londres, le ). Hauvick Habéchian, « Le doux regard d'un sage en exil », Ibid., , , (article original paru dans An-Nahar, Beyrouth, le ). David Fontaine, « It Must Be Heaven (Comment peut-on être palestinien ?) », Le Canard enchaîné, Paris, , ,

Liens externes

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