Le centre scolaire Saint-Thomas d'Aquin-Veritas, créé en 1833, est un établissement privé catholique d'enseignement secondaire et supérieur situé à Oullins (Rhône). Il réunit également une antenne à Saint-Genis-Laval où se trouve un collège, une autre à Mornant où se trouve une école primaire avec maternelle, ainsi que deux écoles maternelles et primaires rattachés se trouvant sur la commune nouvelle de Chabanière (l'école Arc-en-Ciel à Saint-Didier-sous-Riverie, et (Floryce Blanchery a Saint-Maurice-sur-Dargoire) ainsi qu'un collège et un lycée, et une dernière antenne à Givors où se trouvent deux écoles primaires avec maternelle ainsi qu'un collège, le lycée professionnel étant transféré sur d'autres structures. Elle est appelée par l'abréviation de « St Thom' » ou « St Thomas » par les élèves. Le centre scolaire rassemble près de et étudiants.
Elle accueille dans son antenne oullinoise, pour l'année 2018-2019, au collège, et 89 dans le supérieur ; soit qui se côtoient quotidiennement.
Le collège-lycée est réputé pour ses résultats obtenus au diplôme national du brevet et au baccalauréat, pour son institution catholique et son cadre.
C'est un site historique, dont certains bâtiments sont protégés au titre des monuments historiques.
L'école possède une devise latine, Esto Vir, « Sois un Homme » donnée par le père Henri Dominique Lacordaire lorsqu'on lui transmit l'école en 1852. Cette devise est tirée du Livre des Rois () dans l'Ancien Testament, au moment où le roi David dit à son fils Salomon « Sois un homme de cœur ». L'utilisation de l'impératif et du futur exprime une injonction qui se réalisera.
Elle possède également un blason, composé de la devise, de l'écusson emblématique des frères Dominicains (argent et sable, soit blanc et noir en termes héraldiques), d'un soleil représentant « l'éclat de la Vérité découverte par les deux lumières qui nous sont données : celle de la raison pour la connaissance naturelle, et celle de la foi pour la connaissance de Dieu », d'un fond azur (bleu), de la date de fondation de l'école en 1833, et enfin de quatre étoiles représentant les quatre sites : Oullins en azur, Saint-Genis-Laval en orangé, Mornant en sinople (verte) et Givors en gueules (rouge).
Histoire
Origine vignette|293x293px|Gravure de Saint-Thomas d'Aquin. À l'origine, le « château d'Oullins », demeure du , fut la propriété des archevêques avant d'être vendu en 1577 à la famille Gadagne, puis de revenir aux archevêques au milieu du qui en firent leur résidence d'été. Jacques-Germain Soufflot, célèbre architecte français de style néo-classique à qui l'on doit entre-autres le Panthéon et la façade de l'Hôtel-Dieu de Lyon, y a entrepris des modifications à la demande du cardinal de Tencin. Il a modifié la façade en y ajoutant un fronton triangulaire, et a dessiné les terrasses avec jets d'eau et le parc.
En 1790, le dernier prévôt des marchands (maire) de Lyon, Louis Tolozan de Montfort, l'acquiert.
L'école fut fondée en 1833 par les quatre abbés Chaine, Dauphin, Lassalle et Lacuria et se trouvait alors à Pierre-Bénite, au « Petit Perron », avant de s'installer en 1834 au « Grand Perron » à Oullins, puis sur le site actuel en 1836. C'est ainsi que le site devient le collège Saint-Thomas d'Aquin. Les abbés Chaine et Dauphin devinrent les premiers directeurs après l'acquisition du site en 1835.
En 1852, l'établissement est transmis au père Lacordaire, qui en fut le directeur, et marque l'installation des dominicains dans les lieux. L'ordre des Prêcheurs, ou Dominicain, sont des prêtres catholiques qui ont pour vocation de prêcher et dont la caractéristique essentielle est d'enseigner.
Durant le , plusieurs constructions ont vu le jour : la chapelle, les ailes de la partie principale, le pavillon des sciences (bâtiment Crapelet), le pavillon des arts (bâtiment Martin) et le bâtiment à quatre étages qui comporte des galeries (bâtiment Captier).
En hommage aux fondateurs, directeurs et architectes, certains bâtiments portent leurs noms : Lacordaire, Mayrand, Captier, Rambaud et Soufflot. vignette|229x229px|Personnel médical en 1915.
Période Contemporaine De 1914 à 1919, après l'expulsion des congrégations religieuses de 1903, le site est réquisitionné le en « ambulance sanitaire de convalescence ». Cet hôpital complémentaire pouvait accueillir de la Première Guerre mondiale. Des galas furent donnés au profit des blessés. Au total, 73 anciens élèves et professeurs sont décédés au champ d'honneur. Quatre plaques commémoratives ont été inaugurées le et sont situées dans le bâtiment Soufflot.
À sa suite, les dominicains reviennent en 1928 de leur exil suisse.
alt=|vignette|179x179px|Plaques Commémoratives. Entre 1942 et 1944, le père Auguste Mayrand, directeur et prieur, prend la décision de cacher des dizaines d'enfants juifs et des adultes, dont Charles Gannapolsky. De nombreux enfants furent alors sauvés, et le père Mayrand reçut la médaille des Justes parmi les Nations à titre posthume le . La cérémonie de reconnaissance se déroula le au sein de l'établissement. A l'époque, St Thomas d'Aquin était un internat pour garçons, ce qui permit de faire passer certains enfants pour des internes.
En 1961, l'établissement signe un contrat avec l'État, avant de fusionner en 1969 avec le cours Veritas des sœurs dominicaines et de devenir mixte dès 1967.
L'établissement a été dirigé par les dominicains jusqu'en 1985, après avoir remis en 1980 la tutelle au diocèse de Lyon. L'année 2006 marque la fin de l'existence d'un internat.
Au , les bâtiments Mayrand en 2012 et Rambaud en 1963-1988 voient le jour afin d'agrandir les locaux. Les deux pavillons ont été réhabilités afin de garantir l'accessibilité.
Abus sexuels
Quatre anciens élèves de Saint-Thomas d'Aquin-Veritas portent plainte, pour des viols et agressions sexuelles dans les années 1980 et 1990, par un professeur, mort en 2002, et dénoncent le silence de la direction de l’époque...
Éléments d'architecture Le lycée comporte plusieurs éléments d'architectures comme une chapelle ou un musée des sciences.
Monuments historiques alt=|vignette|224x224px|Chapelle de l'école Saint-Thomas d'Aquin. L'école Saint-Thomas d'Aquin dispose de plusieurs bâtiments historiques protégés.
Chapelle Les peintures intérieures de la chapelle, datant du , sont classées au titre des monuments historiques par arrêté du . Le reste de la chapelle est inscrit par arrêté .
La chapelle a été construite par Pierre Bossan, l'architecte de la basilique de Fourvière en 1861 pour remplacer l'ancienne jugée trop petite. La toiture de cuivre est construite à la manière néo-byzantine. Les peintures intérieures, comprenant les fresques du chœur, les toiles de la nef, les chérubins au-dessus du ciborium et les anges des médaillons dominant les vitraux furent réalisées par Paul Borel. Les sculptures ont été réalisées par Dufraisne, l'orfèvrerie par Armand-Calliat et la décoration générale par Razuret. alt=|vignette|149x149px|Vitrail avec le blason des Dominicains et Veritas.
Dans le chœur, une statue de l'Enfant Jésus, docteur, se trouve sur la face principale du ciborium. Au-dessus sont disposés les neuf chérubins. Trois médaillons sont composés d'une croix voilée par le linceul au centre, l'image du cénacle à gauche et du calice surmonté de l'Ostie à droite.
Deux figures nimbées, l'une tenant un vase où brûle de l'encens et l'une tenant une lampe avec une ancre à ses pieds, représentent la prière pour la première et l'espérance pour la seconde. C'est dans cette partie que se trouve la crypte où les pères dominicains furent inhumés entre 1853 et 2012.
Au-dessus de l'autel, la chapelle de la Sainte-Vierge ou du Rosaire, sculptée par Dufraisne, représente l'institution du rosaire remis par la Vierge à Saint Dominique. vignette|Portail d'honneur de nos jours. Le tympan de la chapelle représente Jésus-Christ prédicateur, avec Thomas d'Aquin à gauche et Jean l'évangéliste à droite.
Portail d'honneur Le portail d'entrée est inscrit au titre des monuments historiques par arrêté du .
Il fut à l'origine l'entrée du château d'Oullins au . Le linteau du portail est décoré d'une frise dorique sur laquelle se succèdent des métopes et des triglyphes. Trois de ces métopes sont ornées de bucranes, les deux autres représentent pour l'une : un carquois et un bouclier de Minerve avec une tête de méduse, et pour l'autre : un casque et la lance de Minerve. vignette|Détails de la frise du portail d'honneur. Le portail a été déplacé en 1992 afin de permettre l'élargissement de quelques mètres de la rue du Perron.
Bâtiment central Soufflot vignette|186x186px|Escalier d'intérieur. Historiquement, le bâtiment appelé « Château d'Oullins » comportait une maison ainsi qu'un tènement, a été construit entre la fin du et au début du . En 1741, le cardinal de Tencin acquiert la propriété. Sollicité par ce dernier pour embellir le château, Jacques-Germain Soufflot entrepris des rénovations entre 1747 et 1749 portant sur le décor intérieur, la distribution des pièces ainsi que la redistribution des ouvertures sur la façade principale nord-est.
En 1818, Maurice Bovet maire d'Oullins achète la propriété. En 1835, les abbés Dauphin, Chaine, Lasalle et Magat rachètent la demeure. À partir de 1855, la Société civile de l'École d'Oullins rachète la propriété au Père Henri Lacordaire. En 1883 la société anonyme de l'école Saint-Thomas d'Aquin qui achète la propriété et depuis 1978, c'est l'Association immobilière de Saint-Thomas d'Aquin qui la possède.
À l'intérieur du bâtiment se trouve un escalier intérieur, datant du et menant aux étages. Il est inscrit à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques par arrêté du , tout comme l'oratoire du cardinal Tencin datant du et le vestibule d'entrée et sa voûte.
À l'extérieur, l'escalier a double révolution de la cour d'honneur, les façades et toitures du bâtiment Soufflot ainsi que la façade à arcades et la toiture du bâtiment Captier communiquant avec le bâtiment Soufflot sont inscrits au titre des monuments historiques par arrêté du . vignette|188x188px|Oratoire du Cardinal de Tencin datant du . Extérieurs et parc Le site possède un grand parc et des extérieurs importants (5 hectares), dont les plans furent dessinés par Soufflot. La colline fut utilisée pour créer une succession de terrasses, dont la première est la cour d'honneur, la deuxième terrasse correspond à l'implantation de la maison des champs, la troisième est la cour au-dessus du bâtiment central et permet l'accès au parc. Des perrons avec des escaliers à double volée et des paliers intermédiaires permettent de se déplacer d'une terrasse à l'autre. vignette|Deuxième terrasse avec vue sur la façade à arcade du bâtiment Captier. La vasque au centre de l'escalier à double volée conduisant au parc est le seul élément subsistant du au sein de Saint-Thomas d'Aquin. Le , l'escalier est inscrit par arrêté au titre des monuments historiques.
Des aménagements souterrains hydrauliques ont été construits dès le par Guillaume Marie Delorme. Des galeries pénètrent à plus de deux-cents mètres sous la colline, menant à un réservoir souterrain situé sous la terrasse supérieure. vignette|Escalier à double révolution menant au parc avec la vasque centrale
Musée des Sciences L'école Saint-Thomas d'Aquin comporte un musée des sciences constitué de collections rassemblées dès la première moitié du et enrichies jusqu'à ces dernières années. L'enseignement des sciences, dès l'origine, a été un des axes forts du projet pédagogique qui entendait allier science et religion, foi et raison.