Benjamin est un journal français pour la jeunesse fondé par Jean Nohain.

Paru pour la première fois en , il prend fin en 1958. Racheté par la suite par les créateurs de la revue Réalités, il est rebaptisé Top réalités jeunesse. Durant la période de la Seconde Guerre mondiale, il prend le parti de l’idéal pétainiste après la capitulation de la France en . Interrompu à la libération, le journal revient en 1952 sous une nouvelle formule. Notamment connu pour ses personnages forts tels que Zig et Puce, Trac et Boum et Amulette et Grassouillet, le journal se montre proche de l’actualité politique et accorde une place importante à l’éducation de la jeunesse.

Historique

Les rédacteurs en chef et auteurs principaux Le journal Benjamin est un hebdomadaire au format journal (grandes pages) qui se revendique premier grand hebdomadaire destiné à la jeunesse. Fondé en 1929 par Jean Nohain, le journal prend fin en 1958. Lorsque Jean Nohain part en vacances, il laisse les rênes de la rédaction à l’illustrateur Babylas, pseudonyme de son frère Claude DauphinAlmanach de la Télévision de Télé 7 Jours, année 1963 : Jean Nohain, le merveilleux Monsieur Jaboune : ., comme lors de l’été 1932. Apparaissant sous plusieurs noms de séries au cours du temps, une publiée en zone libre durant la guerre est dirigée par Alain Saint-Ogan. L'équipe de Benjamin se compose d’une collaboration d'illustrateurs et d'auteurs dont le fameux Joseph Porphyre Pinchon (créateur de Bécassine) qui travaille pour Benjamin de 1929 à 1944 et Alain Saint-Ogan, auteur de plusieurs personnages qui deviennent les mascottes du magazine comme Zig et Puce et Trac et Boum. Les autres auteurs et illustrateurs sont Frank King, Henry Dorak, Laurette Aldebert, Erik, mademoiselle Violette-Jean, Henri Louis Avelot et Jean Nohain lui-même qui écrit le scénario de plusieurs bandes dessinées qu’il publie dans Benjamin. Il se présente sous le pseudonyme de « Jaboune » et s’occupe souvent d'écrire l’éditorial de chaque numéro.

Entre 1929 et 1944, le siège de rédaction de Benjamin change plusieurs fois d’endroit. En effet, il fait ses débuts 10 rue Pergolèse dans le arrondissement de Paris. Entre 1930 et 1933, la rédaction s'établit au 73 boulevard de Clichy dans le arrondissement. À la fin de cette même année, il est domicilié temporairement au 11 bis rue Curial dans le arrondissement avant de s’établir au 11 rue Brunel dans le arrondissement entre 1934 et 1936. Entre 1936 et 1938, il ne se change pas de rue mais passe du numéro 11 au numéro 14. En 1939, toujours dans la même rue, la rédaction établit ses bureaux au numéro 4. En 1940, les bureaux quittent la rue Brunel pour s’installer 31 rue Guyot dans le arrondissement. C’est après la reddition française que les bureaux de rédaction et l’administration du journal sont séparés. Entre 1941 et 1944 (année de suspension temporaire du journal), le journal est délocalisé à Clermont-Ferrand dans le département du Puy-de-Dôme sous la maison d’édition Échos de Paris.

Étant un journal religieux pour la jeunesse, il existe plusieurs versions. Benjamin Bleu est l'édition catholique qui est vendu seulement après s'être abonné au magazine original. Réservé à l’origine pour un jeune public masculin, par la suite une version féminine, sous le nom de Benjamine apparaît en 1934.

Un journal pour l'élite ? Le journal se veut comme un journal pour une élite sociale, pour des enfants ayant accès à une certaine culture et a un niveau élevé d’éducation. Cela se voit dans le slogan du journal qui se dit « journal des enfants intelligents ». Pour montrer son côté élitiste, le journal développe des rubriques consacrées à l’éducation et donne parfois des conseils pour la réussite scolaire.

Le journal Benjamin sort des numéros sur des thèmes précis, qui demandent un certain niveau de connaissance sur le sujet, comme les journaux sur l’Empire colonial du avec des dossiers complets sur l’action de la France dans tout son Empire. On peut y retrouver des cartes avec les grands explorateurs français, des articles sur les découvertes faites ou bien les mouvements d'évangélisation des nouvelles terres conquises.

Cependant, Benjamin possède des aides venant de l’État, censé financer leur diffusion dans les écoles rurales, là où le lecteur issus de classe moyenne semble peu touché par la politique originelle du journal. Tout cela montre que le journal se veut comme un outil culturel pour tous.

La composition d’un hebdomadaire jeunesse et son évolution dans le temps Les différentes rubriques du journal Le journal Benjamin est toujours structuré de la même façon, du moins il y a toujours les mêmes rubriques qui apparaissent dans le journal.

Les brèves histoires amusantes, conçues pour être lues séparément les unes des autres, sont faites dans un but purement humoristique. Comme on peut le voir dans le numéro du , à la page 4, avec Les aventures de Monsieur Toupe, qui est une bande composée de quatre vignettes étant faite pour amuser le lecteur.

Les feuilletons illustrés sont très présents dans les premières années du journal, ce sont des histoires avec beaucoup de texte et quelques illustrations pour démontrer le propos. En effet, il ne faut pas oublier que c’est un journal avant tout pour les enfants et donc les illustrations ont un rôle primordial. On en trouve un exemple dans le numéro du avec le feuilleton de Srir et Aïcha dans le Riff fait par Pierre Marel. Ce sont des histoires à suivre de numéro en numéro et donc cela incite les familles à souscrire un abonnement pour pouvoir avec les histoires complètes à terme.

Il y a aussi des contes moralisateurs, qui, comme leur nom l’indique, sont faits sous la forme de conte à but d’éducation, de façon plus ou moins réaliste. On peut le voir dans le conte des Ciseaux enchantés du numéro , qui explique qu’avec des ciseaux ensorcelés, un homme avait réussi à obtenir les faveurs d’un roi pour devenir le coiffeur royal. Mais qu’à cause de sa paresse, il a manqué à ses engagements, ce qui lui coûte sa place. Et de colère, il jette ses ciseaux magiques à la mer. Ce qui explique le fait que les poissons n’ont pas de cheveux.

Tout au long des publications faite par le journal, des faits d’actualités scientifiques et artistiques font partie des rubriques phares du journal, elles évoquent des faits d’actualités tels que « le salon de peinture de Buffon » du qui évoque une exposition faite avec les dessins des lecteurs de Benjamin mais aussi sur les sciences des dernières heures du qui explique une nouvelle forme d’avion, avec des ailes amovibles.

Sur les questions d’actualité, le journal met aussi en place des articles politiques adaptés aux enfants, comme avec « la tribune des Benjamins » du qui évoque les réformes prises par le gouvernement sur le système éducatif, avec des réformes sur les CPE (certificat d’études primaire) ou bien les équipements scolaires.

Le journal met aussi en place des rubriques plus ludiques, comme avec des chansons telles que Les plus beaux magasins du monde () ou bien des nouvelles scoutes. En effet, le journal s’affiche de façon plus ou moins directe comme un journal catholique, de ce fait, ils mettent en place des nouvelles scoutes telle que Salut compagnon ! dans le numéro du , ces articles expliquent comment fonctionnent les camps scouts avec les différents statuts et la vie dans les camps.

Cependant, Benjamin ne fait pas que des rubriques intellectuelles ou scientifiques. Ils développent des rubriques manuelles comme des travaux pratiques ou bien des jeux d’esprits, avec des mots croisés appelés « Les mots croisées des Benjamins » qui apparaissent dans plusieurs numéros. Par exemple dans le numéro du mais aussi dans le numéro du ou bien des travaux manuels. Tous ces jeux ont leurs solutions dans le numéro suivant, ce qui peut être encore une stratégie de journal pour attirer de nouveaux abonnements.

De plus, le journal développe de plus en plus les bandes dessinées pour divertir les jeunes lecteurs. Il est vrai que les bandes dessinées ont un apport ludique, car il ne faut pas oublier que c’est un journal pour la jeunesse. On retrouve de nombreuses productions, mais la plus importante est celle de Zig et Puce, que l’on retrouve dans un grand nombre de numéros.

Les changements de format et de la présentation du journal entre 1929 et 1944 Entre 1929 et 1944, la présentation de Benjamin change, tant en contenu qu’en format. De 1929 à 1939, le journal se présente sous le format de 8 pages sur 512 numéros. Du au , 16 numéros plus courts sortent. Durant la guerre, entre 1940 et 1944, le format change de nouveau pour passer de 8 pages à 12 pages .

Le prix évolue aussi. Tandis qu’entre 1929 et 1937, l’exemplaire ne coute que 50 centimes, il passe à 70 centimes en 1938 et atteint le franc en 1940. C’est en 1943 qu’il atteint son prix final de .

Les premiers numéros de 1929 visent à faire une distinction de contenu selon l'âge du lecteur. En 1929, le premier numéro met en place un système de division de pages en deux entre les aînés (plus de ) avec comme exemple d’histoire Kiki, chien de guerre et les cadets (à partir de ) avec comme exemple d’histoire Pip, Piaffe et Boum (H. Avelot). Ainsi, la présentation type de 1929 est : page 1 : mot de la rédaction pour ses lecteurs, mot d’un invité, généralement illustre tel que Raymond Poincaré, le Maréchal Joffre, Georges Clemenceau… Souvent évoqués en couverture par une lettre écrite de leurs mains, cela marque le rapprochement du journal Benjamin avec le gouvernement français de l’époque. Le journal évoque aussi en première page les dernières informations de la rédaction et sa communauté ; page 2 : consacrée aux scolaires et aux scouts ; page 3 : « Les belles histoires de Benjamin », page d'histoires brèves ; page 4 et 5 : « La page de celui... qui est à la page », double page évoquant l’actualité internationale et les derniers progrès technologiques ; page 6 : « Les benjamines », page réservée aux jeunes lectrices ; page 7 : « La page des moins de », page contenant histoires et infos insolites pour les jeunes enfants ; page 8 : page des jeux et concours ; page 9 et 10 : page de publicités, rebaptisée « Les belles étrennes » à partir du numéro.

En 1930, la police d'écriture est plus fine et aérée. On accorde moins d’importance aux titres des pages laissant place à plus d'informations. Le journal présente des informations aux lecteurs pour des offres spéciales à droite du titre qui renvoient à la page des concours. Au cours de cette même année le journal offre la possibilité de s’abonner sur une période de six mois au lieu d’un abonnement annuel.

À partir de 1931 plusieurs nouvelles rubriques font leur apparition : « Les Benjamins sont de bonne humeur », et « À travers le monde » présentant les actualités. Le format s’approche plus d’un journal standard avec une présentation en colonnes et peu d’images.

En 1932 apparaît la rubrique « Benjamin et l’Histoire » sur la page 2 des numéros. Le journal subit une réduction de la double page réservée aux actualités pour une simple page. Entre 1932 et 1934, le journal garde cette forme.

Le magazine se concentre en 1935 sur l’actualité. La première page est présentée à la manière d’un journal, « les aventures de monsieur Toupe » (Erik), font leur apparition et une nouvelle page est consacrée à la culture française principalement, intitulée « J’ai appris cela dans Benjamin ». « Les contes d’aventures de Benjamin », page réservée à une présentation d’un conte littéraire d’auteur différent à chaque nouveau numéro apparaît dès . C’est cette même année que la série des Amulette et Grassouillet scénarisé par Jaboune (Jean Nohain) et illustré par Pinchon se fait une place dans Benjamin.

En 1936 une partie du magazine est réservée aux Benjamines sur 2 ou 3 pages. Y sont présentées des histoires drôles ainsi que des conseils de bienséance pour les jeunes filles.