Georges-Olivier Châteaureynaud, né le à Paris, est un romancier et nouvelliste français. Il obtient le prix Renaudot en 1982 pour le roman La Faculté des songes et le prix Goncourt de la nouvelle en 2005 pour Singe savant tabassé par deux clowns. Il est secrétaire général du prix Renaudot depuis 2010.

Biographie Georges-Olivier Châteaureynaud naît à Paris en 1947. Après le divorce de ses parents, il vit seul avec sa mère, tout d'abord dans une chambre de bonne à Paris, puis dans des cités de banlieue. Son enfance est marquée par la précarité — les difficultés de logement dans les années d'après-guerre — et les crises de dépression de sa mère. Le grand-père paternel, fonctionnaire au Ministère des Finances, lui tient lieu de figure paternelle. Avec ses grands-parents, ses oncles, tantes et cousins, il passe toutes ses vacances en Bretagne. On retrouve ces éléments biographiques dans beaucoup de textes de Châteaureynaud, toujours sous l'angle de la fiction. Son œuvre ne doit pas être considérée comme autobiographique, à l'exception de La Vie nous regarde passer, où Châteaureynaud évoque son enfance et sa jeunesse, ses années de formation, la découverte de la littérature (notamment fantastique) et sa rencontre avec ses futurs compagnons de route.

Dans les années 1970, il fonde avec son ami Hubert Haddad plusieurs revues littéraires, qui ne compteront que quelques livraisons, mais orientent définitivement son engagement littéraire. En 1973, il publie chez Grasset Le Fou dans la chaloupe, un recueil de trois longues nouvelles, puis en 1974 le roman Les Messagers, qui obtient le prix des Nouvelles Littéraires. Jusqu'à l'obtention du prix Renaudot en 1982, il gagne sa vie en étant successivement caissier, monteur de roues de camion à la SAVIEM, brocanteur, bibliothécaire, tout en continuant son travail littéraire.

Georges-Olivier Châteaureynaud a obtenu le prix Renaudot pour La Faculté des songes en 1982. Depuis 1996, il fait partie du jury de ce prix. Il s’inscrit dans le courant qu’on appelle réalisme magique. Olivier Châtaureynaud a présidé la Société des gens de lettres de 2000 à 2002, il en est aujourd'hui l'un des administrateurs. En 2005, il est récompensé du prix Goncourt pour son recueil de nouvelle Singe savant tabassé par deux clowns. Il est membre de nombreux jurys littéraires dont le prix Bretagne. Depuis 2010, il est secrétaire général du prix Renaudot.

Œuvre Auteur d'une œuvre importante — cent nouvelles et neuf romans publiés à ce jour —, Châteaureynaud bâtit un univers personnel et poétique. Ses textes, que l'on qualifie souvent de fantastiques, se rattachent plutôt au domaine onirique. Rien de gore ni de sanglant dans ses écrits, mais une vision particulière du monde et de la société, qui s'écarte délibérément du constat social et de l'autofiction.

Châteaureynaud a notamment développé ses idées sur le fantastique dans sa préface à Divinités du Styx, un florilège des nouvelles de Marcel Schneider, l'un de ses modèles avoués. Après avoir évoqué les façons très diverses dont Schneider et Roger Caillois ont évoqué en leur temps le fantastique, Châteaureynaud récuse la conception de Caillois selon laquelle la peur serait nécessairement un sentiment prégnant dans la littérature fantastique (préface à Divinités du Styx, p. 21).. En maintes occasions, Châteaureynaud a ainsi manifesté la haute opinion qu'il avait, comme Marcel Schneider, des prestiges du fantastique, littérature selon lui plus apte que les différents courants réalistes à saisir la réalité de l'être.

Il est l'un des artisans du renouveau de la nouvelle en France, dans les années 1970, avec Annie Saumont, Claude Pujade-Renaud ou Christiane Baroche, entre autres.

Il appartient au groupe littéraire de la Nouvelle fiction, groupe créé dans les années 1990 autour de l'écrivain Frédérick Tristan.

Publications Le Fou dans la chaloupe, Grasset, 1973 Les Messagers, Grasset, 1974 et Actes Sud, 1997 La Belle charbonnière, Grasset, 1976, (Prix Henri-Dumarest de l’Académie française) Mathieu Chain, Grasset, 1978 et ed. Le Serpent à Plumes 2009 La Faculté des songes, Grasset, 1982 (Prix Renaudot) Le Congrès de fantomologie, Grasset, 1985 Le Jardin dans l'île, 1989 Nouvelles, 1972-1988, Julliard, 1993 Le Château de verre, Julliard, 1994 La Fortune, Castor Astral, 1994 Les Ormeaux, Ed. du Rocher, 1996 Le Jardin dans l’île (et autre nouvelles), Librio, 1996 ; réédition Éditions Zulma, 2004, 2010 Le Kiosque et le Tilleul, Actes Sud, 1997 Le Goût de l'ombre, Actes Sud, 1997 La Conquête du Pérou, Ed. du Rocher, 1999 Le Héros blessé au bras, Actes Sud, 1999 Civils de plomb, Ed. du Rocher, 2002 Les Amants sous verre, Le Verger, 2002 Le Démon à la crécelle, Grasset, 1999 ; Lgf, 2002 Au fond du paradis, Grasset, 2004 L’Ange et les Démons, Grasset, 2004 Petite suite cherbourgeoise, avec Hubert Haddad et Frédérick Tristan, Le Rocher, 2004 Singe savant tabassé par deux clowns, Grasset, 2005 (Prix Goncourt de la nouvelle), reédition Éditions Zulma, coll. Z/a, 2013 Les Intermittences d'Icare, Éditions du Chemin de fer, 2006 Mécomptes cruels, Rhubarbe, 2006 L’Autre Rive, Grasset, 2007 (Grand prix de l'Imaginaire) Le Corps de l’autre, Grasset, 2010 La Vie nous regarde passer, Grasset, 2011 Résidence dernière, éditions des Busclats, 2011 (recueil de trois nouvelles)Une critique détaillée du recueil

Dans Montreur de sphinx, le narrateur est invité dans un petit village côtier quasi désert, où bien vite il se met à fantasmer sur la bibliothécaire qui a été chargée de son invitation mais qu'il n'a jamais vue et ne parvient pas à rencontrer. Il erre longuement, seul, dans les paysages locaux, sans trouver l'inspiration, jusqu'à la scène finale où lors d'une kermesse il fait la connaissance d'un être fabuleux. Dans Les miroirs ferment mal, sous couvert d'une intrigue fantastique classique (un mystère féerico-érotique dans une vieille demeure), l'auteur joue à dessein sur la tradition fantastique et porte un discours sur le genre. Dans Résidence dernière, la dernière nouvelle, voit tout un groupe d'écrivains plus ou moins médiocres partir en autocar pour une résidence d'écrivains dont ils savent très peu de choses. Le périple s'achève en cauchemar.

Jeune vieillard assis sur une pierre en bois, Grasset, 2013, (Prix Louis-Barthou 2014 de l’Académie française) C'était écrit, Rhubarbe, 2014 Le Goût de l’ombre, Grasset, 2016 Aucun été n'est éternel, Grasset, 2017 Contre la perte et l'oubli de tout, Grasset, 2018 (essai) À cause de l'éternité, Grasset, 2021 La dernière génération de mortels, Le beau jardin, 2021 Ici-bas, Grasset, 2023 Les Recyclés, Grasset, 2026

Les ouvrages de Georges-Olivier Châteaureynaud ont été traduits dans une quinzaine de langues. Dernière traduction à ce jour : , choix de nouvelles, traduction anglaise d'Edward Gauvin, Small Beer Press, New-York, 2010

Pour approfondir Bibliographie Christine Bini, Le Marbre et la Brume : L'Univers littéraire de Georges-Olivier Châteaureynaud, Alphée, 2010.

Liens externes

Site de l'auteur Critique du roman L'Autre Rive dans Télérama Le blog d'Edward Gauvin , le traducteur américain de Châteaureynaud. Nombreux articles sur l'auteur

Notes et références

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