vignette|200px|Les armoiries de la ville de Ploërmel se blasonnent ainsi:D'hermine au léopard lionné de sable et couronné d'azur tenant de sa patte dextre un drapeau de même chargé de cinq mouchetures d'hermine d'argent, ordonnées 3 et 2.Devise : « tenax in fide »..Ce blason s'inspire des armoiries de châtelains de la Gaudinaye (). Il a été attribué à la ville de Ploërmel par Louis XVIII, en 1816Charles d'Hozier dans son Armorial général de France de la fin du donnait à la ville de Ploërmel, le blason suivant : D'hermine au léopard de gueules couronné d'or..
L'histoire de Ploërmel, commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne, commence au Néolithique ( à ), avec la présence de plusieurs mégalithes. Différents indices d'occupation protohistorique et antique ont pu être relevés.
Le toponyme Plebs Arthmael, qui donnera Ploërmel, est attesté pour la première fois en 835 dans le cartulaire de Redon. À la fin du , Ploërmel avec sa modeste châtellenie qui s'étend sur une dizaine de paroisses, est l'une des composantes de l'important domaine du duché de Bretagne, la seule alors du centre Bretagne. La ville va ensuite être honorée jusqu'au de la présence des Ducs de Bretagne pour sa position stratégique. Au , elle entre dans le domaine royal. Les Guerres de la Ligue sont à l’origine de la destruction du couvent des Carmes, reconstruit plus tard. Après la période révolutionnaire marquée par une série d’embuscades, Jean-Marie de La Mennais crée en 1824 l’Institut des Frères de l'Instruction chrétienne.
L'arrivée du chemin de fer en 1882 sort la ville de son isolement et contribue au développement des foires et des commerces. En 1904, les frères sont expulsés par l'armée. Occupée par les Allemands pendant la Seconde Guerre mondiale, Ploërmel est bombardée le . La ville connaît un important développement économique et démographique à partir des années 1970, puisque sa population progresse de 61 % entre 1968 et 2013, notamment grâce à l'aménagement de la voie rapide Rennes-Lorient (RN 24) et une importante urbanisation. Le , la commune absorbe la commune de Monterrein en prenant le statut administratif de commune nouvelle.
Préhistoire vignette|upright=1.2|alt=Carte de la commune avec localisation des mégalithes.|Carte des mégalithes situés sur le territoire de la commune de Ploërmel. Plusieurs monuments mégalithiques remarquables attestent de l'occupation du territoire communal à l'époque du néolithique (de ). Il s'agit des allées couvertes de la Ville-Bouquet au sud-ouest du territoire communal et du Hino au nord-est, d’un dolmen se situe près du hameau de Bezon. et de deux menhirs situés sur le territoire de la commune déléguée de Monterrein, les menhirs de Maison-Neuve et de Piprais.
L'allée couverte de la Ville-Bouquet est un dolmen situé à au sud du village de La Ville-Bouquet et à de la rivière le Ninian. Il s'agit d'un véritable éperon en bout de plateau, dominant la rivière Le Ninian, juste à l'est de son confluent avec l'Yvel. Le site apparaît donc comme un endroit de contrôle vers une des voies naturelles menant vers la côte sud de la Bretagne. Cette allée couverte, de de longueur, est composée de de chant et trois blocs de couverture, un en place, l'autre basculé à l'intérieur du monument et un possible troisième gisant par terre au nord de l'allée couverte, ..
L'allée couverte du Hino se situe au bord du chemin menant du village du Hino au sud à celui de Montaigu au nord. Elle est orientée est-ouest à une dizaine de grades près. Le côté est ouvert et le plus complet, au moins deux dalles de couverture manquent et l'une est basculée à l'intérieur. C'était sans nul doute de ce côté que se situait l'entrée. La partie occidentale est mieux conservée avec trois dalles de couverture encore en place, les piliers latéraux et la dalle de chevet. Les piliers latéraux sont au nombre de 10 au nord et de 8 au sud, .. Les sondages sur le site entrepris par l'archéologue Jacques Briard dans les années 1980 ont mis au jour un mobilier campaniforme et de la poterie du néolithique final. A ce mobilier, il convient d'ajouter un tesson en argile, d'époque médiévale ou post-médiévale qui tend à prouver que le site fut exploité à d'autres fins beaucoup plus tard. Le site a été classé le 27 octobre 1938.
Les menhirs du Piprais et de la Maison-Neuve sont situés, à au nord-est du bourg de Monterrein, à l'un de l'autre. Taillés dans de la quartzite, ils présentent des hauteurs respectives de et ...
Cette période de la préhistoire se caractérise par les développements de l’agriculture (élevage, cultures) induisant la sédentarisation, de l’utilisation de la pierre polie, de la céramique et du mégalithisme (particulièrement dans la région). Selon une étude archéologique pluridisciplinaire exécutée en 1989, les hommes du néolithique récent édifient en forêt de Paimpont et dans ses abords l'Hotié de Viviane (dit le tombeau des Druides) et le jardin aux Moines en milieu semi-boisé, à l'écart de toute zone d'activité, et parallèlement les allées couvertes de la Ville-Bouquet et du Hino sont construites dans un milieu très ouvert, où règne une immense activité agricole (pâturages, cultures céréalières)..
Protohistoire et Antiquité La période de l'âge du bronze (de ), caractérisée par un usage important de la métallurgie du bronze utilisé pour les armes, mais aussi dans les outils et les bijoux, se manifeste à Ploërmel sous la forme d'artefacts, notamment des haches à douilles. Aucun monument n'a toutefois été répertorié à ce jour.
Différents indices d'occupation antique ont pu être relevés. L'aménagement de la déviation du camp de Coëtquidan (RN 24) en 1992 a ainsi mis en évidence dans l'environnement immédiat du site de Saint-Jean, à l'est du bourg, la présence d'un vaste gisement gallo-romain à forte densité de occupant le sommet d'une colline vers le lieu-dit « Trégu ». En outre, la prospection au sol a montré la présence de fragments de tegulae, sur le tracé même, à l'est du site de Saint-Jean..
Plus récemment, un diagnostic d'archéologie préventive a été réalisé en 2009 aux abords de la zone industrielle de la Lande du Moulin, au vu de la présence de réseaux fossoyés et /ou de système d'enclos repérées par avion. Deux occupations ont pu être datées. La première concerne un enclos vraisemblablement quadrangulaire, se rattachant à la période gallo-romaine. La seconde concerne un long fossé curviligne que l'on peut attribuer à la fin du second Âge du fer. Un troisième fossé, à angle ouvert arrondi, pourrait être de cette même période. Par ailleurs, les traces d'une activité métallurgique ont été repérées, sans qu'il ait été possible de la dater précisément. Cependant, vu la nature des vestiges et la faible densité de scorie récoltée, cette activité est attribuée à la période gauloise..
Moyen Âge thumb|alt=Photographie de l'église Saint-Armel|Vue du monument le plus emblématique et le plus important de Ploërmel : l'église Saint-Armel () qui abrite la sépulture des ducs Jean II et Jean III de Bretagne. Ploërmel, ville ducale vignette|alt=Représentation en couleurs du combat des Trente qui s'est déroulé entre Ploërmel et Josselin|Le combat des Trente entre Ploërmel et Josselin, les deux villes représentées ? À la fin du , Ploërmel avec sa modeste châtellenie qui s'étend sur une dizaine de paroisses, est l'une des composantes de l'important domaine du duché de Bretagne, la seule alors du centre Bretagne. Mais les historiens ne sont pas d'accord sur les origines de ce rattachement. Pour certains, Ploërmel aurait d'abord appartenu à la vaste seigneurie du Porhoët, et ce dès au moins le . Puis, dans les années 1160, la ville aurait été saisie par le roi d'Angleterre, Henri II, qui l'aurait alors annexée au domaine ducal. Quelques années plus tard, en 1169, le fils du monarque, Geoffroy II, s'y fait d'ailleurs couronner duc de Bretagne. Pour d'autres, retenant cette même première origine du , le rattachement aurait eu lieu à la mort du duc Conan III en 1148, par le vicomte de Porhoët qui avait épousé Berthe, la fille du duc. Pour d'autres enfin, Ploërmel aurait appartenu au duché avant même ces différents épisodes, car il est dit dans un acte instrumenté par Conan III, entre 1116 et 1148, que les habitants de Ploërmel dépendent directement de lui, une position qui semble prévaloir actuellement.
Jean Ier de Bretagne tient son parlement général à Ploërmel en 1240 et son fils, Jean II, y établit un couvent des Carmes en 1272, l'un des premiers en France. C'est dans cet établissement que sa dépouille est enterrée en 1305 et que le cœur de son fils, Arthur II, est déposé en 1312. Jean III également, en 1341, y est inhumé. Pendant la Guerre de Succession de Bretagne, qui dure de 1341 à 1364, la ville se range du côté de Jean de Montfort et fait l'objet de deux sièges, en 1342 et 1346. Elle est d'abord prise par Charles de Blois puis par le roi d'Angleterre et reste ensuite pendant longtemps au pouvoir des Anglais, .. Pendant cette période, a lieu le fameux Combat des Trente qui se déroule le au lieu-dit le Chêne de Mi-voie, à mi-chemin entre Ploërmel et Josselin. Les réunions des États de Bretagne n'avaient pas de lieu fixe et ont été tenues à plusieurs reprises à Ploërmel. D'après un document de la D.R.A.C. (Direction Régionale des Affaires Culturelles), de provenance inconnue, les états de Bretagne siégèrent au moins treize fois à Ploërmel, en 1240, 1309, 1315, 1394, 1408, 1411, 1428, 1442, 1498, 1521, 1523, 1580, 1587 et 1606. En 1240, le duc de Bretagne ordonne l’expulsion de tous les juifs du duché dans une ordonnance signée à Ploërmel« L’ordonnance signée dans le Morbihan qui expulsa les juifs de Bretagne », Ouest-France, 24 février 2019.. Par ailleurs, de 1348 à 1350, la ville subit, comme presque toute l'Europe, les ravages de la peste noire.
Après une période d'accalmie, Ploërmel se retrouve à nouveau au cœur des conflits qui traversent le duché. En 1487, l'armée française l'assiège, s'en empare et la pille. La ville est reprise l'année suivante mais ne disposant pas d'assez de soldats pour la garder, le duc ordonne d'abattre une partie de ses murailles pour empêcher l'ennemi de s'y établir.
Époque moderne : la Renaissance . Un synode provincial réformé s'y tient en février 1565. Le rapport de ce synode nous renseigne sur un calvinisme breton à son apogée : , y compris deux Églises dites « domestiques », car entièrement financées par les seigneurs du lieu, François d’Andelot et Charles du Quélennec (Pont-l'Abbé).. Après le massacre de la Saint-Barthélemy, les troubles religieux qui avaient jusqu'alors épargné la Bretagne vont s'aggraver. Les Réformés prévoyant d'organiser un synode pour Pâques 1581 dans la ville sont obligés de l'annuler par suites de l'opposition des habitantsArchives nationales, Coligny, protestants et catholiques en France au , Paris, 1972, ..
Sur le plan de l'organisation judiciaire, la Barre de Ploërmel était autrefois la première et la plus considérable de Bretagne. Le roi Henry II l'érige même en présidial en 1551, avec les mêmes pouvoirs que les présidiaux de Rennes, de Nantes, de Vannes et de Quimper. Mais cette haute magistrature n’eut à Ploërmel qu’une existence éphémère, ce présidial est rattaché à celui de Vannes par édit royal du . Il en est de même de la grande Maîtrise des eaux et forêts, établie à Ploërmel en 1555, et transférée ensuite à Hennebont ..