Guillaume Pitron, né le à Paris, est un journaliste français, spécialiste de la géopolitique des matières premières, auteur, réalisateur de documentaires et chercheur associé à l'Institut de relations internationales et stratégiques.

Biographie Titulaire d’un DEA de droit de l'université de Paris et d’un master de droit international de l’université de Georgetown, Guillaume Pitron est juriste avant de devenir journaliste pour le Monde diplomatique, Geo et National Geographic.

Il est le réalisateur de plusieurs documentaires sur l'exploitation des matières premières, notamment Boomerang : le côté obscur de la barre chocolatée. et La Sale Guerre des terres rares..

Après 6 ans d’enquête, il publie en 2018 un essai géopolitique : La Guerre des métaux rares : la face cachée de la transition énergétique et numérique aux éditions Les Liens qui libèrent qui reçoit plusieurs prix... Jusqu'à la fin des années 1990, les États-Unis, le Japon et l'Europe constituaient 90 % du marché des aimants aux terres rares. L'auteur déplore la nouvelle dépendance vis-à-vis de la Chine pour les nouvelles technologies (mobilité électrique, générateur électrique…). La vente de « Magnequench », leader mondial dans la production de poudres magnétiques utilisées dans la fabrication d'aimants, par General Motors, en échange de la construction d'une usine automobile à Shanghai, marque le début du basculement vers la Chine du centre de gravité de la valeur ajoutée de la filière. L'auteur prône aussi la réouverture de mines en France afin d'éviter l’exportation des nuisances dans les pays et continents voisins et de garder la responsabilité des conséquences de la transition énergétique : Pour Guillaume Pitron, le recyclage des terres rares fait partie des promesses déçues d'un cycle de vie vertueux des terres rares..

En , il présente avec son co-réalisateur Jean-Louis Pérez le film documentaire La Face cachée des énergies vertes co-produit par les chaînes Arte et la RTBF au « Sunny Side of the Doc», le marché international de référence pour la coproduction, l'achat et la vente de projets documentaires de La Rochelle.. Le film est diffusé en sur Arte... L'extraction minière nécessaire aux « énergies vertes » est responsable de dégâts environnementaux (arasement de collines, creusement de mines à ciel ouvert, rejets de métaux lourds, utilisation et pollution des eaux, des nappes phréatiques…) et de rejets de gaz à effet de serre.

En 2020, il est interviewé dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux. Selon Pitron, le néodyme (terre rare de numéro atomique 60) « se trouve dans le moteur de la plupart des voitures électriques ». La vidéo met en avant que le moteur de nombreux véhicules électriques contient bien des terres rares (Tesla Modèle 3 AWD, Volkswagen e-Golf et BMW i3, par exemple), mais aussi que la Zoé de Renault, qui est le véhicule électrique le plus vendu en France et en Europe, ne contient aucune terre rare – son moteur étant de type synchrone sans aimant – pas plus que l'Audi e-Tron et la Mercedes E300 E à moteurs asynchrones.

En ligne avec l'affirmation de Guillaume Pitron, un article de L'Usine nouvelle, note que plus de 90 % des véhicules électriques utilisent les aimants permanents (qui contiennent des terres rares) dans leurs moteurs..

Pitron poursuit en affirmant que

L'utilisation des terres rares dans les véhicules hybrides et électriques est confirmée par un document « Ressources minérales : les terres rares » du BRGM« Ressources minérales : les terres rares », 10 juin 2021, du Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM). : . Toutefois le même document précise que les véhicules thermiques sont également consommateurs de terres rares "elles interviennent dans un grand nombre de fonctions où elles améliorent la fiabilité et les performances (direction et freinage par exemple) [...] Enfin on retrouve des terres rares légères dans les pots d'échappement comme catalyseurs [...]"

À l'occasion de l'émission La terre au carré sur France Inter ., en , Guillaume Pitron fait à nouveau le point sur les débats entourant les voitures électriques. Il rappelle notamment, en citant un avis de 2016 de l'Agence de l'environnement, de la maîtrise de l'énergie et de la transition écologique (ADEME)« Les potentiels du véhicule électrique », ademe.fr, avril 2016., que Il appelle également à se méfier des analyses de cycles de vie exclusivement réalisées sur le continent européen, sans prise en compte du généré par les véhicules roulant dans les pays dont l'électricité provient largement de ressources fossiles comme la Chine.

Ces affirmations font aujourd'hui débat car le passage cité par Pitron n'est pas la conclusion de l'étude de l'ADEME. Ainsi l'étude conclut au contraire positivement que : . Due à la quantité de nécessaire à sa production, le bilan carbone de la voiture électrique ne devient favorable vis à vis de la voiture thermique qu'à partir de parcourus. Ce bilan en équivalent est fortement dépendant du mix énergétique permettant de produire l'électricité nécessaire à la fabrication et à l'usage de la voiture électrique..

Guillaume Pitron intervient aussi dans une vidéo sur le bilan écologique de la voiture électrique éditée par Le Monde où il met l'accent sur la démesure entre la masse de roche qu'il faut extraire pour obtenir une faible quantité de néodyme..

En 2021, Guillaume Pitron, dans son livre L’Enfer numérique, met en évidence comment l'ère numérique de la communication a des conséquences catastrophiques sur notre environnement. L'empreinte de l’industrie numérique mondiale est triple de celle d’un pays comme la France ou l’Angleterre. Son impact physique en eau, en matériaux et en énergie est l'envers de la vision dématérialisée des services apportés. Les technologies numériques utilisent 10 % de l’électricité produite dans le monde et rejetteraient près de 4 % des émissions globales de ..

Publications La Guerre des métaux rares : la face cachée de la transition énergétique et numérique (préface Hubert Védrine), Les Liens qui libèrent, 2018, 296 p. Avec Séverine de la Croix (scénario) et Jérôme Lavoine (dessin), Prométhium, roman graphique sur la face cachée de la transition écologique, co-éd. éditions Massot / Les Liens qui libèrent, 2021

Prix et distinctions 2017 : prix Érik-Izraelewicz de l'enquête économique pour sa publication sur la « Braderie forestière » dans Le Monde diplomatique. 2018 : prix Roberval, coup de cœur des médias. pour La Guerre des métaux rares 2018 : prix du livre d'économie.. pour La Guerre des métaux rares 2019 : prix Turgot du meilleur livre d'économie financière de l'année 2018. pour La Guerre des métaux rares

Vidéographie L'Enfumage de la transition écologique ?Voir sur thinkerview.com., Thinkerview, 2019, diffusé en direct le évoquant notamment la surexploitation de matières premières critiques La Face cachée des énergies vertes avec Jean-Louis Pérez, Arte, RTBF, 2019

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Terres rares Aimant aux terres rares Jean-Louis Pérez

Liens externes

Catégorie:Journaliste français du XXIe siècle Catégorie:Naissance en octobre 1980 Catégorie:Naissance dans le 14e arrondissement de Paris