George Ball ( à San Francisco - à Saint-Rémy-BlanzyRelevé des fichiers de l'Insee) est un peintre, graveur, buriniste et illustrateur américain.

Il s'établit définitivement à Paris en 1958 où il fait la rencontre de Stanley William Hayter qui l'initie à l'art de la gravure. Considéré comme l'un des plus importants buriniste de la seconde moitié du , il a enseigné au Quartier latin où il a vécu pendant . Son atelier-galerie rue de la Parcheminerie a été fréquenté par un grand nombre d'artistes venus de tous les pays.

Sa peinture et ses gravures sont représentées dans de nombreux musées internationaux.

Biographie

1929-1958, les années américaines

George Ball naît à San Francisco, fils unique d’Edwin Ball et Elisabeth Cross, son ascendance est italienne, irlandaise, canadienne et américaine. Dès son enfance, il se passionne pour le dessin et fréquente régulièrement les trois musées d'art de la ville dans lesquels sa mère l'emmène voir les sculptures de Rodin au California Palace of the Legion of Honor.

La grande exposition internationale de 1939 le marquera profondément. Chaque pavillon expose les chefs-d’œuvre d'un pays et George Ball restera fasciné par La Venus de Sandro Botticelli et les œuvres d'Andrea Mantegna.

En 1947, il obtient son graduel et s'inscrit à l’Université Stanford en droit et en histoire de l’art d'où il sort diplômé en 1952...

En 1955, au cours d'un premier voyage en Italie, il s'imprègne de l'art vénitien et florentin puis retourne à San Francisco poursuivre une année d'étude supérieure d'art graphique. Contre l’avis de ses professeurs, il décide de devenir peintre.

En 1956, George Ball participe à ses premières expositions de groupe au Richmond Art Center, San Francisco De Young Museum et au musée d'Art moderne de San Francisco ; il s'y distingue en recevant plusieurs prix. La Gump's Gallery lui organise sa première exposition individuelle..

Dès ses débuts artistiques, il reçoit le soutien du public pour ses aquarelles, ses encres et ses huiles, qu'il peint en extérieur au bord de l’océan, à partir de la nature qu'il transforme et recompose sur de grandes feuilles de papier.

Fort de ses premiers succès, il aurait pu rester un peintre de paysage et poursuivre sa carrière en Californie mais il bénéficie en 1958 de la bourse Programme Fulbright et décide de partir en Italie. Il est cependant orienté vers la France qui n’est donc pas son premier choix, trop d'étudiants ayant choisi l’Italie..

À , il devient étudiant à la Sorbonne à Paris.

1958–2010, les années françaises 1958–1980, L'atelier 17

En 1958, dans le Paris d'après-guerre, George Ball ne cesse de peindre. Il y rencontre Stanley William Hayter. Le maître se prend d'amitié pour ce jeune artiste qui deviendra son élève puis son assistant à l'académie Ranson qui reprendra quelques années plus tard, le nom d'Atelier 17. Ce lieu est alors fréquenté par des artistes d’horizon variés : Gaël Singer, Isolde Baumgart, Jim Monson, Jean Lodge, Dadi Wirz, Cécil et Lil Michaelis, deviendront ses amis.

En 1960 il fait l'acquisition d'une presse qu'il installe dans son appartement parisien transformé en atelier situé au étage d'un immeuble ancien rue de la Huchette. Lil Michaelis et Cécil Michaelis habitent au premier étage et Abidin Dino et son épouse Güzin Dino, juste en face. Cette communauté d'artistes se retrouve chaque été avec Hayter dans la propriété des Michaelis à l'Harmas, route du Tholonet à Aix-en-Provence.

La même année, il rencontre par l'intermédiaire de Hayter, Raymond Haasen, graveur et taille-doucier qui deviendra son ami, tirant pour lui plus de cent gravures..

George Ball évolue sur la scène artistique à l'époque où fleurissent l'abstraction lyrique, l'art informel, le dripping, le matiérisme. Il en suit les chemins durant quelques années en associant ces différentes techniques. Rapidement, son art se détourne de l’abstraction et amorce un retour à la figuration.

En gravure, George Ball travaille essentiellement au burin sur plaque de cuivre ou d'aluminium qu’il découpe, perce, mord à l’eau-forte, reprend au grattoir et à l'échoppe avec des ajouts d'incisions et de pointillés. Il enchevêtre des lignes droites ou courbées en boomerang, fait varier les zones claires avec d'autres plus sombres en créant des modulations, des hachures et des tailles parallèles croisées parfois jusqu'à trois fois afin d’en accentuer les contrastes et obtenir un noir des plus intenses créant ainsi des effets de lumière vibrante unique. Son travail, sous les conseils de Hayter, évolue rapidement vers la maîtrise du clair-obscur. Si la gravure en noir et blanc peut poser des problèmes pour un peintre, George Ball s'en affranchit. Il reprend les mêmes thèmes, en peinture et en gravure, en parallèle et par alternance avec des résonances. Une gravure peut être une nouvelle approche de ses peintures et réciproquement. Deux moyens d’expression différents que l'on ne peut pas transposer et qu'il n'aura de cesse d'explorer. Dès 1961, il expose de grandes huiles, Landscape, Femmes à la fenêtre, fontaines, paysages Urbain, en même temps que des gravures, Rock Formation, Marché aux puces, aux côtés, d'Alexandre Calder, Jasper Johns et Anita de Caro.

Dès lors, de nombreuses galeries et expositions itinérantes accueillent ses œuvres. Il fait partie du groupe USA nouvelle peinture qui, sous le patronage de l'ambassade des États-Unis représente l'art américain en France. Tous les artistes de cette formation exposent régulièrement des deux côtés de l'Atlantique. Aux côtés de Hayter il participe à de nombreuses rencontres artistiques lors d’expositions internationales.

En , il rend compte des grands mouvements observés au quartier latin à travers un grand nombre de gouaches, de dessins et de peintures. Il n'en abandonne pas pour autant le thème du paysage, thème central de son œuvre avec souvent un personnage féminin de dos qui regarde par une fenêtre afin que le spectateur puisse, lui aussi, être un observateur attentif du monde qui passe.

En 1969, des personnages en mouvement, des paysages vus de l'intérieur et de nouvelles recherches spatiale apparaissent dans l’œuvre de George Ball. Si peu de visages sont représentés, George Ball rêve de pouvoir un jour en dessiner par petites touches, comme Cézanne ou Rembrandt.

Avec ses petit carnets japonais, où qu'il se trouve, George Ball capte ce qu'il voit, chaque scène de vie, avec des feutres et de l'encre de Chine. De retour à son atelier, ces recueils lui servent à construire ses œuvres.

De 1970 à 1980, George Ball se consacre à l’accompagnement des jeunes graveurs à l'atelier 17 puis, jusqu'à sa mort, dans son propre atelier rue de la Parcheminerie. Il réalise pendant cette période des œuvres monumentales sur des panneaux d’aluminium, commandes d'États ou de musées aux États-Unis et en France.

1981–2010

Les décès de Lil Michalelis en 1987, de Stanley William Hayter en 1988 et d'Adibine Dino en 1993 le plongent dans une tristesse et un désarroi dont il émergera lors d'un long séjour à l’ermitage franciscain de la Cordelle à Vézelay. Il y rencontre le frère Ambroise Negrel et le père Joseph Fondeur qui participeront tant à sa reconversion religieuse qu’une forme de renaissance artistique. Élevé dans le christianisme qu’il n’a jamais quitté intérieurement, la question du sacré est indirectement représentée dans l’œuvre de George Ball à travers une communion humaine, une communauté des hommes apparemment souffrants à qui il offre une existence propre. L’église de Saint Séverin à Paris lui commande deux grandes huiles sur toile représentant des anges, aujourd'hui exposées dans le presbytère.

En 1993, au Musée Denon à Chalon-sur-Saône, George Ball participe à une rétrospective aux côtés de Claude-Jean Darmon et Roger Vieillard. À cette occasion, Pierre Courtin écrit : « J’estime particulièrement le travail de George Ball. Je veux, dans la mesure de mes faibles possibilités, participer à cette sorte d’hommage. Pour moi, Ball est l’un de ces artistes contestataires qui, par le procédé le plus sévère — un trait extrêmement noir et un léger relief, une sorte de fil de fer— dit le plus profondément les choses. Je connais peu de graveurs capables d’enfermer autant de drames dans une petite surface. Ces gravures sont avant tout des cris : elles expriment particulièrement bien le mal qui aujourd’hui nous ronge tous.

Le cinéma, la poésie, la littérature, la musique baroque et contemporaine sont intimement liés à la vie de George Ball qui y puisse d'importantes sources d'inspiration. De nombreuses gravures, peintures et ouvrages d'art sont réalisées en hommage ou en collaboration avec Federico Fellini, Andreï Tarkovski, Italo Calvino, José Saramago, Beatrix Beck, Michel Déon, John Berger, David MusPierre Granville, « George Ball, "un Américain à Paris" », Le Monde, 6 juillet 1982, Abidine Dino, Richard Nelson.

L'éditeur et écrivain Thierry Bouchard a imprimé une grande majorité de ses livres d'art.

En 1982, l'association de bibliophilie « les 101 » lui propose d'illustrer Les Cahiers de Malte Laurids Brigge,de Rainer Maria Rilke. Trois années de travail seront nécessaires pour réaliser l'ouvrage.

En 1994, l'artiste et ami américain Richard Nelson, ancien élève, lui propose d'illustrer à deux voix l'œuvre de Saint Jean de la Croix, Malgré la nuit. La même année, chez son galeriste André Biren, il fait la connaissance de Michel Déon. Plusieurs ouvrages d'art et une importante correspondance témoigne de leur amitié..

L’œuvre de George Ball est abondante. De 1951, année de ses premières distinctions artistiques au mois d' date de son décès, il n'a cessé de créer. On recense environ 400 œuvres gravées : 50 plaques d’aluminium utilisées lors de commandes publiques pour la réalisation d’œuvres monumentales, 360 gravures sur plaque de cuivre dont 45 planches illustrent 10 livres d'art, 10 bois gravés ; 400 toiles peintes à l’huile, 400 aquarelles, 300 dessins à l’encre de chine, gouache, crayons et fusain, 30 carnets japonais dessinés à l’encre de chine, aquarelle et feutre, 120 carnets à dessins.

George Ball meurt le . Ses cendres sont dispersées dans le parc du Tholonet, au pied de la montagne Sainte-VictoireSur estampeaquitaine.canalblog.com..

Conception et enseignement de la gravure par George Ball

Parallèlement à son rôle de maître buriniste à l'atelier 17, George Ball enseigne la gravure dans le cadre des Ateliers A.D.A.C. de la Ville de Paris. Il dispense des conférences auprès de nombreux étudiants en art en France, Tunisie et aux États-Unis. Propos de l'artiste :

Principales collections publiques Minnéapols, Minnéapolis institut of Art . Philadelphie, Philadelphia Museum of Art San Francisco, Musée d'Art moderne de San Francisco, Achenbach Foundation art graphique, San Francisco, California Palace of the Legion of Honor Université Stanford Portland, Portland Art Museum Londres, Victoria and Albert Museum, British Museum . Zurich, Kunstmuseum Macédoine du Nord, Musée d'Art contemporain de Skopje Paris, Bibliothèque nationale de France, Cabinet des estampes, 70 gravures. Paris, Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou Paris, Musée d’art moderne de la ville de Paris. Dieppe, château de Dieppe Saintes, Musée du Présidial de Saintes Musée du dessin et de l'estampe originale de Gravelines, donation de 50 gravures Musée des beaux-arts de Brest Toulouse, musée des Augustins . Musée des Beaux-Arts de DijonSur mba-collections.dijon.fr. Chalon-sur-Saône, musée Denon Musée Saint-Loup, Troyes.

Réalisations monumentales publiques 1972 : Philadelphie, 24 panneaux d’aluminium gravé exposés au Philadelphia Museum of Art 1973 : Marseille, Faculté de médecine, décoration murale de 12 panneaux d’aluminium gravé pour l'entrée du bâtiment propédeutique. 1977 : Draguignan, réalisation d'une porte monumentale composée de 12 panneau en aluminium gravé pour l'inauguration de l'école de l'artillerie

Expositions