vignette|Le sud de Manhattan en 1932. L'histoire de la ville de New York s'échelonne sur plusieurs siècles et commence, bien avant l'arrivée des premiers colons dans ce qui est maintenant Manhattan, avec l'occupation par les populations amérindiennes. Les tractations qui mènent New York à sa configuration actuelle, une division en cinq arrondissements (boroughs) : Manhattan, Queens, Brooklyn, le Bronx et Staten Island, ne remontent qu'à la toute fin du et à la première moitié du . Avant cette consolidationTerme anglais désignant le rattachement d'un quartier à la ville, la ville qui connaît de nombreuses crises, est le théâtre de divers conflits, mais réussit tout de même à gagner progressivement en importance, au point de constituer aujourd'hui la plus grande ville des États-Unis et l'une des métropoles les plus importantes et les plus dynamiques du monde, démographiquementL'aire urbaine de New York est la deuxième du monde avec 22,5 millions d'habitants : mais aussi en tant que centre décisionnel de premier plan et de capitale mondiale de la finance et de la Bourse.
L'exploration de la baie de New York vignette|Localisation de New York : 1. Hudson, 2. East River, 3. Long Island Sound, 4. Newark Bay, 5. Upper New York Bay, 6. Lower New York Bay, 7. Jamaica Bay, 8. Océan Atlantique. Le principal attrait de la région de New York pour les explorateurs tient à sa situation exceptionnelle d'un point de vue géographique. En effet, l'espace maritime délimité par les îles et le continent qui constituent la baie de New York, séparée en une Upper New York Bay et une Lower New York Bay, offre non seulement un accès à des îles situées à divers endroits de la baie, mais permet en outre, grâce au fleuve Hudson situé en amont, de remonter à l'intérieur du continent. La région de New York avait donc un intérêt commercial et stratégique de premier ordre, ce qui explique pourquoi le port de la ville surpassait celui de Philadelphie.
Premières communications avec les autochtones Les populations natives de « Manhattan » vignette|gauche|Localisation des Indiens Lenapes, également appelés Delawares. On note leur présence sur le site actuel de New York. Étant donné que l'on ignore à quel moment les peuples venus d'Asie par le détroit de Béring ont atteint le nord-est des États-Unis actuels, il est très difficile de trouver une date précise au peuplement du site de New York, cependant, on estime que les premiers hommes mirent le pied en Alaska il y a . Lors de leur arrivée dans la « Nouvelle-Néerlande » (Nieuw-Nederland), les colons rencontrèrent une colonie d'Algonquins qui occupaient la région de la ville, avec les Lenapes dont la population est estimée à . Les occupants de l'île de Manhattan étaient des Munsee, considérés par les colons hollandais comme étant violents et agressifs. Les autres bandes amérindiennes installées dans les baies ont pour certaines donné des noms à quelques quartiers actuels de la ville ; on retrouvait ainsi les Matinecooks au niveau de Flushing, les Rockaways dans le Queens et les Wecquaesgeeks, tribus mohicans vivant dans la région de Yonkers.
Ces diverses tribus vivaient de la pêche, et de la chasse, mais aussi de la culture du maïs, des courges et des haricots. Elles cultivaient également du tabac dans de grandes clairières en forêt. Les Lenapes firent ainsi découvrir le sucre d'érable, diverses préparations faites à base de maïs, ainsi que la culture du tabac aux Hollandais. Les autochtones étaient également de grands consommateurs d'huîtres. Pour cette raison, les colons hollandais baptisèrent une de leurs rues Pearl Street (rue des perles) en raison de l'amoncellement de coquilles d'huîtres le long de cet axe de communication. La principale trace que ces autochtones ont laissée dans le New York moderne est le nom de l'île de Manhattan, directement issu du nom de Mannahatta, que l'on peut traduire par « Île vallonnée » ou encore « La petite île » .
Cette ancienne présence amérindienne se manifeste encore aujourd'hui dans la toponymie de New York. Par exemple, le nom « Manate » se retrouve dans « Manhattan », Canarsie est un quartier de Brooklyn, proche de l'aéroport international John Fitzgerald Kennedy. On retrouve également des références à ces peuples dans des noms d'entreprises, comme l'Hôtel Algonquin, situé dans le centre de Manhattan .
La découverte de la baie de New York par les Européens Giovanni da Verrazano En 1523, François de France fut convaincu par le navigateur florentin Giovanni da Verrazano de rassembler une flotte pour découvrir un accès maritime au Cathay (accès donnant sur le Pacifique), en passant par l'ouest. Verrazano obtint ce qu'il souhaitait, et embarqua à Dieppe dans une petite caravelle, « La Dauphine », accompagné d'une cinquantaine d'hommes à la fin de l'année 1523 . Après avoir longé la côte Atlantique, il partit en direction du continent américain. En mars 1524, il explora les côtes de Caroline du Nord, puis continua à naviguer vers le nord. Le , il jeta l'ancre à proximité de la baie de New York, avant de continuer sa route vers le nord. Il est le premier explorateur européen à découvrir le site de la future ville de New York qu'il baptisa Nouvelle-Angoulême en l'honneur de François , ex-duc d'Angoulême qui avait financé son voyage. De retour en France, Verrazano fit part de ses découvertes au roi, et rassembla les fonds nécessaires à un second voyage, qui lui permettrait de continuer son exploration. Cependant, dans un contexte politique difficile marqué par des défaites militaires contre l'ennemi espagnol, l'exploration du Nouveau Monde apparaissait comme un objectif secondaire, et l'explorateur italien dut se résoudre à annuler son expédition, en concédant ses navires à l'armée française.
Henry Hudson vignette|Le navigateur anglais Henry Hudson, premier aventurier à pénétrer dans la baie, et qui baptisa le fleuve Hudson Noord rivier. Au début de l'ère de conquête du Nouveau Monde, seules l'Angleterre et les deux pays de la péninsule Ibérique, l'Espagne et le Portugal possédaient les moyens matériels et le savoir-faire nécessaires à des expéditions en direction de l'Amérique. Cependant, les explorateurs déterminés à traverser l'océan Atlantique provenaient de toute l'Europe, comme le montrent bien les Italiens Christophe Colomb, originaire de Gênes et Giovanni da Verrazano, originaire de Florence. Le Britannique Henry Hudson faisait partie de ces navigateurs chevronnés, c'est pourquoi il fut engagé par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales, au nom de Jodocus Hondius et Petrus Plancius pour découvrir le passage du Nord-Ouest vers l'Asie. Hudson avait déjà à deux reprises tenté de découvrir le passage, mais au nom des Anglais de la Compagnie de Moscovie, en 1607 et 1608.
Une fois encore, Hudson ne parvint pas à trouver le fameux passage, mais plutôt que d'abandonner son expédition, il suivit les conseils d'un autre explorateur britannique, John Smith et prit la direction de la Terre-Neuve à bord de son navire de , le « Halve Maen » (Demi Lune en néerlandais). Il navigua ensuite en direction du sud, en recherchant à chaque estuaire le légendaire passageThe Historical Atlas of New York City : Explorers Arrive (pages 18-19). Le , Hudson pénétra dans la baie formée par la « Grande Rivière des montagnes »The Great River of the Mountains, citation trouvée dans , c'est-à-dire l'actuelle baie de New York. Le , l'explorateur continua son voyage en avançant dans le détroit en suivant la rivière qui allait porter son nom : le fleuve Hudson. Arrivé selon lui à la limite navigable du cours d'eau, il rebroussa chemin le . Hudson découvrit donc le site de New York au nom de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales. Hudson suscita néanmoins l'intérêt des Néerlandais grâce au journal de bord et aux nombreuses descriptions qu'il rapporta. Les historiens estiment que le premier colon Jan Rodrigues, se serait installé sur le territoire de l'actuelle New York en 1613. La Compagnie néerlandaise de Indes occidentales entreprit de coloniser la région quinze années après le voyage d'Hudson. Pour les Néerlandais, le fleuve qui liait Fort Orange à La Nouvelle-Amsterdam se nommait Noord rivier (fleuve du Nord).
Nieuw-Amsterdam et Nieuw-Nederland : la colonisation néerlandaise
La fondation de la Nouvelle-Amsterdam Les premières installations (1613-1624) L'aventure néerlandaise dans le Nouveau Monde débuta lorsque le navigateur hollandais Adriaen Block s'installa durant quelques mois sur l'île de Manhattan en 1613. Son séjour sur l'île fut la conséquence de l'incendie qui immobilisa son navire pendant l'hiver. Cependant, l'année suivante, grâce à l'aide des Indiens locaux, pourtant décrits négativement par les premiers Néerlandais qui s'étaient rendus sur le site, il parvint à remettre son navire en état pour rentrer en Europe. Lors de son voyage de retour, il franchit le détroit de l'actuelle East River qu'il baptisa « La porte de l'enfer » (HelleGat en néerlandais). Il rejoignit ensuite la baie par le détroit qu'il appela Long Island SoundNational Geographic, Guides de Voyage : New York : Histoire de New York, p.19. La colonie de la Nouvelle-Amsterdam (Nieuw-Amsterdam en néerlandais) fut fondée en 1614, cependant, l'île de Manhattan, qui sera par la suite le centre d'installation des colons, n'était que très peu peuplée durant les premières années. Les explorateurs passaient en effet davantage de temps dans les forêts, et se concentraient en amont de l'Hudson dans la région de l'actuelle capitale de l'État de New York, Albany.
L'arrivée de quelques colons à Manhattan débuta au mois de mai 1623 (ou 1624 selon les sources), avec le débarquement aux Nieuw Nederlandt (Nouvelle-Néerlande) d'un navire de transportant trente familles protestantes, parmi lesquelles quelques familles wallonnes. Leur groupe se composait de 110 hommes, femmes et enfants, qui acceptèrent de s'établir dans la colonie nouvellement fondée pour une durée de six ans. Ces colons emportèrent avec eux du bétail, des graines et des outils agricoles.
Parmi les explorateurs, huit hommes s'établirent sur Governor's Island alors que d'autres marchands furent envoyés vers d'autres colonies néerlandaises situées dans la région d'Albany, au Fort Orange, le long du fleuve Delaware ou du Connecticut. Les conditions de vie de ces premiers colons étaient particulièrement difficiles, surtout durant les deux premières années, avant que d'autres colons ne soient envoyés.
Les passagers ne restèrent pas ensemble, et se dispersèrent en divers endroits : huit d’entre eux débarquèrent sur l’actuelle Governors Island qui s'appelait à l’époque l’« Île aux Noix » (Noten Eyland), huit couples et quelques employés débarquèrent sur l'île Haute (Hoogh Eyland, maintenant Burlington Island) sur le fleuve Sud (Zuidrivier, maintenant le fleuve Delaware) pour bâtir le Fort Wilhelmus. En parallèle, deux familles et six hommes remontèrent le fleuve Frais (Versche rivier, maintenant le Connecticut probablement à l'embouchure, Kievets Hoek). Enfin, environ dix-huit familles remontèrent le fleuve Hudson à bord du Nieuw Nederlandt. Elles débarquèrent à l’emplacement actuel de la capitale de l’État de New York, Albany, où elles fondèrent Fort Orange.
La constitution de la colonie vignette|Pierre Minuit.