Le Rallye Monte-Carlo 1980 ( Rallye Monte-Carlo), disputé du 19 au , est la soixante-seizième manche du championnat du monde des rallyes (WRC) courue depuis 1973, et la première manche du championnat du monde des rallyes 1980.
Contexte avant la course Le championnat du monde thumb|right|alt=Ford Escort RS1800|La Ford Escort RS1800 de Björn Waldegård, championne du monde en 1979.
Ayant succédé en 1973 au championnat international des marques (en vigueur de 1970 à 1972), le championnat du monde des rallyes se dispute sur une douzaine de manches, dont les plus célèbres épreuves routières internationales, telles le Rallye Monte-Carlo, le Safari ou le RAC Rally. Parallèlement au championnat des constructeurs, la Commission Sportive Internationale (CSI) a depuis 1979 créé un véritable championnat des pilotes qui fait suite à la controversée Coupe des conducteurs instaurée en 1977, dont le calendrier incluait des épreuves de second plan. Huit des douze manches du calendrier se disputent en Europe, deux en Afrique, une en Amérique du Sud et une en Océanie. Elles sont réservées aux voitures des catégories suivantes : Groupe 1 : voitures de tourisme de série Groupe 2 : voitures de tourisme spéciales Groupe 3 : voitures de grand tourisme de série Groupe 4 : voitures de grand tourisme spéciales
Titré en 1979, Ford a mis son programme rallyes en veille pour la saison 1980. La marque sera néanmoins représentée cette saison par des préparateurs chevronnés et pourra disputer le titre aux quatre autres grands constructeurs officiellement engagés, Fiat, Datsun, Talbot et Opel. Mercedes-Benz a étoffé son programme par rapport à l'année précédente, mais ne participera cependant qu'a la moitié des manches du calendrier, laissant à ses principaux pilotes officiels Björn Waldegård (champion du monde en titre) et Hannu Mikkola l'opportunité de courir pour d'autres marques dans les autres épreuves.
L'épreuve thumb|upright|left|alt=MC|Créé en 1911, le Rallye Monte-Carlo est l'une des plus anciennes épreuves routières.
Le Rallye Monte-Carlo fut créé en 1911 sous la férule d'Antony Noghès et René Léon ; c'est l'une des plus anciennes épreuves routières de l'histoire du sport automobile. Au commencement simple épreuve touristique, elle devient rapidement un important événement sportif, la difficulté de son parcours hivernal requérant qualités de pilotage et de navigation. Jusqu'au début des années 60, son classement était basé sur la régularité des concurrents, en fonction d'un temps de référence, les équipages pointant à chaque contrôle horaire du parcours, avec pénalité en cas de retard éventuel. Au fil des années, les moyennes imposées furent régulièrement augmentées, rendant l’épreuve plus sélective. En 1968, les organisateurs introduisirent le classement 'scratch', principalement basé sur les résultats des secteurs chronométrés. Une des particularités de ce rallye est de proposer plusieurs choix de villes de départ, les différents parcours de concentration possibles menant les concurrents à un point de regroupement avant les épreuves de classement. Sauf fortes intempéries, les parcours de concentration, dont les longueurs a été cette année réduite d’environ mille kilomètres par rapport aux éditions précédentes, ne comportent aucune difficulté.
Particulièrement efficace sur parcours sinueux, la Lancia Stratos s’est imposée à quatre reprises au cours des cinq dernières éditions, Bernard Darniche ayant triomphé en 1979 au terme d’une spectaculaire remontée au cours de la dernière nuit.
Le parcours départ : (choix entre neuf villes de départ) arrivée : à Monaco distance : de 3636 km à 4028 km (selon ville de départ), dont 623 km sur 30 épreuves spéciales (34 épreuves initialement prévues, pour un total de 707 km chronométrés) surface : asphalte (conditions hivernales) Parcours divisé en quatre étapes : parcours de concentration, parcours de classement, parcours commun et parcours finalRevue Sport Auto - janvier 1980
Parcours de concentration neuf parcours possibles, de 1019 à 1411 km, du 19 au : Itinéraire d'Amsterdam (1247 km) : Amsterdam - Bruxelles - Reims - Stenay - Langres - Saint-Claude - Chambéry - Gap - Serre Chevalier Itinéraire de Francfort (1180 km) : Francfort - Munich - Innsbruck - Trente - Brescia - Turin - Serre Chevalier Itinéraire de Lausanne (1019 km) : Lausanne - Pontarlier - Saint-Claude - Ambérieu-en-Bugey - Grenoble - Nyons - Alès - Privas - Gap - Serre Chevalier Itinéraire de Londres (1238 km) : Londres - Douvres - Calais - Reims - Stenay - Langres - Saint-Claude - Chambéry - Gap - Serre Chevalier Itinéraire de Monte-Carlo (1098 km) : Monte-Carlo - Draguignan - Rians - Apt - Le Vigan - Millau - Saint-Affrique - Montpellier - Alès - Privas - Gap - Serre Chevalier Itinéraire de Paris (1045 km) : Paris - Nanterre - Soissons - Stenay - Langres - Saint-Claude - Chambéry - Gap - Serre Chevalier Itinéraire de Rome (1031 km) : Rome - Rieti - Pérouse - Arezzo - Florence - Parme - Brescia - Turin - Serre Chevalier Itinéraire de Saragosse (1095 km) : Saragosse - Andorre-la-Vieille - Carcassonne - Montpellier - Montpellier - Alès - Privas - Gap - Serre Chevalier Itinéraire de Wrocław (1411 km) : Wrocław - Pilsen - Munich - Innsbruck - Trente - Brescia - Turin - Serre Chevalier
Parcours de classement Serre Chevalier - Briançon - Chorges - Sisteron - Barrême - Roquestéron - Monaco, 422 km, du 20 au 7 épreuves spéciales (1 prologue sur circuit de glace et 6 épreuves routières), 124 km
Parcours commun Monaco - Puget-Théniers - Castellane - Sisteron - Vals-les-Bains - Tournon - Vif - Gap - Digne - Monaco, 1498 km, du 21 au 15 épreuves spéciales, 358 km (17 épreuves initialement prévues, pour un total de 397 km)
Parcours final Monaco - Saint-Martin-Vésubie - Monaco (2 boucles), 697 km, du 24 au 8 épreuves spéciales, 141 km (10 épreuves initialement prévues, pour un total de 186 km)
Les forces en présence Sur les 255 équipages inscrits, 237 vont effectivement prendre le départRevue Auto hebdo - 24 janvier 1980.
Fiat Le constructeur turinois vise une première victoire dans cette épreuve et engage officiellement quatre voitures : trois 131 Abarth groupe 4 confiées à Markku Alén, Walter Röhrl et Björn Waldegård, ainsi qu'une Ritmo 1500 groupe 2 (840 kg, 165 chevaux) aux mains d'Attilio Bettega. L'équipe officielle est épaulée par Fiat France qui aligne deux 131 Abarth aux caractéristiques identiques à celles des versions usine (1020 kg, moteur deux litres seize soupapes à injection Kugelfischer développant 238 chevaux à 8000 tr/min, boîte cinq vitesses à crabotsRevue L'Automobile - mars 1980) pour Jean-Claude Andruet et Michèle Mouton. La marque utilise des pneus Pirelli, qui met à disposition six différents types de gommes sur cette épreuve pour les modèles 131 (slick rayé, pneu pluie, pneu verglas et trois sortes de pneus neigeRevue Sport Auto - février 1980). Sur sa Ritmo, Bettega a un choix plus réduit, ne pouvant bénéficier ni des pneus pluie ni des pneus les plus tendres.
Opel thumb|upright=1.2|right|alt=Opel Ascona 400|L'Opel Ascona 400 (ici lors d'une épreuve historique), fait ses débuts au Monte-Carlo. La marque allemande du groupe GM fait débuter sa nouvelle Opel Ascona 400, tout juste homologuée en groupe 4. Cette voiture de 1050 kg est équipée d'un moteur quatre cylindres de 2420 cm3 développé chez Cosworth, d'une puissance de l'ordre de 260 chevaux. Deux voitures ont été officiellement engagées, sous les couleurs de l'Euro Händler Team, pour Anders Kulläng et Jochi Kleint. Elles utilisent des pneus Michelin (six types de gommes possibles). La marque est également représentée par plusieurs équipes privées dans les groupes 1 et 2, qui engagent des Kadett GT/E ou des Ascona, parmi lesquelles celle de Jean-Louis Clarr, un des favoris en tourisme de série.
Datsun Le Rallye Monte-Carlo ne constitue pas une priorité pour le constructeur japonais, aussi l'équipe Datsun Europe n'a-t-elle engagé qu'une seule berline 160J PA10 groupe 2 (965 kg, moteur deux litres, 198 chevaux à 7800 tr/min) pour son directeur sportif Andy Dawson, qui utilise des pneus Dunlop.
Talbot Récemment homologuée en groupe 2, la Sunbeam Lotus est la plus puissante de sa catégorie, son moteur quatre cylindres seize soupapes de 2217 cm3, alimenté par deux carburateurs double-corps, délivrant 240 chevaux, la voiture pesant un peu plus d'une tonne. Un seul exemplaire a été officiellement engagé, pour Guy Fréquelin, avec le concours de Michelin pour les pneumatiques. Le pilote autrichien Georg Fischer est engagé à titre privé sur un modèle identique.
Toyota Toyota a engagé deux coupé Celica groupe 4 (1000 kg, moteur quatre cylindres deux litres à seize soupapes, 220 chevaux) pour les pilotes allemands Achim Warmbold et Klaus Fritzinger. Ils utilisent des pneus Pirelli.
Ford Ayant cessé son activité en rallye, Ford a revendu une partie de ses Escort RS1800 groupe 4 à des écuries privées. Ari Vatanen dispose de l'une d'entre elles, engagée par Publimmo Racing. Préparée chez David Sutton, cette voiture de 980 kg est équipée d'un moteur deux litres alimenté par carburateurs, d'une puissance de 260 chevaux. Vatanen utilise des pneus Helenius pour la neige ou le verglas et des Dunlop dans les autres conditions. 'Ray', responsable de l'ecurie, pilote un modèle identique, ainsi que Nicolas Koob, engagé à titre privé. En groupe 2, le pilote espagnol Salvador Servià d'une Fiesta (860 kg, 150 chevaux) préparée par Ford Catalogne. Parmi les nombreux clients de la marque, on note la présence d'Alain Beauchef sur une Escort RS2000, un des principaux animateurs du groupe 1.
Lancia thumb|upright=1.1|right|alt=Stratos Chardonnet|La Lancia Stratos de l'écurie Chardonnet. Victorieux en 1979, Bernard Darniche s'aligne de nouveau sur une Stratos HF groupe 4 (970 kg, moteur central arrière V6 de 2400 cm3, environ 280 chevaux) de l'écurie Chardonnet, cette fois équipée de pneus Pirelli avec huit choix de gommes possibles.
Porsche Le prestigieux constructeur allemand est de nouveau très bien représenté, tant en groupe 3 qu’en groupe 4, grâce aux nombreux clients de la marque. Au volant d'une 911 SC groupe 4 préparée par les frères Alméras, Hannu Mikkola fait partie des favoris, sa voiture, équipée de pneus Michelin, disposant de 290 chevaux. Jacques Alméras s'aligne sur un modèle identique, les préparateurs de Montpellier ayant également mis au point la Carrera groupe 3 d'Alain Coppier, un des favoris de cette catégorie. Bernard Béguin pilote son habituelle 911 SC groupe 4 préparée chez Louis Meznarie, tandis que l'ingénieur-pilote de la marque, Jürgen Barth, a personnellement engagé une 924 turbo groupe 4.
Volkswagen Volkswagen Motorsport a engagé deux Golf GTI groupe 2 pour Jean-Luc Thérier et Per Eklund. Ces voitures de 775 kg ont une puissance de 160 chevaux et sont équipées d'une boîte à cinq vitesses. Utilisant des pneus Michelin, elles seront redoutables dans leur catégorie.
BMW Timo Mäkinen effectue une rentrée remarquée au volant d'une 320i groupe 2 engagée par BMW France et préparée par Georges Benoît.
Mercedes Le grand constructeur de Stuttgart n'est pas officiellement engagé mais assiste néanmoins la Scuderia Kassel qui a engagé un coupé 280 CE groupe 2 pour Ingvar Carlsson et deux versions groupe 1 pour Holger Bohne et Johannes Breuer.
Déroulement de la course Parcours de concentration