Les inondations printanières de 2019 en Ontario, au Québec et au Nouveau-Brunswick sont des crues exceptionnelles des cours d'eau de l'est de l'Ontario, du sud Québec et de la région du fleuve Saint-Jean au Nouveau-Brunswick, au Canada, due à la fonte des neiges au printemps, à laquelle se sont ajoutés de nombreux épisodes de pluie qui ont donné des cumuls anormalement élevés pour avril et mai. D'ailleurs, les inondations le long de la rivière des Outaouais furent reconnues comme l'événement météorologique le plus important de l'année 2019 au Canada et celle du fleuve Saint-Jean comme le neuvième, par Environnement et Changement climatique Canada...
Au Québec, de 310 municipalités furent inondées dans cinq zones principales, dont la région de Montréal, et furent isolées à cause des glissements de terrain et des 760 routes submergées., faisant quelque . Au Nouveau-Brunswick, 15 collectivités furent affectées et 69 routes, ainsi que 45 ponts, furent fermés ou partiellement fermés.. Une personne est morte dans un accident d'automobile lié aux inondations.
Suivant l'expérience des inondations printanières de 2017 au Québec, les Forces armées canadiennes ont été appelées pour soutenir les autorités locales et les volontaires dans les régions dès que les rivières ont montré des signes de crues et que les prévisions météorologiques montrèrent un risque grandissant. Plus de canadiens ont été déployés dans ces trois provinces pour prêter main-forte.
Évolution météorologique Au printemps, le ruissellement provenant de la fonte des neiges se retrouve dans les rivières, ce qui cause chaque année des débordements dans certaines régions de ces trois provinces. L'hiver 2018-2019 fut particulièrement froid et neigeux, l'épais manteau neigeux est donc resté longtemps au sol.. De plus, des chutes de neige tardives et de la pluie verglaçante ont affecté le territoire au début d'avril ce qui laissa plus de de neige un peu partout et jusqu'à de verglas sur les régions de l'Outaouais et Montréal....
En seconde moitié du mois, plusieurs dépressions ont laissé des accumulations importantes de pluie et les températures ont commencé à grimper. Ceci a eu pour effet d'accélérer la fonte des neiges et le ruissellement de surface. Le , de nombreux cours d'eau ont alors atteint et dépassé le seuil d'inondation établi en 2017..
Après une accalmie les premiers 8 jours du mois de mai qui a permis de diminuer le niveau des cours d'eau, une importante dépression a ramené des quantités de de pluie les jours suivants. La plupart des réservoirs dans la région de l'Abitibi-Témiscamingue étant pleins, le surplus ne put être retenu par les réservoirs et s'écoula dans la rivière des Outaouais et le fleuve Saint-Laurent. Entre Mattawa et Gatineau, les niveaux d'eau devait monter au cours des jours suivants pour atteindre des valeurs records..
Par la suite, les cours d'eau commencèrent à baisser alors que les précipitations se firent plus faibles et que le couvert de neige commença à être très mince dans les régions nordiques et inexistant dans le sud. Les inondations se résorbèrent graduellement : d'abord au Nouveau-Brunswick, puis en Ontario et au Québec. À la fin juin, les crues étaient finies.
Déroulement des événements Nouveau-Brunswick vignette|Inondation au Nouveau-Brunswick. Le , les autorités provinciales du Nouveau-Brunswick ont présenté des demandes de déploiement des forces armées canadiennes pour mener des opérations de secours à la suite des inondations ce qui fut accordé peu de temps après.
Le , le fleuve Saint-Jean commença à déborder dans les régions suivantes : Clair/Fort Kent, Saint-Hilaire, Edmundston, Fredericton, Maugerville, Jemseg et Sheffield-Lakeville Corner. Dans la capitale provinciale de Fredericton, le niveau du fleuve a dépassé 8 mètres, soit au-dessus du seuil de crue. L’Organisation des mesures d’urgence du Nouveau-Brunswick (OMU) surveillait également aussi d'autres cours d'eau : rivières Restigouche, Middle et Tétagouche à cause des embâcles..
Les eaux ont continué à grimper au cours des jours suivants et d'autres municipalités en aval, comme Saint-Jean à l'embouchure du fleuve, atteignirent le niveau d'inondation. Le , la route transcanadienne fut fermée le long du tronçon entre Oromocto et River Glade à cause des inondations. Au moins 490 personnes ont dû quitter leur résidence en raison des inondations le long du fleuve Saint-Jean.. Selon Statistique Canada et l'Agence spatiale canadienne, la région de Fredericton–Saint-Jean a vu 383 kilomètres de terrains engloutis..
Le , la situation a commencé à s'améliorer le long du fleuve. Le , une certaine décrue s'est amorcée et la transcanadienne fut en partie rouverte. Le , les militaires sont retournés à leurs bases et la décrue a commencé à permettre à certains résidents de retourner dans leurs foyers..
Ontario Le , Bracebridge et d'autres municipalités au nord de Toronto ont lancé l’état d’urgence en raison des inondations qui ont atteint un niveau plus élevé qu’en 2013. Le , les Forces armées canadiennes ont reçu une demande d’aide fédérale de la province de l’Ontario.. La Ville d’Ottawa a déclaré le même jour l’état d’urgence à cause du niveau des eaux et les de pluie annoncés. Le maire, Jim Watson, a fait savoir que les niveaux d'eau devaient ainsi dépasser ceux qui ont causé en 2017 d'importants dommages..
Le , à Ottawa où étaient déployés plusieurs centaines de soldats, le pont Union entre le Québec et l'Ontario fut fermé aux automobilistes et aux piétons à cause des prévisions du débit et du niveau élevés de l’eau de la rivière des Outaouais..
Le sud-ouest de la province a reçu près de 50 millimètres de pluie la nuit du au , causant des inondations par endroits, entre autres à Windsor (Ontario).. Le niveau du lac Ontario à Toronto s'approchait également de celui enregistré lors des inondations de 2017 et selon le Conseil international du lac Ontario et du fleuve Saint-Laurent, le niveau du lac devait continuer à augmenter jusqu'à la fin mai ou le début juin ce qui pourrait menacer les îles de Toronto..
Le , afin de baisser le niveau du lac Ontario, les autorités ont augmenté le débit du barrage de Cornwall sur le fleuve Saint-Laurent ce qui gonflera le lac Saint-Louis au sud de Montréal et retardera la décrue en aval.. Le , le Grand Toronto, en particulier Bowmanville, était toujours en état d'alerte à cause du niveau qui restait élevé au lac Ontario. L'Office de protection de la nature de Toronto indiqua par voie de communiqué que le niveau d'eau frôlait celui enregistré en 2017..
Les 9 et , de nouvelles pluies ont contribué à rehausser le niveau des rivières. À Pembroke, le long de l’Outaouais, le maire a déclaré l'état d'urgence en prévision d'une crête de la crue pour les jours suivants. L'accès à la marina et au parc Riverside fut aussi fermé. Le maire de Petawawa tout près, a déclaré que plus de 125 maisons de sa municipalité étaient touchées par les inondations et un immeuble fut démoli près d'un pont qui enjambe la rivière Petawawa, de crainte qu'une érosion croissante ne compromette le pont.. Le , la rivière des Outaouais a atteint un niveau jamais égalé depuis 1960 à Pembroke.. Le , les inondations le long de la rivière des Outaouais persistaient de Mattawa jusqu'au lac des Deux-Montagnes.
Au début juin, les eaux étaient en retraite et le , le maire d’Ottawa Jim Watson annonça qu'il espérait commencer à faire retirer les digues construites pour protéger des propriétés et des infrastructures de la crue printanière..
Québec vignette|Digue érigée dans le quartier Cartierville de Montréal. Plusieurs cours d'eau étaient sous surveillance au Québec en raison des risques d'inondation dès le début avril. Le gouvernement du Québec a sollicité dès le vendredi l’assistance des militaires au gouvernement fédéral à Ottawa. La ministre de la sécurité publique et vice-première ministre, Mme Geneviève Guilbault, l'a annoncé en conférence de presse mentionnant qu'avec l'expérience de 2017, le Québec préférait avoir un déploiement des forces armées en prévention plutôt qu'en réaction aux événements.. Ces dernières ont déployé quelque 600 militaires le lendemain allant de l'Outaouais à l'ouest, à la région de Trois-Rivières à l’est et passant la région de Montréal..
Au , 5 inondations majeures sévissaient aux abords du lac Saint-Pierre, de la rivière Chaudière et du lac des Deux Montagnes. D’après les autorités, étaient inondées, environ 706 maisons étaient isolées par les eaux et étaient évacués.
Le , pas moins de étaient toujours évacuées dans l'ensemble du Québec, avec inondées et , selon le bilan national de la Sécurité civile.
Le , le débit du barrage de Cornwall fut augmenté pour diminuer le niveau du lac Ontario. Bien que cela retarderait la décrue en aval jusqu'à Québec, la nécessaire manœuvre ne devait pas selon les responsables poser un risque trop important malgré le flux inverse causé par les marées hautes remontant le fleuve. D'autre part, les immenses plans d'eau gérés par Hydro-Québec au nord des bassins versants inondés avaient encore beaucoup de volume disponible et resteraient fermés jusqu'à nouvel ordre. Il s'agit des réservoirs Gouin, du Rapide Blanc, Manouane, Châteauvert, Taureau et Kempt.
Le , la fonte des neiges commençait à sérieusement affecter le débit des barrages en aval du lac Témiscamingue en Abitibi-Témiscamingue, ceux-ci alimentant ultimement la rivière des Outaouais. La ministre de la Sécurité publique annonça le même jour que les militaires demeureraient au Québec pour aider non seulement aux travaux d'endiguement mais aussi pour l'aide au nettoyage après la fin des inondations..
Au début juin, le niveau des rivières commença à baisser sérieusement et le , la Sécurité publique du Québec n'avait plus que des inondations mineures ou des zones sous surveillance dans la région de Montréal au lac Saint-Pierre. Des quelque évacués, la grande majorité avaient pu regagner leur domicile, sauf à Gatineau et à Rigaud, où les dégâts étaient particulièrement importants. Le , la décrue se poursuivait.
Abitibi-Témiscamingue Le , la sécurité civile suivait de près l'évolution de la crue en Abitibi-Témiscamingue. La route 397 dans le secteur Lac-Despinassy était fermée en raison d'une inondation.. Le , des militaires de la région furent appelés en renfort pour porter main forte dans la région de Montréal..
Ce n'est qu'au début mai que les crues ont commencé. Selon le bilan du ministère de la Sécurité publique publié le , une trentaine de résidences était inondées ou isolées dans la région et 4 personnes étaient évacuées à Rouyn-Noranda et La Motte. Les municipalités de Chazel, Duparquet, Rapide-Danseur et Rivière-Héva étaient également menacées et le niveau de l'eau augmentait rapidement sur le lac Témiscamingue.. Sur le territoire de Notre-Dame-du-Nord en bordure du lac, quelque de sable ont été déployés pour tenter de retenir la montée des eaux.
Beauce Les inondations ont commencé en Beauce où la rivière Chaudière est sortie de son lit alors qu'un embâcle s'est formé près d'un pont à Saint-Georges produisant des inondations de sous-sols dans la nuit du 13 au . Le à Beauceville, la ville a décrété l’état d’urgence vers alors que le niveau de la rivière a atteint un niveau plus de ..
La crue s'est ensuite étendue en aval vers Saint-Marie-de-Beauce et Scott. Le , la rivière Chaudière a envahi le centre-ville de Saint-Marie où près de 570 domiciles et commerces ont reçu l’ordre d’évacuer.. Entre autres, l'usine Vachon, importante boulangerie qui emploie plusieurs centaines de salariés, fut touchée et la production arrêtée pour plusieurs semaines..