est un film japonais réalisé par Mikio Naruse et sorti en 1945.

Synopsis À l'époque d'Edo, des guides présentent le temple Sanjūsangen-dō de Kyoto à des groupes de visiteurs et se relaient pour leur rapporter l'histoire du concours de tir à l'arc qui s'y tient. Un archer du pays de Kishū, Daiemon, y a autrefois établi le record inédit de 6200 flèches ayant atteint la cible, et un panneau commémorant son exploit a été accroché dans le temple. L'année suivante, Kanzaemon Hoshino a porté ce record à 8000 flèches, et son panneau a remplacé celui de Daiemon. Pressé par les gens de Kishū de reconquérir le titre, Daiemon, qui avait alors passé la cinquantaine, n'en a atteint que 7300 au concours suivant et s'est donné la mort par seppuku. Depuis cinq ans, personne n'a battu le record de Hoshino, mais un nouveau concurrent vient de se déclarer : Daihachirō, le fils de Daiemon, qui entend laver l'honneur de son père.

Âgé de dix-sept ans, Daihachirō a été recueilli et élevé par Okinu, qui tient une auberge non loin du temple et le pousse à s'entraîner durement au tir à l'arc avec Jinbei. Mais plus la date fatidique approche, plus Daihachirō est en proie au doute. Malgré son talent, il craint de ne pouvoir battre le record de Kanzaemon Hoshino, qu'il redoute, et n'ose confier ses angoisses à Okinu.

Daihachirō est pris à partie par des rōnin près d'un stand de tir à l'arc. Il parvient à s'échapper et se réfugie dans l'auberge tenue par Ofumi et sa mère. Un mystérieux samouraï du nom de Kanbei Karatsu entend malgré lui le jeune homme conter ses déboires. Quelque temps après, Kanbei lui sauve la mise alors que les rōnin, qui avouent être à la solde de la famille Hoshino, le retrouvent chez Okinu. Kanbei convainc cette dernière de placer Daihachirō sous sa protection, il supplante peu à peu Jinbei dans l'entraînement du jeune homme et lui redonne confiance en ses capacités.

Alors qu'il se promène avec Daihachirō et Jinbei dans les rues de Kyoto, Kanbei remarque qu'ils sont suivis. Il s'interpose tandis que ses deux compagnons partent se mettre en sécurité. Kanbei met les larrons en déroute ; un samouraï s'approche alors : c'est Kazuma Hoshino, qui reconnait aussitôt en la personne de Kanbei son frère Kanzaemon Hoshino, dont il était sans nouvelle. Une vive discussion s'engage, Kazuma reprochant à son frère d'agir à l'encontre des intérêts de la famille, Kanzaemon lui reprochant en retour ses méthodes déshonorantes pour parvenir à ses fins.

Plus tard, Kazuma Hoshino se rend à l'auberge d'Okinu, demandant à voir son frère car leur mère veut lui parler, révélant ainsi aux yeux de Daihachirō et d'Okinu médusés la véritable identité de Kanbei. Pour régler le différend, une joute de tir à l'arc est organisée entre Kanzaemon et Daihachirō. Ce dernier en sort vainqueur et c'est empli d'une toute nouvelle assurance qu'il se présente au concours de tir à l'arc du temple Sanjūsangen-dō.

Devant une foule en liesse, Daihachirō enchaîne les tirs et le voilà bientôt arrivé à 5000 flèches ayant touché la cible suivant le décompte des juges. C'est à ce moment qu'il décide de prendre un peu de repos. Kanzaemon tente de le dissuader mais le jeune homme ne tient pas compte de ses conseils. Mal lui en prend puisqu'à son retour, il se retrouve incapable de parvenir à toucher la cible. Fort de son expérience, Kanzaemon sait qu'il est victime d'un afflux de sang dans l'épaule. Il se rend chez Okinu et lui donne un remède permettant d'atténuer la douleur de Daihachirō.

Grâce aux soins prodigués, le jeune homme peut reprendre le concours et parvient à établir un nouveau record avec 8133 flèches ayant touché la cible. Kanzaemon reprend la route alors que la nuit tombe sur Kyoto.

Fiche technique vignette|350px|Estampe du illustrant le concours de tir à l'arc au temple Sanjūsangen-dō tel qu'il se déroule dans le film. Titre français : Histoire de l'arc au temple de SanjusangendoHistoire de l'arc au temple de Sanjusangendo (1945) - MCJP Titre original : Titre anglais : A Tale of Archery at the Sanjusangendo Réalisation : Mikio Naruse Assistant-réalisateur : Toshio Sugie Scénario : Hideo Oguni Photographie : Lumière : Décors : Yasuhide Katō Son : Junji Murayama Producteur : Hosuke Kiyokawa Chef de production : Toshio Sugie Société de production : Tōhō Pays d'origine : Langue : Japonais Format : noir et blanc — 1,37:1 — Format 35 mm — Son mono Genre : jidai-geki ; film historique ; drame Durée : 76 minutes76 minutes, durée donnée par Jean Narboni et par la notice du National Film Archive of Japan. Eiren et la Japanese Movie Database indiquent 77 minutes. (métrage : neuf bobines - ) Date de sortie : Empire du Japon : Date donnée par Jean Narboni et par la notice du NFAJ. La JMDB indique le 26 juin 1945.

Distribution Kazuo Hasegawa : Kanbei Karatsu / du domaine d'Owari (Bishū) Kinuyo Tanaka (Shōchiku) : Okinu (troupe ) : du domaine de Kii (Kishū) Akitake Kōno : Kazuma Hoshino, le frère de Kanzaemon Fumiko Katsuragi (Shōchiku) : la mère de Kazuma et de Kanzaemon Haruo Tanaka : Seijirō : Jinbei : Omatsu Kimiko Hayashi : Okiyo Sachiko Mitani : Ofumi : un rōnin Saburō Sawai : un rōnin Ryūsaku Nagai : un rōnin : un rōnin Zen’ichirō Kitō : un samouraï du domaine de Kishū : un conteur

Autour du film vignette|Poutre en bois du toit du temple de Sanjusangendo, retirée lors de travaux, dans laquelle les restes de nombreuses flèches sont fichés. Le tournage du film se déroule à Kyoto quelques mois avant la fin de la guerre, notamment dans le temple Sanjūsangen-dō, où se tenait à l'époque d'Edo le concours de tir à l'arc qui réunissait les meilleurs archers du Japon. En 1945, Tokyo est presque entièrement détruite par les bombardements et le tournage est souvent interrompu par des alertes, obligeant l'équipe à trouver refuge dans des tranchées. Histoire de l'arc au temple de Sanjusangendo est le premier film en costumes de Mikio NaruseAudie Bock écrit : « Naruse's first period film, made in Kyoto while Tokyo burned. He was not sure if and where it was released. ». Il est aussi l'un de ses deux seuls films de samouraïs, avec Okuni et Gohei (1952). C'est la deuxième collaboration de Naruse avec Kinuyo Tanaka, après (1933).

D'après Audie E. Bock, .

et sont des personnages historiques. Le premier établit au milieu du un record de 8000 flèches ayant atteint une cible située à 120 m de distance le long du couloir qui longe le temple Sanjūsangen-dō sur un total de 10 542 flèches tirées, le tout sur une période de 24 heures. Ce record sera battu dix-sept ans plus tard par Wasa Daihachirō avec 8133 flèches ayant atteint la cible sur un total de 13 053 flèches tirées.

Analyse Pour Catherine Russell dans , le film partage avec le genre du geidō, consacré aux arts traditionnels, un même mouvement de retour vers le Japon ancien, et il est sans doute celui où Naruse s'approche le plus du « style monumental », par ses escarmouches au sabre chorégraphiées et ses vastes décors ; la discipline du kyūdō y rejoint les valeurs du bushidō et de la politique du kokutai. Elle relève pourtant plusieurs éléments qui minent ce style. Les commentaires des badauds venus assister au concours font de l'événement une affaire publique, et le récit fait en ouverture aux visiteurs du temple établit un relais entre ces spectateurs de l'époque d'Edo et ceux du film, légèrement présenté dès lors comme un flash-back : le récit ne met pas seulement en scène une légende, mais aussi sa consommation comme divertissement national.

Pour Keith Uhlich, du magazine Slant, Naruse monte les scènes de tir sur un rythme syncopé de tambours, qui signalent les flèches atteignant la cible, et de cymbales, qui signalent les échecs, construisant ainsi le suspense tout en traduisant l'état psychologique des personnages.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Sanjūsangen-dō Tōshiya Kyūdō Yumi

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