Les Landais sont les habitants du département des Landes, ce sont aussi les habitants des Landes de Gascogne. Historiquement, ces deux groupes d'habitants représentent une partie des Gascons.
Ethnonymie Landais est issu de Landes, qui est le nom d'une région géographique de France. Landais désigne une personne qui est originaire de la région landaise ou du département des Landes.
Anthropogéographie Pour Victor Gaillard, les véritables Landais, à proprement dit, sont ceux qui habitent les grandes Landes ; c'est-à-dire celles qui avoisinent l'Océan Atlantique, depuis la Pointe de Grave jusqu'à Bayonne.
Anthropologie et ethnologie Dans la première moitié du , les habitants des Landes sont désignés par les habitants des villes sous les noms de Marensins, Couziots, Cocozates, ainsi que Parents à Bordeaux. Ils forment dans le département de la Landes une peuplade à part, par la constitution physique, le caractère et les mœurs. À cette époque, on les divise en trois classes également distinctes : le « colon », le « colon-propriétaire » et le « propriétaire » vivant de ses revenus ou des produits de son industrie. La première classe compose véritablement, avec la seconde, la masse de la population ; c'est de la première dont il sera d'abord question ci-dessous.
D'après Abel Hugo, en 1835, les Landais sont petits et maigres, ils ont le teint hâve et décoloré, les cheveux lisses, la physionomie triste et une grande irritabilité nerveuseAbel Hugo, France pittoresque, tome 2, Paris, Delloye, 1835. Quoique leur complexion paraisse faible et délicate, ils soutiennent à cette époque des travaux rudes, continus et peuvent braver impunément toutes les intempéries de l'atmosphère. Ils forment pour ainsi dire un peuple voyageur, dont la moitié est alternativement occupée à la culture des terres et des pignadas, tandis que l'autre va vendre ses denrées aux marchés voisins. Les Landais ont dans leurs voyages du des stations fixes où ils s'arrêtent régulièrement ; ils couchent dehors sur leur charrette ou par terre, à moins que le temps ne soit très mauvais ; ils cherchent alors à gagner quelque habitation. Chaque bouvier porte sa nourriture et celle de ses bœufs. La sienne consiste en du pain de seigle ou de maïs très cuit, qu'il assaisonne avec des sardines, dont le plus grand mérite à ses yeux est une excessive rancidité.
Victimes d'un ancien préjugé, les paysans des dunes ont encore en 1841, à l'étranger, la réputation d'appeler de leurs vœux cupides le naufrage des vaisseaux en vue de la côte des Landes, appelée « côte de fer ». On les accuse toujours à cette époque de se précipiter sur la grève dès qu'ils entendent la tempête et de s'approprier tous les débris qu'elle y jette. Selon Victor Gaillard, c'est depuis trop longtemps une imputation calomnieuse. Nul n'est plus humain et plus compatissant que l'habitant de la côte de fer, dit-il, une foule d'actions généreuses attestent son courage et son désintéressement. Par ailleurs, bœufs et moutons, sont la seule passion du paysan des Landes dans la première moitié du , il réunit sur eux toute l'affection dont il est susceptible et son indifférence est extrême pour tout ce qui ne les intéresse pas. Si on lui demande des nouvelles de sa femme malade ou de sa fille phthisique, il répondra par des doléances sur l'indisposition d'un veau ou les digestions laborieuses de quelques moutons.
À la même époque, les Landais sont avares dans leur ménage, prodigues au dehors, redoutant la misère en possédant le superflu, très superstitieux et assistent régulièrement aux offices divins. Le Landais est aussi, s'il faut en croire Thore, inaccessible aux tendres émotions de l'âme, mais il est docile et respectueux envers les autorités, incapable de vol et de fraude, également éloigné du crime et d'une vengeance réfléchie ; il est bon et se montre toujours disposé à obliger. Enfin, d'Haussez a ainsi résumé son opinion sur cette population : .
Le propriétaire foncier du forme un contraste marquant avec le colon : le premier, favorisé généralement par la richesse ou tout au moins dans l'aisance, est instruit, généreux, obligeant, franc, loyal et fidèle à ses engagements. Il se montre plein d'humanité envers les paysans qui cultivent ses terres, empressé à soulager leurs besoins dès qu'il les connait. On l'accuse d'aimer le jeu et la bonne chère, entraînement que l'isolement et l'oisiveté, dans laquelle il vit généralement, semblent expliquer et même excuser. On le trouve d'ailleurs prévenant et hospitalier envers les étrangers, affable et bon avec ses voisins, gai dans son intérieur et doué, en un mot, de toutes les qualités qui rendent l'homme propre à la société.
Le colon-propriétaire du forme le terme moyen entre les deux classes précédentes. Les habitants du département, tant ceux des villes que des campagnes et ceux des landes comme des contrées fertiles, ont généralement de l'esprit et de l'originalité. Ils ont une imagination vive, une éloquence naturelle et beaucoup d'intelligence quand ils ne sont pas sous l'influence des préjugés. Ils réussissent également bien dans les sciences, dans les lettres et dans les arts, sont de hardis et habiles marins, et montrent de l'aptitude pour le métier des armes. Le département est un de ceux qui, en 1835, ont fourni aux armées un grand nombre de généraux distingués par leur bravoure et par leur capacité.
Bergers
vignette|Un berger landais du . De tous les habitants des Landes, la classe des bergers est la plus nombreuse en 1841. Presque toujours éloigné des habitations, des semaines entières se succèdent, souvent sans qu'il entrevoie figure humaine. Perché sur de longues échasses qui le grandissent de six pieds et avec lesquelles il semble né, il enjambe les bruyères, traverse les marais, lutte de vitesse avec les chevaux sauvages du pays, ou erre à l'aventure en tricotant et filant la laine de ses moutons. De temps à autre, la rencontre d'un second berger vient rompre ses longues heures de solitude et lui amène une distraction.
La vieillesse du berger landais est anticipée à cette époque et c'est remarquable s'il arrive à atteindre la soixantaine. Son existence végétative a néanmoins pour lui des charmes vraiment inexplicables. Qu'il soit forcé de payer le tribut de son sang à la défense du pays, c'est avec désespoir qu'il quitte ses déserts. Dès ce moment, il compte ses mois de service et quelle que soit l'amélioration qu'il éprouve, il dira toujours : « J'étais bien plus heureux quand j'étais malheureux ! ». Au-delà du terme fixé par la loi, rien ne peut le retenir sous les drapeaux, il regagne bien vite ses bruyères solitaires. Là, il retrouve une douce liberté et un bonheur mélancolique qu'il préfère à tout ce qui s'appelle civilisation. Au bout de six mois, c'est comme s'il n'avait jamais fait d'absence, il a tout oublié. Ainsi, la souveraineté des marais et des bruyères des Landes appartient au berger, il y domine du haut de ses échasses, sans rivaux ni ministres et son autocratie ne rencontre pas d'obstacles dans les vastes solitudes de Born et de Maremmes.
Résiniers
Le résinier landais du est un homme qui se lève à l'aube, s'arme d'une hache affilée, charge ses épaules d'une longue perche façonnée en guise d'échelle, d'un sac contenant ses provisions et qui s'achemine aussitôt vers les forêts de pins dans lesquelles il passe la plus grande partie de sa vie.
Habitué fort jeune à ce travail, il est comme le berger séquestré de toute société. Cependant il passe ses journées sans ennui et ne changerait pas sa vie contre une existence plus confortable dit Gaillard. Dévorant à la hâte une sardine et un morceau de pain de seigle, le résinier se désaltère à cette époque avec l'eau marécageuse qui croupit dans la forêt et ne rentre dans sa hutte solitaire que pour y prendre quelques heures de repos. Neuf mois de l'année, du au , s'écoulent ainsi pour lui ; les trois autres, il les passe dans l'habitation de sa famille ou du colon.
Femmes vignette|Femmes à Lüe en 1895. Vers le milieu du , tandis que les hommes gardent les troupeaux, ramassent la résine et font des charrois, les femmes des Landes s'occupent des travaux domestiques, de la culture des terres et de la confection du charbon. Dans cette part des labeurs qui leur sont dévolus, figurent encore la nourriture des abeilles et l'éducation des vers à soie, pour lesquelles ces créatures déploient une activité qui les vieillit prématurément.
Toutes, à peu d'exceptions près, naissent jolies et restent ainsi jusqu'à vingt ans d'après Gaillard ; passé ce terme réellement fatal, elles se : leurs traits délicats, la douceur et la beauté de leurs yeux disparaissent irrévocablement. Toutefois, il y a une exception formelle pour les femmes des bourgs et des villes des Landes, particulièrement pour celles de Dax, que les bons appréciateurs du genre regardent comme la quintessence du beau sexe landais. Chez les Dacquoises, la faculté de plaire est puissamment favorisée par un naturel doux et prévenant, de la gaieté et du trait dans la conversation. Leurs coquetteries s'adressent assez ordinairement aux étrangers et elles réservent, pour le soupirant indigène, le sobriquet de « galant à la noix » si celui-ci ne leur plais pas.
Langage L'ancien langage gascon est encore employé dans les Landes en 1835, il se prête aux façons de parler énergiques.
En 2015, le gascon est enseigné dans l'Enseignement public via le système de la parité horaire dans cinq communes du département des Landes : Dax, Montfort, Morcenx, Saint-Martin-de-Seignanx et Vieux-Boucau.
Régime alimentaire
Dans la première moitié du , la nourriture est frugale et peu substantielle dans les Landes. Au pain et aux sardines dont se nourrissent les bouviers, les Landais sédentaires ajoutent des soupes aux légumes assaisonnés avec du lard rance, du poivre et du piment ; des bouillies de farine, de maïs ou de millet, qu'ils mangent froides avec de la graisse fondue. Ils aiguillonent leur appétit avec de l'ail ou du jambon frit. Leur boisson est de l'eau pure ou acidulée avec du vinaigre ; cette eau, qui provient des eaux pluviales réunies dans des mares, est souvent malsaine.
À cette époque, ils petit-déjeunent à six heures du matin, déjeunent à midi et dinent après le coucher du soleil.
Habitat
vignette|Intérieur landais au début du . Au , la vie des Landais qui ne voyagent pas n'est pas moins rude que celle des voyageurs. Leurs cabanes basses et sommairement construites, où brûle en toute saison un feu que les besoins du ménage ne permettent jamais d'éteindre, sont d'une chaleur étouffante en été et très froides en hiver, sachant qu'elles sont construites en torchis mal joint. La simplicité des meubles répond à celle de la maison : une table, un banc et quelques coffres les composent en grande partie à cette époque. La pièce principale est une immense cuisine dont le foyer est garni tous les soirs d'une chaudière dans laquelle la doyenne de la famille agite lescotonL'escoton est une bouillie faite avec de la farine de maïs ou de millet et forme à cette époque la principale nourriture des habitants des Landes. qui fait la jubilation des Landais.
De la cuisine on passe dans des bouges obscurs et privés d'air : ce sont les « gynécées landais », avec cette particularité que, vieux et jeunes, hommes et femmes, s'y blottissent pêle-mêle durant la nuit. Les habitants couchent les uns par terre, sur des peaux de mouton ; les autres sur des grabats, entre deux lits de plume, qui leur occasionnent une chaleur incommode et souvent funeste. Dans quelques cantons, dès que les jeunes gens ont dix ans, ils ne sont plus reçus dans les maisons ; on les envoie chercher un gite dans les tas de paille et de foin où ils dorment sans se déshabiller, enveloppés dans leur manteau.
Costumes