L'Union des intellectuels indépendants (UII) est une association politique et culturelle française, qui en défendant la liberté d'expression, sert de tribune et de lieu de sociabilité aux milieux de la droite anticommuniste, de 1950 aux années 2000.
Histoire Fondée vers 1950 à l'instigation de l'éditeur Charles de Jonquières désireux d'apporter un soutien aux épurés condamnés par les tribunaux après la Libération., l'Union des intellectuels indépendants entend statuts de l'association déposés à la Préfecture de Police de Paris (avril 1950).. Elle vise à l'origine un triple objectif : .
C'est pourquoi l'UII s'engagea en faveur de l'amnistie des épurés, avec la formation à la veille des élections législatives de 1951 du Comité d'action pour la grande amnistieJean Montigny, « Où en est l'amnistie ? », La Revue des Deux Mondes, octobre 1952 (lire en ligne), animé par deux secrétaires généraux, l'avocat parisien Pierre Leroy, futur président de l'UII, et Georges Rivollet, membre du bureau de l'UII, et formé par l'UII avec d'autres associationsLe Comité de défense de la civilisation chrétienne de l'amiral Lucien Lacaze, le Comité de défense des droits de l'Homme, d'Hélène de Suzannet, la Fraternité de Notre-Dame de la Merci, du chanoine Jean-Marie Desgranges, l'Union pour la Restauration et la Défense du service public, de Louis Rougier. Elle donne en 1953 une réception pour remercier les personnalités et les parlementaires qui ont aidé au vote de la dernière loi d'amnistie, avec comme orateurs, outre Jean Montigny, son président, Pierre Taittinger et l'ancien ministre Georges Bonnet (Lire en ligne). Des dirigeants et des adhérents de l'UII sont membres ou proches de l'Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain. Mais d'autres sont d'authentiques résistants comme Hélène de Suzannet, Jean Epstein-Langevin, Edmond Michelet.
L'UII se fait connaître et se manifeste par des réunions d'information, auxquelles participent d'anciennes personnalités politiques de Vichy et de la République (telles René Belin, Georges Bonnet ou Pierre-Étienne Flandin) et des parlementaires comme Jean-Louis Tixier-Vignancour, Jean Legendre ou Roger de SaivreLa Revue syndicaliste, 1951, (), Le Monde, 27 octobre 1952, " La Tunisie et le Maroc ne sont pas une monnaie d'échange " déclare M. de Saivre", (), Le Monde, 20 mai 1953 (), Le Monde, 24 novembre 1953, "M. P.-E. Flandin s'élève contre le traité" (), Le Monde, 20 février 1956, (), Le Monde, 19 mars 1956, "M. Jean Montigny fait le procès des " généraux fossoyeurs de l'empire " (), Le Monde, 22 juin 1955, "Une nouvelle interpellation" (()., à la salle des Sociétés savantes, puis à la salle Wagram. Ses réunions ont parfois été interdites du fait des protestations de mouvements de gauche. Ainsi en 1951 une conférence de François PiétriLe Libertaire, 2 mars 1951, Paris-presse, L’Intransigeant, 6 mars 1951, Rivarol, 8 mars 1951.
L'UII commémore également des événements. Par exemple en 1954 l'anniversaire de la libération de Paris et celui de l'élection de Léon Bérard à l'Académie française, célébrés dans les salons de l'hôtel LutetiaLa Revue des deux mondes, Simon Arbellot, Chez les intellectuels indépendants, février 1955 (présence de Pierre Taittinger, de Raoul Nordling, du général Maxime Weygand) (Lire en ligne). Ou en 1957 le du général Maxime Weygand et l'entrée à l'Académie française de Jacques ChastenetLa Revue des deux mondes, février 1957. Elle organise enfin des dîners-débats.. Elle diffuse aussi des communiqués aux journaux et organise des cocktails littéraires, des ventes de livres et des signatures d'auteurs, marqués souvent à l'extrême droite, tels en , outre Jacques Isorni, Xavier Vallat, Maurice Bardèche, Emmanuel Beau de Loménie, Alain de Sérigny, Henry Coston, Bernard Faÿ, Henri Massis, Saint-Paulien, Philippe Héduy. Manifestation décommandée au dernier moment devant les protestations du MRAP, de la LICA et d'autres organisations de gaucheDroit et liberté, mai 1961, , Le droit de vivre, 15 mai 1961, Nicolas Hubert, Éditeurs et éditions pendant la guerre d'Algérie, 1954-1962, Editions Bouchène, 2012, (à lire l'auteur, la manifestation a eu lieu)..
L'UII combat le retour du général de Gaulle au pouvoir et appelle à voter non au Référendum du 28 septembre 1958.. En 1960, elle se déclare et élève une Le Monde, février 1960, "Autres réactions". En , elle appelle à voter non au prochain Référendum sur les accords d'Évian et à Le Monde, 6 avril 1962, "L'Union des intellectuels indépendants : non". Par hostilité à de Gaulle et par amitié pour des amis communs, elle appelle à voter pour François Mitterrand au second tour de l'élection présidentielle de 1965Le Monde, 20 décembre 1965, "Les ultimes prises de position en faveur du général de Gaulle...et en faveur de M. Mitterrand". Cet engagement antigaulliste provoqua le départ d'adhérents gaullistes. Claude Adam affirme en 2002 : « Notre 'non' nous coûta cher puisque nous perdîmes plus de la moitié de nos adhérents. »Rivarol, 20 décembre 2002.
Ses dirigeants, ses membres et ses conférenciers fréquentent alors d'autres associations comme l'ADMP, l'association des amis de Robert Brasillach (Adam, Cathala) - Claude Adam affirme en 1965 que l'une des toutes premières réunions de l'UII, en 1949, fut consacrée à l'écrivain Robert Brasillach, condamné à mort et exécuté à la Libération malgré une pétition signée par la plupart des écrivains français conduite par François Mauriac et que l'UII a contribué à ce que sa mémoire ne soit pas Bulletin des Amis de Robert Brasillach, septembre 1965, n° 31, - , le Centre d'études politiques et civiques, le Centre des hautes études américaines, dont le délégué général, Pierre Girard, est aussi le trésorier de l'UIILes Études américaines.
Au lendemain du IIe concile œcuménique du Vatican, François Cathala et Claude Adam apportent leur soutien aux catholiques traditionalistes, à Marcel Lefebvre (conférences en 1968 et 1973)« Mgr Marcel Lefebvre : à l'exemple du Portugal il faut rebâtir la chrétienté », Le Monde, 20 mars 1969 : (), « Témoignage d’un père du Concile », Rivarol, 19 décembre 1968 (Lire en ligne), Des prêtres pour demain - Conférence prononcée en mars 1973 à Paris à l'instigation de l'Union des Intellectuels indépendants et du Club de la Culture française (Lire en ligne), François Ducaud-Bourget, et l’abbé Georges de Nantes, qui discutent les orientations de ce qu’ils appellent l’Église conciliaire. Claude Adam anime aussi le Club de la culture française, fondé en 1963, avec le romancier Michel de Saint Pierre et Michel AumônierLe Club de la culture française, fondé par Adam, Pierre Debray, Saint-Pierre et Aumônier, est présidé par Saint-Pierre. Il a été fondé en juillet 1963 sous le nom de Club Albert Camus ; il a changé de nom à la demande de la veuve de l’écrivain. Avec l’aide du club du livre civique, lié à la Cité catholique de Jean Ousset, il organise des conférences à Paris, salle des horticulteurs, dans le VIIe, avec par exemple Gustave Thibon et Louis Salleron, ainsi qu’une réunion à la Mutualité en avril 1966 (avec Ousset, Jean Madiran, Saint-Pierre). Aumônier pour le Club de la culture française et Claude Adam pour l’UII invitent en 1972 Gustave Thibon pour une conférence sur « la dictature de la démocratie ». Le club a publié quelques ouvrages : Pierre Debray, Les technocrates de la foi, 1968, Michel Demange, Extravagances liturgiques et faux œcuménisme, 1968, Marcel de Corte, L’intelligence en péril de mort, 1969, Béatrice Sabran (épouse de Debray), L’Eglise et la sexualité, 1969 : cf. Yvon Chotard, « Notre ami Michel », in Michel de Saint-Pierre, témoin de son temps, Ed. Bertout, 1997, p. 67-69, Le Monde et la vie, n° 152, janvier 1966, n° 163, décembre 1966.. Il figure au comité de patronage de l'association Credo, fondée par Saint-Pierre en « La nouvelle association Credo projette de rassembler des catholiques traditionalistes de diverses tendances », Le Monde, 23 janvier 1975.
Dans les années 1980-1990, l'UII renouvelle ses orateurs en invitant des personnalités comme Vladimir Volkoff, Jacques Vergès, René Huyghe, Michel Déon, Michel Jobert, Jean-Marie Le Pen.
Claude Adam s'engage par ailleurs à titre personnel en participant à un meeting du Front national en 1973« Le Front national veut " réunir en faisceau " les formations et personnalités d'extrême droite », Le Monde, 31 mai 1973. Et en 1979 à un colloque pour l'Europe aux côtés de Jean-Marie Le Pen, Roger Holeindre et d'autres figures de l'extrême droite« Le Front national lance un appel en faveur d'une liste d’Union française pour l'Europe des patries », Le Monde, 6 avril 1979. Il dirige encore en 1990 un forum lors des journées culturelles de National-Hebdo de 1990Guy Birenbaum, Le Front national en politique, Balland, 1992.
Prix Sous la présidence de Claude Adam, l'UII crée en 1977 le prix des Intellectuels indépendants destiné à couronner chaque année un livre et son auteur « pour leur part prise à la lutte contre le mensonge et l'imposture et, d'une manière générale, contre le conformisme actuel »Bulletin de l'association des amis de Robert Brasillach, n° 95, mars 1988, .
Le prix fut décerné à: 1977 : Louis-Alphonse Maugendre, pour Alphonse de Châteaubriant, 1871-1951. Dossier littéraire et politique (édition André Bonne) 1978 : Jean Bourdier, pour Les Marchands de légendes (Plon) 1979 : Lucien Laugier, pour Turgot ou le mythe des réformes (Albatros)Bulletin de l'Association des Amis de Robert Brasillach, automne 1980, 1980 : Jean Butin, pour Henri Béraud, sa longue marche de la Gerbe d'or au Pain noir (Horvath) 1981 : Ginette Guitard-Auviste, pour Paul Morand (Hachette) 1982 : Philippe Gautier, La Toussaint blanche (La Pensée universelle) 1983 : Raymond Abellio, pour Visages immobiles (Gallimard) 1984 : Benoit Le Roux, pour Louis Veuillot, un homme, un combat (Tequi) 1985 : Jacques de Launay, pour La grande débâcle, 1944-1955 (Albin Michel) 1986 : Henri Servien, pour Petite histoire des colonies et missions françaises (Chiré) 1987 : Anne Brassié, pour Robert Brasillach ou Encore un instant de bonheur (Robert Laffon) 1988: René SédillotLe Monde, 30 décembre 1988, "Prix", pour Le coût de la Révolution française (Perrin) 1989 : Ivan GobryLe Monde, 17 décembre 1989, "Le prix des Intellectuels indépendants 1989", pour Les martyrs de la Révolution française (Perrin) 1990 : Jean Lessay pour Rivarol : le Français par excellence (Perrin). 1991 : général Jacques Le GroignecQuatrième de couverture de Jacques Le Groignec, Philippique contre des Mémoires gaulliens, pour Pétain, gloire et sacrifice (Nouvelles éditions latines) 1992 : Jean-François Chiappe, pour Une histoire de la France (Perrin) 1993 : François Léger, pour Monsieur Taine (Criterion) 1994 : Édith et François-Bernard Huyghe, pour Les empires du mirage (Robert Laffont) 1995 : Vladimir Volkoff, pour Le grand tsar blanc (éditions de Fallois/L’âge d’homme) 1996 : Jacques Trémolet de Villers, pour Les fleurs d’Ulysse (Dominique Martin Morin) 1997 : Dominique Venner, pour Les blancs et les rouges (Pygmalion/Gérard Watelet} 1998 : Jean de Viguerie, pour Les deux patries (Dominique Martin Morin) 1999: A. D. G., pour Le grand sud (J.C. Lattès) 2000 : Ghislain de Diesbach, pour La Comtesse de Ségur (Perrin) 2001 : Michel Mohrt, pour Tombeau de la rouërie (Gallimard) 2002 : Jean Raspail, pour Le son des tambours sur la neige. Nouvelles (Robert Laffont) 2002 : Hélie de Saint Marc et August von Kageneck, pour Notre histoire (1922-1945) ( éditions Les Arènes) 2003 : Brigitte Bardot, pour Un cri dans le silence (Ed. du rocher) etc.
Le prix était accompagné d'une prime de financée par les cotisations des 400 adhérents réguliers de l'UII.
Membres et proches de l'UII